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Plaquettes sanguines et granulations élémentaires

On sait depuis longtemps que le sang contient, à côté des globules rouges et des leucocytes, d’autres éléments figurés que Donné, Zimmermann, Max Schultze ■ont décrit les premiers (1). Ce sont les plaquettes sanguines auxquelles il faut ajouter les granulations élémentaires.

Les plaquettes sanguines (de Bi/.zozero) sont de petits disques incolores, de forme arrondie ou ovalaire, et dont le diamètre est environ le tiers ou la moitié de celui des globules rouges. D’après Fusari on en compte 180.000 à 250.000 dans un centimètre cube. On peut apercevoir ces éléments dans le sang en circulation en observant le mésantère du cochon d’Inde ou l’aile de la chauvesouris. D’après Bizzozero, elles se déposent en masse sur des fils plongés dans le sang frais. On les obtient facilement en déposant une goutte d’acide osmique au 1/10" ou de liquide de Hayem sur la pulpe du doigt et piquant à travers la goutte. Elles s’altèrent très rapidement après leur .sortie des vaisseaux, se divisent en fragments, puis disparaissent complètement. Elles peuvent s’agglomérer en petites masses que l’on trouve dans le sang coagulé, unies à des filaments de fibrine.

Les opinions les plus diverses ont été soutenues en ce qui touche l’origine et le rôle de ces éléments. Hayem les considérait comme les précurseurs des globules rouges, d’où le nom d'hématoblastes qu’il leur a donné. D’autres auteurs nient que ces éléments existent préformés dans le sang (Lôwit, Wooldridge), contrairement à l’opinion défendue par Bizzozero, Schimmelbusch, Laker. On n’est pas mieux d’accord sur leur rôle. Bizzozero en fait des centres de formation de la fibrine, tandis qu’Al. Schmidt et ses élèves leur dénient toute influence sur le phénomène de la coagulation. En ce qui concerne leur nature chimique, Lôwit se fondant sur la manière dont les plaquettes sanguines se comportent vis-à-vis de l’eau, des alcalis et des acides étendus, des solutions salines étendues et concentrées, les considère comme formées par une globuline et propose de les appeler plaquettes de globuline {Globulinplâttchen). A quoi Lilienfeld objecte, très justement, que les réactions de dissolution par exemple, vis-à-vis des dissolutions salines ne suffisent pas pour faire le diagnostic d’une globuline. La vitelline, riche en phosphore, et la sérumglobuline, qui en est exempte, ont toutes deux, vis-à-vis des dissolutions salines, les allures d’une globuline, ce qui ne les empêche pas d’être foncièrement différentes au point de vue chimique. Lilienfeld a eu l’idée de soumettre ces éléments à l’action de la

(1) Pour rhistorique de cette question, voy. l’ouvrage de Hayem {Le Sang, Paris, 1889). Voy. aussi l’étude historique et critique de L. Lilienfeld, Du Bois-Reymond' s, Arc/t., 1892, p. 115.

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