‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. AldéhydesChapitre 75 sur 151 · C ! *H*A0 8 /CH: CH · texte numérisé non relu

C ! *H*A0 8 /CH: CH

C )8 H 2 Az0» = C 8 H‘(C0) 2 .C«(0H) 2 < , I \ Az : CH

Il a été découvert en 1877, par Prud’homme, en chauffant vers 200° un mélange de 1 p. de nitroalizarine, 2 p. de glycérine et 2 p. d’acide sulfurique à 66°. II s

ensuite été étudié par Graebe, Auerbach, Happ, Brunck, Buscb et Bindschedler, Koechlin et Prud’homme, etc.

D’après Graebe, la glycérine exerce une action réductrice et donne lieu à une synthèse remarquable, conformément à l’équation suivante :

C ,8 H 7 (AzO*)0 8 + C 6 H 8 0 8 = C s4 H 9 Az0 8 + 3H>0« + 20*.

Pour préparer le bleu d’alizarine, on chauffe modérément 1 p. de nitroalizarine avec 5 p. d’acide sulfurique et dp. 1/2 de glycérine d’une densité de 1,262. On verse le produit de la réaction dans l’eau et on fait bouillir le précipité avec de l’acide sulfurique très étendu, ce qui fournit du sulfate de bleu d'alizarine. On lave ce sel à l’eau, on l’attaque par un soluté de borate de soude, jusqu’à ce que le soluté devienne d’un brun violet. On décompose alors le produit par l’acide chlorhydrique et on le fait cristalliser dans la benzine.

On a aussi proposé de chauffer à 185° 1 p. de nitroalizarine desséchée avec 5 p. d’un mélange à parties égales d’acide sulfurique à 67° et de glycérine anhydre. La réaction terminée, on verse le tout dans une solution de potasse, on ajoute de la poudre de zinc et on chauffe ; le soluté se réduit, on filtre et on précipite le bleu par un courant d’air, qu’on fait passer à travers le liquide. On purifie la matière colorante par des réductions et des oxydations successives. (Ropp.)

Le bleu d’alizarine cristallise dans la benzine en aiguilles d’un bleu violacé, fusibles à 270°, sublimables en vapeurs d’un rouge orange, mais en se décomposant partiellement.

Il est insoluble dans l’eau, à peine soluble dans l’alcool et dans l’éther, facilement à chaud dans la benzine et l’acidc acétique, dernier dissolvant qui l’altère à l’ébullition. Les alcalis fournissent des solutions bleues, qui passent au vert en présence d’un excès d’alcali; avec l’ammoniaque, on obtient également un soluté bleu, qui présente dans l’alcool des raies d’absorption.

Avec l’acide sulfurique concentré, la solution est d’un brun rouge; si on la chauffe et si on l’étend d’eau, elle laisse déposer un sédiment bleu qui présente à peu près les mêmes caractères tinctoriaux que son générateur.

Avec l’acide azotique, la solution, qui est d’un rouge orangé, passe au rouge fuchsine par l’addition de glycérine.

La chaux, le baryte, la strontiane donnent des laques d’un bleu verdâtre. Les sels alcalins, en général, fournissent des laques bleues plus ou moins solubles.

Une dissolution bouillante d’alun ou de sulfate d’alumine se dissout par trace de bleu d’alizarine, propriété caractéristique qui différencie nettement celte matière colorante de l’alizarine, de la purpurine et de leurs isomères.

Comme l’indigo, le bleu d’alizarine est réduit en solution alcaline. Avec la poudre de zinc, l’hydrosulfite de sodium, la glucose et les alcalis, on obtient une cuve jaune brun, qui laisse déposer au contact de l’air le bleu régénéré. On peut, avec cette cuve, teindre les tissus non mordancés, à la manière de l’indigo. (Brunck.)

En teinture, les nuances obtenues avec les mordants sont les suivantes :

Alumine. Bleu violacé.

Fer. Bleu verdâtre.

Chrome. Violet.

Étain. Violet rongeâtre.

QUIXONS. , C97

L'oxyde de nickel, fixé sur tissus, fournit un bleu d'une nuance beaucoup plus pure que les autres mordants. (Dollfus.)

Lorsqu’on chauffe fortement le bleu d’alizarine dans une cornue, avec 10 fois son poids de poudre de zinc, il se forme une base nouvelle, Vanlhraquinoléine, ayant pour formule C s *H ll Az. Pour la purifier, on la dissout à chaud dans l'acide chlorhydrique étendu, on précipite la liqueur filtrée par l'ammoniaque et on fait cristalliser le précipité dans l’alcool.

Cette base, qui se sublime en lamelles incolores, est insoluble dans l’eau, très soluble dans l'alcool et dans l’éther. Ses sels cristallisables sont d’un jaune d’or et leurs dissolutions présentent, à la manière de l’acridine, une fluorescence verte intense, qui s'observe surtout dans les dissolutions alcooliques étendues. (Graebe.)

Le bleu d’alizarine forme avec les acides des sels diversement colorés.

Le chlorhydrate, C 5 ‘H î Az0 8 .HCl, s’obtient en faisant passer un courant de gaz chlorhydrique dans une solution benzinique chaude de bleu d’alizarine. Précipité rouge, décomposable par l’eau. (Graebe.)

Le sulfate est également sous forme d'un précipité rouge. (Auerbach.)

L'acétate est en lamelles bleues.

Le picrate, C 3i H 9 Az0 8 .C ,! H s (Az0‘) 5 0 , ) est en prismes rouge orangé, fusibles à 245°, décomposables par l’eau.

Le diacétate, C«Il ls AzO'* = CTPAzOffAIPO 1 ) 7 ; en atomes,

C ,, H 15 AzO e = C 17 H 7 (C 1 H s 0) s Az0 1 ,

est en aiguilles rouge orangé, fusibles à 224°, décomposables par l’alcool et l'acide acétique cristallisable. (Auerbach.)

Le dibenzoate, C 0! H ,7 AzO 1, = C^fPAzO^C'WO*)*; en atomes,

C 5I H 17 AzO“ = C n H 7 (C 7 IP0) î Az0‘,

cristallise en prismes rouges, à reflets d’un vert métallique, fusibles à 240°, insolubles dans l'alcool, solubles dans la benzine. (Graebe.)

L ’amide, C s *H 10 Az , 0° ; en atomes,

C‘ 7 H‘°Az*0 s = C 17 H 7 AzO , (OH)(AzH 1 ), se prépare à 200° avec une solution concentrée d’aminoniaque :

C 54 H 8 Az0 8 4- AzH s —11*0* -+- C«H‘°Az*0‘,

aiguilles d’un bleu foncé, fusibles à 255°, insolubles dans les alcalis, même bouillants, très peu solubles dans la benzine, l’éther et l’alcool ; chauffé à l’ébullition avec de l’acide sulfurique, ce corps reproduit ses générateurs. (Graebe.)

amidoàlizarine.

C M H’(AzH*)0»

C 14 H 7 (AzH s )0‘.

« - Amidoàlizarine.

Obtenue par Perkin en réduisant une solution alcaline d’a - nitroalizarine par l’amalgame de sodium.

Elle cristallise dans l’alcool en aiguilles presque noires, à reflets métalliques, solubles dans l’alcool et dans les alcalis.

fî - Amidoalizarine.

Lorsqu’on ajoute de la poudre de zinc à du p - nitroalizarate de potassium, en suspension dans une lessive alcaline, la couleur passe d’abord au bleu, puis prend une teinte jaune qui vire de nouveau au bleu au contact de l’air, si l’action du métal n’a pas été poussée trop loin. Ce composé bleu fournit un précipité rouge lorsqu’on sature la liqueur par l’acide chlorhydrique. Il se produit aussi sous l’influence du stannite de potassium ou du zinc et de l’acide chlorhydrique ; mais pour l’obtenir pur, il est préférable de recourir à l’emploi du sulfhydrate d’ammonium. A cet effet, on dissout la nitralizarine dans l’ammoniaque faible et on sursature par un courant d’acide sulfhydrique. En ajoutant alors de l’ammoniaque concentrée, le dérivé amidé se dépose sous forme d'une poudre rouge. (Schunck, Roemer.)

L’amidoalizarine - p cristallise dans l’acide acétique bouillant sous forme de beaux prismes, d’un rouge foncé, à éclat métallique, fondant au delà de 300°. Elle se sublime en aiguilles rouges, en laissant un résidu charbonneux brillant. L'alcool la dissout avec une couleur rouge, les acides minéraux avec une coloration jaune ; l’addition d’eau précipite de ces dernières solutions un composé jaune, qu’un excès d’eau décompose.

Elle se dissout également dans la potasse avec une couleur bleue qui ne présente pas de bandes d’absorption. Cette solution s’altère à l'air, devient d’abord violette, puis incolore, le soluté violet présentant deux bandes d’absorption. Les solutions sodique et ammoniacale sont brunes.

Elle teint en rouge les mordants d’alumine, en gris les mordants de fer. (Schunck et Roemer.)

E AUZARINE-SULF0H1QÜE.

Formules

Équiv. C* 8 H 8 0 8 S*0»

Atom.C i4 H 7 (HS0 5 )0\

Suivant Perger, l’acide sulfurique fumant convertit l’alizarine, vers 140°, en deux acides sulfoniques isomériques.

Le premier, qui forme la majeure partie du produit, a été signalé tout d’abord par Graebe et Liebermann. Il est en cristaux d’un jaune orangé, très solubles dans l’eau et dans l’alcool, insolubles dans l'éther. L’acide azotique le convertit en acide phtalique, tandis que l'acide sulfurique concentré, vers 200°, le transforme en alizarine, dédoublement qui s’effectue aussi à la même température par l’acide chlorhydrique.

Les sels monométalliques sont jaunes et fournissent à chaud de l’alizarine. Le sel de sodium a pour formule C 28 H 7 Na0 8 ,S s 0 6 .

Les sels bibasiques sont ordinairement rouges et ne donnent pas d'alizarine sous l’iniluence de la chaleur. (Graebe.)

Le second acide, que Perger nomme acide alizarine purpurosulfonique, se dépose dans l’eau bouillante en petits cristaux jaunes, insolubles dans l'éther, très peu dans l'alcool, dernier caractère qui permet de le séparer de son isomère. 11 se dissout dans l'ammoniaque avec une couleur pourpre.

Vers 130°, la potasse le colore d’abord en bleu, puis en rouge, et le transforme complètement en purpurine.

Il se combine aux bases en formant des sels diversement colorés. Avec l’eau de baryte, par exemple, il fournit un précipité bleu. (Perger.)

Dérivé» ammoniacaux de l'nliZnrine.

L’action de l'ammoniaque sur l’alizarine a été examinée en premier heu par Schützenbcrger et Paraf, puis par Stcnhouse, à Une époque où l’on attribuait à cette belle matière colorante la formule G 20 Il*O 6 . Cette étude a été reprise par Liebermann et Troschke, et, plus récemment, par von Perger.

D’après Liebermann et Troschke, avec de l’ammoniaque d’une concentration moyenne, vers 150-200°, on obtient après quelques heures de chauffe une solution pourpre, d’où les acides précipitent des flocons brun rouge. Ou enlève l'alizarine par l’eau de baryte en excès, qui ne dissout pas la nouvelle combinaison ; celle-ci est mise en liberté par un acide et purifiée par cristallisation dans l’alcool. Ce corps, qui est l'alizarinamide, est accompagné d'un autre produit qui en diffère par une molécule d'eau en moins, Valizarinimide, surtout lorsqu’on attaque l’alizarine par l’ammoniaque concentrée.

Suivant Perger, sous l’influence de l’ammoniaque concentrée, vers 180°, l’aliza-

rine fournit plusieurs produits, que l’on peut séparer par des traitements successifs à l’eau et à l’alcool, savoir :

1° Corps solubles dans l’ammoniaque :

A. Corps soluble à froid dans l’eau de baryte ; a- amido-oxyanthraquinon de Liebermann et Troschke (a-Alizarinamide).

B. Corps très peu soluble à froid dans l’eau de baryte : p- Amido-oxyanthraquinon p-Alizarinamide).

2° Corps insolubles dans l'ammoniaque, solubles dans l’alcool :

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