II. — PüRPUROXASTHINE OD XANTHOPÜRPURINE
Syn. : Méta-dioxyanthroquinon, C 8 H*(C0) ! .C 6 I1 , (0H) 3 .[0H:0H = 1: 3].
Sa présence a été signalée, il y a une vingtaine d’années, par Sehützenberger et Schiffert dans la purpurine brute retirée de la garance. On l'obtenait encore en réduisant la purpurine, soit par l’acide iodhydrique, soit par l’oxyde stanneux en solution alcaline (Sehützenberger). Réciproquement, bouillie avec une dissolution alcaline concentrée, elle se transforme vers 125° en purpurine (Rosenstiehl). En 1875, Liebermann et Fischer l’ont obtenue en prenant pour point de départ la purpurinamide, et, l’anncc suivante, Plath en a étudié les principaux dérivés 1 .
1. Sehützenberger, Traité des matières colorantes, t. II, p 131. — Sosensticlh, Bull. Soc.
Enfin, on peut la retirer de l’alizarine artificielle; il suffit de réduire la purpurine obtenue par oxydation de cette dernière à l’aide de la méthode de Lalande.
Pour la préparer, Schützenberger conseille de dissoudre la purpurine brute dans la soude caustique et de verser le soluté dans une dissolution bouillante de stannite d’étain ; le mélange perd peu à peu sa couleur rouge et vire au rouge orange. On précipite par l’acide chlorhydrique, on lave et on sèche. Le rendement est de 50 pour 100, une partie du produit restant combiné à l’oxyde d’étain.
Rosenstiehl opère sur le mélange suivant :
Pseudopurpurine. 10 grammes.
Soude caustique à 38° Il. . . . 60 —
Eau. 600 —
Phosphore blanc.Q.S.
On porte le mélange à l'ébullition dans un appareil à reflux et on y introduit par petits fragments du phosphore blanc, qui se dissous sans dégagement gazeux. La liqueur, d'abord rouge, devient successivement orangée et d’un jaune foncé. Arrivé à ce terme, de l’hydrogène phosphore commence à se dégager et la réduction est terminée. On obtient le rendement théorique, soit 80 pour 100 du poids de la pseudopurpurine.
Pour en opérer la purification, on agite sa dissolution alcoolique avec un peu d’alumine en gelée, qui sépare la purpurine ; on ajoute du noir animal au liquide filtré pour enlever une malière brune, on filtre et on étend d’eau : la purpuroxanthine se précipite sous forme d’une masse translucide, gélatineuse, qui se réunit rapidement en flocons denses, cristallins, d’un jaune vif.
On peut aussi traiter le produit brut par de l’eau de baryte bouillante et décomposer le sel barytique soluble par l’acide chlorhydrique ; mais il est difficile d’enlever toute la baryte.
D’après ce qui précède, on conçoit pourquoi cet isomère se rencontre parmi les produits de destruction de la pseudopurpurine par l’eau bouillante et comment elle dérive de Yorangé de garance sous l'influence de la chaleur, ainsi que Schuiick et Roemer l’ont démontré :
l'orangé de garance étant lui-même un produit de réduction de la pseudopurpurinc :
CMBPO 1 *—0*=C 50 H 8 0“.
La purpuroxanthine cristallise dans la benzine ou dans le chloroforme en belles lames d’un jaune pur, fournissant par sublimation des aiguilles dont la couleur orangée rappelle celle de l’alizarine. Elle fond à 262°-26o 0 (Plath). Elle est à peine soluble dans l’eau froide, qu’elle teinte légèrement en jaune, soluble dans l’alcool, la benzine, l’acide acétique. L’eau d'alun la dissout à l’ébullition, sans fluorescence, et l'abandonne complètement par le refroidissement; les lessives alcalines la dissolvent avec une coloration rouge.
ind. de Mulhouse, t. XLIV, p. 444, 542. — Liebermann et Fischer, Ilerichte der deuls. ch. Gesell., t. VIII, p. 974; t. IX, p. 1204.
QUINONS. 703
Chauffée avec de l’acide sulfurique et du peroxyde de manganèse, elle s’oxyde et se transforme en purpurine; même réaction avec une solution alcaline bouillante.
Elle fixe de l’hydrogène sous l’influence de l’acide iodhydrique, pour engendrer divers produits de réduction, notamment l'hydropurpuroxanthine, C !8 H 10 0\ corps qui se présente sous forme d’aiguilles jaunes, se dissolvant dans les alcalis avec une teinte brune qui devient rapidement jaune orangé à l’air, par suite de la reproduction du générateur. Une réduction plus avancée fournit successivement de l’anthracène et de l’hydrure d’anthracène.
Avec l’acide nitrique, on observe l’acide phtalique parmi les produits d'oxydation.
Le sel de sodium, obtenu par ébullition avec l’acétate de sodium, cristallise en aiguilles rouges.
Les combinaisons avec la chaux, la baryte, la magnésie sont rouges et solubles dans l’eau.
La purpuroxanthine n'est pas une matière colorante. Dans sa dissolution aqueuse chaude, les mordants prennent une faible teinte jaune, que l’eau de son ou de savon fait rapidement disparaître ; elle ne colore pas les mordants de fer. Toutefois, elle se combine à l'alumine en produisant une laque fortement colorée en jaune orangé.
Voici quelques-uns de ses dérivés, d’après Path.
Véther dimélhylique ou diméthylxanthopurpurine,
en atomes,
C ,, H 1, 0*= (GH*)*.C u H'0*,
se forme à 120° par l'action de l’iodure de méthyle, en présence de la potasse.
11 cristallise dans l’acide acétique en petites aiguilles d’un jaune clair, fusibles à 178-180°.
L'éther diéthylique ou diéthylxanthopurpurine,
C 58 II‘ 8 0 8 =C‘II*[C*H*(C ,s H 8 0 8 )],
est en aiguilles jaunes, solubles dans l’alcool et dans l’acide acétique, fusibles à 170°.
Le diacétate, C M H i, 0 ,, =C M H‘0*(C‘H*0‘)*; en atomes,
C"H ls 0 8 = C‘»H 8 (G , H ! 0)*0‘,
cristallise en aiguilles qui fondent à 183-184°. (Liebermann.)
La dibromopurpuroxanthine, C ,8 H 8 Br*0 8 , se forme par l’action directe du brome à froid. Elle se dépose dans l’acide acétique en aiguilles étoilées, d’un jaune orange, fondant à 227-230°, peu solubles dans l’alcool.
Son dérivé ammoniacal, C* 8 H*(AzH‘)Br’0 8 , qui s'obtient en la faisant bouillir avec de l’acétate d’ammoniaque, est en aiguilles rouges feutrées.
La dinilroxanthopurpurine, C ,8 H 8 (Az0‘)*0*, se prépare en faisant réagir à froid l’acide nitrique d’une densité de 1,48 sur la xanthopurpurine ; la solution jaune rougeâtre ne larde pas à se prendre en une bouillie cristalline.
Elle est soluble dans l’eau, l’alcool, l’acide acétique, dernier véhicule qui l’abandonne en petites aiguilles d’un rouge clair, fusibles à 249-250°.
Le sel de baryum, C^li'Ba^AzO'j’O 8 , cristallise en aiguilles anhydres d'un rouge foncé.
Le sel d’ammonium, G“H*(AzH*) , (AzO*) , 0®, est en aiguilles soyeuses, d’un jaune clair.
En faisant passer un courant d’acide azoteux dans une solution sulfurique de purpuroxanthine, il se forme une bouillie cristalline qu’on verse dans l’eau et qu’on lave modérément, car elle est notablement soluble; on l’agite alors avec de l’éther qui s'en empare et l’abandonne par évaporation à l’état cristallin. En le faisant cristalliser dans l’acide acétique, on obtient des aiguilles denses, d’un bleu d’acier avec des reflets rougeâtres, fondant à 149°, solubles dans l’eau, l’alcool, l’éther là benzine, l’acide acétique. Ce corps, qui teint la laine en orange, est isomérique ou identique avec le dérivé dinitré ci-dessus.
La purpuroxanthinamide (amido-oxyanthraquinon) a pour formule C ,8 H 9 AzO* • èn atomes,
C»H'AzO s = G“ll°(AzlI i ) (011)0*.
Liebermann l’a préparée en chauffant à 150“ la purpuroxanthine avec de l\ m moniaque. On précipite par l’acide chlorhydrique, on reprend le précipité par de l’eau de baryte en excès et on précipite de nouveau par un acide.
Elle cristallise dans l’alcool en aiguilles brunes.