‹ Encyclopédie chimique.Tome VII.- Chimie organique. AldéhydesChapitre 85 sur 151 · III. ANTHRAPURPURINE · texte numérisé non relu

III. ANTHRAPURPURINE

Syn. : Isopurpurine. — Acide oxyisoanthraflavique.

Perkin a donné le nom A'anthrapurpurine à un isomère de la purpurine contenue dans l’alizarine artificielle brute. On dissout celle-ci dans une dissolution étendue de carbonate de soude et on agite le soluté avec de l’alumine récemment précipitée, afin d’enlever l’alizarine à l'état de laque insoluble, tandis que le corps cherché passe dans la liqueur filtrée, d’où on le précipite par l’acide chlorhydrique. On opère la purification par un traitement à l'alcool bouillant et par cristallisation dans l’acide acétique glacial.

L’anthrapurpurine prend naissance dans plusieurs réactions :

1° En faisant fondre avec la soude l’acide (3-anthraquinon disulfonique (Perkin et Caro) ;

2° En chauffant à 155° 1 p. d’acide isoanthraflavique avec 10 p. de potasse et 5 p. d’eau (Schunck et Roemer, Roscnstichl).

5° En faisant fondre avec la potasse le benzdioxyanthraquinon (Sch. et R.).

4° Elle se forme encore, avec un peu de flavapurpurine, lorsqu’on traite par la potasse l’a-dibromanthraquinon (Perkin).

L’anlhrapurpurine cristallise en aiguilles orangées qui se subliment vers 170° en cristaux rhombiques, insolubles dans la benzine, peu solubles dans l’eau, l'éther.

QUlîiON'S.

le chloroforme. Elle se dissout dans les alcalis avec une coloration violette et le soluté présente des raies d’absorptions analogues à celle de l'alizarine. L’eau de baryte, surtout à chaud, la dissout notablement, avec une coloration violette caractéristique.

Par oxydation avec l’acide nitrique concentré, elle engendre de l'acide oxalique, mais point d’acide phtalique.

Chauffée à 150° avec de l'acide acétique, elle fournit un dérivé tnacétylé, C*»H*0 k (C*H‘0*) 3 ; en atomes,

C ,0 I1 1 ‘O 8 = C u II 5 (C'H ! 0)0\

Ce dérivé est en cristaux d’un jaune pâle, fusibles à 220-225°. 11 est peu soluble dans l'alcool et dans l’acide acétique glacial, les alcalis le saponifient en reproduisant ses générateurs.

Le tribensoate, C 1, H*0‘(C u H 6 0‘) :s , est en cristaux jaunes, fusibles à 185-185° (Perkin).

L'anthrapurpurinamide, amuloalizarme de Perkin, n’est autre chose que l’acide isoamidoanlhraflavique :

C ss ll"0 10 + AzIF' 4- 11*0» = C ïS Il 9 AzO*.

Lorsqu’on chauffe à 100°, en vase clos, une solution ammoniacale d’anthrapurpurinc, on obtient un liquide bleu indigo dont les acides précipitent un produit violet rougeâtre, redissoluble en bleu dans l’ammoniaque. Ce corps, qui est peu stable, régénère aisément l’anthrapurpurine, teint les mordants d'alumine en violet rougeâtre, les mordants de fer faibles en bleu indigo.

Si l'on chauffe la solution ammoniacale à 160-180°, la couleur bleue passe au violet rougeâtre et l’addition de l’acide chlorhydrique détermine la formation d'un précipité brun chocolat, que l’eau de baryte dissout avec une teinte brun violacé; précipité de cette solution par un acide et dissous dans l’alcool, ce composé fournit à l’évaporation des croûtes cristallines d'un noir verdâtre, ayant pour formule C“H’Az0 8 .

L’anthrapurpurinamide est à peine soluble dans l'eau. Elle se dissout dans les alcalis avec une coloration pourpre, donne avec l’eau de baryte un sel soluble d’une couleur pourpre. Elle est assez stable, car elle résiste à l’action d’une lessive alcaline, même bouillante.

IV, rUVOPURPCIUNE.

Cet isomère a été découvert par Schunck et Roemer en attaquant l'acide anthraflavique par la potasse en fusion. On arrive au même résultat en traitant de la même manière l’acide [3-anthraquinon disulfonique (Caro).

La flavopurpurine se dépose dans l'alcool en aiguilles anhydres, jaune d'or, sublimables, fondant au-dessus de 550°. Elle est peu soluble dans l’eau bouillante et dans l’éther ; elle se dissout dans l'acide acétique bouillant, qui l’abandonne par refroidissement en aiguilles étoilées ; dans l'acide sulfurique, avec une couleur

Ï2fi ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

rouge brune. La solution potassique est plus rouge que celle de l’anthrapurpurine, moins rouge que celle de la purpurine; elle devient d’un rouge pur par la dilution, niais cette coloration disparaît à la longue. La baryte bouillante ne la dissout que difficilement, en se colorant en rouge violet; avec l'ammoniaque et le carbonate de sodium, on a des dissolutions d’un jaune rouge, qui ne présentent pas de bandes d’absorption dans le premier cas. Sa solution alcaline présente des bandes d’absorption, comme l’anthrapurpurine et falizarine, mais l'une est plus éloignée du rouge et l'autre est dans le bleu.

L’acétate de plomb alcoolique donne avec la flavopurpurine un précipité rouge brun, très peu soluble dans un excès de réactif ; l’acétate de cuivre colore la solution en rouge.

Les composés suivants, décrits par Schunck et Roemer, démontrent l'isomérie de la flavopurpurine avec l’isopurpurine.

Le dérivé diacélylé , diacétyle-flavopurpurine, en atomes,

se l'orme en dissolvant la flavopurpurine dans l’anhydride acétique bouillant. La solution se prend par le refroidissement en un magma de lamelles jaunes d’or, peu solubles dans l’acide acétique, encore moins dans l’alcool, très solubles dans la benzine. Il fond à 258° et commence à se sublimer vers 160° en aiguilles rouges.

Les alcalis et les carbonates alcalins le saponifient.

Le dérivé triacétylé, C^lPCbjG'lRO 1 ) 7 ’, en atomes,

se rencontre dans les eaux mères de la préparation précédente ; on l’obtient plus facilement en chauffant le diacétate avec de l’anhydride acétique, à une température de 180-200°.

Il est plus soluble que le précédent dans l’acide acétique. Il cristallise en aiguilles d’un jaune de soufre, fondant à 195-196“ et commençant à se sublimer dès la température de 150°.

11 est insoluble dans la potasse.

Le dibenzoate, C M H*0 , (C W H®0 4 )* ; en atomes,

se prépare en traitant la flavopurpurine par le chlorure de benzoyle.

11 cristallise dans l’acide acétique en aiguilles jaune clair, groupées en étoiles, fusibles à 208-210®, peu solubles dans l’alcool.

La tribromoflavopurpurine, C 28 H 5 I!r 5 0 10 , se prépare en ajoutant du brome à une dissolution acétique chaude de flavopurpurine.

Elle se dépose par le refroidissement en aiguilles jaune orange, fusibles à 284°, peu solubles à froid dans l'acide acétique, sa solution dans la soude caustique est jaune et présente le même spectre d'absorption, mais plus faible, que la solution alcaline d'alizarine.

QUINOSS.

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