MACAQUE DE L'INDE. MACACUS MAVIIVS. (FréJ. Cuvier
C.vRACTÈREs SPÉCIFIQUES. — Pclagc brun foncé uniforme; face noire, ainsi que la peau des membres et des oreilles; queue rudimentaire.
Habite les Indes orientales.
Ce macaque, décrit par Frédéric Cuvier, se distingue par la coloration noire de sa face, de la peau des membres et des oreilles, par sa queue rudimentaire, et par son pelage uniformément brun foncé.
Chacun de ces points le caractérise, dit Frédéric Cuvier, l'isole, et ne permet ni de le méconnaître ni de le confondre avec un autre. Mais ce macaque ne me parait pas seulement devoir être, pour l'histoire naturelle, une acquisition nouvelle il contribuera peut-être aussi à répandre quelques lu-
migres dans les régions plus ou moins obscures de ci'tte science; l'on sait combien sont embarrassantes, pour le naturaliste, ces notions incomplètes qui, en faisant connaître l'existence d'un être, ne donnent cependant pas les moyens de le distinguer, avec précision, des autres, et exposent ainsi ;"i le confondre avec des èlrej différents, ou à le séparer de ceux qui lui ressemblent. Un des quadrumanes qui, sous ce rapport, a plus d'une fois exercé la critique, est celui que Pennant a fiit représenter sous le nom de babouin des bois (wood babon), et qu'il ne connaissait que par une peau empaillée, du cabinet de Lewer. En général, ces animaux bourrés, toujours défigurés par la mort, quand ils ne l'ont pas été par des artistes capricieux ou malhabiles, méritent peu de considération. Celui de Pennant a cependant obtenu quelque attention : les uns en ont fait une espèce distincte, les autres ont voulu y rapporter les espèces découvertes depuis, et mieux connues. Notre macaque offrira un nouvel aliment à ces sortes de recherches; car, en supposant, ce qui n'est que trop ordinaire, que l'empailleur de Pennant ait donné aux narines de son animal une extension monstrueuse, le babouin des bois ne différera plus par aucun caractère de quelque poids de notre macaque de l'Inde. (FitiiDÉr.ic CuviEK.)
Ui JI.\(:AnUE URSIN. MACACUS ARCTOIDES. (IsirI Gcom-oy Sainl-Hihiri' )
Caractères spécifiques. — Pelage brun, li({ueté de roux; poils longs, plusieurs fois annelés de brun et de roux clair; queue excessivement courte.
Habile la Cochinchine.
Le macaque ursin, très-voisin du macaque de l'Inde, a le pelage presque partout composé de longs poils assez rudes, annelés, un grand nombre de fois, de roux et de noir, d'où résulte une couleur générale brune roussâtre, tiquetée de noir La queue n'a guère qu'un pouce de longueur.
Fig. 118. — Macaque ui-sm.
La coloration de la face, autant qu'on peut en juger sur une peau desséchée et conservée depuis l'Iusicurs années, présente un caractère très-particulier. En effet, le nez se détache par une couleur noirâtre au milieu de toute la face, qui parait avoir été couleur de chair. Cette espèce parvient à une assez grande taille. (Isidore Geoffroy Saint-IIilaire.)
l-'ii;. 1. — Guenon ciHilnilu'.
Kij: *2 — MacJinuo ui^in [ni;"ik'
§ m. — MAGOTS (sans queoe)
Une seule espèce se trouve dans ce groupe, qui se rattache au précédent par le macaque ursin à qiieuo rudimentaire. Cependant tous les macaques sont de l'Inde, tandis que le magot est du nord de l'Afrique, et l'on en rencontre, dit-on, quelqu'^s individus sur le rocher de Gibraltar. Ces limites géographiques, fort importantes pour les naturalistes, ont fait considérer le magot comme devant former un genre particulier auquel on a donné le nom d'inuus; cependant nous pensons que ce singe, par son organisation, si semblable à celle des macaques du second groupe, sauf l'absence complète de la queue, ne présente pas de caractères suffisants pour en former le type d'un genre distinct, aussi en formerons-nous seulement une subdivision du genre.
1". MACAQUE MAGOT. MACACUS IXUUS. (Desmoulins )
Caractères spécifiques. — Pas de queue, pelage d'un gris jaunâtre, avec les pa'rties inférieure du corps et la région interne des membres de couleur blanchùtre; face couleur de chair livide.
Habile la cote nord d'Afrique, le sud de l'Espagne, chaîne de l'Andalousie.
Fig. lly. — Macaque magot.
Ce singe, amené très-communément en Europe, est aussi le plus anciennement connu; c'est le singe (les bateleurs. Galien en a fait l'anatomie; et les Grecs le désignaient sous le nom de pithèque. On n'explique pas d'une manière satisfaisante la présence du magot sur le rocher de Gibraltar. Les uns supposent que l'espèce y a été apportée, et qu'elle s'y est acclimatée; les autres pensent que l'existence de ce singe dans le sud de l'Espagne prouve la réunion primitive de l'Europe et de l'Afrique, et, s'il faut en croire un écrivain anglais, on aurait trouvé, dans les brèches calcaires de Madagascar, des débris fossiles du m'agol.
Docile, soumis, très-éducable, dit Lesson, ce singe, dans sa jeunesse, se plie aisément à la servitude, et retient facilement les tours que les jongleurs lui apprennent. Étourdi, inattentif, capricieux, vivement affecté par ce qui l'entoure, ce macaque, toutefois, lors même qu'il est bien appris, s'attire de nombreuses corrections en oubliant quelques-unes des parties du rôle qu'il doit jouer sur les places publiques. Plus âgé, ses penchants se découvrent, son humeur s'aigrit, son caractère devient revêche et intraitable : pris âgé, on ne peut en rien faire; il se défend, et mord avec fureur. La colère, chez lui, se traduit par le claquement des dents, accompagné d'affreuses grimaces. (Lesson.)
Nous ne pouvons mieux donner l'histoire du magot qu'en reproduisant les savantes observations de Frédéric Cuvier, auquel on doit tant de détails sur les mœurs et l'intelligence des animaux.
L'intelligence, ce don précieux donné aux animaux pour leur conservation, et au moyen duquel ils prennent leur rang dans l'ordre de cet univers, ajoute toujours, dans la liberté de la nature, au
Fi". 120. — Main antérieure de niigol.
Fig. 121. — Main postérieure de magot.
bien-être et à l'indépendance, mais devient fréquemment, sous l'empire de l'homme, une cause de souffrance et de persécution. Le berger ne se sert guère que de sa voix pour conduire ses stupides moutons; le fouet est déjà en usage pour le cheval ou le chien, et ce sont les instruments de la torture qu'on emploie envers l'homme esclave. C'est aussi à son intelligence que le magot doit les tourments sans nombre dont nos baladins sont dans l'usage de l'accabler. Excepté les orangs et les gibbons, il est le seul singe de l'ancien continent qui soit susceptible de recevoir une certaine instruction; les autres, grossiers et farouches, sont incapables, en esclavage, de rien concevoir; mais ils conservent en paix leur liberté, et le magot est toujours exposé à perdre la sienne. Cependant le magot mâle ne se soumet à l'homme que dans son extrême jeunesse, et lorsque ses facultés actives n'ont point encore acquis toute leur force; arrivé une fois à l'élat adulte, il commence à être moins
triiilable, cl bientôt, cûmme les autres espèces de macaques, il se refuse à toute soumission. Les bons et les mauvais traitements sont sans effet sur lui : aussi incapable de confiance que de crainte, le besoin de son indépendance est, pour ainsi dire, le seul qu'il puisse éprouver, et l'état pénible où ce sentiment le jette, lorsqu'on le réveille trop fortement en lui par de mauvais traitements, ne tarde pas à le plonger dans la tristesse, et à le conduire au marasme, et enfin à la mort; si, au contraire, on le laisse en paix dans son esclavage, il s'y habitue, mais toute activité cesse en lui; assis sur son derrière, les bras appuyés sur ses genoux, et les mains pendantes, il suit, d'un regard stupide, ce qui se passe autour de lui, et, si le besoin de la faim ou de l'amour ne venait pas de temps à autre le tirer de cette espèce de léthargie, sa vie se passerait, en quelque sorte, dans un état intermédiaire entre la vie des plantes et celle des autres mammifères : ses fonctions végétatives s'opèrent encore, mais, excepté les sensations, toutes celles qui dépendent de l'intelligence cessent; n'ayant plus de sentiments, son esprit n'a pfus d'idées. Au contraire, le magot en liberté est peut-être un des animaux qui réunissent, au plus haut degré, la vivacité et la variété des sentiments; aussi n'en est-il guère qui aient plus de pétulance, et dont l'intelligence soit plus active et plus pénétrante; et ses qualités, jointes au mode d'organisation qui distingue les magots, donnent, à ces animaux, sur les autres, une telle supériorité, qu'ils finissent par dominer en maîtres dans les contrées où ils s'établissent. Réunis en troupes nombreuses, ils couvrent les arbres des forêts, attaquent ouvertement les ennemis qu'ils se sentent la force de combattre, et éloignent, par leur nombre et l'importunité de leurs cris, ceux qu'ils pourraient redouter; ils n'ont à craindre que les espèces de chats de taiire moyenne, qui, en montant aux arbres comme eux, viennent les surprendre dans le silence et l'obscurité de la nuit. Cependant, malgré ses nombreux moyens de conservation, cette espèce ne parait pas oc( u])cr une grande étendue de pays; rien ne prouve encore qu'elle soit sortie des limites de la Barbarie et de l'Egypte, et des parties méridionales de l'Espagne. Si l'on a assuré le contraire, c'està-dire qu'elle se rencontre dans toute l'Afrique, à la Chine, aux Indes, on l'a fait, il nous semble, sans preuve suffisante; et, jusqu'à ce que des notions plus précises aient été acquises sur ces animaux, on doit regarder les contrées septentrionales de l'Afrique comme leur patrie principale.
Le magot appartient au genre très- naturel auquel le macaque a donné son nom. Son museau large et saillant, ses yeux rapprochés et enfoncés sous d'épais sourcils, le peu d'étendue de son front, la brièveté de son cou, ses fortes canines et son corps épais, ramassé, font deviner, au premier aspect, son naturel grossier et sauvage. Tous ses sentiments, peut-être, se manifestent sur la figure par une seule grimace dans laquelle, en tirant ses joues, il rétrécit ses lèvres et montre ses dents; seulement on le voit, quelquefois, témoigner son contentement en remuant la mâchoire inférieure, et en faisant un petit bruit avec sa langue.
Cet animal a huit incisives tranchantes à chaque mâchoire, deux canines et cinq molaires. Les deux premières de ces dernières dénis ont deux tubercules à leur couronne; les trois autres en ont quatre, excepté la dernière de la mâchoire inférieure, qui en a cinq : elle est terminée par un talon qui l'agrandit sensiblement. Leurs yeux, dans toutes leurs parties, sont semblables à ceux de l'homme, ainsi que l'oreille, dont la conque, cependant, s'allonge en pointe, sans toutefois se ployer encore en cornet. Le nez n'a presque rien de saillant, et les narines, semblables à deux fentes, forment, entre elles, et à peu près, un angle droit. La langue est douce, les lèvres minces, mais très-extensibles, et les joues ont, en dedans de la bouche, les poches que l'on connaît sous le nom d'abajoues. Les fesses ont des callosités, mais elles ne sont point nues comme celles des cynocéphales, et il n'y a point de queue. Les mains et les pieds ont cinq doigts, avec des ongles plats et des pouces distincts, très-développés aux pieds et très-pelits aux mains.
Le magot marche habituellement à quatre pattes, mais sans aisance; il est surtout conformé pour grimper, comme tous les autres quadrumanes, aussi monte-t-il aux arbres avec une étonnante facilité ; pour se reposer, il s'assied; et, lorsqu'il veut dormir, il se couche sur le côté, ou, restant assis, il laisse retomber sa tête entre ses jambes de derrière; il porte ses aliments à sa bouthe avec ses mains, ou bien il les ramasse avec ses lèvres; et il approche de son nez, pour le flairer, tout ce qu'il ne connaît pas, ou tout ce qui lui est suspect; il s'habitue à toutes les nourritures; dans son état de nature, il vit principalement de fruits et de feuilles. Les aliments qui lui conviennent le mieux en esclavage, ce sont les fruits, du pain, les légumes cuits, surtout les carottes et les pommes de terre; il boit on hiniiant. lyorsqu'il est en colère, ses mâchoires se remuent avec une étonnante rapidité,
ses mouvements deviennent brusques, et il fait entendre une voix forte et rude qui devient assez douce quand il éprouve un sentiment plus calme. N'ayant besoin d'aucune arme offensive, il a, pour se défendre, ses fortes canines et ses doigts, dont les ongles épais et longs font, quoique plats, de profondes blessures. Le penchant naturel qui le porte à vivre en troupe le porte aussi, lorsqu'on le tient en esclavage, à adopter les petits animaux qu'on lui donne, et il les transporte partout avec lui, en les tenant fortement embrassés, et il se met en colère dès qu'on veut les lui ôter; il se plaît surtout à chercher dans leurs poils les moindres saletés, qu'il porte aussitôt à la bouche, et ce soin parait beaucoup lui plaire; lorsqu'un magot éprouve quelque bienveillance pour son maître, c'est en épluchant .ses mains ou sa tête qu'il le lui témoigne. On assure que ces animaux ont pour leurs petits une tendresse et des soins remarquables, qu'ils ne les quittent jamais, et les tiennent dans une grande propreté. 11 est arrivé souvent aux magots de se reproduire en esclavage; mais ce phénomène n'a eu lieu que chez les montreurs d'animaux, qui n'en ont point examiné les circonstances. Nous ignorons donc tout ce qui a rapport à la reproduction chez ces animaux.
Les plus grands magots ne dépassent jamais la taille d'un chien de moyenne taille.
Fig. 122 — Magot.
Le magot a le sommet et les côtés de la tète, les joues, le cou, les épaules et la partie du dos qui leur correspond, le devant des membres antérieurs, d'un jaune doré assez vif, mélangé de quelques poils noirs; chaque poil est gris foncé à sa base, et annelé de jaune et de gris dans le reste de sa longueur; les autres parties supérieures du corps sont d'un jaune beaucoup plus grisâtre; sur ces dernières parties on voit les bandes transversales noirâtres, très-apparentes, mais accidentelles, et qui sont dues, en grande partie, à ce que les poils se séparent par bandes, et laissent voir leur partie inférieure, qui est d'un gris foncé, et aussi à ce que des poils noirs, qui sont mélangés avec le pelage, se développent surtout par bandes. Toutes les parties inférieures, ainsi que la face interne des membres, sont d'un gris jaunâtre, et il en est de même des poils qui garnissent les joues sur les mâchoires inférieures. Quelques poils noirs, avec le bout jaune, se montrent à l'angle interne de l'œil, et forment là une petite tache noirâtre qui descend obliquement sur la joue. La face est nue, et entièrement d'une couleur de chair livide, ainsi que les oreilles dont les bouts sont couverts de poils; les mains sont noirâtres, et aussi garnies de beaucoup de poils. Les poils des joues forment comme d'épais favoris et se dirigent d'avant en ariière. Les poils de toutes les autres parties du
<jl AhllUMANES. i:,j
coriKs se [luiltMil yi'iuMalcmunl eu di'.Mt'iulaiit (lu haut eu arrière, exti'iite coux de l'avaul-luas, (|iii se portent de bas eu haut. Les testicules sont couleur de chair, comme tout le reste de la peau de l'animal. Les may:ots n'ont ([u'uiie seide espèce de poils, leur pelage est très-fuunii; aussi, de tous les sin-es, ce sont ( eux qui supporleut, le plus facilement, les froids de nos hivers.
Les femelles .sont généralement plus petites et |)lus douces que les mâles, et leurs canines ne déliassent yuere les iucisi\es : du reste, elles leur ressemhleut entièrement.
f\i. l'23 — Tète de nint;ot femelle.
Les anciens connaissaient le magut; mais il semblerait, d'après .\ristote, qu'ils en distinguaient deux espèces: Tune, qu'ils nommaient pithèque, et l'autre cynocéphale. Pendant longtemps les naturalistes ont cherché à appliquer ces deux noms, et, pour cela, ils ont fait, des femelles et des jeunes magots, l'espèce du pithèque, et, du magot mâle adulte, l'espèce du cynocéphale. 11 est certain, aujourd'hui, d'après les observations de M. Blainville, sur le singe disséqué par Galien, que le pithèque était notie magot , et, comme nous ne connaissons qu'une seule espèce de macaque sans queue, il nous est impossible d'appliquer le nom de cynocéphale de la même manière qu'Aristote. Tout porte même à penser que cet auteur n'avait été conduit à faire deux espèces de magots que parce qu'il commettait la même erreur que celle que nous avons commise de nos jours, qu'il séparait les jeunes
l'^ig. 1*2-4 — Slermtni Uti iii;É;;ot.
magots des magots ailiilius, ot qu'il donna à ces derniers le nom de cynocéphale, ne connaissant pas l'espèce à laquelle ils appartenaient véritablement, espèce qui dépend d'un autre groupe de singes, dont ([Hcl(|ues-uns se trouvent représentés sur tous les monuments des Égyptiens, et que ce peuple adorait, priacipalement à Ilermopolis.
Quoi qu'il en soit, le magot a été vu si fréquemment en Europe, que c'est, de tous les singes, le mieux connu; seulement il a été désigne sous des noms très-ditTèrents; Prosp. Alpin l'appelle cynocépale, ainsi que Brisson; c'est Yinuus de Sylvaniis, de Linné et des autres auteurs systématiques qui adoptaient la distinction du pithèque et du cynocéjdiale.
Toutes les ligures qu'on a de ce singe sont trés-reconnaissables par la proéminence du museau et par l'absence de la queue; celles que Buffon en a données sont fort exactes, et on le reconnaît encore dans celles beaucoup plus grossières de Prosp. Alpin. (Frédéric Ccvier.)
Fis. 125. — Bonnet chinois.
ir)5
o^iuxtï'i'itte atoitLic. — vL^a/aoccpbalc'.*.
rp 2;i-oiipe se rompose de singes ii museau très-prolongè, et eomnie tronqué au bout, disposition qui leur a valu le noni de singes à museau de chien. Les narines sont projetées en avant, et au-dessus des lèvres, formant un plan oblique plus ou moins prononeé de haut en bas. Leur museau, romme le fait observer Desmoulins, n'est pas glanduleux, et no constitue pas un niulle comme celui des léniiirions, qui se trouvent, parleur organisation, placés aux limites inférieures de l'ordre.
Fi-. 126. — TùteduClincmn
La taille des cynocéphales peut être comparée à celle d'un grand chien. Leurs membres antérieurs sont assez courts; leur iTiarche est quadrupède; ils n'habitent pas tous les forêts; leurs doigts, réunis par une bride de la peau, sont assez courts; leur corps est trapu et lourd, aussi sont-ils beaucoup moins agiles que les singes dont nous avons déjà parlé. I^es uns ont une queue, les autres n'en ont point, et la longueur de cet organe varie avec les espèces. Us ont aux fesses de larges callosités, souvent dénudées dans une grande étendue, et des abajoues; les crêtes sourciliéres sont aussi trèsprononcées.
(loniuic les habitudes des êtres, dit Geoffroy Saint-Ililaire, dérivent nécessairement de leur organisation, comme les fonctions d'un appareil sont tnujuurs déterminées par sa composition organique, autant les cynocéphales sont descendus vers les mammifères inférieurs par leurs formes, autant ils s'en rapprochent par leurs habitudes et leurs allures.
Nous emprunterons les généralités qui suivent à Desmoulins. La tête des cynocéphales, dit ce naturaliste, est la partie caractéristique de leur physionomie, même sur le s([ueletle; elle manque de front. Le frontal, coudé à angle presque droit sur le plan de l'orbite, forme la voûte de cette cavité, et se projette brusquement en arrière, presque dans le même plan que le pariétal Celui-ci arrive, presque sans courbure, à l'occipital qui , n'ayant pas de partie horizontale, coupe aussi brusquement le vertex en arrière que le frontal en avant. Il en résulte que le vertex est presque plat dans cet intervalle et entre les deux lignes temporales. Os deux lignes sont, en général, plus écartées l'une de l'autre dans les cynocéphales que dans les autres singes adultes. Dans l'hamadryas, surtout, elles restent parallèles, depuis les crêtes sourciliéres jusqu'à la crête occipitale, de sorte que
ir.r.
" ycrlox .le cette espèce adulte représente un plan régulièrement quadrilatère, dont la lou-ueur et la largeur sont à peu près celles de tout le crâne; dans les autres cynocéphales, ce plan représente un triannle dont le sommet est plus ou moins tronqué en arrière à roccipital; il résulte de cet élar g.ssenient c es panctaux que, nonobstant la petitesse de l'angle facial et l'énorme développement de la face, ! aire du crâne est encore supérieure, quelquefois d'un quart, à l'aire de la face Cette aire du crâne a même une proportion encore plus avantageuse, si on la compare au volume de l'animal. '
Fis. 1.'27 — Tèle He niiin.trill.
Los crêtes sourcilières, plus avancées que dans aucun autre animal, donnent à ces singes un air de férocité tout particulier. La projection de la face, en avant, ileprnd surtout de l'agrandissement des palatins et de l'énorme rentlement des os maxillaires en deux cotes proéminentes tout le long du liez. Ce renllement agrandit l'espace du sinus nasal et du cornet correspondant ; car, nonobstant Tassez petit développement de la partie etlimoidale de l'organe de l'odorat, sa partie maxillaire est plus prédominante que chez la plupart des mammifères. Le devant de cette énorme côte reçoit l'alvéole de la canine supeiienre. L'ouverture des narines est très-dilatée; dans quelques espèces, elles sont séparées, en dessus, par une écbancrure. La langue, douce, est très-extensible; le goût parait très-actif chez ces animaux Le palais, par ses nombreuses rugosités et le volume de ses nerfs el de ses vaisseaux, que représente la grandeur des trous palatins et incisifs, doit aussi en être le siège. Leurs lèvres sont peu proéminentes, mais fort mobiles. Nous avons vu des babouins, buvant avec un verre, l'appuyer sur la lèvre infeiienre projetée en cuiller pour le recevoir. Les paupières ressemj)lenl à celles de l'Iiommi'; la pupille est ronde, et l'iris brun. La conque de l'oreille diffère de la nôtre par le grand développement du lobule et par rallongement en pointe de la partie supérieure. Leurs mains, comme celles de tous les singes, jouissent de la même organisation et de la même sensibilité tactile que celles de l'homme.
Outre que chaque espèce paraît circonscrite dans des régions distinctes, sous un même climat, clia(|ne troupe est élaldie dans un cauloii où elle ne tolère l'établissement d'aucune autre, elle en défend même le territoire contre les hommes; s'il en paraît quelques-uns, l'alarme est jetée : les cynocéphales s'appellcni, se réunissent, et, par leurs cris, leurs démonstrations, essayent de leur faire rebrousser chemin. Si ces manoeuvres sont inutiles, l'ennemi est assailli de pierres, de branches <l'arbre, el même d'ex( réments. Les armes à feu, seules, l»fi effrayent, et ils ne fuient qu'après avoir laissé des leurs sur le terrain; mais, s'ils sont en nombre, ils n'hésitent pas d'attaquer, malgré le feu. Delalande nous a dit avoir, avec ses llottenlots, cerné despapions sur des rampes de précipices «l'où la retraite leur était impossible. Plutôt que de se laisser prendre, il les a vus se jeter en bas de près de cent mètres et se briser dans la chute. Pendant son séjour au Cap, un Anglais, entraîné à la
poursuite des papions sur la mnnlanuc de la 'ral)li'. fui corné, par une troupe de ces animaux, sur un rocher d'où il aima mieux se précipiter que de tomber entre leurs mains; il se tua dans la chute, (lorps à corps, un i;rand papion a ])ieiitôt terrassé un homme; ses énormes canines percent et déchirent comme celles du tiyre. Dans toute l'Afrique, depuis le tropique du Cancer jusqu'au cap de lionne-Espérance, ces animaux ravagent les cultures. L'on sait avec quelle précision d'évolutions et de manœuvres ils dévastent un jardin : échelonnés à distance convenable pour se jeter de main en main les fruits du piilaye, ils s'étendent, .s'il est possible, depuis l'endroit à piller jusqu'à leur retraite; ou bien, si la colonne ainsi échelonnée est trop courte, ils font, à l'antre bout, un entrepôt, d'où ils recomiiiencent la manœuvre. C'est la nuit qu'ils maraudent; des sentinelles veillent a leur sûreté. On va jusqu'à dire que ces sentinelles payent de leur vie la surprise dont elles n'ont pas avei'li.
Le fait est, dit Kolbe {Voijage au Cap), que s'il arrive que quelqu'un de la troupe soit pris ou tué avant que la garde ait donné le signal, on entend un bruit et un tintamarre furieux dès qu'ils se .sont retirés sur la montagne oii est le lieu du rendez-vous, et, assez souvent, on en trouve qui ont été mis en pièces. On suppose que ce sont les sentinelles négligentes qui ont été punies.
Le tissu éreclile de ces singes et les couleurs qui l'animent, dans certaines espèces, ne se développent qu'à l'approche de la puberté. On conçoit quel changement dans la physionomie cette révolution amène pour les espèces à visage peint, indèpemlamment des changements de la surface osseuse de la léte. Avant cette époque, toutes ces espèces sont à peu près également dociles et susceptibles d'affection pour leurs gardiens; leurs agitations ne sont alors que de la turbulence, sans empreinte de méchanceté. Mais, une fois pubères, les cynocéphales paraissent ne plus vivre que pour exercer sans cesse leur lubricité et leur méchanceté. Désormais ils font le mal sans nécessité, sans avoir à le prévenir et sans le but d'en pniliter. Haïssant par instant tout ce qui est vivant, leur cruauté sans objet n'a pas sa raison, comme pour les carnivores, dans la nécessite de se nourrir du sang ou de la chair de ses victimes. Mais, ce qui n'est pas moins étonnant, ce besoin de mal faire se suspend par la plus légère cause. Des transports de la colère ou de la jalousie la plus brutale contre vous, un cynocéphale va passer brusquement à l'expres-sion d'un sentiment affectueux, bientôt remplacé par un accès de haine.
Cette mobilité d'émotions, cette démence d'idées, leur est commune avec les guenons, et surtout les macaques. Mais leur excès de lubricité n'appartient qu'à eux Nous en avons dit la cause. A l'aspect d'une femme, ([ue par l'odorat ils savent même reconnaître sous un voile où elle est invisible, tout leur devient étranger; du geste, du regard, de la voix, il semble qu'ils la possèdent; et si un luininie, \r,u- l'apparence d'une caresse, excite leur jalousie, leur emportement n'a ]ilns de mesure.
(DkSMUI l.l.NS.j
Ces singes ont une intelligence assez bornée, et ils sont méchants et dangereux. En eajiliviié, ils s'épuisent par des excès solitaires; ils vivent de fruits, de graines et d'insectes, et boivent en liiimant.
Fis. 129.— Cli.icma.
Fig. 130. — Papioii.
Fig. 13i. — Papion jfiinc.
Fis. 1 j'2 — Iliill
Fig. 134. — Hamadryas.
Les cynocéphales iialiilcnt les contrées les plus chaudes de IWfrique et de l'archipel indien, l'our compléter l'histoire des cynocéphales, nous croyon.s devoir reproduire les observations de Frédéric Cuvier sur ces .sinqres :
nilADnUMANES. <59
Les (luadnimaiies qui coiisiituent ce ifeiire ont des rapports si intimes, qu'on est d'aijord frappé de leur ressemblance. En effet, les habitudes de leur corps, les mouvements de leur physionomie, les proportions et les relations de leurs membres, tout annonce qu'ils sont de la même famille, et ce premier jui;ement est confirmé par un examen plus attentif de leurs organes. Cette uniformité de nature n'a cependant été reconnue que dans ces derniers temps; ce sont Georges Cuvier et Geoffroy Saint-llilaire qui ont, les premiers, séparé ces qu.adrumanes des autres singes avec lesquels, jusqu'alors, ils avaient été confondus. C'est que le caractère de la queue, que Linné employa pour grouper ces animaux, ne pouvait point produire de divisions naturelles. Pour qu'un organe, choisi d'avance, représente une collection d'individus, c'est-à-dire pour qu'il rende nécessaire tout le système particulier d'organisation propre à chacun d'eux, il faut qu'il ait une importance telle, que son absence enlraiiu-, dans les autres parties, des changements fondamentaux; or, la queue est, chez les singes de l'ancien monde, un organe tout ii fait inutile, que ces animaux n'emploient à rien et qu'on ne peut considérer que comme un organe rudimentaire. C'est pourquoi aussi ce même caractère ne peut être choisi pour représenter les cynocépliales, après que ces animaux ont été réunis par la considération de l'ensemble de leurs organes, parce que ce qu'ils ont de particulier dans la queue leur est commun avec quelques autres singes, qui, d'ailleurs, ne leur ressemblent aucunement.
Georges Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire prirent l'angle facial pour caractère distinctif des grou])es (|u'ils formèi-ent dans la famille des quadrumanes étrangers à l'Amérique. Ce caractère, qui représentait, en quelque sorte, la capacité du cerveau, et par conséquent l'étendue de l'intelligence, avait toute l'importance désirable; et il serait impossible d'en prescrire un meilleur, s'il ne variait pas avec l'âge, et si les jeunes individus ne différaient pas considérablement, à cet égard, des individus adultes. C'est chez les cynocéphales que cette difficulté est le plus sensible, aussi a-t-elle conduit à réunir les jeunes cynocéphales aux guenons et surtout aux macaques. Pour éviter les erreurs où l'on pourrait être entraîné par la considération exclusive de l'angle facial, j'ai proposé de joindre à ce caractère la structure des dents et la situation des narines, qui se prolongent jusqu'à l'extrémité du museau, parce qu'il n'y a, parmi les singes, que les cynocéphales et les macaques qui aient un talon à la partie postérieure des dernières molaires de la mâchoire d'en bas, et que, jusqu'à présent, les premiers sont les seuls quadrumanes dont les narines soient ainsi prolongées, tout en étant dépourvus de mufle; et, quoique ces caractères n'aient été donnés que par l'observation des cynocéphales, ils sont assez intimement liés à l'organisation pour qu'il soit permis de penser qu'ils conviendront encore à ceux qu'on pourra découvrir par la suite. En effet, la structure des dents, les narines, ont des rapports tellement nécessaires avec les organes du goût et ceux de la digestion, qu'elles en seraient, en quelque sorte, les représentants; d'ailleurs, la structure des dents dérive immédiatement du naturel, et a toujours offert les caractères secondaires les plus généraux et les plus fixes.
Tous ces singes à tète de chien parviennent à une taille élevée et qui égale au moins celle du loup; ils annoncent, par leurs proportions, la vigueur et l'agilité, et, par leur physionomie, la férocité et l'emportement, mais aussi l'intelligence et la pénétration. C'est du mélange de ces qualités que se forme leur naturel, dont le trait caractéristique est une extrême mobilité de sentiments. On peut les voir passer, dans l'espace de peu d'instants, de l'affection à la menace, de la colère à l'amour, de l'indiiférence à la rage, sans qu'aucune cause apparente rende raison de ces changements subits; et leurs passions sont susceptibles de s'exalter au point d'éteindre en eux les principes mêmes de la vie : j'en ai vu plusieurs expirer des suites de leur colère. Us offuent, sans contredit, l'exemple du plus giand développement que puisse atteindre cette faculté de l'activité animale qu'on désigne sous le nom de passion, de sentiment. En liberté, leur intelligence corrige, ou plutôt empêche, ce développement; ils reconnaissent tout ce qui peut leur nuire, l'évitent avec soin, et, joignant la péiu'tralion à l'adresse, savent à la fois reconnaître leur ennemi, éventer ses pièges, et, malgré lui, satisfaire leurs désirs. Aussi, quoique féroces, ils n'attaquent jamais que de loin, soit en menaçant par des cris, soit en jetant des branches d'arbre, et ils dévastent une plantation avec une prudence et une promptitude telles, qu'à moins de la surveiller sans cesse on ne peut les eu empêcher. Toutefois, loi'squ'un danger les presse, ils savent user de leurs forces et de leurs armes. J'en ai rapporté un exemple frappant en donnant la description du chacma; mais cet exemple peut encore servir à faire connaître la pénétration naturelle à ces animaux. Le chacma qui blessa si dangereusement son gardien, parce que celui-ci le menaçait d'un bâton, n'avait jamais élé frappé. Arrive Irès-jeune à notre
160 HISTOIRE NATL'Illïl.LE.
ménagerie, et continuellement enfermé dans sa cage, tout châtiment lui était inconnu, et le ton d'un homme qui gronde, de même qu'un bâlon à la main, ne pouvaient lui rappeler aucune punition, aucune douleur; sa détermination n'eut donc point pour cause une notion acquise par sa propre expérience; elle était entièrement le résultat d'un acte intellectuel particulier, d'un jugement naturel.
De ce que ces animaux sont susceptibles de recevoir une éducation assez lemarquable des circonstances au milieu desquelles ils sont élevés, ils le sont aussi d'eu recevoir une artificielle de l'homme. En effet, on en rencontre quelquefois sur les places publiques, qui amusent le peuple par les exercices qu'ils font à la voix de leur maître ; mais ils ne se soumettent guère à ce genre d'esclavage que durant leur jeunesse; non-seulement quand ils sont vieux ils se refusent à toute obéissance, mais ils perdent le plus souvent alors toute la docilité qu'ils avaient acquise et reprennent leur férocité naturelle.
Les cynocéphales, ayant l'organisation principale des quadrumanes, ont été destinés à vivre dans les forêts et à faire des arbres leur habitation. Cependant cette destination est bien moins absolue chez eux que chez les autres singes de l'ancien monde : n'ayant pas le train de derrière aussi élevé, ils marchent avec plus de facilité, quoiqu'ils soient encore loin d'égaler, sous ce rapport, les véritables quadrupèdes; leurs mouvements sur la terre sont toujours gênés; leur marche est leulp. et leur course est une sorte de trot ou de petit galop; c'est-à-dire qu'ils relèvent d'un seul tenqis le train de devant, ne détachent que successivement leurs jambes de derrière du sol, et retombent de même sur celles de devant. Ce n'est que très-rarement qu'ils se tiennent debout; pour cela, il faut qu'ils aient besoin d'atteindre à quelque chose, et ils n'avancent jamais ainsi que quelques pas; ils sont, par contre, dans leur jeunesse surtout, de la plus grande agilité pour grimper, et ils font des sauts prodigieux; en un instant, ils ont parcouru un arbre, ont pris toutes les attitudes, passé de la position la plus difficile en apparence, par les mouvements les plus rapides et les plus extraordinaires, à une position plus difficile encore, sans que la multiplicité des branches et leur entrelacement aient été cause du moindre embarras pour eux, leur aient apporté le plus léger obstacle. Aussi n'ont-ils que peu d'ennemis qui puissent les atteindre ouvertement. Dans leur vieillesse, ils deviennent épais, trapus et lourds. Us se tiennent assez fréquemment assis sur leur derrière calleux. La nourriture principale de ces animaux consiste dans les fruits, les racines, les feuilles tendres et les jeunes pouces de certaines plantes. Lorsqu'ils mangent, ils commencent toujours par remplir leurs abajoues, c'eslà-dire les sacs qu'ils ont de chaque côté des joues, et ils boivent en humant, comme tous les animaux à longues lèvres mobiles.
On ne connaît point encore exactement les contrées qu'ils habitent. Le plus grand nombre parait se trouver en Afrique; mais l'Inde en nourrit aussi. Les pays chauds sont indispensables à leur nature; ils ne trouveraient point à vivre en hiver dans les pays du nord, et ils ne sont pas vêtus de manière à résister au froid. Aussi n'est-ce qu'en les tenant chaudemenl qu'on parvient à les conserver dans nos ménageries.
Ce sont des animaux très-lascifs, toujours disposés à l'accouplement, et, bien différents des autres animaux, les femelles reçoivent les mâles même après la conception. Celles-ci, lorsqu'elles ne sont pas pleines, entrent tous les mois en rut; et cet état se manifeste par un gouilement considérable, causé par l'accumulation du sang dans les organes génitaux et les parties qui les avoisinent, et il est accompagné d'une véritable menstruation. On ne connaît encore aucune autre circonstance relative à la reproduction de ces animaux, très-peu étudiés du reste dans leur état de nature, comme ce qui précède ne le montre que trop. Leur développement est lent; ce n'est guère que vers leuihuitième ou dixième année qu'ils sont entièrement adultes, et ils doivent prolonger leur vie peut-être jusqu'à trente ou quarante ans. l^es femelles sont plus petites et plus douces que les mâles.
Leur organisation a été mieux observée que leur naturel, mais, n'ayant à considérer ces animaux que sous leurs rapports zoologiques, je ne dois parler, avec quelques détails, ([ue de leurs parties extérieures, c'est-à-dire de leurs organes de la masti<:ation, des sens, du nmuvenu'nt de la génération, et de leurs téguments. On sait que le système organique de leurs parties internes a les plus grands rapports avec celui de l'homme; ils en diffèrent même très-peu par plusieurs sens, et leurs, dents sont à peu près les mêmes; ce qui les distingue principalement de notre espèce, ce sont, outre l'organe fondamental le cerveau, les sens de l'odorat et du goill, et les organes du mouvement et de la lièiieratiiiii.
QlJADRUMAPfES.
IGl
Ils ont les trois sortes de dents : quatre incisives à chaque mâchoire; les deux moyennes plus larges que les latérales; deux canines, longues et.étroites à la mâchoire inférieure, beaucoup plus épaisses à la mûchoire opposée. La canine inférieure n'est en rapport, dans l'action des mâchoires, qu'avec la canine supérieure et par sa face postérieure. La canine opposée est de plus en rapport avec la première molaire, ce qui fait qu'elle s'use toujours beaucoup, devient tranchante en avant et en arrière, et est, pour ces animaux, une arme des plus puissantes; les molaires sont au nombre de cinq de chaque côté des deux mâchoires : à la mâchoire inférieure, la première montre, à sa couronne, une particularité bien remarquable, en ce qu'à sa partie antérieure elle descend obliquement et vient s'appuyer contre la canine de la même mâchoire, de manière qu'elle offre à la canine supérieure un plan incliné, ce qui doit donner à l'action de ces dents un pouvoir extraordinaire; la seconde a, en avant, un tubercule pyramidal partagé en deux, d'avant en arrière, par une écliancrure, comme la partie antérieure de la première. La dernière molaire ne diffère des deux précédentes que par un talon postérieur qui a nécessité une racine de plus qu'aux autres. A la mâchoire supérieure, les deux premières molaires ne présentent qu'un tubercule partagé en deux, d'avant en arrière, les trois autres ressemblent entièrement à deux molaires moyennes de la mâchoire d'en bas, la dernière n'ayant point de talon. Ces dents paraissent suivre, dans leur développement et leur succession, les mêmes lois que celles de l'homme
Fig. 135 — Babouin noir.
Les jambes des cynocéphales n'ont pas sensiblement de mollets, et leur cuisse ne se termine point par une fesse saillante, conditions indispensables à la station verticale; mais ils ont au derrière, de chaque côté, une callosité sur laquelle ils s'asseyent, et qui semble être produite pour garantir la tubérosité de l'ischion. Leurs extrémités sont terminées par des mains semblables aux nôtres, dont les doigts sont libres, et les pouces séparés et opposables aux autres doigts : mais les pouces des mains antérieures sont beaucoup plus courts que ceux des mains postérieures; les ongles sont plus ou moins aplatis, mais longs et épais, ce qui fait que ces animaux s'en servent pour pincer et écorcher. La partie interne de ces quatre mains est tout â fait nue, et forme un organe très-délicat du 10 21
lf)5 HISTOIKE NATCllELLE.
toucher; elle est divisée par des plis plus ou moins profonds, mais constants, qui circonscrivent un certain nombre de tubercules trop irréguliers dans leur forme pour qu'on puisse tenter de les décrire. La queue varie par la longueur, et elle ne se relève jamais qu'à son origine; le reste retombe et n'est point susceptible de mouvement volontaire. Voilà pourquoi les cynocéphales, dont la queue est Irès-courte, comme les mandrills et les drills, la tiennent loujours relevée. C'est que cet organe ne se compose chez eux que de la partie qui se relève dans les autres espèces.
L'œil ne difière point du nôtre; l'oreille n'a plus que la partie antérieure et supérieure de l'hélix, la conque se termine en un angle à sa partie supérieure et postérieure, l'anthélix s'élargit, les tragus se rapprochent, le lobe inférieur se raccourcit en s'arrondissant, et l'on voit dans son milieu une dépression assez profonde; les narines présentent deux ouvertures circulaires en avant du museau, qu'elles terminent brusquement; elles ne sont point environnées d'un organe glanduleux, d'un mufle, et sont plus ou moins séparées à leur partie supérieure par une échancrure; les cornets, qui sont considérables, ont déterminé un développement extraordinaire des maxillaires supérieurs, ce qui produit ces deux côtes longitudinales et ordinairement couvertes de rides qui se remarquent sur le museau de tous les cynocéphales adultes; la langue est douce, arrondie et assez charnue, et l'on trouve, de chaque côté des joues, l'ouverture d'un sac qui descend jusque sous le cou, et où ces animaux cachent les aliments qu'ils ne consomment pas. Les lèvres, qui sont très-minces, n'offrent d'ailleurs rien de particulier.
Les poils sont d'une seule nature, généralement longs, principalement sur le cou, où ils forment quelquefois une épaisse crinière; ils sont peu fournis aux parties inférieures, et leur couleur est généralement un mélange de noir et de jaune plus ou moins fauve ou blanchâtre. C'est du mélange des anneaux que ces couleurs forment sur les poils que résultent les couleurs des espèces ou des différentes parties de chacune d'elles. Les fesses, sans compter les callosités, sont entièrement nues dans une étendue plus ou moins grande, suivant les espèces, et sont revêtues d'une peau très-fine et très-sensible.
Le scrotum est extérieur dans l'âge adulte, auparavant on ne l'aperçoit point, et la verge est libre et enveloppée par le sac des testicules, où elle rentre tout à fait (Jans l'état de repos. Le gland est piriforme, et l'orifice du canal de l'urètre est en dessus. Aucun organe accessoire n'accompagne ces parties. Mais, lorsque les cynocéphales mâles sont arrivés à l'état adulte, et durant tout le temps qu'ils sont capables de se propager, leurs cuisses, à leurs parties supérieures, réfléchissent une brillante couleur, rouge chez la plupart, et bleue chez d'autres. C'est aussi à cette époque que le nez de quelques espèces se colore, et principalement celui du mandrill.
Les parties génitales de la femelle sont très-simples, elles ne montrent point de lèvres proprement dites et libres. Nous avons dit qu'à l'époque du rut ces parties se gonflent et se remplissent de sang. Les mamelles sont au nombre de deux et sont pectorales; le mamelon est très-saillant.
Lorsque les cynocéphales sont calmes, ils font quelquefois entendre un petit cri assez semblable à un grognement ; ce cri est même pour eux l'expression de la joie ; mais, dans la colère, leur voix devient forte et retentissante.
Telles sont les principales généralités qu'offrent les cynocéphales connus jusqu'à ce jour; lorsque l'on rapproche les notions qui ont été publiées, on voit combien elles sont insuffisantes pour donner de ces singes une idée exacte et complète, et combien les naturalistes peuvent encore recueillir d'observations importantes en étudiant le naturel de ces singuliers animaux. (Frédéric Cuvier.)
.U — CYNOCEPHALES (sans qieoe).
1" GENRE. - CYNOPITHÈQUE. CYNOPITHECUS. (Isid. Geoffroy Saint-llilaire)
KuMv, cliien; j:i67,H, singe.
CAHACTÈHES GÉNÉRIQUES.
('.Ofjis ciiiirl . jiiirlr sur îles im-))ilircs assez, louqs. Mtiiiis (illoïKjrfs; pniicrs poslh-'iciirs assez- développés.
QIIADmiMANRS.
Km
Muscuii avnniY. htrnr rt aplati : /o.s-fcs nasales Iris-étendues; narines non tidmleuscs et non leruùmilcs.
CaUosUvs ischialiijues étendues.
Incisives proclives, les siipcricnres surtout : parmi celles-ci, tes médianes très-larges, placées plus en avant que les latérales; dernière niàclulière injérieure à cimj tubercules ; les autres inférieures ijuadrituberculées, un peu plus lon(iues<pic larfjes ; les supérieures quadriluberculées et aussi larçjes que lonjjues. (Isidore Geoffkoï Sai.nt-Uilaii\e.)
liidépoiulaiiimcnt de l'absence de queue, les cynopilhèques diffèrent des grands cynocéphales par d'autres caractéies. Le plus remarquable consiste dans la position des narines, qui ne sont pas terminales, mais placées à peu près comme chez les macaques. Or, si l'on se rappelle (jue la position terminale des narines constitue précisément le caractère essentiel des cynocéphales, on verra que lescynopithèques forment un groupe particulier qui lie d'une manière intime les vrais cynocéphales aux macaques. (IsinoRF. Geoffroy SAiM-Ilii.AinE.)
CYiNOl'ITHÈQUE NÈGRE. CYNOPITIIECUS NIGER. (Isid Geoflroy Saint-llilaire )
Caractères srFciFiQUEs. — Pas de queue; pelage noir; une aigrette élargie sur la tète; museau peu allongé.
Habite les îles Philippines.
l''ig 150 — Cynopithètiue nà^'ic.
164 lUSTOIUE NATURELLE.
Ce singe a le pelage loul à lait noir et dur, formant une aigrette élargie sur la tête; la face et les mains sont noires; la tète est plus carrée que dans les autres cynocéphales, le museau moins allongé, mais la face a beaucoup plus de largeur; le maxillaire ne se relève pas en côte le long du nez, mais s'aplatit parallèlement au nez en un plan qui s'élargit vers l'orbite, au bord externe duquel il commence. Il en résulte que la face, à partir du front, est bornée en dehors par une ligne droite sans aucune courbure ou rétrécissement; et, comme le museau a encore à proportion plus de largeur que dans les autres cynocéphales, le visage carré de ce singe le fera toujours reconnaître aisément, indépendamment de son beau pelage noir et de sa petite taille, qui n'excède pas O" 40 à 0"" 45 de la tête au derrière. (Desmoulins.)
§ 11. CYNOCÉPHALES (a queue assez allongée). ^•^' GENRE. - THÉROPITHÈQUE. THEROPITHECUS (Isid. Geoffroy Saint-Ililaire.)
0ïif, bête sauvage; mHI,, singe.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Lorps assez inipu dans l'état adulte.
Membres médiocrement alhnfjés; ponces antérieurs assez développés.
Queue médiocrement allongée
Crâne peu volumineux, mais globuleux; point de véritables crêtes sourcilières, mais la paroi supérieure de l'orbite étendue au-dessus de l'orbile en une lame horizontale, seulement un peu épaissie a son rebord antérieur. (Au.^si n'cxiste-t-il pas, comme chez les macaques et les cynocéphales, d'éclumcrurcs ii la partie externe du bord supérieur de l'orbite.)
Museau étroit, comprimé, tres-allongé.
Fosses nasales très-étroites; nez/plat; narines non tubuleuses et non terminales.
De fortes callosités ischiatiqucs , avec une nudité étendue entre et derrière elles.
Des abajoues.
Canine~i épaisses, convexes, très-longues; les supérieures, en parliculicr, tranchantes à leur bord postérieur, et véritablement énormes. Incisives presque verticales, petites; la paire interne de la mâchoire supérieure n'ayant elle-même qu'tin peu plus de longueur et de largeur que la paire externe. La dernière màchelièrc inférieure très-allongée, ayant un talon très-large et très-saillant: les auti-cs màchelièrcs, .wil inférieures, soit supérieures, beaucoup moins allongées, mais encore plus lonques que larges, et aqant de petits talons. (Isidore Geoffroï Saint-Hilaire.)
THÉROPITHÈQUE GÉLADA. TUEROPITllECUS GELADA. (Isid. Geoffroy Saint-Hilaire.)
Caractères spécifiques. — De longs poils bruns sur les parties supérieures; de longs poils fauves sur les flancs et au bout de la queue; les quatre mains noirâtres.
Habite l'Abyssinie.
Ce singe est connu, en Abyssinie, sous le nom de gélada; il fait entendre un cri qui peut être représenté par ho, ho, ho. M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire a établi ce genre d'après les considérations suivantes :
M. Ruppell, qui a obtenu ce singe eu Afrique, et qui a rapporté en Europe tous ou presque tous les individus connus, a décrit le premier le gélada, et l'a placé parmi les macaques : quelques zoologistes, par exemple Lesson dans son Species, l'ont, au contraire, reporté parmi les cynocéphales. Le gélada a, sans nul doute, des rapports intimes avec ces deux genres; mais il ne se confond ni
QUADRUMANES. Ifift
avec l'un ni avec l'aiilre, et doit devenir le type d'un ^^enre distinct, pour lequel je propose le nom de thérûijitlu'que.
Le museau irés-allongé chez le gélada (moins cependant que chez les cynocéphales), le développement considérable des canines, l'étendue longitudinale et la forme plus complexe des molaires, et plusieurs autres caractères, distinguent ce singe des macaques, et tendent à le rapprocher des cynocéphales, qui sont du même continent et auxquels il ressemble d'ailleurs pour la taille et pour le pelage. Mais, d'une autre part, les narines, loin d'être terminales, sont disposées comme chez les macaques, en sorte que le gélada se trouve privé du trait le plus caractéristique des cynocéphales. Celte différence suffirait pour que l'on ne put le réunir à ceux-ci : mais elle n'est pas la seule qui existe- Chez le gélada, la forme du crâne est beaucoup plus arrondie, et le museau moins allongé. Un caractère distinctif remarquable résulte encore de la direction presque verticale des incisives.
Fig. IST. — Tlicropithèque gélada.
Après ces caractères, dont les uns tendent à séparer le gélada des macaques et à le rapprocher des cynocéphales, les autres à le séparer de ceux-ci et à le rapprocher des premiers, il en est d'autres qui n'appartiennent ni aux macaques ni aux cynocéphales : tels sont le faible développement des incisives, même delà paire médiane supérieure; l'absence de véritables bourrelets sus-orbitaires et des èchancrures sus-orbitaires, le rétrécissement des fosses nasales et de la face qui, de chaque côté, au-dessus des arcades dentaires, est creusée de deux fosses étendues et profondes; enfin, la forme de la mâchoire inférieure, très-comprimée en avant (au point que les incisives sont placées, comme dans un grand nombre de chauve-souris, au devant des canines, très-rapprochées à leur base), ayant, de chaque côlé, au-dessous des fausses molaires, une fosse circulaire profonde, et surtout très-remarquable par l'étendue considérable des branches montantes; d'où résulte une disposition oblique de la face, assez analogue à ce que l'on observe chez les orangs et chez divers singes américains. (IsiDor.E Geoffroy Saim-IIilaiue.)
S"" GENRE. - CYNOCÉPH.\LE. CYNOCEPHAUJS (Geoffroy Saint-Ililairp.)
CARACTÈRES GÉNÉlilQUES.
Narines terminales.
Museau allimcji et trrs-ijros à son extrémité antérieure; narines saillantes, de forme lubuleuse, et prolonçiées jusqu'aux lèvres.
Abajoues très-amples.
Formes lourdes et trapues; membres forts et viyourenx, les antérieurs un peu moins développés que les postéric7irs.
Queue de dimension variable comme les espèces.
Callosités larges, très-développécs, et entourées de surfaees nues.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons indiqué du caractère et des habitudes des cynotépliales en général, sinon que leur pelage se compose de poils assez touffus, et plus épais sur les parties supérieures du cœur.
1 CYNOCÉPHALE BABOUIN. CYSOCEPIIALUS BABOUIN. (Desiimresl.)
C.\R-\CTÈREs SPÉCIFIQUES. — Pelage jaune olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous et à la face interne des membres; poils colorés de jaune et de noir par anneaux assez étendus, mais peu nombreux.
Habite l'Afrique septentrionale, particulièrement l'Egypte et l'Abyssinie
l'iy. J5.S. — liiiliiiuiii iliuviilii.
Le babouin, comme le fait observer Lesson, semble être le lien de transition des magots aux cynocéphales. Nous allons voir que ce singe a donné lieu à bien des recherches pour établir sa synonymie. Frédéric Cuvier est parvenu à la débrouiller. Il a cependant fait une espèce, sous le nom à'anubis, d'une variété du babouin.
La synonymie, dit ce savant, qui, en histoire naturelle, a pour objet primitif la connaissance des êtres, a quelquefois pour objet secondaire d'éclaircir les questions historiques, beaucoup plus importantes souvent que toutes celles qui pourraient naître des diverses conditions de l'existence des animaux. C'est pourquoi les commentateurs et les savants ont constamment fait beaucoup d'efforts pour découvrir à quelles espèces devaient être rapportés les noms des animaux qu'on trouve dans les écrits des anciens, et qui ne sont ordinairement accompagnés d'aucune description. Pour atteindre ce but, on réunit tout ce qu'on trouve dans les auteurs de relatif à ces noms, et, quelquefois, en rapprochant les notions qu'on obtient par là de celles qu'on a obtenues de l'observation directe des animaux, on parvient à découvrir leur véritable signification, et à soulever ainsi le voile mystérieux sous lequel cette signification se cachait.
Le nom de cynocéphale, qui a été donné par quelques modernes à l'animal que nous désignons ici en français par celui de babouin, est un de ceux qu'il serait le plus utile de bien comprendre. Le singe qui le portait a joué un rôle important dans la théogonie des Égyptiens; il était adoré à Hermopolis, où il avait un temple célèbre; et c'est peut-être lui que l'on voit fréquemment représenté sur les hiéroglyphes de cette nation, si remarquable par l'association monstrueuse des vérités les plus importantes et les plus élevées aux croyances les plus grossières et les plus ridicules.
Toutes les recherches qui ont eu le cynocéphale des anciens pour objet n'ont conduit qu'à de vagues conjectures, et même qu'à des erreurs. Cependant, il nous semble que la supposition la plus fondée est que ce singe était notre babouin; et Brisson, en s'y arrêtant, donna une nouvelle preuve de la justesse d'esprit si remarquable qui caractérise ses travaux sur l'histoire naturelle, travaux auxquels il nous semble qu'on est loin d'avoir rendu toute la justice qu'ils méritent.
Fig. Iô9. — Main antérieure du bjbouin noir
; 1 >'/,■'/ /'^Jr
Fig. 140 — Mnin postérieure du babouin noir.
Le babouin est un singe à tète de chien , un cynocéphale , dans toute la signification étymologique de ce nom; il a tous les caractères qui appartiennent aux espèces de ce genre, dans les organes de la mastication, des sens, des mouvements, de la génération, et dans les facultés de l'intelligence. Nous ferons principalement connaître les traits particuliers qui distinguent de tous les autres cynocéphales l'espère qui doit nous occuper ici. Elle est remarquable par ses narines prolongées autant que les mâchoires, séparées en dessus par une échancrure très-marquée, et dont les cartilages latéraux ne s'avancent pas autant que le cartilage moyen. Sa queue, relevée à son origine, se reploie bientôt, et descend jusqu'au jarret; son museau est d'une couleur de chair livide, un peu plus claire autour des yeux. Les parties supérieures de son corps sont d'un jaune verdàtre assez uniforme, qui résulte de poils couverts de larges anneaux jaunes et de petits anneaux noirs, de manière que les rapports des premiers entre eux étant beaucoup plus nombreux que ceux des seconds, leur teinte domine, modiiiée seulement par les anneaux noirs, qui produisent le verdàtre. Toutes les parties inférieures sont d'un jaune ]ilus ]uile que les supérieures, et la touffe de poils qui se trouve de chaque côté des mâchoires et v forme de larges favoris est blanchâtre.
Les jeunes individus ont, en dessus, les mêmes couleurs que les adultes ; en dessous, ils sont d'un blanc sale. Leur museau est moins saillant, et leurs organes génitaux moins développés : on ne voit point encore de scrotum, les testicules sont dans l'abdomen, et la couleur des fesses, au lieu d'être rouge, est d'une couleur tannée. (Frédéric Guvier.)