SAJOU SAI. CEBVS CAPl'CIMIS. (Guotrroy Sjinl-Hilairc
Caractéiies spiiciFiQUEs. — Pclagc variant du gris-brun au gris olivâtre ; vertex et extrémités noirs; front, joues et épaules d'un blanc grisâtre.
Habite la Guyane.
Cette espèce, connue sous le nom de singe capucin, a la tète petite, arrondie; le musean gros et court; le bord des orbites saillant du côté interne; les oreilles grandes et nues; la face pâle, parsemée de très-petits poils noirâtres; les poils du sommet de la tête assez courts, à l'exception de ceux du vertex et du haut de l'occiput, qui sont de couleur noire et qui forment une calotte de cette
QUADIUIMANES.
couleur, bien marquée, tous les autres étant d'un gris-blanc; une ligne noire de poils descendant de la calotte du sommet de la tète, traversant le front flans son milieu et venant s'arrêter à la racine du nez; les poils des côtés du front, des joues, des épaules et de la face extei'ne des bras, d'un gris pâle; la face interne de ceux-ci plus foncée; une ligne brune à la face supérieure des avant-bras; le dessus du corps et les flancs d'un gris-brun assez uniforme; la face externe des cuisses aussi brune et plus foncée que linterne , mais ayant la pointe des poils qui la recouvrent d'un jaune pâle; les pieds elles mains d'un brun obscur; la queue brune. Le saï a été regardé comme espèce douteuse par plusieurs naturalistes, et notamment par G. Cuvier, qui en faisait une variété du sajou brun. Néanmoins, il en diffère pour le moins autant que la plupart des espèces qui ont été distinguées dans ces dernières années.
Le saï est d'un naturel doux et timide ; il fait souvent entendre un petit cri plaintif, qui lui a valu le nom de singe pleureur. On l'apprivoise facilement, et il a toutes les babiludes du sajou brun. Plus peut-être que tous les autres sajous, il répand une odeur musquée parlicnlière. (Desm.^uest.)
14. SAJOU A GORGK BLANCHE. CEBVS UYI'OLEUCUS. (Geoffroy Saint-Ililairc ;
Car.\ctèkes spécifiques. — Pelage noir ou noirâtre; front, côtés de la tète, gorge et épaules, blancs.
Habite la Guyane.
Ce singe a la face et tout le front nus, et d'une couleur de chair assez pure; il en est de même (le ses oreilles; les mains, nues aussi, sont violâtres, ainsi que la peau des parties inférieures du corps. Tous les poils sont soyeux, très-lisses et roides, beaucoup plus épais aux parties supérieures qu'aux inférieures. Ils sont blancs sur les côtés des joues et sur les bras jusqu'aux épaules.
Fig. 176 — Sii.jmi A snrpe M.i.i. li,
sous le cou, sur la poitrine, ils sont jaunâtres, et, partout ailleurs, ils sont d'un noir très-foncé. Ce singe, nommé saï par Buffon, a, dit Cuvier, le bout de la queue un peu nu. Le cri du sajou à gori^e blanche, lorsque ce singe éprouve un désir, un besoin, n'est qu'un petit sifflement continu très-douxdans l'effroi, il devient aigu et dé.'iagréable. '
L'individu dont parle Frédéric Cuvier était d'une douceur exirème et très-intelligeni; ses yeux avaient une pénétration remarquable; il semblait lire dans les vôtres ce qui se passait en vous; le
iiioiiiclre geste avait pour lui une signiiicaliûii, et il était rare qu'il n'en devinât pas le motif; mais il
lonvicnl d'ajouter que ces qualités sont coniiiuines à tous les sapajous.
15. SAJOU A KRO.NT BLANC. CEIHS Al.BIFIlOKS. (GeoriVoy Saint-Hilaire )
CAKACTÈRts SPÉCIFIQUES. — Pelage noirâtre, pointillé de doré; ventre roussâtre; poils du dos bruns à la raeine, roux au milieu, noirs à la pointe.
Habile la (îiiyane
Ce singe se trouve dans les forêts qui avoisinentles eataraetes de l'Orcnoque, oii il vil en troupes. H a l'agilité et la doueeur des autres sajous, et il esl beaucoup moins criard. Sa face est d'un gris bleuâtre; le front et les orbites sont d'un blanc pur; le dessus du corps grisâtre, plus clair sur la poilrine et sur le ventre, les extrémités d'un blanc jaunâtre; le sommet de la tête est gris tirant au brun; une raie cendrée traverse la calolle et descend à la racine du nez; les oreilles sont velues- Celte espèce esl connue, dans le pays, sous le nom d'ouarapavi; et le nom de singe à front blanc lui a été donné par M de llundjoldl.
CU'euecietue axo\ive. — C'aciouiiif» «^eoLulkemit
Vr~, terre; iriOr.Ç, singe.
Les géopithèques ou sagouins se distinguent de tous les autres singes d'Amérique par leurs liabiludes. Leur queue, non prenante, ne pourrait leur servir â se balancer sur les branches et sauter d'arbre en arbre dans les forêts; aussi de celle conformation sont aussitôt découlées des privations, et les sagouins ont été contraints de chercher des refuges dans les broussailles et les crevasses des rochers. Ils vivent'en quelque sorte sur le sol, de là le nom de géopithèques, que leur donna M. Geoffrov Saint-Hilaire.
FiR. 177 — CrSne de saïmiri
Ces singes, à têle arrondie, paraissent avoir reçu en partage une ample dose d'intelligence; leurs yeux, organisés pour la vision noclurne, semblent prouver qu'ils n'ont jamais plus d'assurance que le soir et aux approches de l'obscurité, el que, pendant le jour, ils restent tapis dans l'asile qu'ils Habitent; leur face, généralement courte, forme un angle de soixante degrés; leur narines, largement ouvertes, sont percées sur le côté; leurs mâchoires présentent six dents molaires; et, enfin, leur longue queue ne paraît avoir aucun but d'ulililè. (Lesson.)
Les sagouins, comme la disposition de leurs fausses molaires l'indique, sont insectivores autant (pie frugivores Ils liabileni, avec les .sajous, les immenses forêts du Rrésil
1" GENRE. — SAIMIRI. SAIMIPxI. (Geoffroy SaiiU-Hilaire.)
Saitniri, uoni local.
CAHACTÈRES GÉNÉRIQUES.
Crâne développé.
Trou occipital percé au milieu de la hase du crâne. Fosses orhitaires séparées par une cloison membraneuse. Pelage uçfréablcment coloré.
Queue non prenante, jloconnèuse a l'extrémité, plus ou moins longue, et velue dans toute son étendue.
Ongles courts et plats aux pouces, longs et étroits aux autres doigts. Oreilles grandes, triangulaires, appliquées sur le crâne.
Les saimiris vivent en (roupes plus ou moins nombreuses dans les forêts équatoriales du nouveau monde.
Le type de ce genre est le saïmiri de Buffon, que Geoffroy Saint-Hilaire a pris pour le caractériser; et il pense même que les autres espèces de callithriches des auteurs diffèrent assez notablement du saïmiri, par les détails de leur organisation, pour ne point faire partie du même genre. Le crâne
Fig. 178. — Srâliiri entomopliagc.
des callithriches est énormément développé, et il acquiert des dimensions qui rendent compte de l'extrême sagacité que ce singe manifeste. Les yeux sont d'une grosseur considérable; les orbites complètement arrondies et séparées par une cloison membraneuse.
i. SAIMIRI ÉCUREUIL. SAWIRI SCIUltEUS. (Geoffroy Saint-IIilaire.)
CAn\CTÈRES SPÉCIFIQUES. — Pelage giis olivâtre, composé de poils fins el doux couvrant abondamment le corps; face aplatie; museau peu saillant et noir.
Habite le Brésil, la Guyane, ele.
Le saïmiri est aussi connu sous les noms de sapajou aurore, singe écureuil, tili de l'Orhioque.
Buffon, malgré son éloignement pour les méthodes naturelles, avait fait remarquer que ce quadrumane d'Amérique, dont la queue n'était pas prenante, formait la liaison des sapajous aux sagouins; et il en avait placé la description et l'histoire entre ces deux genres, ce que la plupart des naturalistes ont imité depuis, tout en laissant cette espèce avec les sapajous. M. Geoffroy Saint-Hilaire, par la considération de ce caractère de la queue non prenante, en a fait le type d'un genre ([u'il a désigné par le nom de callithrix. En effet, le saïmiri n'est ni un sapajou ni un sagouin, quoi-
Fi". l'ÏO. — Saïmiri écureuil.
qii'il appartienne bien à la nombreuse famille que forment ces singes d'Amérique, car ils se distinguent encore les uns des autres par des caractères assez importants. L'un consiste dans la forme de I organe reproducteur, semblable à celui des cercopithèques, ou plutôt à celui de l'homme; tandis que le même organe des sajous et des sagouins a tout à fait la forme d'un disque ou d'un cham-
OUADRUMANRS. 219
pignon. Un second caractèiT est fourni par la couleur des poils, très-sombres dans les sapajous comme dans les sagouins, et très-brillants, au contraire, dans le saimiri. Ce caractère n'aurait aucune valeur dans le genre cercopithèque, par exemple, où presque toutes les espèces ont le pelage plus ou moins varié par de belles couleurs; mais il doit avoir de l'importance dès qu'il s'agit d'espèces où toutes les couleurs et les teintes sont renfermées entre le noir et le gris enfumé. Les rapports des espèces d'un genre naturel existent jusque dans la couleur des poils; et, lorsque ces rapports cessent d'avoir lieu, on peut presque toujours être sûr que d'autres rapports cesseront aussi. C'est l'action d'un des principes cachés de la vie qui a changé, et ce changement se manifeste toujours par des effets plus ou moins nombreux. .Alors on a sous les yeux une autre nature, c'est-à-dire le type d'un autre groupe naturel. La tète du saimiri, par ses dimensions singulières, est encore un caractère qui doit séparer ce singe de tous ceux dont il se rapproche d'ailleurs; car il est impossible qu'un développement aussi considérable de la partie postérieure du crâne n'ait pas une influence importante .sur les proportions du cerveau et par conséquent sur le naturel.
Les parties supérieures du corps de l'individu décrit par G. Cuvier étaient d'un jaune verdâlre
Fi^. 180. — S:)iniiri ;i dos brûlé.
qui prenait une teinte grise sur les bras et sur les cuisses, et qui se changeait en un bel orangé sur les avant-bras et les jambes. La queue était du verdàtre du dos, excepté le bout, qui était noir; le ventre, la poitrine, le cou, les joues, le tour des oreilles, étaient blancs, seulement une ])eiite lâche verdàtre se trouvait au milieu du blanc des joues. Le bout du museau, des narines, aux coins de la bouche et au-dessous du menton était noir; le reste de la face, les oreilles, les mains et les organes génitaux étaient d'une coideur de chair assez pure, ainsi que les ongles, noirs seulement par le boni . Les yeux étaient bruns. Les quatre mains étaient exactement formées ; les ongles des pouces plats et larges, et ceux des doigts longs et étroits. Ses yeux étaient vifs et à pupilles rondes; ses narines séparées par une cloison épaisse et ouvertes sur les côtés du nez, et ses lèvres entières; sa langur; était douce, et ses oreilles se faisaient particulièrement remarquer par leur étendue et leur forme générale. Les dents avaient tous les caractères de celles des sajous.
C'était un animal fort doux et tiés-gai : il ne se servait point de sa queue pour empoigner; cependant il la reployait en dessous, et, lorsqu'un corps se trouvait convenablement placé, elle l'entourait, mais sans le serrer. Lorsqu'il était assis, ses pieds de derrière étaient étendus en avant, et ses mains s'appuyaient sur eux. C'est aussi delà sorte qu'il dormait, en ramenant sa tête entre ses jambes, qui alors touchaient à terre. Il mangeait, soit en portant les aliments à sa bouche avec ses mains, soit en les prenant immédiatement avec sa bouche elle-même; et c'était en humant qu'il buvait. Lorsqu'il empoignait un corps avec ses pieds de devant, le pouce se trouvait placé parallèlement aux autres doigts; ce n'était qu'aux pieds de derrière que le pouce était opposable.
Son cri était un petit sifflement bien doux et assez aigu, qu'il répétait trois ou quatre fois, soit qu'il voulût exprimer sa colère ou seulement ses désirs.
Si j'en juge par un sainiiri mftle beaucoup plus ftgé que celui qui fait l'objet de cet article, et que notre ménagerie a possédé en d8I2, les individus adultes ont une teinte plus vcrdàtre que les jeunes individus, ce qui fait que la couleur du corps et celle des jambes et des avant-bras paraissent encore plus tranchées.
Le saimiri est un animal du lirésil, de Cayenne, etc., etc., et sa beauté comme sa gentillesse l'ont fait remarquer par tous les voyageurs ou les naturalistes qui l'ont vu. (Fréd. Cuvieh.)
La physionomie du saimiri est celle d'un enfant. C'est la même expression d'innocence, quelquefois le même souris malin, et constamment la même,rapidité dans le passage de la joie à la tristesse; il ressent vivement le chagrin, et le témoigne aussi en pleurant. Ses yeux se mouillent de larmes quand il est inquiet ou effrayé. 11 est recherché pour sa beauté, ses manières aimables et la douceur de ses mœurs. Il étonne par une agitation continuelle; cependant ses mouvements sont pleins de grâce. On le trouve occupé sans cesse à jouer, à sauter et à prendre des insectes, surtout des araignées, qu'il préfère à tous les aliments végétaux. M. de Humboldt a remarqué plusieurs fois que les titis reconnaissaient visiblement des portraits d'insectes, qu'ils les distinguaient sur les gravures même en noir, et qu'ils faisaient preuve de discernement en cherchant à s'en emparer en avançant leurs petites mains pour les saisir. Un discours suivi, prononcé devant ces animaux, les occupait au point qu'ils fixaient les regards de l'orateur ou qu'ils s'approchaient de sa tête pour loucher la langue ou les lèvres. En général, ils montrent une rare sagacité pour attraper les insectes dont ils sont friands. Jamais les jeunes n'abandonnent le corps de leurs mères, lors même qu'elles sont tuées; aussi les Indiens se procurent-ils facilement de jeunes saimiris, qu'ils vont vendre à la côte. (Geoffroy Saint-IIilaibe.)
Nous considérerons jusqu'à nouvel ordre, comme variétés de cette espèce, le saimiri cntomophagc, de d'Orbigny, et le saimiri à dos brûlé, qui ne se dislingue du premier que par des teintes un peu plus foncées ou plus claires. Cependant le callithriche entomophage pourrait, plutôt que l'ustus, être considéré comme une espèce distincte.
i"" GENRE. — CALLITHRICHE. CALLITIIIÎIX. (Geoffroy Saint-llilaire )
K-xXXo;, beau; OptÇ, poil.
CARACTÈKES GÉNÉRIQUES.
Pehujc (le couleur sombre rt formé de poils assez longs.
Queue assa lunijue cl fournie.
Cloison lies orbites entièrement osseuse
Trou occipital percé en arrière de la base du crâne.
Repli membraneux à la base des doigts des mains postérieures .
Les callithricbes habitent les régions équatoriales de l'Amérique.
Les mœurs et habitudes des callithricbes sont peu connues, cependant on peut .supposer que ce
sont des singes qui ne sortent de leur retraite que vers la fin du jour. Us sont insectivores et
frugivores.
Fig. 181. — Crâne de sagouin.
i. CALLITHRICHE MOI.OCH. CALLITURLX SIOLOCB (Geoffroy Saint-Ililaire.)
CtBACTÈRES SPÉCIFIQUES.— Pelage cendré; mains et extrémités de la queue d'un gris presque blanc; face nue, brunâtre; dessous du corps, parties internes des membres fauve roussâtre assez vif; joues et menton garnis de poils assez rudes.
Habite le Brésil et le Para.
Cette espèce a été découverte par lloffmansegg dans les forêts du Para.
V'i'i. 182. — Callilliriché molocli.
Son pelage est cendré, à poils longs et serrés, annelés de blanc et de noir; ses membres sont d'un gris plus clair, tirant au blanchfllre sur les mains ainsi qu'à la queue dont les poils sont annelés de gris-brun et de blanc sale. Sa face est brunâtre, nue, et le dessus du corps, ainsi que l'intérieur des membres, sont d'un fauve roussàtre assez vif. Quelquefois il a le pelage d'un cendré tirant sur le fauve, avec les joues, les tempes, le ventre, d'un roux vif, et le bout de la queue et les mains blancs.
Ce singe est, dit-on, connu en Amérique sous le nom d'oiabonssa
2. CALLITIIRICIIE A FRAISE. CALUTniilX AMICTUS. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
Cahactèi'.es spécifiques.— Pelage brun noirâtre avec un demi-collier blanc. Mains antérieures d'un jaune terne pâle ou blanchâtre.
Habile le Brésil.
Fi". 1S5
■ Callilliiklie à fraise.
Le calliihriche à fraise a le pelage noir mêlé de brunâtre sur le corps et les membres; les poils des joues sont longs et bruns; le dessous du cou et le haut de la gorge blancs; les mains sont d'un blanc jaunâtre sale; la queue est noire et assez touffue. D'après Lcsson, les caliulirix luijen.i et torqitatiis ne seraient que des variétés de l'amiiiii.s
3. CALLITlIdlClIE A MASQUE. CMLITIIItIX PERSOPiATUS. (Geoffroy Sainl-Hilaire.)
Caractèkes spécifiques. — Pelage gris fauvo; tête et quatre mains d'un noir foncé; queue roussûtrc. Habite le Brésil.
Celte espèce présente des variétés d'âge et de se.xe qui ont pu donner lieu à quelques erreurs et à de doubles emplois. D'après Lesson, le caU'uhrix mctaiwclieir, sagouin aux mains noires, le donacoph'ilus, sagouin des bambous, et Vinfiilaliis, sagouin mitre, ne seraient que des callitliriches A masque de sexe ou d'âge différents. La femelle est plus brune; dans le jeune ûge la queue est rousse avec l'extrémité blanche.
Fig. 184. — Callilliriche à masque.
Dès le lever du soleil, ce singe fait retentir les forêts de cris désagréables el qui s'entendent de
fort loin.
3"" GENRE. - NYCTIPITIIÈQUE. NYCTIPITUECUS (Spi.v.)
KuÇ, nuii ; t^'MI, siniçe.
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Tcte ronde cl large; museau court, obtus.
Yeux noclurncs, irès-çirands.
Narines séparées par une cloison Irès-mince et ouvertes à la fois sur les côtés et en bas.
0 rei lies t rcs-pcliles .
Queue longue, couverte de poils lâches, non prenante.
Toutes les mains pentadactijles.
Les nyctipilhèques habitent les régions équatoriales du nouveau monde.
Ce genre, désigné sous le nom d'aotus (» privatif, m;-bm;, oreille) par M. de llumboldt, qui supposa que la seule espèce connue alors n'avait point d'oreilles, reçut bientôt après le nom plus heureux de nyctipithèque ou singe de nuit, en même temps que celui de nocthore, qui a la même signification, lui était donné en France par Frédéric Cuvier.
M. de Humboldt a annoncé, dit Geoffroy Saint-Hilaire dans ses Leçons, que, par ses mœurs et l'ensemble de sa physionomie, le douroucouli, qui était alors la seule espèce connue, formerait un genre particulier rappelant les caractères des loris de l'ancien continent, singes nocturnes dont nous parlerons bientôt. Et, en effet, le douroucouli est caractérisé par de grands yeux jaunes, incapables de soutenir la lumière du jour, par des oreilles fort courtes et par une queue non prenante et plus longue que le corps, kux faits qu'il avait observés, l'illustre naturaliste de Berlin avait ajouté quelques pressentiments, dont nous avons vérifié la justesse. Les rapports du douroucouli avec les loris l'onsistent effectivement dans les formes grêles de son corps, qu'on trouve allongé quand on en juge sans la toison, qui l'cpaissit en apparence, dans la longueur des lombes, dans la rencontre numérique des vertèbres lombaires, et dans des proportions semblables des parties de la tête, des fosses orbilaires et des quatre extrémités.
Les habitudes des espèces du genre sont à peu près celles du douroucouli . ce singe dort le jour; la lumière l'incommode beaucoup, et, pour l'éviter, il se retire dans un trou d'arbre, faisant cependant le guet en certains moments, et pour cela il avance un peu la tête hors du trou. Ses yeux, qui ressemblent à ceux d'un hibou, sont sans éclat, troubles et presque mourants pendant le jour. Pour dormir, il se pose sur sa croupe, les jambes de derrière ramenées sous le ventre, les quatre mains réunies, le dos courbé, la tête baissée et presque cachée dans les mains de devant.
Les nyctipithèquessonl monogames; ils aiment les fruits doux, ceux du bananier, des palmiers et certaines amandes; mais ils se plaisent surtout à chasser et â attraper des insectes. Il suffirait de savoir que le douroucouli ne siffle pas à la manière des callithriches, pour qu'on fût assuré qu'il n'est point du même genre. Son cri, pendant la nuit, ressemble ù celui du jaguar. Sa voix est d'un volume et d'une force extraordinaires par rapport à sa petite taille; sa gorge enfle lorsqu'il est irrité, et il ressemble alors, par le ronflement qu'il fait entendre et par la position de son corps, à un chat attaqué par un chien. (Geoffroy SAiNT-IIrniRE.) '
i. NYCTIPITIIÈQUE DOUROUCOULI. NYCTIPITUECVS TRIVIRGATVS (De HuniboliU.l
Caiuctèbes spécifiques. — Pelage cendré en dessus et jaune roussàtre en dessous. Trois raies noires et divergentes sur le front.
Habile les forêts des bords du Cassiquiare et du haut Oiênoque.
Le (iourouconli, {(uinu sur les bords de l'Orénuque sous le nom de cura raijada et de lili ligre.
QUAltlUIMANES. 225
est sans rontrodit un des singes les pins veniai'([iiabl('s de l'Amérique méridionale, et par ses formes, les couleurs de sou pelage, el surtout par ses habitudes. Tout le pelage, sur les parties supérieures du corps, est d'un gris varié qui est dû à ce que chaque poil est anuelé de blanc et de noir; les parties inférieures, depuis le menton jusqu'à l'origine de la queue, sont d'un orangé qui remonte sur les côtés du cou; la queue, noire à son tiers terminal, est grise, jaunâtre dans le reste de son étendue; un sourcil blanc surmonte l'œil; trois raies noires sillonnent le front en divergeant; l'une occupe la ligne médiane et chacune des deux autres naît de l'angle extérieur de l'œil et se recourbe vers l'angle
Fia, 185,
nourotr:oiili.
interne; l'intérieur des mains et des oreilles est [ui et couleur de chair; la face, également nue, est fuligineuse; l'iris est brun jaunâtre et les ongles sont noirs. Les dents du douroucouli ne diffèrent point de celles des sajous; les mains ont aussi la même conformation; les doigts antérieurs ne sont point extensibles; les ongles sont longs, étroits, cicusés en gouttière et un peu crochus. La queue, qui n'est pas prenante, e.st assez touffue et mobile. Le globe de l'œil est très-développé et a sa pupille ronde. Le nez n'est point terminé par un mufle et la bouche est fort grande. Les poils sont dou\, épais et très-soyeux. (Lesson.)
'> NYCTlt'iTlIlK'l'K A FACIi DE CHAT, .WCriPITtllirUS FELIM'S. (S|nx.)
Cmiactèiiks sriiciKiQUKs. — Pelage gris-brun uniforme; ventre roussâtre; tour des yeux blanc; queue noire à sa moitié leruMnale; yeux rouges.
Ilahite le Tara
Celte espèce resseml)le à la précédente par les couleurs du pelage, mais elle en diffère pai' des 22 'i'J
HISTOIRE NATUHELLE.
orpilles hirn apparentes, des ongles aigus et le nez sans ligne blanche. Cette espèce a la face d'un chai, la bouche grande, les yeux Ircs-grands et rouges. La face, le dessous des yeux, les lèvres et le menton, sont d'un blanc velouté. Le front porte au-dessus des yeux deux taches triangulaires d'un
Fig. 186 — Nyctipitlièque à face de chat.
fauve blanc; des joues et du haut de la tête tombent des poils noirs qui, en se dirigeant en arrière, forment trois bandes et vont se réunir sur le sommet de la tête ; la face est encadrée de favoris gris; le poil du corps est très-serré, cendré à la surface et roux et noir à la racine.