TAMARIN NÈGRE SIWAS URSULUS. ,Geoflioy Saiut-Hilaire j
Caractères srécifiqi'ES. — Pelage noir, varié de gris-roux sur la partie inférieure du dos; mains noires.
Habite le Para.
Cette espèce ne diffère guère de. la précédente que par la coloration noire des mains, et par la teinte rousse du pelage sur le dos, aussi l'a-t-on considérée longtemps comme une simple variété du midas riiftmaniis.
Le tamarin nègre, dit Frédéric Cuvier, est à peu près de la taille du ouistiti; mais il paraît avoir quelque chose de plus léger dans les formes
A cet égard, il se rapproche bien davantage du marikïna, auquel il ressemble d'ailleurs par toutes les parties essentielles de l'organisation , par toutes celles qui donnent des caractères génériques , c'est pourquoi je ne parlerai point ici de ces caractères, pour éviter une répétition inutile. Ce qu'on trouve sur ces parties, à notre article du marikinu , convient sans exception au tamarin. Son pelage, doux et épais, n'est composé que d'une sorte de poils, entièrement noirs à la tète, autour du cou, sur les membres et sur toutes les parties inférieures du corps où ils sont moins fournis qu'aux autres parties. Le dos, les flancs sont ondulés de noir et de fauve, et la disposition particulière de ces deux couleurs résulte d'anneaux noirs et fauves, assez larges et assez rares, qui se partagent
IIISTOinE NATURELLE.
oliaqno poil. La face, les oreilles, los piotls et les mains sont nus et d'un noir violâlre. F^a couleur (les yeux est (l'un jaune brun. La conqne externe de roreille , remarquable par sa {ifrandeur, l'csl encore parce qu'elle semble mutilée à son bord po.stérieur, la nature ne présentant point ordinairement celte partie découpée avec autant d'iriégularité qu'elle l'est eliez cet animal. (Fréd. Cuvieii.) L'individu observé par Frédéric Cuvier était très-facilement irritable , et mordait les personnes qui le touchaient.
Pig. 205 — TiiiiKiriii iiù^r
Ilin.^llll niMillc
OlIAltniiMANES
r< TAMAllIN LAHIK. .W//'.ts' I.MIIMIS (CcollVoy Sainl-llilaire.)
C vr.uTLi'.Es SPtciFiQiEs. — r('l:iy(' lifuii en dessus, ioun vif en dessous; lèvres bliiiielies. Habite le Brésil.
Celle espèce est remarquable par son pelaye brun li(iueté de blanc roussâlre sur le dos et la réi^ion externe des membres. La tète, la queue et les quatre extrémités, sont noires; le dessous du corps, le dedans des membres et l'origine de la (picue en dessous, sont d'un roux vif, qui se cliange eu fauve roussàtre sur la nuque; uue rangée de iioils blancs Ires-courts, très-serrés, euloure la bouche, et contraste sinculièrement avec le noir de la face.
Fi". 204. — ■niniarin l,.lné.
'i. TAMAKIN PlNCIIli. MIUA^ iJfc;)//'( S. ( iculVioy Sjiiit-llilairc.)
('.AP.ACTÈREs SPÉCIFIQUES. — Pelagc bpun en dessus, blanc en dessou.s; une longue chevelure; les cuisses et la première moitié de la queue d'un roux vif, la seconde moitié noire.
Habile la Guyane.
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250 HISTOIRE NATUriRLLE.
Le pinilie a le pclagu composé ilc poils soyinix, assez longs, siirloiil sur la tète, où ils fornienl une crinière qui rctomi)e en arrière, et qui se dessine avec d'autant plus de netteté, que sa couleur neigeuse fait opposition aux teintes noire de la face et brune des parties supérieures du dos, des flancs et des bras. Celte teinte brune tire sur le roussàtre sur les fesses et les cuisses, et règne sur la première moitié de la queue, qui est noire dans le reste de son étendue. Tout le dessous du corps, les bras et les jandjes, ainsi que les ma'ns et les pieds, sont d'un blanc pur; les ongles sont jaunâtres. Ce singe a des oreilles assez largos, entièrement nues; elles sont d'un brun noir fulugineux, ainsi que la face et les faces palmaires des mains. (Lessoin.)
Ce singe, nommé aussi pciit .mifn' du Mcx'ujne et ûlï de- Cnriluujlne, est fort délicat; il craint beaucoup le froid, et il est très-diilicile de l'amener vivant en Europe. J'eus occasion, en 1817, dit Frédéric Cuvier, de voir deux pinclies, l'un mâle et l'autre femelle, que je décrivis et que je fis dessiner; ils avaient beaucoup souffert pendant la traversée, et ils ne vécurent que pendant bien peu de temps après leur arrivée à Paris Le mâle s'était mieux conservé que la femelle; mais, quoique le pelage de celle-ci fût en mauvais élat, on voyait qu'elle ressemblait entièrement à son mâle, et que, sous ce rapport, les deux sexes, dans cette espèce, ne se distinguent pas. Au reste, c'est une observation qui avait déjà été faite pour les ouistitis, et qui, probablement, sera la même sur toutes les espèces de ce genre, sous certain rapport assez naturel, mais où cependant les espèces diffèrent l'une de l'autre par queltjues organes d'une certaine importance et beaucoup par les couleurs. .\ussi M. Geoffroy S:iint-Ililaire les a-t-il divisés en ouistitis et en tamarins par la considération des incisives, ce qui in(li(ine du moins la nécessité de les étudier plus profondément qu'on n'a pu le faire jusqu'à t:c jour.
Le pinclie présente tous les caractères génériques des marikinas et des tamarins, et particulièrement ses mains antérieures, sans pouce distinct, et dont tous les doigts sont armés d'ongles crochus; c.iractère qui exclurait les jacchus de l'ordre des quadrumanes, .s'ils ne s'en rapprochaient essentiellement à beaucoup d'autres égards. Cette espèce est remarquable par le contraste des couleurs de son pelage : le cou, les épaules, le dos, les lianes, les cuisses et la queue, étaient bruns; tandis que la tète, les pattes et toutes les parties inférieures du corps, étaient blanches. La couleur brune résultait de poils gris à leur base et annelés, dans le reste de leur longueur, de noir gris et de brun fauve.
Le pelage était entièrement formé de poils soyeux; on n'apercevait aucune trace de poils laineux; et les premiers étaient assez épais et assez longs, principalement ceux do la tète, qui, comme chez le marikina, formaient une perruque qui, quand ils étaient couchés, descendait jusque sur les épanles. La face et les mains, et, en général, toutes les parties nues, étaient d'un noir de suie. Il paraîtrait, d'après des descriptions qui ont été données de cet animal, que certaines parties, et particulièrement la croupe, seraient quelquefois d'un brun moins foncé que les autres parties du dessus du corps, et que quelques variations, mais légères, s'observaient aussi dans l'étendue delà couleur blanche.
Les individus que j'ai vus passaient toute la journée à dormir couchés dans la partie la plus obscure de leur cage; et ils ne se dérangeaient pas même pour se débarrasser de leurs excréments; mais, dès que le crépuscule arrivait, ils retrouvaient toute leur activité, et c'était alors qu'il? prenaient leur nourriture; aussitôt que l'aube paraissait, ils retournaient dans le coin qu'ils avaient choisi pour se cacher, et d'où l'on ne pouvait les faire sortir qu'avec peine. Loi'squ'ils étaient contrariés ou qu'ils éprouvaient quelques besoins, ils faisaient entendre un petit sifilement doux, peu prolongé, et qui n'avait qu'un ton. Ces animaux étaient encore jeunes, à en juger par leurs proportions comparées â celles d'un individu très-adulte, dont M. de Ilnmboldt donne les dimensions. (Fhédéric Cuvikh.)
5. TAMARIN MARIKINA. MWAS ROSALIA. (Geortroy Saint-llilaire.)
CARAcrtiiEs si'ÉciriQiiEs. — Pelage roux doré; une crinière de même couleur. Habite la Guyane et le Drésil.
Ce joli peiii animal a souvent été rapporté en Europe. Ses formes élégantes, ses mouvements fa-
nii.\iiRij.MANr;s
cili's et gracieux, la hellt^ cimleiir de sou pelage, sa propreté, l'expressiuu (ileine d'intelligence qui anime ses regards, sa voix douée, et surtout i'allaeliement qu'il montre ùceux qui le soignent, l'ont toujours fait reflierehei' avee empressement. Sans avoir la pétulance et la lubricité des singes, il en a toute la gentillesse et toute la vivacité. C'est qu'il se raiiproeliC, à ([nel([ues égards, des singe.s d'Amérique proprement dits, des sajous; mais il s'en éloigne à quelques autres. Nous nous bornerons ici à décrire ses organes extérieurs et à parler de son naturel cl des observations particulières auxquelles il a pu donner lieu.
Jje marikina que j'ai pu étudier avait été envoyé du Brésil à une personne qui, en i818, en fit don à la ménagerie du roi. Ce pays est en effet la patrie des marikinas; c'est pourquoi on ne parvient à les conserver en France qu'en les garantissant, avec beaucoup de soin, de l'intempérie de nos
Fig. Î05. — T;uii,iiiti ii.,iiikiiu
saisons, et surtout du froid cl de l'Iuimidité de nos liivers; ils demandent aussi à être tenus très- |iro[irement : la moindre saleté les fait souffrir, et bientôt ils perdent leur gaieté, dépérissent et meurent de tristesse et de dégoût. En général, ce sont des animaux fort délicats; outre les difficultés qu'on éprouve pour leur procurer tiiie nourriture convenable, ils ne s'accoutument point à vivre seuls, et la solitude leur est d'autant plus fatale, qu'ils sont d'ailleurs traités avec plus d'affection et de .soin. Le moyen le plus sur pour les faire vivre, c'est de les réunir à d'autres indivitius de leur espèce, et surtout de sexe différent. Ce qui fiatte le plus leur goût, ce sont les insectes et les fruits doux, et ils s'Iiabituent assez bien à vivre de lait, de biscuit, el<;.... On ne connaît guère leur genre de vie dans l'état de nature: il est à croire qu'il ressemble beaucoup à celui des écureuils, et que les marikinas se tiennent habituellement sur les arbri'
dont l'épais feuillage, dans les climats qu'ils
25'2 IlISTOmE NATURELLE.
MaliiliMit, leur offre Imijours un abri sur; et, si l'on pouvait conclure d'un animal en esclavage à un animal en liberté, on jugerait que ces singes n'ont point, comme les écureuils, de gite lixe, de nid particulier auquel ils reviennent lorsqu'ils ont besoin de repos; car tous les animaux qui, dans leur étal de nature, ont une retraite cboisie, sont doués d'un instinct qui les porte à la maintenir toujours extrêmement propre Lemarikina que nous avons possédé n'avait point cette qualité précieuse, ou bien il l'avait perdue ]iar l'effet de l'esclavage, qui presque toujours unit au développement ou à l'exercice des pencbants naturels. Ces penchants l'excitaient à se cacher dès qu'il avait la moindre inquiétude, et il exprimait sa crainte par un sifflement peu prolongé. Il aimait à recevoir des caresses, mais il ne les rendait pas, et, quoiqu'il témoignât de l'affection, il ne marquait jamais une entière confiance; cependant il venait i la voix des personnes qu'il connaissait; au contraire, il s'éloignait de celles qui lui étaient étrangères en les regardant avec défiance et en les menaçant même de ses faibles dents : car ce sont là les seules armes que ces animaux aient pour se défendre. C'est par leur agilité, sans doute, et par leur prudence qu'ils échappent à leurs ennemis, bien plutôt que par leur force; elle ne suffirait même pas pour les ilêfendre contre les plus (letils oiseaux de proie. Quelquefois notre marikiua semblait, pars.on cri, lenioigncr de l'ennui et de la tristesse; ce cri consistait alors dans un sifflement d'un seul ton élevé et doux, trè.s-prolongé. Comme les oiseaux, il aimait à se tenir dans la partie la plus élevée de sa cage, il n'en descendait que rarement et le faisait toujours à reculons; il prenait ses aliments, tantôt avec ses mains, tantôt avec sa bouche et buvait eu Iinmaut. Dès qu'il était repu, c'est-à-dire des ((u'il avait mangé la valeur d'une noix ou d'une pomme de moyenne grosseur, il remontait bien vite, en empoignant les objets auxquels il pouvait se suspendre, mais avec rapidité et en s'élancant vivement d'un objet à l'autre. Quoiqu'il n'eût pas le pouce séparé aux mains de devant, il ne s'accrochait pas avec ses ongles, il empoignait véritablement. Jamais je ne l'ai vu marcher sur ses pieds de derrière, et je crois que c'est à tort (|ue De Sève a dessiné ainsi le marikina de Duffon. Il se tenait hahiluellemeut assis; sa queue ne lui était d'aucune utilité, elle restait toujours pendante.
11 était généralement d'un beau jaune clair, un peu plus doré à la crinière, à la poitrine et sur la croupe, et un peu plus pâle sur le dos, sur les cuisses, à la base de la qncne et sous le ventre postérieurement. Sa face était nue et livide depuis les sourcils, ainsi que la paume des mains; la peau de son corps était conleiir de chair.
Son pelage était d'une seule nature : il ne se composait que de poils soyeux, mais liès-lins, el beaucoup plus longs sur la tête et sur le cou qu'aux autres parties du corps, ce qui formait cette crinière qui, avec sa couleur jaunâtre et sa face large et peu saillante, lui donnait en effet quelque ressemblance avec le lion. Voilà pour(iuoi ces animaux ont éle appelés, par les voyageurs, petits siiiges-lions. Sa queue était également couverte de poils sur toutes ses faces, et n'avait point de flocons à son extrémité, comme le dit Buffon de l'individu qu'il a fait graver; les pattes étaient couvertes de poils très-courts, et les fesses n'étaient ni nues ni calleuses.
Cet animal n'avait pas de front proprement dit : les poils naissaient ininiêdiatenient au-dessous des sourcils, mais la ils étaient courts tians un espace li'iangulaire assez bien in(li(pie dans notre dessin. Ses sens n'offraient rien de remarquable : ses yeux avaient la conformation de ceux de l'Iiomme, et sa vue semblait être assez bonne. Comme tous les singes d'.Amérique, les ouvertures de ses narines étaient écartées l'une de l'autre et percées sur les côtés du nez, qui avait un jien de saillie, surtout à sa racine; l'odorat paraissait idiliis, la bouche était grande, la lan,;^ue était douce, et les lèvres étaient minces. Il n'y avait point d'abajoues, et le goût n'avait pas une grande délicatesse, quoique l'animal fût assez difficile sur le choix de sa nourriture; l'oreille externe ronde. avec un rebord seulement à la partie supérieure, et n'avait point de lobule; du reste, elle ressemblait à celle de l'homme : la partie postérieure de la conque était couverte de poils, et l'oreille ellemême était tout à fait cachée dans la crinière. Tous les pieds avaient cinq doigts longs et gi'êles; aux mains, celui du milieu était le plus long; ceux qui le touchaient de cliaque côté avaient entre eux la même longueur, à peu de chose près; l'externe, ou le petit doigt, venait à la suite des trois précédents pour la longueur, et l'interne, qui tenait la place du ])ouce, mais qui n'était jioint séparé des aulies doigts, était le plus court. Aux pieds, le doigt du milieu et celui ipu vient après en dehors, étaient de la même longueur; les deux autres, plus petits que les précédents, étaient aussi d longueur égale, el le pouce, extrêmement court, n'atteignait |ias même à la naissance des doigts
iiiilii :t rouik- ijiicu'
Le pouce était distinct, et lui seul avait un ongle plat; tous les autres éiaieiit gaiiiis d'ongles eroeluis très-allongés, étroits et pointus.
Les marikiiins ont trente-deux dents : seize à chaque mâchoire, c'est-à-dire quatre incisives, deux canines et ciu([ molaires. Celles-ci sont à couronnes plates; la plus voisine des canines est une fausse molaire , à une seule pointe ; les quatre autres , peu différentes pour la grandeur, ont de.s tubercules mousses.
C'est Buffon qui. en français, a donne à cette espèce de sagouin le nom de nnir'iLina. Ce nom parait être, d'après le père d'AbeviUe, celui {[ii'elle porte au Maragnoii. Peniuiut nomme ce sagouin .«)//,;/ motihei, c'est-à-dire singe soyeux ; et Brissou (/J('f/»c animal, page 2U0i, qui en parle d'après un individu vivant appartenant à la marquise de l'ompadour. l'appelle i)etit singe-lion. C'est le shiiia ronilia de Linnaîus et de tous les auteurs systématiques. Les auteurs synonymes sont trop incertains pour que nous les rapportions.
On voit, d'après ce que nous venons de dire, que cette espèce n'est encore qu'imparfaitement coinuie, qu'on ne sait que très-peu de chose.s sur ses habitudes naturelles, qu'on n'en a vu que h^ mâle, et que tout ce qui, chez elle, a rapport à la génération, est entièrement ignoré. 11 serait donc bien à désirer qu'elle fit de nouveau le sujet des observations des voyageurs et des naturalistes. (Fr.KD. CcviEn.)