TAMARIN CHRYSOMÈI.E. MIDAS CIIRYSOMELAS. (Kulil
Caractères spécifiques. — Pelage noir; front et partie supérieure de la queue jaune doré. Habite le Brésil.
Le midas clirysoméle a le pelage noir; le front et la partie supérieure de la queue sont d'un jaune doré assez vif, tandis que les avant-bras, les genoux et les cotés de la tète, sont d'un roux qui tire sur le marron. Ce petit singe a été découvert dans les grandes forêts du Brésil, et principalement au Para. (Lessom.)
Ce singe, que les Brésiliens nomment saliidm preto, dit le prince de Neuwied, est très-commun sur les bords du Ribeiraodas Manbocas. Son corps est long de buit pouces, et la queue a prés d'un pied. De longs poils roux dorés, droits comme ceux du maiikina, entourent la face, et ce même roux doré colore l'avaiit-bras, et se cbange en une raie roussâtre qui règne sur toute la longueur de la queue dans sa moitié supérieure seulement; tout le reste du pelage est noir foncé. Cette espèce vil en petites troupes de quatre à douze individus, qui se tiennent à la cime des arbres les plus élevés; elle est trés-nuillipliée dans les grandes forêts entre San-Pedro d'Alcaiilara et le Serlam. Si l'on s'approcbe de l'arbre sur lequel sont posés les sahuis, ils prennent l'alarme, se cacbeiit derrière le.s grosses brancbes et regardent avec curiosité, en avançant la tète pour pouvoir fuir avec sécurité. On les tue aisément, mais leur petitesse les fait dédaigner par les colons pour leur nourriture, et le seul usage qu'ils en retirent est de fabriquer parfois des bonnets avec leur peau. (Lcssofi.)
Fiï. 2117. — TMin.niii i lii\s..iii,
DI-liXIKMK FAMILLK. - LK M lUlI KNS.
ieinuret, spootro.
STIlEPTIRnilIN'IENS. (Geolïmy Sainl-lliliiiir.)
STfîTTTo;, sinueux ; piv, nez.
Les quadrumaiips de cette famille, aussi nommés singes à museau de renard, ressemblent aux singes par la eonformation de leurs membres; mais leur tète, terminée par un museau pointu, les rapproelie beaucoup des carnassiers insectivores. Ces animaux, presque tons de la grande île de Madagascar, ont les narines terminales et sinueuses; un jiouce bien développé et opposable aux quatre mains; l'indicateur des mains postérieures terminé par une phalangette filiforme, armée d'une griffe étroite et relevée. Les dents incisives sont variables dans les deux mâcboires pour le nombre et la situation ; les inférieures le plus souvent proclives. Les dénis molaires à tuberi'ules aii^iis, s'engrenanl les uns dans les autres. Les membres postérieurs sont pins longs que les antérieurs, et la queue, quand elle existe, n'est pas prenante.
1" GENRE. - INDRl. JNDPJ. (Lacépède.)
litdri, en langue iiiadécusse, lioninie Jes buis.
CARACTÈnES GÉNÉllIQUliS.
Narines terminales.
Quatre incisives h chaque mùchoire.
membres postérieurs très-lonijs et robustes. Queue courte, rudimeulaire.
Les indris habitent les forêts de la partie méridionale de Madagascar.
Les indris ont la léte conique, allongée et terminée en museau pointu; la mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure; leur face est triangulaire; leurs oreilles moyennes, longues et velues. Ils ont trente-deux dents: quatre incisives, deux canines et dix molaires à chaque mâchoire. Les incisives supérieures sont réunies par paires; le bord des deux médianes est concave; celui des deux latérales est convexe. Les incisives inférieures, aussi au nombre de quatre, sont conliguës, longues, horizontales, et les latérales sont plus larges que les médianes. La position liorizonlale de ces dents supplée à l'inégalité des deux mâchoires. Les canines, assez saillantes, sont séparées des incisives par un petit intervalle, ce qui les rapproche des molaires, auxquelles elles ressemblent un peu. Ces dernières ont des tubercules mousses, sauf les fausses molaires, qui sont triangulaires, comprimées et pointues.
Les membres postérieurs sont très-longs, et la forme générale du-<;orps rapprocherait ces animaux (les gibbons, si des caractères plus importants ne les classaient avec les lémuriens.
Leur pelage est laineux et assez fourni.
Les indris ne manquent pas d'intelligence, et, au dire de Sonncrat, ils sont susceptibles d'une
'250 IIISTOIIU': iSATUliiaLl';.
sorte d'éducation. Les habitants de Madagascar parvicimeiU à dresser ces singes |i(iiir la citasse, comme on dresse les cliiens.
Leur régime est fiugivore et sans doute insectivore.
IMUil A COL'UTE QUliLlE. IMIItl lUiEVICMOATlS. (GeoflVov Saiiil-llilLiiic.)
Celle espèce est la seule connue du genre. Son pelage est brun noirâtre; la tète, le dedans des cuisses et les côtés de l'abdomen sont gris-blanc; la croupe, l'anus, la queue et le bord externe des tarses sont d'un blanc mat lavé de jaune. Les jambes de derrière sont, à tré.s-peu de chose près, doubles des antérieures; mises en mouvement, on dirait un ressort qui se détend et qui pousse le corps en avant : aucun lémurien ne s'élance aussi loin. La léte est pins forte et le museau au con- Iraire est plus court que dans les aulres genres de la famille; un giand espace, qui accroît d'autant l;i chambre nasale, tient les yeux distants. Les mains sont remarquables par leur longueur, et de plus par la dimension des pouces, qui sont reculés et séparés outre mesure. La queue est trèscuiirte; et à tous ces caractères vient s'ajouter le nombre de quatre dents incisives inférieures (tandis que les aulres lémuriens en ont six); ce ([ui explitpie la brièveté du museau. ((ii:oriROV SAi>r-
lIll.URE.)
2"" GENRE. — AVAHl. AVAHl. (Jourdan.)
Nom local.
CARACTÈItES GÉNÉRIQUES Qncuc lonyiie et touffue.
Quatre incisives et deux canines h cliafiuc mâchoire, dix molaires à la mâeiwire siiiuiienre et huit seulement h l'inférieure.
Habite la côte occidentale de Madagascar.
AVAIII A BOURllIi. .i\AIII i.i.MUEII. (Jounlaii.)
L'avahi [indri lonrjicaudutus de Geoffroy Saint-Ililaire) a été séparé du genre indri par M. .lourdan. 11 a la tète subglobideuse, la face camuse et velue, le muiie petit et nu. à chanficin busqué: les oreilles sont courtes, cachées par les poils de la télé et couvertes de ])oils elles-mêmes; le cou est gros, court, et semble renflé à la gorge; les dents incisives supérieures sont disposées par paires, les inférieures sont proclives et comme soudées. Les membres postérieurs longs, mais assez gros. Les pouces et l'indicateur des mains aniérieures sont irès-conrls, et les doigts réunis par une membrane jusqu'à ta deuxième phalange. Les pouces des mains postérieures très-larges. La queue est longue et touffue.
Mon ami le docteur Lesson, qui a indiqué ces caractères sur nature, dit que ce quadrumane a des habitudes crépusculaires, qu'il vit en petites troupes formées de huit à dix individus, (pie sa démarche est géiiée et diflicile, mais qu'il saute avec facilité.
Lavahi semble s'accommoder pour sa nourriture aussi bien d'insectes que de fruits, de grains durs et de racines. Le jour, on le trouve endormi quelquefois au fond d'un trou d'arbre, où il est roulé sur lui-même, ou le plus souvent accroupi sur des branches. 11 s'éveille au crépuscule en poussant un petit cri lent et ])leureur, recherche les animaux de son espèce de manière à former de ])etites troupes de huit à dix individus, et se met alors en quête de sa nourriture; sa démarche est gênée et diflicile, mais, en revanche, il saule avec une merveilleuse puissance, et franchit avec la lapidilé du vol do larges espaces en passant de branche en branche. Les Madécasses chassent ces animaux ])endanl le jour, car leur engourdissement cl leur paresse sont tels, que, bien qu'ils en-
Avulii.
l'I SI
QlIAimUMANES. 257
leiuieiit approdiei' leurs ennemis, ils ne cherchent point à leur échapper. Les femelles ne portent qu'un petit; elles mettent bas vers la fin de février. Dès cette époque, on les rencontre portant leur progéniture sur le dos et accrochée par ses longues extrémités postérieures. L'avahi vit presque exclusivement dans les forêts qui avoisinent la côte orientale de Madagascar, depuis l'embouchure de la Manangara jusqu'à la baie d'Âtongil. (Lessok.)
ô"'' GEiNRE. - PROPITllÈQUE. PfiOPITHECUS. (Bennett.)
CAR.\CTÈRES GÉNÉRIQUES.
Quatre incisives supérieures, disposées en une rnnijée réijuithre, très-tarfjes. les deux premières iriquèires, eonverçientes.
Doifjts libres, l'iuile.v court; pouce des ntains postérieures robuste et tr'es-allontjé . Oreilles arrondies, velues et peu apparentes.
Habite Madagascar.
Bennett a fait connaître ce genre en 1852. Les propiihéques ont une queue comme l'avahi, et le museau comme l'indri, mais un peu moins allongé. On ne sait encore rien sur leurs mœurs.
PROPITllEQUE A DIADEME. PROPITUECVS DIADEMA. (Bennell.)
Ce singe a la face presque nue; de petits poils noirs se montrent sur les lèvres, et, entre les yeux, on remarque de petits poils d'un blanc jaunâtre. Le pelage est formé de poils longs, soyeux, droits et épais : la tête, la nuque et le haut du dos sont noirs; le front, les oreilles et le thorax d'un blanc jaunâtre; les épaules, les flancs et le dessous du corps blancs; une tache brune à la naissance de la queue, qui est blanche, marquée de jaune. Les mains sont noires, avec un bouquet de poils jaunâtres cachant les ongles. (Lesson.)
4"' GENRE. - MAKI. LEMVB. (Geoffroy Saint-Hilaire.)
CARACTÈRES GÉNÉRIQUES
Mu.\eiin effilé connue le roiaril; un sillon nuir(juaul la ligne médiane du niujle. Six incisives proclives h la mâchoire inférieure.
Les makis habitent l'île de Madagascar.
Les makis ont une tête de carnassier, placée sur un corps de singe. En effet, leur tète est longue, triangulaire, à museau eflilé et à mufle séparé en deux par un sillon. Leurs mains sont bien organisées pour la préhension, quoique les doigts ne soient plus guère indépendants dans leurs mouvements. Le second doigt des mains postérieures a la phalangette amincie et un ongle subulé el relevé; les autres ongles sont en gouttière; ceux des pouces plats. Le tarse est de même longueur que le métatarse. Les yeux sont en partie latéraux, en partie antérieurs; les oreilles sont courtes et velues. La queue non prenante est longue et touffue. Trente-six dents, ainsi distribuées: à la mâchoire inférieure, six incisives proclives, contiguës, longues, les externes plus fortes, ce qui les fil prendre pour de vraies canines. Ces dernières petites, triangulaires et reculées. Dix molaires, les antérieures à pointes, les postérieures à tubercules assez mousses. La mâchoire supérieure à quatre incisives droites, réunies par paires latérales, les deux intermédiaires distantes l'une de l'autre; 25 ôô
258 IIISTOIRR NATimELI,E
deux canines loiig:iies, coniiirimées, irancliaiiles et ]ilaeé(s plus autérieuirineut ((ue les inférieures qui les croisent en airière, disposilion inverse de celle que présentent les autres nianimirères. Enfin douze molaires semblables à celles de l'autre mâchoire. Ces dents annoncent un réginie mixte frugivore, insectivore et même un peu Carnivore.
L'os de la verge arrive jus([u'à rextrémité du gland, qui est conique et a sa surface couverte de papilles cornées, dirigées en arriére. L'estomac est presque splieroïdal et les deux orifices cardiaque et pylorique sont très-rapprochés. Le foie n'a que deux lobes conqtlets et un troisième très-petit.
Le caractère de ces quadrumanes est moins turbulent, moins iudé])eiidaut. moins hargneux ([ue celui des vrais singes; ils sont aussi moins disposés à la luiiricité; ils vivent en troupes, et sont trèssensibles au froid
Frg 208. — Main onléiieiire (tu malii vari
Fig. 209 — Main postérieure du niald van.
La toison des makis est douce au toucher. Leurs poils forment une laine moelleuse, qui, chez phisieurs, est longue et épaisse. Ces quadrumanes sont à demi nocturnes: la lumière les incommode et ils ehei'chent à l'éviter; leur pupille, transversale pendant le jour, devient i)eri)endiculaire dans l'obscurité. Us ne quittent pas leur retraite tant que le soleil est ardent.
Les makis prennent leur nourriture indifféremment avec la bouche ou avec les mains: ils lapent en buvant à la manière des chiens. Revenant dans les mêmes lieux, ils se plaisent ;\ répéter les mêmes allures et les mêmes mouvements. L'un de ces mouvements, qn'ds reproduisent comme divertissement, consiste à s'élever perpendiculairement le long d'un mur ou d'un arbre: ils mettent une sorte d'amour-propre à s'élever très-haut; et, si ([uelques accidents les en ont empêchés, ils en montrent une sorte de dépit, et ils s'y reprennent avec tant de calcul, qu'ils se satisfoi:t le moment d'après par un saut de la plus grande hauteur. (Geoffiioï S.\iiNT-lliLAHtE.)
t MAlvl V.Mil. ii-.«t7l MACACIJ. (GeuUroy Saiiil-llilaire.;
CAr..\cTÈiiEs spÉciFiQDEs. — Pclagc noir et blanc. Habite Madagascar.
Cette espèce de maki est une des plus grandes du genre. Ces animaux, que nous ne connaissons, à proprement parler, qu'en esclavage, pourraient bien avoir donné de leur naturel des idées toutes
nOADRUMANES.
différentes de eellcs qu'on en devrait aviiir et (|n'un en prendrait si on pouvait les étudier dans leur état de nature. En effet, les makis, sans montrer beaucoup d'intelligence, sans témoigner d'affection pour ceux qui les soignent, semblent généralement avoir de la douceur; leur museau fin, leurs grands yeux n'annoncent rien de méchant, et l'on en trouve qui paraissent prendre plaisir à donner el à recevoir des caresses: il n'est pas rare de trouver des makis d'un caractère féroce, et uu vari nous en a donné un exemple frapjiant. Il était réuni à un mougous dans la même cage, et tons deux ])araissaient vivre l'un avec: l'autre, sinon affectueusement, du moins sans mésintelligence; lorsque, ayant été transportés dans une autre cage et dans un autre local, le vari, pendant la nuit, tua le mongous et le mangea. Cette circonstance s'accorde au reste parfaitement avec ce que des voyageurs rapportent des varis, qui, disent-ils, sont d'un naturel farouche et cruel comme les tigres.
FijT o|n — Malii vari.
Nous ferons remarquer qu'un des caractères communs à ces animaux, la diffeience de couleui' des mâles el des femelles, est conlirmé par l'espèce qui nous occupe; de sorte qu'il peut être considéré comme étant sans exception, circon.stance importante, el qui, pour avoir été méconnue, pourrait avoir conduit à multiplier sans fondement les espèces de makis connus jusqu'à ce jour.
Les cai'aclères spécifiques du vari consistent dans ses couleurs, qui sont de noir et de blanc : mais ces couleurs ne sont pas toujours réparties également. L'individu dont nous donnons la ligure présente un exemple de la distribution la plus commune chez les mâles: les parties blanches sont les jambes, les cuisses cl une bande transversale sur la croupe au-dessus de la queue, les bras, depuis le coude jusqu'aux mains, une seconde bande sur les épaules descendant aux aisselles, la parlic postérieure de la tète, et une troisième bande sur les côtés du museau, et la mâchoire inférieure; toutes les autres |)arties sont noires.
Les mâles seuls ont la tête blanche: chez les femelles, elle est toute noire supérieurement. L'inilividu mâle que Buffon a fait représenter n'avait de noir que la queue, le museau et les mains, le (levant de la tête, la partie supérieure des bras, et le bord antérieur des cuisses.
Ou a eu à la Malmaison, on madame liouaparte se plaisait à réunir beaucoup dohjels d'Iiistoire naturelle, des varis qui se sont accouplés et qui ont produit ; malheureusement on n'a point observe le tem|)s de la gestation; mais les jeunes varis sont nés les yeux ouverts, el avec les couleurs des adultes. (FnÉDÉRic Cuvieh.)
HISÏOIUE NATURELLE.
2^ MAK! MOCOCO. I.EMVR CATTA. (Geoffroy Sainl-Hilaire.)
Caractères spécifiques.
Habite Madagascar.
Pelage cendré roussfttre; queue annelée de noir et de blanc
Il est, en effet, peu de mammifères qui réunissent à des formes plus élégantes des couleurs plus douces et un caractère plus conliant. Toutes les parties supérieures de son corps sont d'un beau gris, qui prend une teinte rousse sur le dos et principalement sur les épaules; k sommet de la tète, le dessus et les côtés du cou sont noirs, ainsi que le tour des yeux et le bout du museau; toules les
t'ic. -1 ! - — MiiUi niococo.
autres parties de la tète, les oreilles, la face interne des membres, le des.sous du cou, la poitrine et le ventre, sont blancs; enfin, la queue est alternativement colorée, dans toute sa longueur, d'anneaux blancs et noirs, dont le nombre s'élève jusqu'à trente. Chez les jeunes, le noir du sommet de la tête n'est pas aussi foncé que chez les adultes. Ses formes générales sont semblables à celles des makis que nous avons déjà fait connaître; mais les contours de sa tête ont plus de finesse, et ses oreilles pointues, élevées, et qui se dirigent en avant, semblent encore donner à .sa physionomie une vivacité que n'a point celle des autres espèces, avec les oreilles courtes et aplaties; et il ma toujours paru que, de tous les makis, c'était le mocoro qui s'apprivoisait le mieux, qui prenait ])Our son maiire
nUADRUMANES.
la plus vive alTeclion, et qui monlrnit le plus diiilclligence. La paume de la main sV'lend par une linne i'tioitc cachée sous les poils jusiiu'au milieu du bras, où elle reparaît nue; c'est une particularité d'or£;anisation qui ne se trouve point chez les singes. Puis, lorsque ce maki étendait son bras, ses doii^ts se fermaient nécessairement; ce qui rend raison de la facilité avec laquelle ces animaux se suspendent aux branches. Ensuite je n"ai pu méconnaitre la cause de l'erreur où plusieurs naturalistes sont tombés, et notamment llulïoii, lorsqu'il avance qu'un des makis dont il parle avait la langue rude comme les chats, en remarquant que tous les makis, en même temps qu'ils lèchent, passent sur la peau leurs incisives inférieures, qui y produisent, en effet, une sensation tout à fait semblable i celle que nous fait éprouver la lantfue des chats. Ces animaux sont portes, par leur instinct, à se gratter mutuellement avec les dents, qui semblent ne leur avoir été données que pour nettoyer leur pelage, car ils ne s'en servent jamais ni pour mordre, ni pour couper. Ce sont de vérilables peignes.
i'',nlin, j'ai pu vérifier ce que dit Linnaeus, que, dans le contentement, le niococo fait entendre un bruit sourd tout à l'ail semblable à celui des chats dans le même cas, (Fiœdéric CeviEn.)
5 M.Mvl ISnUGE. LEMl'It nVnEII. ( Ptron et Lesiiour.
Cab.vctères spécifiques. ~ Pelage roux-marron irés-vif; mains, queue et ventre noirs; une tache d'un blanc jainiàlre sur la nuipic.
Ilaliilc Madagaseai-.
Fi". 212. — Muld rouge.
.2(',t) IIISTOIUE NATURELLE.
Le poil de ce singe est fourni cl irès-laineux, ce qui rend le corps très-épais en apparence ; la tête est garnie de longs poils noirs autour des oreilles. Le pelage est d'un roux-inarron très-vif; les mains, les pieds et la queue, qui est cylindrique et grosse, sont d'un noir très-foncé, ainsi que le ventre et la face interne des membres;" la peau de la face et celle des mains sont d'un roux foncé; les yeux sont fauves; le sommet de la tète est d'une teinte plus foncée que le dessus du dos; les poils des joues et des oreilles sont d'un marron moins intense que ceux des parties environnantes; une tache d'un blanc jaunâtre est située sur le cou et sur la nuque; les poils de la collerette sont d'une couleur marron plus claire que ceux des flancs; une tache blanche transversale se remarque sur chacun des pieds de derrière. (Desjup.est.I
Un maki rouge (femelle), observé par Frédéric Cuvier, était très-doux et très-apprivoisè; mais, quoique Irès-agile, il était habituellement triste et dormeur. Il passait ses journées couché en rond, la tête entre ses jambes, et ne semblait se réveiller que quand le besoin de manger se faisait sentir.
4. MAKI MONGOUS. LE3IVR MO.yaoUS. (Ci'oriroy Saiiil-Hilaire )
C\RACTF,nES SPÉCIFIQUES. — Pclage cendré jaunâtre; une tache noirâtre sur le sommet de la (cte; les parties inférieures d'un blanc sale fauve.
Habile Madagascar.
Le nom de mongous a clé donne généralement à toutes les espèces de mnkis dont le pelage est
Fig. 213. — Malii mongous.
brun ou varié de lii'un et do fauve, et n'offre point de grandes taches de couleur déterminée, comme celui du maki vari, ou des anneaux sur la queue, comme celui du mococo.
M. Geoffroy, ayant cru devoir distinguer comme espèces particulières tous ceux de ces makis dont les descriptions faites par divers auteurs offrent des différences appréciables, a réservé le nom de mongous à l'animal que Buffon nomma ainsi, bien qu'il ne soit pas certain qu'il lui appartienne plutôt qu'aux autres. (Desm.\best.)
Le.s mains, aux exirémilés postérieures comme aux antérieures, ont cinq doigts et le pouce distinct, beaucoup plus développé aux pieds de derrière qu'aux pieds de devant. Tous les ongles sont plats, excepté celui de l'index des pieds de derrière, qui est au contraire relevé et très-aigu; les yeux sont simples; les narines s'ouvrent à l'extrémité du museau, au milieu et sur les côtés d'un mufle, comme chez les chiens; la mâchoire inférieure est moins avancée que la supérieure, et la langue est douce; les oreilles ont une conque externe arrondie, et assez semblable à celle de l'Iiomme. On voit quelques moustaches à la mâchoire inférieure, aux côtés de la supérieure, et au-dessus des yeux; mais, si ces animaux ont un organe particulier du toucher, il pourrait résider dans les doigts, dont la peau est très-délicate. Le pelage est remarquable par sa finesse et son épaisseur. Les poils
Fis. 214 — Maki (variété albine)
qui le composent ont tous les caractères des poils laineux, et le corps en est partout à peu près également couvert, si ce n'est à la face et aux mains. Les poils soyeux ne sont développés qu'en très-petite quantité; on les voit épars sur tout le corps. Les parties génitales ont une organisation toute particulière : le scrotum paraît être entouré de glandes qui, à certaines époques, répandent sur cet organe une matière visqueuse. Le gland est garni d'épines cornées couchées en arrière, comme celui des chats. Enfin, l'anus, dans le mâle comme dans la femelle, est entouré d'une peau extrêmement plissée, qu'on n'a rencontrée jusqu'à présent chez aucun autre mammifère.
Les dents ont aussi des caractères qui leur sont propres. A la mâchoire inférieure, il y a six incisives comprimées el couchées en avant; deux canines comprimées, latéralement plus petites que
m IliSTOIRE NATURELLE.
celles (le l'autre mâchoire, et cinq molaires à tubenules aigus. A la mâchoire supérieure, il y a quatre incisives droites, écartées l'uue do l'autre par paires ; deux canines comprimées latéralement, tranchantes, et assez longues pour sortir de la bouche lorsqu'elle est fermée; et cinq molaires comme à l'autre mâchoire.
La couleur générale du pelage est d'un fauve brun, lavé d'olivâtre ou de jaune, et cette couleur est à peu près uniforme aux parties supérieures du corps comme aux parties inférieures; la queue a du noir â son extrémité, et le sommet de la tête est entièrement de cette couleur chez le mâle, tandis qu'il est gris chez la femelle; les côtés des joues sont garnis de favoris d'un bel orangé; la face, les oreilles et l'intérieur des mains, ont une teinte violette, et le cercle de l'œil est orangé. Les formes de la tète du mâle ne sont pas tout à fait semblables à celles de la tête de la femelle, et celle-ci diffère encore de l'autre par une taille un peu plus petite., et par la nuance plus jaune de son pelage
J'ai eu en même temps deux mâles et deux femelles de mongous, auxquels la description que je viens de donner convenait également sous tous les rapports. Mais j'ai possédé un mâle qui avait avec ces animaux la plus grande ressemblance, et qui en différait cependant par quelques points assez remarquables pour que je croie devoir le faire connaître ici.
Ce maki avait été ramené d'Anjuan par M. Houssard, capitaine de vaisseau, qui a bien voulu me permettre de le décrire; il était mâle et très-adulte; toutes les parties supérieures de son corps, et le sommet de la tète lui-même, Haient d'un gris jaunâtre, résultant des poils, alternativement colorés sur leur longueur de gris sale et de noir; ce gris était plus pur sur les jambes de devant et sur les côtés du corps. La partie postérieure des cuisses de derrière était jaune, et ce caractère était remarquable; le ventre était d'un jaune sale, et le gris-blanc dominait à la poitrine, au-dessous du cou et de la mâchoire inférieure, et au-dessus de la supérieure. Enfin il avait, comme les mongous, de larges favoris â la base des mâchoires, mais, au lieu d'être orangés, ils étaient d'un roux sale. La forme de sa tête différait aussi sensiblement de celle du mongous mâle; le crâne était plus élevé, le museau moins allongé, et il y avait une dépression à la racine du nez plus forte encore que celle qui se voit dans notre tète de mongous femelle; enfin la partie antérieure du museau était blanche. Du reste, il ressemblait entièrement aux mongous.
Les mongous m'ont toujours paru des animaux fort peu intelligents, très-inoffensifs et fort timides; ils s'apprivoisent quelquefois, mais ne s'attachent point. On les habitue à venir â la voix lorsqu'on attache à leur nom l'appât d'un aliment qu'ils aiment ; j'ai vu une femelle qui restait libre, s'éloignait peu et aimait â lécher, mais non pas comme les chiens, par affection.
Ce sont des animaux en partie nocturnes; ils passent une grande partie de la journée à dormir, couchés en boule, leur grosse queue passée entre les jambes de derrière, et ramenée de manière â s'entortiller autour de leur cou. Comme tous les autres makis, les mongous sont essentiellement conformés pour monter aux arbres et pour sauter : aussi font-ils des bonds prodigieux, et ils parcourent un arbre avec une rapidité que l'œil peut à ]icine suivre. Un de ceux que j'ai possédés ne semblait faire aucun effort pour s'élancer aux premières branches d'un arbre, qui étaient à dix pieds du sol; mais il marchait â terre très-difficilement. Ces animaux agissent à peu près ù la manière des singes; ils portent, avec leurs mains, leurs aliments à leur bouche; et, malgré l'allongement de leur museau, ils boivent en humant; lorsqu'ils sont calmes, leur voix consiste dans un grognement assez faible; mais ils poussent des sons très-forts et très-graves dès qu'ils sont effrayés; alors tous crient à la fois, ce qui produit un bruit presque insupportable. Lorsque deux mongous sont habitués l'un avec l'autre, ils vivent en paix, et se réunissent en s'embrassant pour se coucher. Autrement, ils se battent cruellement en se mordant, et efi s'arrachant les. poils avec les mains; et je suppose qu'ils s'appareillent lorsqu'ils vivent en état de nature. Les deux paires que je possédais n'ont jamais pu .s'habituer à se voir; dès que j'enlevais la cloison qui les séparait, ils entraient aussitôt en fureur en jetant des cris aigres, interrompus, mais qui se succédaient rapidement; sans les grilles de leui's cages, ils se seraient sûrement fait beaucoup de mal, et les.femelles entraient dans la même fureur que les mâles. Nous les nourrissions de racines cuites, de fruits, de pain et de lait, et on les tenait dans une température uniforme de douze â quinze degrés. Avec ces seuls soins et de la propreté, ils conservaient une fort bonne sanle; en général, ils se sont toujours montrés moins sensibles à l'esclavage et à l'intempérie de nos climats que les singes qui vivaient à côté d'eux.
.Maki II l'iniil lil.iMi' (l.'iiK'lli') ivi'c son {irlil.
nUADIiUMAINliS. ^ll.'.
î>oiis avons paiii' de l'oDgle |uiiiitii ^i reinarquable qu'uni rcs animaux dans h doiyt voisin du poui T, aux pii'ds de derrière. Nous ue les avons jamais vus se servir de cet ouijle à autre chose qu'à l'inlruduire dans leurs oreilles, el ils l'y tenaient assez longtemps; mais nous n'avons pu voir par (|uelle raison; et il parait que leurs incisives inférieures, couchées en avant, leur servent surtout à se gratter et à nettoyer leurs poils ; ils se rendent ce service muluellemenl ; il semblerait même (pie c'est pour eux une manière d'exprimer leur contentement mutuel. (l'ciSuÉiiii; CuviEii.)
5. M.\K1 A fllONT ULANC. l.liMUIt ALUltllUXS. (Geolîroy Saiiil-llilairc.)
CuiAC.TÈREs si'ÉciFiQUËS. — Telage gcis-roux, gris à l'occiput el sur les épaules, blanc en dessous; face noire; un bandeau blanc chez le mâle.
Habite Madagascar.
I.e maki à front blanc n'est connu que depuis que M. Geol'lroy Saint-liilaire eu a donné les caractères dans le iliifiashi ciici/c/o/Jci/i'/HC. Depuis cette époque, l'espèce avait été admise, mais elle n'avait pas été revue, et elle ue re|)Osait toujours que sur l'individu qui avait primilivemenl été décrit Vers la fin de 1S16, j'eus occasion d'acquérir deux jeunes makis, dont la tête était entièrement d'un sçris foncé, et qu'on donnait pour des femelles du maki à front blanc. La bonne intelligence dans laquelle ces singes vivaient, et même les désirs qu'ils manifestaient, ne suflisaient pas pour faire admellre qu'en effet des animaii.x très-différents de couleurs appartenaient à la même espèce; mais leur accouplement jie mit bieulôl de le conjecturer, et il ne fut possible d'élever à ce sujet aucun doute lorsqu'on vit que la femelle avait conçu. Ainsi il est bien établi que, dans cette espèce, le niàle diffère de la femelle, ce qui existe peut-être pour foutes les espèces du genre.
Le maki à front blanc mâle a toutes les parties supérieures du corps, la face externe des membres, le iiremier tiers de la queue, d'un brun marron doré lorsque la lumière vient obliquement; les parties inférieures et la face interne des membres sont d'un brun gris olivâtre; les deux derniers tiers de la queue sont noirs; la paitie interne de la lête jusqu'aux oreilles, les côtés des joues et le dessous de la mâchoire inférieure, sont blancs. La face et la paume des quatre mains sont d'un noir violâtre, et le cercle de l'iris est orange.
I^a femelle ue diffère du mâle iiour les couleurs qu'en ce que les parties qui sont blanches chez celui-ci sont, chez elle, d'un gris foncé. Le reste du pelage est également d'un marron dore, mais un peu plus jaune.
Cet animai avait il'aiUi'urs la même organisation que le mongous; il lui ressemblait en tout point par la nature du pelage et par les organes des sensations, des mouvements et de la génération; placés â coté l'un de l'autre, j'ai pu les couq)arer dans le plus grand détail, et je n'ai trouvé entre eux aucune différence appréciable; et il en était de même pour toutes les habitudes du corps, pour l'emploi des sens, des membres, et pour les facultés intellectuelles.
Ce fut dans le mois de décembre 1817 que ces animaux parurent éprouver pour la première fois les besoins du rnl.
Le mâle était très-ardent, et ses testicules paraissaient couverts d'une matière glutineuse. La femelle avait toutes les parties génitales très-gonflées et humides, mais non pas sanguinolentes; son rut n'a point été accompagné de menstruation, et tous deux cherchaient à chaque instant à frotter contre les parois de leur cage la peau plissée ([ui entoure leur anus. L'accouplement se lit le 23, à la manière de tous les autres qiuidnqièdes, et il se répéta souvent depuis, pendant cinq à six jours, ajirès lesquels lardeur de l'un et de l'autre parut calmée. Au bout de quarante jours environ, on vit les mamelles de la femelle se gonfler el son ventre grossir, et, le 13 d'avril suivant, elle mit bas un petit femelle qui avait sa couleur, mais des po.is très-courts et les yeux ouverts. Dès le moment où il fut au moude. il s'attacha â sa mère avec ses quatre pattes, en travers du ventre, au-dessus (les cuisses qu'elle reployait contre elle-même, connue pour le cacher; et, lorsqu'il voulait teter, il allongeait son i ou pour aller chercher la mamelle qui est sous l'aisselle. Ce n'était qu'avec beaucoup de patience (pie dans les premiers temps on parvenait â le découvrir; outre qu'il s'enfonçait dans le
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pelage épais do sa mère, celle-ci présentait toujours le dos aux personnes qui la regardaient, quelque familiarisée qu'elle fût avec elles, et ce n'a été qu'après plusieurs semaines qu'on a pu loliserver exactement. A sa naissance, il avait les mêmes proportions que ses parents, et sa taille était à peu près celle d'un petit rat; bientôt les poils se développèrent, et, après six semaines, excepté par la taille, il ne différait plus en rien de sa mère. Cette femelle, avant la naissance de son petit, était extrêmement douce et familière : on ne s'approchait point d'elle qu'elle ne vînt aussitôt chercher des caresses et lécher les mains; mais, dés ([ue son petit fut né, elle devint déliante, s'éloigna de tout le monde, et même elle menaçait dès qu'on l'approchait. Celte défiance s'est affaiblie par degrés et sa première familiarité est revenue lorsque ses soins n'ont plus été nécessaires à son petit, c'està-dire vers le troisième mois; jusque-là ces animaux ne s'étaient point séparés; alors le petit se hasardait à se détacher de sa mère; mais, au moindre bruit, il retournait se cacher entre son ventre et ses cuisses. Dès que la femelle fut prête à mettre bas, on tit passer son mâle dans une autre cage; car on ignore si ces animaux vivent en société et si les mâles partagent avec les femelles les soin.s de la famille : dans le cas où il n'en serait pas ainsi, le mâle aurait pu nuire au petit que nous avions tant d'intérêt à conserver.
C'est à peu près vers la cinquième ou sixième semaine qu'on a vu ce jeune maki goùler aux aliments qu'on plaçait dans sa cage, et son allaitement a cessé vers le sixième mois.
La différence qui existe, dans cette espèce, ejilre la couleur du mâle et celle de la femelle, ne permet guère de lui conserver le nom qu'elle a reçu, et qui lui convenait sans doute lorsque le mâle seul était connu. (iMuiuÉiiic Cuvieh.)
G. MAKI A MAINS BLANCI1E5. LEllIVn ALBIMAXVS. (Drisson )
Carac.tkhes si'KciFKiuEs. — Maius revêtues juscpiaux ongles de poils blanchâtres. Nez et gorge blancs.
Habile Madagascar.
Celte espèce, mal connue encore, a la face noirâtre, avec des poils jaunâtres courts sur les joues;
l-'iS ',215. — .\laki ,iu\ MMiMs Ll.inili.'
II) gorç;c et les tempos sont (Fiiii fi'i'riis;incux iinifonin'; le iielage est t;iis-liriin, plus clair en dessous (lu'en dessus. Q«i'l([ucs poils blaiicliàlres recouvrent les mains; parfois le ventre lui-même est de celle même teinte. (Lesson.)
7. MAKI A FRONT NOIR. LEMUR MGRIFRONS. (Geoflioy Saiiil-Hilaire.)