DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Les parties du monde habitées par les singes sont les régions intertropicales; cependant quelques espèces dépassent ces limites; toute l'Afrique parait être habitée par diverses espèces de singes, mais surtout la c(Me occidentale et l'extrémité méridionale; quelques espèces seulement se montrent sur la côte nord.
Un seul représentant de cette grande famille se trouve en Europe, et encore n'existe-t-il que sur un point limité, les rochers de Gibraltar.
Les parties méridionales de l'Asie et les îles de l'archipel indien fournissent un grand nombre de grandes espèces, et l'on en trouve aussi quelques-unes dans les provinces méridionales du vaste empire chinois.
L'ile africaine de Madagascar fournit aussi un assez bon nombre d'espèces, mais elles forment un type particulier dans la famille; ce sont tous des lémuriens ou singes à museau pointu.
Aucun singe ne se trouve à la Nouvelle-Hollande ni à la Nouvelle-Zélande, qui ne renferment en quelque sorte que des animaux d'une organisation toute particulière.
L'Amérique enfin, si riche pour le naturaliste, fournit dans ses provinces centrales un grand nombre d'espèces remarquables, la plupart non-seulement par la gracieuseté de leurs formes, mais encore par la douceur de leur caractère.
Les grandes limites géographiques pourraient en quelque sorte servir à classer les singes; car les espèces de l'ancien continent, Europe, Asie et Afrique, forment une famille à type particulier bien différent de celui que présentent les singes américains.
Ces animaux constituent dans les diverses contrées des genres particuliers, parce qu'ils offrent des différences caractéristiques dans leur organisation, et ce ne sont guère que les guenons et les macaques qui offrent à la fois des espèces dans l'Asie méridionale et dans l'archipel indien, mais encore ces espèces sont-elles parfaitement distinctes entre elles. Les orangs et les semnopithèques sont particuliers à l'Asie et à ce même archipel indien; les cynocéphales et les troglodytes à l'Afrique ; les sapajous, atèles, alouates, sakis, sagouins et ouistitis à l'Amèi'ique.
Quoique les macaques et les guenons soient communs, ainsi que nous venons de le dire, à r.\frique et à l'Asie, on reconnaît néanmoins que le plus grand nombre des espèces du premier genre appartient au dernier de ces continents, et que c'est le contraire pour le genre des guenons, qui sont presque toutes du .Sénégal, du Congo ou du cap de Bonne-Espérance.
Certains caractères distinguent parfaitement les singes de l'ancien continent de ceux qui habitent le nouveau, et ces caractères sont les uns positifs et les autres négatifs. Ainsi, tous les singes africains ou asiatiques ont les narines séparées par une cloison fort mince, tandis que ceux d'Amérique ont une large cloison entre ces ouvertures. Tout singe pourvu de callosités ou d'abajoues est de l'ancien monde, bien qu'il existe en Asie quelques singes qui ont leur bouche sans duplicature de la peau interne et leurs fesses complètement revêtues de poils. Toutes les espèces sans queue, ou à queue rudimcntaire, ou celles enfin à queue courte, sont de l'ancien continent. Au contraire, tout singe à queue longue et prenante, soit que cette partie soit velue ou non à son extrémité, est propre à l'Amérique méridionale. [Diclioimaire.des sc'ieyices naturelles.)
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