‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 4)Chapitre 109 sur 129 · CALOCÉPHALE LAGURE. CALOCEPHALUS LAGURUS. Fr. Cuvier · texte numérisé non relu

CALOCÉPHALE LAGURE. CALOCEPHALUS LAGURUS. Fr. Cuvier

Canacrères sréciriques. — Tout le dessus du corps d’un cendré argenté, avec quelques taches éparses d'un brun noirâtre; flancs et dessous du corps d'un cendre presque blanc; ongles forts, noirs; moustaches médiocres, en partie noirâtres, en partie blanchâtres, et gaufrées à peu près comme dans le Phoque commun. Longueur totale, environ 1".

Cette espèce a été créée par G. Cuvier sous la dénomination de Phoca lagurus, d'après un individu envoyé de Terre-Neuve au Muséum d'Histoire naturelle, par M. de la Pilaye, et a reçu de Lesson la dénomination de Phoca Pilayi. On lui rapporte un Phoque décrit par A.-G. Desmarest, dans le supplément de sa Mammalogie sous les noms de Pnoque À queue sraxcue (Phoca albicauda), dont il ignorait la patrie et auquel il assigne les caractères suivants : formes du Phoque commun; pelage gris de fer, s’éclaireissant sur les côtés et blanchätre sous le ventre; quelques petites taches noirâtres irrégulières sur le dos et les flancs; museau blanc en dessus; moustaches médiocres, noires; queue assez longue, mince, d’un beau blanc; ongles des pieds de devant longs, robustes, comprimés, peu arqués et noirs. Longueur : 1,020.

5. CALOCÉPHALE DU GROENLAND. CALOCEPHALUS GROENLANDICUS, Fr. Cuvier.

CaRACTÈRES SPÉGIFIQUES. — Molaires petites et écartées, n'ayant à la mâchoire supérieure qu'un seul tubercule en avant où en arrière du tubereule moyen; il a, suivant Lesson, trente-huit dents, sur lesquelles six incisives en bas et quatre en haut; pelage des mâles adultes blanchâtres, avec le front et une tache en croissant noire sur chaque flanc; tête entièrement noire; jeunes tout blancs en naissant, puis prenant une teinte cendrée avec de nombreuses taches sur les parties inférieures du corps. Longueur totale, 1,95.

Cette espèce est le Proque a croissant d'A. G. Desmarest et a reçu d'Othon Fabricius le nom de Phoca Groenlandica, d'où Fr. Cuvier a tiré celui de Calocephalus Groenlandicus, et Lesson en fait son Phoca Mulleri.

Ce Phoque est très-semblable, par ses formes, an Phoque commun; mais il en diffère notablement, lorsqu'il est adulte, par seS dimensions beaucoup plus considérables, puisqu'il atteint trois mètres de longueur, et par la couleur de ses poils.

Selon les auteurs qui l'ont observé au Groënland, ce Phoque est très-variable dans ses couleurs, selon son âge. Il change de nom dans ce pays, à mesure que son poil prend des teintes différentes : le fœtus, qui est tout blanc et couvert d'un poil laineux, se nomme Jolau; dans la première année de son âge, le poil est un peu moins blane. et l'animal s'appelle Attarak; 1 devient gris dans la seconde année, et il porte le nom d'Atteilsiuk. W varie encore plus dans la troisième, et on l'appelle Aglektok. IL'est tacheté dans la quatrième, ce qui lui fait donner le nom de Milektok; et ce n’est qu’à la cinquième année que le poil est d’un beau gris blane, et qu'il a sur le dos deux croissants bruns, dont les pointes se regardent; ce Phoque est alors dans toute sa force, et il porte le nom d’Atarsoak. Le poil dont la peau de ce Phoque est revêtue est roide et fort; il y a sous la peau une couche épaisse de graisse, dont on tire une huile qui, pour le goût, l'odeur et la couleur, ressemble assez à de vieille huile d'olive.

Le Phoque à croissant se trouve non-seulement au détroit de Davis et aux environs du Groënland, mais encore sur les côtes de la Sibérie, et jusqu'au Kamtchatka. À en juger par un passage de Charlevoix, cette espèce doit se rencontrer également près des côtes orientales de l'Amérique du Nord.

Lepechin a décrit, sous le nom de Phoca Oceanica, un Phoque qui, par ses dimensions et ses couleurs, ne paraît pas différer du Phoca Groenlendica d'Égède et de Fabricius, et que Fr. Cuvier rapporte à l'espèce du Veau marin, bien que Lepechin distingue positivement ces deux animaux. Les Russes lui donnent le nom de Arylatca. I se trouve dans la mer Blanche, mais seulement en hiver, tandis que le Phoque commun y réside toute l'année. Il a seulement quatre incisives à chacune des mâchoires : à la supérieure, celles du milieu sont plus petites, et celles des côtés sont plus fortes que les canines; à l’inférieure, elles sont moins aiguës; les canines sont médiocres; les molaires sont au nombre de six de chaque côté, à trois pointes, la pointe du milieu étant la plus forte; les poils des narines sont placés sur dix rangs différents; les postérieurs et les inférieurs, plus longs que les autres, sont blanchâtres, serrés; les antérieurs et les supérieurs, beaucoup plus courts et plus tendres, sont très-noirs; les yeux ont l'iris noir, il n’y a point d'oreilles externes; les extrémités des cinq doigts sont armées d'ongles noirs dont l'intérieur est le plus large; le second est plus long, et les autres vont en diminuant. Les pieds postérieurs ont, comme dans le Veau marin, les ongles plus aigus qu'aux mains. La première année ces Phoques ont le dos de couleur cendrée et brillante; le ventre plus blane, marqué partout de petites taches dispersées, nojrâtres, tantôt rondes, tantôt oblongues; et alors les habitants les appellent improprement Phoques blancs. La seconde année, cette couleur cendrée blanchit, les taches s’agrandissent et paraissent davantage, et alors on les appelle Phoques tigrés. Les femelles conservent toujours cette même couleur : seulement le nombre et la forme des taches changent; mais les mâles, en avançant en âge, changent de couleur; et, lorsqu'ils ont toute leur croissance, ils ont une peau dure, épaisse, couverte de poils courts et très-serrés, la couleur de la tête est d'un marron obscur et tirant sur le noir; elle est plus pâle au-dessus de l'ouverture des oreilles, et plus foncée au-dessous; le reste du corps est d'un blanc sale, mais le ventre plus blanc. Sur le dos, vers les épaules, on aperçoit une tache de la même couleur que la tête, qui se sépare bientôt et forme une bifurcation qui s'étend sur les deux flancs jusqu'à la région où est placé le pénis, formant une espèce de croissant. En général, la forme de cette tache est toujours la même. On remarque encore quelques autres petites taches de la même couleur semées irrégulièrement. L'espèce de croissant brun que portent ces Phoques leur à fait donner le nom de Phoques ailés, ou Krylatca.

Le Phoque décrit par Lepechin recherche les plages de la mer les plus froides; aussi ne vient-il dans la mer Blanche que lorsqu'elle est couverte de glaçons; et à la fin d'avril, après avoir mis bas et nourri son petit, il retourne dans l'Océan glacial. Les petits restent jusqu'à ce que la glace se détache des bords, alors ils vont rejoindre leur famille. On en trouve toute l’année, selon les pêcheurs, autour de la Nouvelle-Zemble et du Groënland. On le chasse pour en avoir la graisse et la peau : celle des adultes sert à faire des couvertures, et celle des jeunes, dans l'ile de Salowki, est employée dans la fabrication des bottes.

De Blainville fait mention, dans son article Dents du Dictionnaire d'Histoire naturelle, d'un Phoque à quatre incisives à chaque mâchoire. Peut-être cette tête est-elle celle d'un individu de cette

Fig. 1. — Ours jongleur très-vieux.

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