‹ Encyclopédie d'histoire naturelle; ou, Traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques: Buffon, Daubenton, Lacépède, G. Cuvier, F. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Latreille, De Jussieu, Brongniart, etc. etc (volume 5)Chapitre 27 sur 62 · FAUCON CONCOLORK. FMCO CO.YCOiOK. (Temminck · texte numérisé non relu

FAUCON CONCOLORK. FMCO CO.YCOiOK. (Temminck

Cette espèce, plus particulière à l'Afrique, mais qu'on rencontre quelquefois en Sardaigne et en Grèce, a les ailes très-longues, car elles atteignent presque l'extrémité de la queue; la rémige la plus externe est échancrée en dedans; le bec est muni d'une forte dent; et les tarses sont grêles, et de longueur moyenne.

Tout le plumage du mâle adulte est, sans exception, d'une seule nuance bleuâtre clair, tirant au gris cendré; mais toutes les plumes et les pennes portent une raie noirâtre sur leur ligne moyenne;

les rémiges sont noires, ainsi que le bec; mais la cire, le tour des yeux et les pieds, sont jaui.es. (Lessoh.)

Fig 116 — Faucon concolore.

S™ GENRE. — DIODON. HARPAGLS. (Vigors.)

AprcaE, rapace.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec court, épais, comprime latéralement, à mandibule supérieure à peine plus longue (pic l'inférieure, munie de deux dents, dont l'une forte et plus saillante que l'autre.

Narines ovales, peu apparentes.

Ailes courtes, à troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus longues, dépassant à peine la naissance de la queue. •

Queue longue, arrondie.

Tarses minces, de la longueur du doigt médian, recouverts de larges écailles ou scutellcs sur te devant; les doigts médiocres, les latéraux égaux entre eux.

Fin. 117

Dioilon ni'lenté.

Fig. 118. — Diodon bidenté

Ce genre ne renferme que deux espèces particulières a l'Amérique du Sud, et que l'on a longtemps confondues en une seule.

Tout ce que l'on sait des Oiseaux de ce petit genre, c'est qu'ils se tiennent sur la lisière des bois, où ils chassent aux petits Oiseaux.

DIODON BIDENTÉ. HARPAGVS BIDENTATVS. (Vigors.)

Cet Oiseau est brun en dessus; il a la gorge blanche, le ventre gris clair cendré et les cuisses rougeàtres. Le jeune a le manteau et les ailes bruns, la gorge blanche, rayée de traits noirs; les parties inférieures blanches, flammées de brun léger sur la poitrine, et la queue largement barrée de noir.

La femelle a la tête, le dos, le manteau et les ailes, d'un brun ardoisé; la gorge blanche, divisée par un trait longitudinal noir; la poitrine et l'abdomen d'un roux vif, parfois mélangé de blanchâtre; la région anale et les couvertures inférieures blanches; la queue brune, barrée de blanc; les tarses jaunes; le bec plombé et corné.

Le Diodon bidenté habite le Brésil et la Guyane. (Lesson.)

ômf GENRE. — BAZA. BAZA (Hodgson.)

CARACTERES GENERIQUES

Bec élevé à la base, qui esl large ; comprimé latéralement, a mandibule supérieure un peu allongée, recourbée, munie de deux dents aiguës à la pointe, la mandibule inférieure courte, offrant deux échancrufes correspondantes, et coupée plus ou moins carrément à son extrémité.

Fig. 119. — Baza lophote

Narines percées à la base de la cire en scissure très-étroite et oblique- Ailes allongées, s' étendant presque jusqu'à l'extrémité de la queue, a troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue longue, ample et faiblement échancrée.

Tarses courts, épais, delà longueur du doigt médian, emplumés jusqu'au-dessous de Particulalion, recouverts dans le reste a" écailles ou scuicllcs ; à doigts libres, les latéraux égaux ; les ongles plus ou moins crochus, faibles et comprimés. Lorums garnis de petites plumes; tête huppée.

Ce genre renferme cinq espèces communes à l'Asie méridionale., et a l'Oeéanie.

l'archipel indien, à l'Afrique

Fig. l'JO — A vieille de Veireaux.

Fis 121 — A vieille de Verreaux

La double dentelure du bec des Oiseaux de ce genre, à part l'allongement de cet organe, les rapproche trop des Diodons, et leur aspect général des Falconinés, ainsi que l'avait parfaitement senti Lesson, pour qu'on ne les comprenne pas au moins au dernier degré des genres de cette famille. Ils servent ainsi de passage naturel aux Milvinés, dont pas une espèce ne porte de dentelure rostrale, et dont le premier genre a les mêmes habitudes de pêche; cette dentelure étant et devant rester l'apanage distinctif de la famille des Falconinés.

On prétend que, sur ces cinq espèces, quatre, les moins connues, ne vivraient que de miel et de larves d'Insectes.

Voici ce que dit Le Vaillant du Raza (Faucon) huppé :

« Le Faucon huppé fréquente les lacs, les bords de la mer et les rivières poissonneuses; il ne chasse point, mais pêche et se nourrit de tous les petits Poissons et Crabes qu'il peut attraper, il s'accommode aussi d'Oursins, de Moules et d'autres coquillages, dont il brise l'enveloppe avec son bec, qui est très-fort. Je l'ai vu poursuivre avec acharnement les Mouettes, les Hirondelles de mer, et même les Albatros et les Pélicans, Oiseaux dont la grosseur et la force auraient dû iui en imposer; mais tous le fuyaient également; les Hirondelles de mer paraissaient même moins le redouter que ces grands lâches Palmipèdes.

« Quand le Faucon huppé s'est habitué à vivre sur les bords de la mer, c'est sur les rochers qu'il fait alors son nid; dans les terres, il le construit sur les arbres qui bordent les rivières qu'il fréquente et qui lui procurent le plus abondamment sa nourriture. La ponte est de quatre œufs entièrement d'un blanc roussâtre. »

CINQUIÈME FAMILLE. — MILVINÉS.

Les Milvinés ont généralement le bec plutôt long que court, faible, incliné dès la base, à pointe crochue et aiguë, à bords mandibuîaires droits ou légèrement festonnés; les narines tantôt basales, tantôt marginales, plus ou moins ovales ou elliptiques; les ailes très-longues et pointues; la queue toujours longue, le plus souvent échancrée; les tarses courts, peu robustes, à peine aussi longs que le doigt médian; les doigts faibles, allongés; les ongles minces.

Cette famille, on ne peut se le dissimuler, telle qu'elle est composée aujourd'hui, est une des moins homogènes de tous les Accipitres, surtout si l'on ne s'arrête qu'au seul caractère de la forme

du bec. Aussi les ornithologistes ont-ils plus varie dans le mode de composition des Milvinés que pour aucune autre famille : le seul caractère vraiment remarquable chez celle-ci, et dont les éléments soient uniformes, étant le développement considérable de leurs ailes, qui ne manqua pas de frapper l'œil et l'imagination de Buffon, car ses réflexions à cet égard sur le vol du Milan royal peuvent s'appliquer à toute la famille. « 11 a, dit l'élégant écrivain, les ailes proportionnellement plus longues que les Buses, et le vol bien plus aisé : aussi passe-t-il sa vie dans l'air. 11 ne se repose presque jamais et parcourt chaque jour des espaces immenses; et ce grand mouvement n'est point un exercice de chasse ni de poursuite de proie, ni même de découverte, car il ne chasse pas; mais il semble que le vol soit son état naturel, sa situation favorite. L'on ne peut s'empêcher d'admirer la manière dont il l'exécute. Ses ailes longues et étroites paraissent immobiles; c'est la queue qui semble diriger toutes ses évolutions, et elle agit sans cesse; il s'élève sans effort, il s'abaisse comme s'il glissait sur un plan incliné ; il semble plutôt nager que voler; il précipite sa course, il la ralentit, s'arrête et reste comme suspendu ou fixé à la même place pendant des heures entières, sans qu'on puisse s'apercevoir d'aucun mouvement dans ses ailes. »

Ce sont, parmi les Falconidés, les Oiseaux les plus sociables, en ce sens qu'ils se réunissent généralement en grand nombre, surtout pour voyager.

Lesson n'y faisait entrer que quatre genres, parfaitement caractérisés, constituant à eux seuls le vrai type des Milvinés :

1° Milan (Milvus); '2° Couhyeh (Elanus); 3° Naucler (Nauclerus); 4° letinie (Ictinia);

tous quatre conservés encore aujourd'hui, et auxquels il serait à désirer qu'on pût trouver moyen de restreindre la famille.

M. G.-R. Gray y ajouta six autres genres, combinés avec ceux-ci dans l'ordre suivant :

1° Baza (Baxa);

2° Avicidc (Avicida) ;

ces genres ne constituant tous deux pour Lesson qu'un seul genre, Lophote (Lopholes), qu'il avait compris, comme nous l'avons fait, sous le nom de Baza, parmi les Falconidés;

3° Bondrée (Pcrnis),

laissé par Lesson dans les Butéoninés;

4° Milan \ Milvus ) ; 5° Naucler (Nauclerus); Cu Rosthrame (Rosthramus); 7° Cymindis (Cymindis),

compris par Lesson dans les Aquilinés;

8° Couhyeh ( Etauus) ;

9° Gampsonyx (Gampsonyx),

genre nouvellement créé sur une espèce dont Lesson faisait un Couhyeh;

10' Ictinie( Iclinia).

M. Ch. Bonaparte, réunissant en un seul, comme nous, les genres Baza et Avicide, en réduit le nombre à neuf, en commençant la série par le genre Bondrée, et la terminant par le genre letinie.

Nous conservons huit de ces genres, par suite de la réunion que nous avons faite du genre Baza aux Aquilinés, sans nous astreindre à l'ordre suivi pour leur filiation par ces deux ornithologistes.

i" GENRE. — ROSTRIIAME. ROSTRIIAMUS. (Lesson.)

Rostrum, bec; harnus, hameçon.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES

Bec long, mince, latéralement comprimé, d'abord un peu droit, et se terminant en véritable croc allongé, à mandibule inférieure mince, courte et tronquée comme dans le genre Daza. Narines basâtes, nues, arrondies.

Fis. 122. — Hostrhame sociable.

Ailes longues et aiguës, ta troisième et la quatrième rémiges les plus longues.

Queue moyenne, écliancrée.

Tarses courts, minces, h peine de la longueur du doigt médian, finement emplumés dans la moitié de leur étendue, et recouverts, dans tout te reste, de larges scutelles; à doigts et ongles minces et allongés, ceux-ci finement aigus; l'ongle du pouce de ta longueur de celui du doigt médian; les doigts recouverts d'écaillés dans toute leur longueur, et isolés; les latéraux égaux.

Devant de l'œil nu.

Fie. 123. — Itostrliame sociable.

Ce genre ne repose que sur une espèce unique, particulière à l'Amérique du Sud, le Rosfrhame à bec en hameçon (Falco [Roslrbamus] bamatus, Illiger).

Les mœurs de cet Oiseau ne sont bien connues que depuis les observations de M. d'Orbigny, qui s'exprime ainsi au sujet du Rostrhame, auquel il donne le nom de Sociable (Roslrbamus sociabilis), à cause de ses habitudes :

« Nous avons, dit-il, plusieurs fois rencontré cette espèce auprès des lacs et des marais. Elle était toujours par troupes nombreuses, composées déplus de trente individus perchés sur les buissons ou sur les arbres baignés des bords des eaux; ces Oiseaux sont tellement rapprochés les uns des autres, qu'une douzaine d'entre eux se trouvent souvent réunis sur le même buisson. Là, farouches, moitié posés, moitié volant, ils jettent des cris aigus, en tournoyant, un instant, au-dessus des eaux près des rivières, et se reposant ensuite pour s'envoler de nouveau une minute après, et chercher à découvrir des Poissons et des Reptiles aquatiques, dont ils se nourrissent.

« Ils voyagent d'un marais ù l'autre, sans être, néanmoins, aussi inconstants que les autres Oiseaux de proie; on les trouve quelquefois une demi-journée de suite dans les environs du même lieu. Quoique sociables, ils sont on ne peut plus craintifs, et ils prennent tant de précautions pour n'être p:is surpris, que nous n'avons jamais pu en approcher sans être bien favorisé par les localités. On sent que leur genre de vie les oblige à se tenir souvent à terre, afin d'y saisir leur proie; aussi les voit-on quelquefois se jeter tout à coup, du haut de leur perchoir ou en volant, sur un Poisson ou sur un Reptile aquatique, les retenir, malgré la viscosité dont ils sont généralement recouverts, au moyen du long croc de leur bec ou de leurs ongles, et les transporter dans un lieu plus sur, pour les dépecer et s'en repaître, puis s'envoler et revenir faire la digestion auprès des leurs, perchés sur une branche, où ils restent immobiles, jusqu'à ce qu'il plaise à la troupe de prendre son vol. Alors ils l'accompagnent aussi, la suivent partout et s'arrêtent toujours avec elle. »

2"" GENRE. - CYM1NPIS. CYM1NDIS. (Guvier.

Kutuvtît;, nom donné par les Grecs à un Oiseau resté inconnu.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec élevé, long, très-comprimé sur les calés, à mandibule supérieure graduellement inclinée vers lu pointe, qui est très-crockue.

Fig. 124 — Cymiudis à bec en croc

Fig. 125. — Cymindis à bec en croc.

Narines basâtes, en forme de scissure, et à moitié engagées dans les plumes du front.

Ailes longues, à troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus grandes, mais n'atteignant pas l'extrémité de la queue.

Tarses courts, épais, ù moitié recouverts de plumes, et scutellés dans le reste de leur étendue, de lu longueur du doigt médian; à doigts ordinaires, isolés, entièrement recouverts d'écaillés; tes latéraux égaux; ongles courts et arqués.

Trois espèces, ayant les mœurs des Buses; toutes de l'Amérique tropicale

5me GENRE. — BONDRÉE. PEHNIS. (Cuvier.)

rhpvr,; ou it£pviç, nom donné par les Grecs à un Oiseau de proie demeuré inconnu.

CARACTERES GENERIQUES.

Bec un peu allongé, recourbé depuis la base jusqu'à la pointe, qui est crochue, à bord marginal droit, tris-comprimé sur les côtés, et à arête vive. Narines elliptiques, percées au bord de la cire.

Fig. 126. — Bondrée apivore.

Ailes longues, à troisième, quatrième et cinquième rémiges les plus grandes.

Queue longue, large et un peu arrondie.

Tarses courts, robustes, à demi emplumés, réticulés dans tout le reste de leur surface, à doigts écaillés dans la dernière moitié de leur longueur jusqu'à l'ongle, épais; ongles réticulés et acérés, celui du pouce le plus fort de tous.

Fi^. 12*7 — Poudrée apivore.

Ne renferme que deux espèces, une commune a l'Europe, à l'Asie et à l'Afrique; l'autre particulière à l'archipel indien. Nous donnons la figure de la première : Bondrée apivore (Falco [Pernis] apivorus, Linné). Taille de 0m,50 à 0m,55.

LesBondrées se nourrissent d'Insectes, principalement de Guêpes et de leurs larves, parfois aussi de petits Mammifères et de petits Reptiles. On pourrait ajouter que les soins de leurs petits leur donnent accidentellement l'instinct de la chasse et de la pèche : car un des meilleurs observateurs des Oiseaux d'Europe, M. Gerbes, a trouvé sur le bord d'un nid de Bondrée d'Europe, renfermant

des œufs, au milieu d'un assez grand approvisionnement de toute sorte, un jeune Canard et un Poisson encore entiers.

Les Boudrées nichent sur les arbres élevés. Le nid de celle d'Europe se compose de bûchettes et de feuilles sèches; ses œufs sont au nombre de trois ou quatre, généralement recouverts en entier d'une épaisse couche de brun variant du bistre au brun-rouge, paraissant comme effacé par trace, laissant à peine apercevoir le fond blanc de la coquille; parfois, mais très-rarement, simplement maculé de points brun de bistre en forme de couronne sur un fond d'un beau blanc mat; grand diamètre, de 0m,048 à 0m,05G; petit diamètre, de 0"\040 à 0"',Û44.

BONDRÉE APIVORE. PERMS APIVORUS. (Cuvier.)

Cet Oiseau, plus connu sous le nom de Buse bondrée, a l'espace compris entre l'œil et le bec couvert de petites plumes serrées; sommet de la tète d'un bleu cendré très-pur; parties supérieures du corps d'un brun plus ou moins cendré; les pennes secondaires des ailes rayées alternativement de brun noirâtre et de gris-bleu; queue portant trois bandes d'un brun noirâtre, placées à distances inégales; gorge d'un blanc jaunâtre, avec des taches brunes; cou et ventre marqués de taches triangulaires brunes, sur un fond blanchâtre; cire d'un cendré foncé; intérieur du bec, iris et pieds, jaunes.

Fig. 128. — Bomlrée apivore.

La femelle et les jeunes ont seulement du bleu cendré sur le front; devant du cou marqué de grandes taches d'un brun clair; poitrine et ventre d'un roux jaunâtre, avec des taches d'un brun foncé; parties supérieures d'un brun roussâtre, avec des taches plus foncées; souvent le dessous du corps blanchâtre, avec des taches d'un brun roussâtre.

Les jeunes de l'année ont la cire jaune, et l'iris d'un brun clair; la tête tachée de brun et de blanc; le dessous du corps d'un blanc roussâtre, avec de grandes taches brunes; les plumes des parties supérieures bordées de roussâtre. (Teîimisck.)

Cet Oiseau est assez commun en France, et particulièrement dans les Vosges; il se nourrit de petits Mammifères, d'Oiseaux, de Reptiles, et même d'Insectes.

GENRE. - MILAN. MILVUS. (Cuvier.)

CARACTERES GENERIQUES.

Bec assez- fort, élevé, comprimé latéralement, à arête vive, h bords festonnés. Narines ovales, ouvertes obliquement sur la marge de la cire.

Ailes très-longues et tris-étroites, h troisième et quatrième rémiges les plus longues.

Queue longue, deltoïdale, plus ou moins échancrée ou étagée.

Tarses courts, emplumés un peu au-dessous de l'articulation, et dans le reste largement écussonnés en-dessus ; à doigts également courts, le médian uni à l'externe par un repli membraneux; ongles longs, faibles et pointus.

Fig. 130 — Milan royal.

Ce genre ne renferme que six espèces, réparties en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

Nous figurons le Milan royal (Milvus regalis, Rrisson), taille de 0m,65, l'espèce la plus commune en Europe et en France; et le Milan noir (Milvus niger, Rrisson), qui y paraît assez fréquemment, et dont la taille est de 0m,55.

Les Milans se nourrissent de Mammifères, de petits Oiseaux, de menus Reptiles, parfois même de Poissons, et, enfin, au besoin, de charognes. Ils ne passent pas pour les plus braves et les plus intrépides des Rapaces, mais ils sont assurément, après les Cathartes, les plus hardis et les plus effrontés voleurs. Les voyageurs en citent mille exemples.

Voici ce que dit Le Vaillant à propos du Milan parasite (Falco [Milvus] parasitas, Daudin).

« Le Parasite a dans le caractère plus de hardiesse que notre Milan; la vue des hommes ne l'empêche pas de fondre sur les jeunes Oiseaux domestiques; il n'y a point d'habitation où, à cer-

taine heure du jour, il ne paraisse quelques-uns de ces Oiseaux voleurs. Dans mes voyages, lorsque j'élais campé, il en arrivait toujours plusieurs qui se posaient sur mes chariots, d'où ils nous enlevaient souvent quelques morceaux de viande. Chassés par mes Ilottentots, ils revenaient à l'instant avec une voracité et une hardiesse toujours incommodes; les coups de fusil ne nous délivraient point de ces Parasites; ils reparaissaient, quoique blessés. Invinciblement attirés par la chair qu'ils nous voyaient préparer, et qu'ils nous arrachaient pour ainsi dire des mains, notre cuisine, à l'air et sous la voûte du ciel, les nourrissait malgré nous.

« Sur les bords des rivières, j'ai vu ce Milan s'abattre du haut des airs et se plonger dans l'eau, comme le notre, pour en tirer un Poisson, nourriture dont il est très-friand. »

Le docteur Petit et Quartin-Dillon, dans leur voyage en Abyssinie de 1858 â 1841, qui a eu pour eux un si fatal résultat, ne sont pas moins explicites; voici, en effet, ce que nous avons retrouvé dans les notes de leurs manuscrits :

« Au Caire, dit M. le docteur Petit, je vis un jour, â la porte de M. Linant, un Milan enlever brusquement, des mains d'une femme arabe, un morceau de pain couvert de fromage, au moment où elle le portait à sa bouche.

« Au Chiré (en Abyssinie), un autre enleva, sous le nez de mon Chien qui les gardait et s'élança en aboyant après lui, les débris d'un Mouton que l'on venait de tuer.

« Maintes fois ils le firent aussi sous les yeux de mes gens.

« Mais le plus fort de tout est ce qui eut lieu à Adoua, le 4 juin 1841 . Leusoua, mon petit préparateur noir, finissait d'arranger, assis à terre dans ma cour, un Pigeon dont il avait enlevé le corps la veille, il n'y avaitplus de chair qu'à la tête. Au moment où il allait la retourner et tenaitcette peau dans ses mains, un Milan fondit sur lui. lui griffa les doigts, et, saisissant la tête, se sauva avec tandis que le surplus de la peau restait aux mains du pauvre enfant consterné et furieux; peu d'instants après, il revint à la charge et vola des poivres rouges qui séchaient au soleil, sans craindre le moins du monde d'être puni de sa témérité.

« Ils planent sur les villes, les villages et les camps, en aussi grand nombre que le Percnoptère au Caire. A Addonfito, j'en ai vu plus de quatre mille planer ensemble au-dessus des grands daros voisins de l'église. »

Les Milans font leur nid sur les arbres élevés, rarement sur les rochers, plus rarement encore sur les buissons ou dans les roseaux; ils y déposent de trois à quatre œufs, presque toujours d'un ovale parfait.

La couleur de ceux du Milan royal est d'un blanc très-légèrement bleuâtre, parsemé de quelques lâches rares d'un brun de Sienne léger, répandues assez uniformément, mais un peu plus nombreuses, et plus larges, vers le sommet de l'œuf ; grand diamètre, 0m,055 à 0m,056; petit diamètre, 0m,047à0m,048.

Ceux du Milan noir n'en diffèrent, quant à la couleur, que par un brun un peu plus rougeâtre; grand diamètre, 0m,052; petit diamètre, 0m,043.

Il en est de même de ceux du Milan parasite, qui n'en diffèrent que par un brun rougeûtre encore plus foncé, et par des taches plus larges et plus accusées se montrant plus nombreuses, tantôt au sommet, tantôt a la base de l'œuf; grand diamètre, 0m,052; petit diamètre, 0m,Û42.

Ceux du Milan australien (Milvus isurns, Gould) ont leurs taches d'un brun rouge très-clair, répandues agréablement sur toute la surface de l'œuf et à de rares distances; le plus souvent en torme de larmes ou dégouttes, quelquefois en forme d'éclaboussures irrégulières; grand diamètre, 0m,048; petit diamètre, 0m,059.

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