‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 108 sur 633 · NEPENTUHES. Linné, (NérenTue · texte numérisé non relu

NEPENTUHES. Linné, (NérenTue

Calice à quatre sépales, étalés, persistants. Étamines monadelphes. Ovaire supère, tronqué au sommet. Stigmate quadrilobé,: persistant. Capsule à quatre loges polyspermes. Graines arillées.

Les Nepenthes sont, par la singularité de leur conformation, une des merveilles les plus curieuses du règne végétal, chaque feuille présente à son sommet une urne ou amphore de forme variable suivant les espèces, produite par le prolongement de la nervure médiane et garnie d’un opercule qui se lève et se referme à différentes heures du jour. Cette urne est remplie d’une eau bonne à boire, sécrétée par le végétal et dont la quantité peut être de trois ou quatre onces pour chaque feuille.

Le Nepenthes distillatoria, L., N. indica, Lamk. (Népenthe distillateur), croit dans l’Inde et dans l'ile de Ceylan. Sa racine est charnue et donne naissance à une tige haute de quatorze à quinze pouces, portant des feuilles alternes, traversées de nervures, dont celle du milieu, plus grosse, s’allonge au sommet en une espèce de vrille, et porte une urne membraneuse, cylindrique, de trois à quatre pouces de profondeur sur un pouce de diamètre environ. Gette urne, colorée intérieurement en bleu, a les bords lisses et aplatis, et est recouverte d’un opercule orbiculaite. Cette espèce habite les endroits humides et ombragés. Le Nepenthes phyllamphora, Willd., Phyllamphora mirabilis, Lour., a pour patrie la Cochinchine, les Moluques, ete. Il se distingue du précédent par ses feuilles pétiolées et la forme allongée et ventrue de ses urnes, qui sont munies d’un rebord saillant.

Ces plantes sont, dans l'Inde, l’objet de la superstition des indigènes. Lorsque, fatigués de la sécheresse, ils désirent de la pluie, ils coupent les urnes et répandent le liquide qu'elles contiennent, persuadés que c’est un moyen infaillible de réaliser leur espérance. Mais si, au contraire, ils soupirent après le beau temps, ils se gardent bien de toucher aux Népenthes, car le fait de renverser une seule goutte de leur liqueur amènerait, sans aucun doute, des pluies torrentielles. Ils leur attribuent des propriétés aussi merveilleuses contre certaines maladies, et, pour produire l'effet qu'ils en attendent, ils arrosent avec la précieuse liqueur la tête de leurs enfants et ils en font prendre intérieurement aux adultes. À part ces croyances superstitieuses, la racine de ces végétaux passe pour être astringente et leurs feuilles rafraîchissantes. On en retire une eau qui peut servir dans les fièvres ardentes et les inflammations de la peau.

Le Nepenthes Madagascariensis, Poir., croît, ainsi que l'indique son nom, à Madagascar. Il ne diffère de l'espèce trouvée à Ceylan que par une tige un peu plus haute, atteignant dix-huit pouces, des feuilles plus grandes, des urnes rétrécies à la base, d’une couleur jaune rougeâtre, et garnies à l'orifice d’un rebord saillant garni de stries nombreuses. C’est non loin de la petite rivière de Tamatave, dans une vallée d’une demi-lieue de long sur un quart de large, bordée de tous côtés par des collines boisées, que l’on trouve cette plante si curieuse, objet de la constante admiration des voyageurs. Là, dans un terrain arénacé, noirâtre, croit une quantité considérable de ces végétaux: Au moment où le jour paraît, les urnes sont complétement remplies d’eau, fermées hermétiquement par les opereules qui les surmontent, et leur poids a fait fléchir les feuilles auxquelles elles sont attachées, de sorte qu’elles reposent toutes sur le sol. Si l'on veut alors ouvrir l'opercule pour examiner l'intérieur de l’urne, on n’y peut parvenir qu’en déchirant celle-ci. Vers huit heures, quelques mouvements contractiles se remarquent à la périphérie des opercules; ils commencent à se disjoindre, puis ils s'élèvent sensiblement, et, une heure après, toutes les urnes sont ouvertes. Alors commence l’évaporation, et, à mesure qu’elle amène une diminution dans le niveau du liquide, les feuilles et les urnes, allégées par la diminution du poids, reprennent leur position ordinaire sur la tige. Vers trois heures de l'après-midi, lorsque plus des deux tiers de l’eau ont disparu, les opercules commencent à s'abaisser peu à peu, et, sur les cinq heures, toutes les urnes sont complétement couvertes; puis la nuit vient les remplir de nouveau, et chaque jour ramène invariablement la série non interrompue des mêmes phénomènes,

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Deuaxitine clafse. ES pétales urouoclutes,

65" FAMILLE. — ARISTOLOCHIÉES.

Plantes herbacées ou arbrisseaux souvent grimpants, à feuilles simples, pétiolées, alternes, parfois accompagnées de stipules opposées aux feuilles et se soudant en une seule. Fleurs généralement grandes, solitaires ou fasciculées à l’aisselle des feuilles et quelquefois réunies en grappes. Calice coloré, monophylle, adhérent à l'ovaire régulier ou irrégulier, tubuleux et terminé par un limbe variable dans sa forme, sa dimension et sa direction. Étamines au nombre de six à douze insérées au sommet de l'ovaire, tantôt libres et distinctes, et alors munies de filets, tantôt sessiles et soudées intimement au style et au stigmate. Anthères biloculaires. Ovaire presque toujours à six, plus rarement à quatre ou à trois loges, renfermant chacune un grand nombre d’ovules. Stigmate divisé-ordinairement en six lobes rayonnants. Fruit capsulaire, quelquefois charnu, déhiscent, divisé en autant de loges polyspermes qu'il y a de rayons au stigmate. Graines aplaties ou anguleuses. Embryon trèspetit, placé au sommet d’un périsperme charnu et cartilagineux.

Cette famille se compose de végétaux que l’on rencontre en Amérique dans la zone intertropicale, dans les parties tempérées des deux hémisphères et dans la région méditerranéenne. Peu nombreuse en genres, elle offre cependant un assez grand intérêt par les propriétés officinales que possèdent plusieurs de ses espèces.

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