‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 110 sur 633 · ARISTOLOCHIA, Linné. (ArisroLocne · texte numérisé non relu

ARISTOLOCHIA, Linné. (ArisroLocne

Calice monophylle, marcescent ou caduc, tubuleux, ventru à la base, contourné à sa partie moyenne et dont le sommet est tantôt dilaté en languette, tantôt bilabié et ringent, tantôt divisé en trois segments presque égaux. Six étamines; filets nuls ou confondus avec le style; anthères sessiles. Ovaire présentant six loges multiovulées. Style court ou nul; stigmate globuleux ou étoilé et à six lobes. Capsule hexagone, à six loges polyspermes. Graines aplaties.

Les Aristoloches sont des herbes ou des arbustes dont les tiges sont dressées, diffuses, volubiles et grimpantes. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées et quelquefois munies d’une stipule oppositifoliée. Les fleurs, très-volumineuses dans quelques espèces, sont pédonculées. On en compte une centaine d'espèces. La plupart croissent en Amérique et sont remarquables par leurs propriétés aromatiques, amères, diurétiques, vermifuges, fébrifuges et antiseptiques.

L’Aristolochia grandiflora, Humb. (Aristoloche à grandes fleurs), a pour patrie la Nouvelle-Espagne. Gette plante se fait distinguer par des fleurs colossales, dont les nègres se servent comme de bonnets pour se garantir des ardeurs du soleil. Elle est un poison pour tous les animaux domestiques, et toutes ses parties exhalent une odeur désagréable. On la cultive, à cause de l'ampleur de ses fleurs, de même que l'A. labiosa, Ker., pour la décoration des serres.

L'Aristolockia macrophylla, Lamk., ou A. sypho, Lhérit. (Aristoloche à grandes feuilles ou Aristoloche syphon), est une jolie plante sarmenteuse atteignant un développement de huit à dix mètres; ses feuilles sont très-larges et cordées. Elle donne, en mai ou juin, des fleurs d’un pourpre obseur, remarquables surtout par leur forme, qui se rapproche de celle d’une pipe. Originaire des États- Unis, elle est naturalisée en France depuis le commencement du siècle. Cultivée pour l’ornementation des jardins, on s’en sert pour garnir les murs et les treillages et pour couvrir les berceaux et les tonnelles. Les À. triloba et tomentosa d'Amérique,et sempervirens de l'ile de Candie, sont aussi des plantes d'ornement qui demandent la même culture. L’Aristolochia maxima, L. Jacq. (Aristoloche à gros fruits), plante grimpante, s’accrochant aux arbres environnants et montant à une hauteur de trente pieds, croît aux environs de Carthagène, dans la Nouvelle-Espagne.

L'Aristoloehia anguicida, L. Jacq. (Aristoloche anguicide), tire son nom de sa propriété la plus remarquable, D’après Jacquin, le suc appliqué sur la morsure d’un serpent ou pris à l'intérieur au moment de l’accident suffit pour en prévenir les redoutables effets. Il attribue également à la racine de cette espèce la propriété de faire fuir les serpents, et, s’il en faut croire Lemery, la même faculté existerait également dans la Serpentaire de Virginie, puisque les sauvages de l'Amérique septentrionale ne se mettent en voyage que munis d’un bâton portant à son extrémité un bout de racine de Serpentaire, afin de se garantir de l'approche de ces dangereux animaux. On rapporte enfin qu’une trèsfaible quantité du suc de la racine de lAnguicide engourdit les serpents au point qu’on peut les toucher et les manier impunément pendant quelques heures, et que, si on leur introduit dans la gueule une dose encore plus forte, la mort est déterminée immédiatement.

Aristolochia serpentaria, L. (Serpentaire de Virginie.) Tige non sarmenteuse, haute de sept à huit pouces. Sa racine est remarquable par une odeur analogue à celle de la Valériane et une saveur trèspiquante. Indigène des États-Unis, elle est employée par les Anglo-Américains contre les fièvres 1yphoïdes. De même que l’Anguicide, elle paraît être un antidote souverain contre la morsure des crotales. On peut la ranger au nombre des sudorifiques les plus actifs. On l’a aussi préconisée contre l'hydrophobie, et toutes les espèces américaines jouissent, à un degré plus où moins éminent, de la réputation de pouvoir combattre avantageusement cette terrible affection.

. Nous mentionnerons encore les vertus fébrifiges et antidyssentériques des Aristolochia oclora-

dissima et fragrantissima, Ruiz. et Pav. La première vient aux Antilles et la seconde au Pérou.

Les espèces indigènes nous offriront encore quelques plantes utiles et dont les racines sont fréquemment employées chez nous. Telles sont l'A. longa, L.; A. rotundifolia, L.; l'A. pistolochia, L. (Aristoloche crénelée), et l'A. clematitis, L. Les trois premières, qui habitent la France méridionale, sont céphaliques, pectorales, vulnéraires, toniques et stimulantes. L’Aristoloche clématite possède les mêmes vertus, jointe à une action sudorifique incontestable, mais à un degré infiniment plus faible que ses congénères.

64" FAMILLE. — SANTALACÉES.

Arbres, arbrisseaux et herbes annuelles ou vivaces, à feuilles alternes, très-rarement opposées, entières, dépourvues de stipules, quelquefois représentées par des écailles, ou disparaissant complétement. Fleurs hermaphrodites ou dioiques, petites, accompagnées de bractées le plus souvent disposées en épis, en grappes ou en panicules. Calice tubuleux, à limbe quadrifide ou quinquéfide, presque toujours adhérent à l'ovaire. Etamines en nombre égal et opposées aux lobes du calice, insérées à leur base, portées par des filets subulés, courts et souvent munis d'un faisceau de poils. Anthères introrses, biloculaires, s’ouvrant longitudinalement. Ovaire infère, à une seule loge contenant un à quatre ovules. Style simple, court, terminé par un stigmate en tête, bi ou trilobé. Fruit sec ou charnu, indéhiscent, monosperme. Graine présentant un embryon droit ou un peu oblique, court, placé au milieu d’un périsperme charnu.

Les Santalacées se rencontrent dans les différentes parties du monde. Les espèces arborescentes habitent plus particulièrement les régions tropicales de l’Asie et de l'Australie. En Europe et dans l'Asie centrale stationnent les Santalacées herbacées, qui croissent même au cap de Bonne-Espérance avec les espèces frutescentes, quoique ces dernières semblent affectionner les bords de la Méditerranée et les contrées tempérées de l'Amérique du Sud.

Ge groupe de végétaux, établi en famille par R. Brown, comprend des genres placés auparavant dans les Éléagnées et les OEnothérées. Peu d'espèces sont remarquables par leurs propriétés économiques et médicinales.

Page 1