PENÆA. Linné
Périanthe tubuleux, à limbe quadrifide. Quatre étamines. Ovaire supère. Style relevé de quatre ailes longitudinales, terminé par un stigmate en croix. Capsule tétragone, quadriloculaire. Le P, sarcocolla, L. (Sarcocollier), est un arbrisseau à tige droite, atteignant deux pieds, à rameaux alternes, presque dichotomes, à feuilles nombreuses, imbriquées, glabres, et légèrement mucronées. Les fleurs, réunies en faisceaux à l'extrémité des rameaux, sont entourées de bractées ciliées, glutineuses. Cette espèce est remarquable par la production d’une substance gommo-résineuse qui découle de toutes ses parties, notamment des sommités de la plante. — La sarcocolle ou colle chair se présente sous forme de petits grumeaux fragiles, spongieux, blancs ou rougeûtres, d’une saveur âcre. Cette substance déterge les plaies, les consolide et les cicatrise dans un temps assez court. Elle a été également vantée comme possédant des vertus purgatives, et pouvant être utilement employée dans d’autres affections. Malgré ces diverses qualités, on s’en sert peu aujourd'hui.
68" FAMILLE. — PROTÉACÉES.
Arbres, arbrisseaux et herbes à feuilles presque toujours alternes, entières, dentées ou déchiquetées, et dépourvues de stipules. Fleurs hermaphrodites, quelquefois dioiques, et disposées ordinairement en épis, en grappes, en corymbes, en capitules. Calice tétraphylle, coriace, coloré, à folioles tantôt distinctes, tantôt soudées inférieurement en tube. Étamines au nombre de quatre, opposées aux folioles du calice, et insérées le plus souvent vers leur sommet. Filets courts. Anthères à deux loges, quelquefois séparées et réunies chacune avec la loge correspondante de l’anthère voisine. Ovaire uniloculaire, libre, sessile ou stipité, souvent accompagné, à sa base, de glandes ou écailles alternant avec les folioles du calice. Style filiforme, terminé par un stigmate indivis ou échancré. Fruit déhiscent ou indéhiscent, monosperme ou polysperme (follicule, noix, samare, drupe). Graines tantôt renfées, tantôt comprimées et ailées, dépourvues de périsperme. Embryon droit, présentant quelquefois plus de deux cotylédons.
Les Protéacées sont répandues abondamment dans l'hémisphère austral. Le plus grand nombre de leurs espèces habitent la Nouvelle-Hollande, où elles forment un des traits caractéristiques de la végétation. On en rencontre aussi une assez forte proportion au cap de Bonne-Espérance, dans l'Amérique du Sud, etc. Elles ne sont pas remarquables par des propriétés dont l’homme puisse tirer un grand profit, mais l'élégance de leur forme et la beauté de leur feuillage les font rechercher des amateurs, et nos serres en possèdent de nombreuses espèces.