HIBISCUS. Linné. (Kerr
Herbes ou arbrisseaux à fleurs axillaires et terminales. Calice à cinq divisions, entouré d’un calicule dont le nombre des folioles varie de trois à trente. Anthères au sommet et à la surface du tube. Style simple, surmonté de cinq stigmates. Capsule de forme variable, à cinq loges polyspermes, rarement monospermes, s’ouvrant en autant de valves.
Les fleurs des Ketmies ressemblent à celles des Althæa, et c’est ce dernier nom qu’on donne souvent dans nos jardins à une espèce qui s’y trouve très-répandue, la Ketmie des jardins (H. Syriacus, L.); c’est, dit-on, avec le bois de cet arbrisseau que les bergers de l'antiquité faisaient leurs houlettes. Plusieurs autres espèces sont aussi des plantes d'ornement. Mais la plus intéressante du genre est sans contredit la Ketmie comestible (A. esculentus, L.), dont le fruit, connu en Égypte sous le nom de Gombo, est alimentaire dans ces pays. La Ketmie rose (H. roseus, L.), du midi de la France, renferme des fibres textiles qui pourraient être employées avec succès dans l’industrie,
Fig. 79. — Keimie, Fig. 80. — Cotonnier,
: 43. GOSSYPIUM. Bauhin. (Coronnier.)
Arbrisseaux ou arbustes quelquefois presque herbacés, à fleurs axillaires. Calice en coupe, à cing lobes ponctués, entouré d'un calicule plus grand composé de trois lanières dentées. Anthères au sommet et à la surface du tube. Style simple, surmonté de trois ou quatre stigmates. Capsule à cinq loges polyspermes, s'ouvrant en autant de valves. Graines entourées de longs poils cotonneux.
Les plantes de cette famille présentent le plus grand intérêt, au point de vue de l’économie poli-
tique et domestique, par les poils qui entourent leurs graines, et qui constituent le coton du commerce. Les principales espèces sont : 1° le Cotonnier herbacé (G. herbaceum, L.), nommé ainsi très-improprement, car il devient souvent un arbuste; il croit en Égypte, en Syrie, dans l'Inde orientale; sa culture, propagée dans le royaume de Naples et en Andalousie, a eu peu de succès dans le midi de la France, mais a parfaitement réussi en Algérie ; 2° le Cotonnier arborescent (G. arboreum, L.), arbrisseau de cinq à sept mètres, qui croît dans l'Inde, l'Arabie et l'Égypte, d'où il a été transporté aux Canaries et en Amérique; 3° le Cotonnier de l'Inde (G. Indicum, L.), originaire des Indes orientales, et qui paraît tenir le milieu entre les deux espèces précédentes; 4° le Cotonnier velu (G. hirsutum, L.), originaire d'Amérique, distinct des autres espèces par les poils qui couvrent la tige et les feuilles; 5° enfin, le Cotonnier religieux (G. religiosum, L.), petit arbuste d’un mètre environ d’élévation, cultivé en diverses parties du globe, et surtout dans l'Inde et à l'Ile de France. La première espèce est la seule qu'on puisse cultiver passablement à Paris; mais, pour en avoir des fruits, il faut la tenir en serre chaude. Quaud le coton est récolté, on le passe au moulin pour en séparer les graines et les matières étrangères; cette préparation est des plus importantes. On distingue les cotons en longue soie et courte soie. Les plus répandus dans le commerce sont, en les rangeant suivant la réputation que leur ont acquise la finesse, le nerf et la longueur de leur soie :
Longues soies : Géorgie long, Bourbon, Jumel ou Égypte, Porto-Ricco, Cayenne, Fernamboue, Bahia, Gamouchi, Para, Maragnan, Haïti, Minas, Guadeloupe, Cuba, Martinique, etc.
Courtes soies : Louisiane, Cayenne, Alabama, Mobile, Tenessée, Caroline, Géorgie, Sénégal, Virginie, Surale, etc. |
Les cotons d'Amérique longue soie servent à confectionner les tissus les plus fins, les mousselines, les tulles et les plus belles percales. Les courte soie, dont le travail est le plus facile aux manufacturiers, sont très-propres aux divers emplois, depuis l’étoffe la plus grossière jusqu’à celle de moyenne finesse; les tissus qui en proviennent sont très-propres à l'impression.
Les cotons du Brésil, tous longue soie, s'emploient de préférence pour la teinture, pour les étoffes de moyenne finesse qui demandent de la consistance, comme madapolams, et pour la bonneterie.
Les longue soie de l’Inde sont très-propres à la fabrication des tissus fins. Les courte soie, dont on n’a pas su jusqu'à ce jour tirer en France le même parti qu'on en tire, soit dans l'Inde même, soit en Angleterre, servent à la fabrication des couvertures, des grosses étoffes et de la passementerie. ,
Les courte soie du Levant s'appliquent le plus souvent à des étoffes grossières, et les longue soie, très-bons pour la teinture, servent à faire des étoffes de moyenne finesse d’une excellente qualité.
Le coton était connu des anciens; il a été reconnu par Forster et Rouelle dans le Byssus dont les Égyptiens enveloppaient leurs momies. L'usage du papier de coton, connu, à @ que l’on croit, des Orientaux vers le quatrième siècle, ne se répandit qu'au douzième en Occident, où il détrôna le papyrus, C’est de cette époque que datent les chartes les plus anciennes écrites sur ce papier.
1%. MALVAVISCUS. Dillenius.
Arbrisseaux à fleurs solitaires axillaires. Calice tubuleux à cinq dents, présentant dix stries longitudinales, entouré d’un calicule à huit folioles. Pétales roulés. Anthères au sommet et à la surface du tube staminal, qui est tordu. Style simple, surmonté de dix stigmates, Fruit bacciforme, à cinq loges monospermes.