‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 254 sur 633 · THEOBROMA. Linné. (Cacaoyer · texte numérisé non relu

THEOBROMA. Linné. (Cacaoyer

Arbres à feuilles alternes et entières; fleurs groupées par petits bouquets. Galice caduc, à cinq divisions très-profondes. Corolle à cinq pétales irréguliers. Dix étamines, soudées dans leur moitié inférieure, alternativement fertiles et stériles. Style surmonté de cinq stigmates. Fruit gros, sec, allongé, marqué de dix sillons, et contenant un grand nombre de graines à tégument ci

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Le nom de Z'heobroma (nourniture des dieux), donné par Linné à ce précieux végétal, indique assez la haute idée qu'on en a‘toujours eue. L'espèce la plus commune est le Th. cacao, L., arbre qu peut acquérir plus de dix mètres de haut. Le fruit s'appelle cabosse. Son enveloppe extérieure a six lignes d'épaisseur; elle est très-dure. Elle renferme de quinze à quarante graines, qui sont le cacao du commerce; celles-ci sont enveloppées d'une pulpe dont l'acidité agréable est un rafraîchissement qui fait les délices des dames créoles. Les régions équatoriales de l'Amérique sont les seules où, jusqu'à ce jour, on ait trouvé le Cacaoyer indigène; mais il est cultivé dans d’autres parties de ce continent, ainsi qu'aux Philippines, aux Canaries, à l’île Bourbon, etc. Ce ne fut guère que vers le milieu du dix-septième siècle que les Français s’adonnèrent à sa culture dans leurs colonies.

Quand on a cueilli les cabosses à leur parfaite maturité, on les brise pour en retirer les graines: celles-ci, à l’état frais, ont une saveur âpre et amère peu agréable. On les fait sécher avant de les verser dans le commerce. On en distingue un très-grand nombre de sortes, dont les plus remarquables sont : 1° Soconusco, Madeleine, Maracaïbo; 2° Caracas, Occana, Trinité; 3° Guayaquil; 4° Surinam, Démérari, Berbice, Sinnamari, Arawari, Macapa; 5° Para, Maragnon; 6° Antilles, Cayenne, Bahia; 7° Bourbon.

lig, 82, — Cacaoyer.

Ces graines torréfiées acquièrent une saveur agréable, douce, onctueuse. On sait que, réduites en poudre et mélangées avec du sucre et quelquefois des substances aromatiques, telles que la vanille ou la cannelle, elles servent à la préparation du chocolat. Celui-ci peut être rendu plus ou moins amer où excitant, suivant le degré de torréfaction qu'on a fait subir au cacao. Les Italiens et les Espagnols le torréfient beaucoup plus que nous; aussi leur chocolat est-il plus amer et plus foncé en couleur. Le chocolat est un aliment très-nourrissant et analeptique, mais que beaucoup de personnes ne digèrent que péniblement, Ÿ

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Les graines de cacao ont longtemps servi de monnaie aux peuplades de l'Amérique; cet usage sub. siste même encore à Mexico; chaque graine représente un peu moins d'un centime.

Enfin, le cacao contient une très-grande quantité d’une huile grasse et solide, appelée beurre de cacao. C’estun des corps gras les plus adoucissants que l’on connaisse; aussi l’emploie-t-on beaucoup en médecine et en parfumerie.

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