VITIS. Linné. (Vicne
Arbustes sarmenteux, à feuilles alternes; vrilles et panicules de fleurs opposées aux feuilles. Calice très-court et sinueux, ou légèrement denté. Gorolle à cinq pétales adhérents au sommet, et s'enlevant comme une sorte de coiffe. Cinq étamines opposées aux pétales. Style très-court ou nul. Baie à deux loges, contenant chacune deux graines dressées, dont une avorte assez souvent.
L'espèce la plus remarquable de ce genre est la Vigne cultivée (W. vinifera, L.), arbrisseau sarmenteux qui peut acquérir une hauteur considérable en s’enroulant autour des arbres voisins, et dont l'écorce fibreuse est peu adhérente au bois, On connaît ses feuilles, ses fleurs et surtout son fruit, connu sous le nom de raisin. Les fleurs apparaissent généralement au mois de juin sous le climat de Paris, et le fruit est mûr au commencement de l'automne.
La Vigne est aujourd'hui cultivée dans toutes les contrées tempérées de l'Europe. On en trouve beaucoup de pieds à l'état sauvage dans les haies et sur les rochers de plusieurs provinces de la France: elle porte généralement dans cet état le nom de Lambrusque (du latin labrusca), Le nombre des variétés cultivées en grand est très-considérable. La grosseur des grains varie depuis le volume d'un pois jusqu’à celui du pouce. Il en est de même de la couleur, qui varie depuis le vert blanchätre ou jaunâtre jusqu'au rouge où au violet très-foncé et presque noir. Une des variétés les plus remarquables est celle qui est connue sous le nom de raisin de Corinthe, où toutes les graines avortent.
Les limites étroites dans lesquelles nous sommes renfermé ne nous permettent pas de traiter ce sujet avec toute l'importance qu'il mériterait, nous nous bornerons à donner quelques détails sommaires, en prenant pour guide M. Richard, dont les sciences naturelles déplorent la perte récente.”
Le principal produit de la Vigne est le raisin, dont un grand nombre de variétés constituent un fruit très-agréable à manger. On peut les faire sécher au four, après les avoir trempés dans une lessive alcaline; ils sont alors tout aussi agréables, et même généralement plus sucrés. Les raisins secs forment une branche de commerce très-importante; les plus estimés sont ceux qui viennent de la Syrie, des îles de la Grèce et des contrées méridionales de l'Europe. On les sert souvent sur nos tables, surtout pendant l'hiver, et ils forment en médecine, avec les dattes, les figues et les jujubes, les quatre fruits béchiques et adoucissants.
Avant sa maturité, le raisin a une saveur astringente; son suc est très-acide. On l’emploie alors, sous le nom de verjus, pour assaisonner certains aliments. Le suc des raisins frais et bien mûrs porte le nom de moüt. C’est un liquide épais, un peu trouble, d’une saveur douce et très-sucrée. Il est fort nourrissant; on peut l’employer comme le miel pour édulcorer plusieurs préparations; il sert également à préparer des gelées, des confitures, etc.
Le vin n’est autre chose que ce suc soumis à la fermentation; c’est surtout ce produit qui offre des variations innombrables, qui tiennent principalement à l'exposition, à la nature du terrain et aux soins apportés à la vinification; mais ces différences, si appréciables au goût, échappent complétement à l’analyse chimique. On peut diviser les vins en trois classes : 1° les vins spiritueux, caractérisés par une grande proportion d'alcool et une saveur chaude et spiritueuse; ils se subdivisent en vins spiritueux sucrés, cuits et secs; ces vins, propres surtout aux pays méridionaux, sont plus excitants que tous les autres, surtout les derniers; 2° les vins âpres, contenant moins d'alcool et possédant une saveur âpre, surtout lorsqu'ils ne sont point encore faits; ils sont essentiellement toniques; 3° les vins aigrelets, ordinairement blancs, à saveur plus ou moins acidule; ils sont mousseux, lorsqu'ils ont été mis en bouteilles avant que la fermentation soit achevée; l'acide carbonique, qui continue à se former, se combine alors avec le vin. On peut du reste rendre mousseux tous les vins blancs en y ajoutant une certaine quantité de sucre lorsqu'on les met en bouteilles.
Une liste, même incomplète, de tous les vignobles remarquables tiendrait ici trop de place; nous nous en dispenserons. Nous n’insisterons pas non plus sur les propriétés et les usages du vin; les uns et les autres sont suffisamment connus de nos lecteurs. On sait combien est avantageux l’usage modéré du vin, combien son excès est funeste. Comme médicament, le vin doit être mis à la tête des toniques, surtout quand on l’administre à des individus qui n’en font pas un usage habituel; on le rend médicamenteux en y ajoutant des substances plus ou moins actives. :
Par la distillation, le vin donne l'alcool, eau-de-vie ou esprit-de-vin; abandonné au contact de l’air, il subit la fermentation acide et donne le vinaigre. Les usages de ces deux nouveaux produits, dans l'industrie, la médecine ou l’économie domestique, sont aussi nombreux que variés. Le tartre qui se dépose sur les parois des barriques sert à fabriquer la crème de tartre, l'acide tartrique, ete., et le marc qu’on retire du pressoir est employé à la fabrication du verdet ou vert-de-gris.
Les pepins du raisin contiennent une grande quantité d'huile qu’on peut employer pour l'éclairage, et qui constitue dans certains pays un produit important. La séve qui s'écoule au printemps, quoique inerte et peu usitée, jouit d’une grande réputation dans la médecine populaire. Les feuilles, qui ont une saveur âpre et astringente, sont très-recherchées par les animaux herbivores, et ont été quelquefois employées en médecine. ù 3
La Vigne est originaire de l'Asie, d’où elle passa successivement en Grèce et en Italie. Ce furent les Phéniciens, à ce que l’on croit généralement, qui la transportèrent dans les Gaules, à l'époque où ils vinrent établir leur colonie sur les bords de la Méditerranée, aux environs de Marseille. Ce
du reste, de toute antiquité, et, depuis notre grand-père Noé, il joue un grand anes, surtout chez les poëtes et dans les chants popu-
végétal est connu, rôle dans l'Écriture sainte et les auteurs prof
laires,
Fig. 89, — Vigne.
95" FAMILLE. — HIPPOCRATICÉES.
Arbustes ou arbrisseaux généralement glabres et sarmenteux, à feuilles opposées, simples, coriaces. Fleurs petites, axillaires, fasciculées ou en corymbes. Calice persistant, à cinq divisions. Corolle à cinq pétales égaux. Trois étamines, rarement quatre ou cinq, à filets soudés en tube à la base. Ovaire trigone, à trois loges, contenant chacune quatre ovules insérés à leur angle interne. Style sim-
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Houx fragon.
Potamot nageant.
ple, terminé par un ou trois stigmates. Fruit tantôt charnu, tantôt capsulaire, à trois angles membra neux, divisé en trois loges, contenant généralement chacune quatre graines. Embryon dressé, dépourvu d’endosperme, à cotylédons volumineux, eharnus.
Ces végétaux croissent dans toute la zone intertropicale, mais plus abondamment en Amérique qu'ailleurs; quelques-uns d’entre eux produisent des fruits charnus qui sont comestibles.
À. HIPPOCRATEA. Linné.
Arbres sarmenteux, à feuilles opposées, à fleurs disposées en corymbes axillaires. Calice à cinq divisions très-petites. Corolle à cinq pétales beaucoup plus grands, larges à la base, concaves au sommet. Trois étamines, à filets soudés à la base. Ovaire à trois loges; style et stigmate simples. Fruit capsulaire, grand, ovale, comprimé. Graines comprimées, ailées.
Ce genre a été dédié par Linné au célèbre médecin grec. On mange aux Antilles les graines de 'H. comosa, Sw.