HIRÆA. Jacquin
Arbrisseaux ou arbustes souvent sarmenteux, à fleurs disposées en panicules axillaires ou terminales. Calice très-petit. Pétales à onglets longs. Étamines alternativement longues et courtes. Trois ou six stigmates. Fruit capsulaire, à dos caréné, muni de plusieurs ailes simples à la base, bifurquées au sommet.
ÆSCULUS. Linné. (MarnonniER.)
Arbres ou arbrisseaux à feuilles opposées et digitées, à fleurs disposées en panicule terminale. Calice tubuleux, à cinq lobes arrondis. Corolle à quatre ou cinq pétales inégaux, les deux supérieurs plus étroits. Sept étamines déclinées. Fruit capsulaire, coriace, à trois loges (quelquefois une ou deux par avortement), contenant chacune deux graines (dont une avorte quelquefois) grosses, brunes, luisantes, à hile très-grand.
Le Marronnier d'Inde (Æ. hippocastanum, L.), originaire de l'Inde, est sans contredit le plus bel arbre exotique qui se soit naturalisé chez nous; il acquiert une hauteur considérable et fait l’ornement de nos jardins et de nos promenades. Son bois est mou et de peu de valeur;-il est employé néanmoins pour les conduites d’eau, les voliges, les planches pour caisses d'emballage, etc. Choisi d’un beau blanc et d’un beau grain, il a reçu en France le nom de bois de Spa, et sert à faire de petits objets de luxe, comme boîtes à ouvrage, à thé, corbeilles, guéridons, etc., sur lesquels on peint différents objets; maintenant, on y dessine des figures chinoises, pour imiter les meubles de laque de la Chine. Il prend bien la teinture noire, et on en fabrique alors une multitude d'objets qui imitent l’ébène. L’écorce, astringente et fébrifuge, est aus$i susceptible d’être employée dans la teinture.
Les graines sont presque entièrement formées d'amidon, auquel se joint un principe amer et désagréable; on peut cependant les en priver totalement et les rendre ainsi propres à la nourriture de l'homme: mais les différents procédés employés dans ce but par Bon, Parmentier, Baumé, ont l’inconvénient d'être très-dispendieux. Le meilleur parti qu'on puisse en tirer, c'est de le donner aux chèvres, aux moutons, aux bœufs, aux chevaux, qui en sont très-friands. On les donne surtout avec avantage aux chevaux poussifs, Ces graines peuvent encore être broyées et réduites en pâte, et servir ainsi à nettoyer le linge ou à fabriquer une colle qui, à raison de son amertume, éloigne les insectes; par l'incinération, elles donnent beaucoup de potasse.
On multiplie cet arbre en semant, au printemps, des marrons qu’on a eu la précaution de conserver dans du sable pendant l'hiver; il est peu difficile sur le choix du terrain et de l'exposition; il fre fère néanmoins une terre un peu humide, mais non marécageuse.
Comme arbres d'ornement, les Marronniers se font surtout remarquer par la précocité de is feuilles, la beauté de leur inflorescence et l’odeur agréable de leurs fleurs; ils présentent néanmoins un grave inconvénient dans leurs fruits épineux, dont la chute est quelquefois très-incommode pour les promeneurs.
Les Pavia diffèrent des Marronniers par leur corolle, composée seulement de quatre pétales, et leur fruit non épineux; ils s’élèvent aussi beaucoup moins haut. On les propage de graines ou de marcottes. On peut aussi les greffer sur le Marronnier; mais, dans ce cas, ils durent moins et ont toujours une forme désagréable, Le sujet croissant plus vite que la greffe.