KRAMERIA. Linné
Arbrisseaux à tiges rameuses, à feuilles alternes, à fleurs disposées en grappes terminales. Calice à quatre divisions profondes et irrégulières. Corolle de quatre ou cinq pétales inégaux et irréguliers. Trois ou quatre étamines libres. Ovaire à une seule loge contenant deux ovules. Fruit globuleux, épineux, indéhiscent. Graines dépourvues d’arille et d’endosperme.
Le Krameria triandra, L., est un arbuste à racine rameuse et rampante horizontalement sous la terre; de là vient le nom de ratanhia, que lui ont donné les Péruviens. Le botaniste espagnol Ruiz a fait connaître ce végétal, originaire du Pérou, et qui fournit la racine de ratanhia; celle-ci se fait remarquer par son extrême astringence, qui en fait un tonique très-énergique. Plusieurs autres espèces, et en particulier le À. ixina, L., que l'on trouve dans les Antilles, ont des propriétés tellement analogues, que leur racine peut facilement être substituée au ratanhia du Pérou.
2, POLYGALA. Linné.
Plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles entières, à fleurs disposées en épis terminaux. Calice
à cinq divisions profondes et inégales, dont deux latérales plus grandes et souvent colorées. Corolle irrégulière, à cinq pétales soudés à la base et formant deux Éues Huit étamines diadelphes. Cap- Sule comprimée, à deux loges monospermes, s'ouvrant en deux valves,
Ce genre renferme un très-grand nombre d'espèces, dont quelques-unes seulement sont indigènes. Ces plantes, qui ont de très-jolies fleurs, croissent généralement sur les collines et les endroits secs, Elles sont plus ou moins amères, toniques et incisives. Ces propriétés s’observent surtout dans le Polygala amer (P. amara, L.), ainsi nommé à cause de la saveur qui le caractérise, et aussi, mais à un degré moindre, dans le Polygala commun ou herbe au lait (P. vulgaris, L.), jolie plante à fleurs bleues, blanches ou rougeâtres, très-abondante dans nos prés et nos bois. À haute dose, ces plantes sont purgatives. On leur attribuait autrefois la propriété d'augmenter la production du lait; de là leur nom, qui, d’après l’étymologie grecque, signifie beaucoup de lait,
Le Polygala sénéga ou de Virginie (P, senega, L.), originaire de plusieurs contrées de l'Amérique du Nord, fournit à la matière médicale la racine de sénéga, qui possède des propriétés plus actives encore que celles des autres espèces du genre. En Amérique, elle jouit d’une très-grande réputation dans le traitement de la morsure des serpents. En Allemagne, on l’emploie avec grand succès dans le traitement des ophthalmies les plus intenses. Chez nous, c’est particulièrement à titre d’excitant qu'on en fait usage. Cette racine offre une particularité très-remarquable au point de vue organo-
= + LE graphique; c’est une côte où un angle saillant qui règne sur sa longueur; on ne connait pas, jusqu 4 De ©
présent, d'autre racine qui Soit anguleuse.
Fig, 93. — Polveala commun,
Nous signalerons encore le Polygala épineux (P. spinosa, L.), plante d'Éthiopie, dont le fruit est charnu et comestible; et les Polygalas speciosa, cordifolia, dalmaisiana, ete., cultivés dans nos parterres à cause de la beauté de leurs fleurs.