‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 416 sur 633 · CARICA. Linné. (Papaver · texte numérisé non relu

CARICA. Linné. (Papaver

Fleurs dioïques (rarement monoïques). Calice à cinq dents. Les mâles : corolle hypogyne, à limbe quinquéparti. Dix étamines, dont cinq alternes avec les lobes de la corolle, plus longues; les cinq autres subsessiles. Ovaire rudimentaire. Fleurs femelles : corolle à cinq pétales libres. Ovaire libre, uniloculaire, contenant cinq placentaires pariétaux multiovulés. Stigmate subsessile, à cinq lobes rayonnants, frangés. Fruit charnu, pulpeux, ovoïde, marqué de cinq côtes. Graines nombreuses.

Les Carica sont des arbres dont le port rappelle celui des Palmiers par leur tronc simple, couronné d’un bouquet de feuilles au sommet, Le Papayer commun (C. Papaya, L.) s'élève en peu d’années à trente pieds environ. Sa racine exhale une odeur de Chou pourri. Son tronc cylindrique, recouvert d’une écorce grise, unie, estterminé par des feuilles étalées, palmées, à sept lobes oblongs, sinués ou laciniés. glabres. Celles qui, dans leur aisselle, portent les fleurs femelles de couleur jaune (tandis que les mâles sont blanches), tombent au fur et à mesure que l'ovaire grossit et se développe, de sorte qu'à sa maturité le fruit est pendant sur une partie du tronc dénudé. Ce fruit, d’un jaune orangé, à pulpe épaisse, paraît être agréable au goût, quoi qu’en aient avancé certains auteurs, et entre dars l'alimentation vert ou mür. Dans le premier état, après en avoir écoulé le suc laiteux, dont nous parlerons tout à l'heure, par une immersion plus ou moins prolongée dans l'eau, on le fait confire ou on s’en sert bouilli, et sa saveur alors rappelle, dit-on, celle du Navet. Arrivé à parfaite maturité, le

. fruit du Papayer est sucré, doux, rafraichissant, légèrement laxatif, et se mange conime les Melons. Mais la particularité la plus intéressante de cette espèce est la composition de son suc répandu surtout dans le tronc et les feuilles. Par l'analyse, il donne une matière entièrement identique à la fibrine animale qui lui communique une odeur ammoniacale lorsqu'on le brûle. Doué de propriétés énergr-

ques, à forte dose il pourrait déterminer les plus graves accidents. En petite quantité, il passe pour être un excellent vermifuge. On l’a également vanté comme cosmétique, et l’on assure que quelques gouttes appliquées sur la peau suffisent pour enlever les taches de rousseur dont le derme est parfois affecté. Étendu d’une certaine quantité d’eau, il possède la singulière propriété de ramollir les viandes qu'on plonge dans ce mélange, et même il les décomposerait daus un temps assez court si on négligeait de les en retirer au bout de quelques minutes. On applique très-souvent ce procédé à l'économie domestique dans les contrées chaudes du globe où le Papayer est aujourd'hui presque généralement cultivé. La patrie de cet arbre n’est pas bien connue; on pense cependant qu'il est originaire, ainsi que ses congénères, de l'Amérique. Le €. digitata, Aub., espèce non cultivée, atteint soixante-quinze pieds, et croît sur les bords du fleuve des Amazones, dans la province de Maynas au Brésil. Elle est l'objet de la terreur des indigènes, qui la nomment Chamburu, et assurent que ses émanations sont mortelles comme celles du Mancenillier, et que son suc est aussi redoutable que l'Upas de Java.

126" FAMILLE, — HOMALINÉES,

Arbustes ou arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, pétiolées, simples, munies de stipules caduques. Fleurs hermaphrodites, disposées en épis, en grappes ou en panicules. Calice monosépale, à tube court, conique, adhérent avec l'ovaire, à limbe divisé en dix à trente lobes, les extérieurs plus grands, les intérieurs plus petits et pétaloïdes. Corolle nulle. Appendices glanduleux et sessiles, situés à la face interne, et le plus souvent vers la base des sépales intérieurs. Étamines égales en nombre et opposées aux lobes extérieurs du calice, ou plus nombreuses êt réunies par faisceaux. Ovaire généralement semi-infère, à une seule loge, contenant un grand nombre d’ovules attachés à trois ou cinq placentas pariétaux. Trois à cinq styles, terminés chacun par un stigmate simple. Fruit charnu ou sec. Embryon entouré d’un endosperme charnu. |

Les végétaux de cette famille sont tous originaires des contrées chaudes du globe. Aucun d’eux n'est cultivé ni pour lui-même ni pour ses produits.

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