PUNICA. Tournefort. (GRENADIER
Arbrisseaux ou arbustes à rameaux épineux, à feuilles opposées. Fleurs en grappes pauciflores, terminales. Calice turbiné, coriace, coloré, à cinq ou six divisions. Corolle à cinq ou six pétales. Étamines nombreuses. Fruit globuleux, gros, à péricarpe coriace, couronné par le limbe du calice, à trois loges polyspermes, cinq supérieures et quatre inférieures séparées par une cloison transversale. Graines anguleuses, à tégument charnu. :
« Le Grenadier commun (P. granatum, L.) est un arbre de quinze à vingt pieds de haüt, dont le tronc est très-inégal. Les côtes septentrionales de l’Afrique,-baignées par la Méditerranée, paraissent être sa véritable patrie. Les Romains l'introduisirent en Italie à l’époque des guerres puniques, et de là il s’est répandu dans tout le midi de l'Europe, où on le cultive assez abondamment. Mais il craint le froid, et, dans le centre de la France, il ne peut être cultivé en pleine terre; il n°y forme qu'un arbrisseau rabougri dont les fruits ne mûrissent jamais, tandis qu’en Provence il constitue des arbres de moyenne taille, analogues à nos Pommiers, et se couvrant chaque année de fruits qu'on numme grenades, et qui parviennent à une parfaite maturité. On cultive fréquemment le Grenadier dans nos orangeries à cause de la belle couleur rouge de ses fleurs, qui doublent avec une grande facilité Les balaustes ou fleurs ont une saveur très-astringente; il en est de même de l'écorce ou péricarpe du fruit, que l’on désigne dans les pharmacies sous le nom de malicorium. Dans les pays
où les Grenadiers sont communs, cette partie est employée pour le tannage des cuirs. Les graines renfermées dans les grenades sont rougeâtres, charnues, succulentes, et généralement d'une saveur aigrelette agréable. On les mange dans les régions méridionales, où elles sont fort utiles pour étancher la soif et rafraîchir la bouche pendant les grandes chaleurs de l'été, L'écorce de la racine de Grenadier est employée en médecine pour combattre le ténia ou ver solitaire; cette propriété était connue de Pline et de Dioscoride (4). »
Fig. 135, — Grenadier.
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