‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette science (volume 2)Chapitre 530 sur 633 · ACACIA. Necker · texte numérisé non relu

ACACIA. Necker

Arbres ou arbrisseaux souvent munis d’épines ou d’aiguillons, à feuilles décomposées, munies de stipules. Fleurs ordinairement polygames. Calice à cinq dents, rarement moins. Étamines nombreuses, libres ou monadelphes. Ovaire, style et stigmate simples. Gousse non articulée, s’ouvrant en deux valves.

Ce genre comprend environ trois cents espèces, dont la plupart croissent dans les régions tropicales de l’ancien et du nouveau monde. Dans les nombreuses espèces qui appartiennent à l'Australie, les feuilles paraissent simples; mais ces prétendues feuilles ne sont que des pétioles élargis et foliacés, dont la véritable feuille s’est détachée; on leur a donné le nom de phyllodes. L'aspect des arbres et des forêts de ce pays, dit M. De Jussieu, avait frappé les premiers voyageurs qui les virent par la sensation singulière que la distribution des ombres et des clairs donnait à l'œil; et l’on s’étonna dé cet effet insolite longtemps avant d’en connaître la cause. M. R. Brown, en visitant l’Australie, se rendit facilement compte de cet éclairage bizarre en constatant que la plupart de ces arbres, et surtout les Acacia, au lieu d’avoir des feuilles situées comme les autres, les ont en sens contraire, de telle sorte que la lumière glisse ainsi entre des lames verticales et non horizontales. Ce sont de véritables feuilles dans un certain nombre d'espèces, mais dans d’autres de simples phyllodes.

Les Acacia sont en général remarquables par la dureté de leur bois, l'élégance de leur port, qui les fait rechercher pour orner nos serres; enfin par les produits nombreux et importants qu'ils fournissent à la thérapeutique.

La gomme arabique découle des Acacia vera, Willd. (Mimosa Nilotica, L.), Arabiaca, Willd., Seyal, Delile, Ehrenbergii, Heyn., et de quelques autres espèces. Gette substance est employée en médecine comme adoucissante; on en fait des pâtes, des tablettes, des sirops et plusieurs autres pré- » parations. Elle peut aussi être considérée comme un ‘aliment; en effet, les Arabes et les Égyptiens s’en nourrissent dans leurs courses à travers les déserts et les sables brûlants de leur pays. Les fruits de cet arbre donnent le suc d’Acacia, dont on faisait autrefois usage en médecine comme astringent et tonique. On les trouve dans le commerce sous le nom de lablad ou bablad; ils servent au tannage

des cuirs et à la teinture en noir. Les À. verek et Adansonii fournissent la gomme du Sénégal, qui

- diffère à peine de la précédente. L’écorce de l'A. inga, est préconisée par les Américains comme

un médicament tonique et astringent. L’A. catechu, Willd., grand et bel arbre des Indes orientales, fournit un suc très-astringent, qui, évaporé à siccité, constitue ce qu’on appelle la terre du Japon ou le cachou. Cette substance est un des toniques les plus fréquemment employés en médecine; on en fait surtout des pastilles qui excitent l'appétit.

L'A. farnesiana, Wild. (Mimosa farnesiana, L.), devenu aujourd’hui le type du genre Vachelia, est un charmant arbrisseau à fleurs très-odorantes et employées en parfumerie. L’écorce est très-astingente. LA. julibrixin, D. C., est aussi un très-bel arbre qui supporte parfaitement la pleine terre, même sous le climat de Paris.

Fig. 142. — Acacia à longues feuilles.

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