HIPPOMANE. Linné. {MancEeNiILLIER
Fleurs monoïques. Les mâles en faux épi interrompu. Périanthe turbiné, bifide, un filament court portant deux anthères adnées, extrorses. Fleurs femelles solitaires. Périanthe à trois divisions. Ovaire sessile, à sept loges uniovulées. Style très-court, épais. Sept stigmates aigus et étalés.
lig. 59. — Mancenillier vénéncux.
Ce genre est constitué par une seule espèce, H. mancinella, L., arbre de dix-huit à vingt-deux pieds, dont le tronc, recouvert d’une écorce épaisse et grisâtre, se ramifie en branches garnies de feuilles luisantes et veinées. Cette espèce, qui croît sur le bord de la mer, aux Antilles, est connue par les narrations d’un grand nombre de voyageurs, qui presque tous ont avancé que son ombrage était mortel. On n’admet plus aujourd’hui ces récits merveilleux depuis que Jacquin a rapporté qu'é-
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tant surpris par un orage, il se réfugia sous un Mancenillier, et qu'il y reçut sur le corps l'eau qui dégouttait des feuilles et des branches de cet arbre sans en ressentir un malaise sensible. Toutefois sous l'influence de certaines conditions atmosphériques, il paraît avéré que le Mancenillier verse dans l'air des émanations délétères. Son fruit, ressemblant pour la forme et la couleur à une petite pomme d'api, est formé d’une pulpe très-vénéneuse, et le suc laiteux qui découle abondamment de son écorce est doué de propriétés toxiques portées à un haut degré. Une seule gouttelette tombant sur l'épiderme y détermine une sensation de brûlure très-douloureuse à laquelle succède une ampoule qui parfois dégénère en une ulcération très-difficile à guérir. Ses effets vénéneux; expérimentés sur des chiens, ont douné les résultats suivants : vingt grains, lorsqu'il est frais, suffisent pour tuer un chien; un demi-gros à l’état sec introduit dans les veines d’un de ces animaux le foudroya en deux minutes. Ces faits prouvent assez que le suc du Mancenillier est un des poisons végétaux les plus énergiques. Get arbre est très-rare dans les pays où il croit par suite de la précaution que prennent les habitants de détruire tous ceux qu'ils découvrent. Pour les abattre, ils allument un grand feu autour de chaque pied, afin de brûler préalablement l'écorce, qui sans cela pourrait causer des accidents graves en laissant couler le suc dont elle est gorgée.