‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 108 sur 430 · LAMINARIA. Lamouroux. Laminaire · texte numérisé non relu

LAMINARIA. Lamouroux. Laminaire

Stipe simple et quelquefois fistuleux, ou à deux divisions et solide, se terminant en une lame simple, plane, sans nervures, indivise ou quelquefois divisée en forme d’éventail. 2

Les Laminaires sont des Algues coriaces, rarement membraneuses, d'un vert foncé où roussâtre. Elles renferment un principe sucré assez abondant qui apparaît, après la dessiccation, sous forme d’efflorescence farineuse et blanchätre. On doit surtout citer, sous ce rapport, la Laminaire sucrée (Laminaria saccharina, Lamx.), dont la lame acquiert, même sur nos côtes, une longueur de trois mètres. D’autres espèces, les L. conica, esculenta, digitata, ete., servent d’aliment dans différentes contrées. . “

Dans les contrées de l'Amérique méridionale où règne le goître, on vend, dit Greville, comme reméde les stipes d’une Laminaire; ceux qui sont affectés de cette maladie s’en délivrent souvent en mâchant, comme du Tabac, des tranches de ces stipes, qu'ils nomment Palo coto.

Les stipes des Laminaires sont recherchés sur toute la côte de Bretagne comme un excellsnt combustible. C'est, dit-on, le gros bois des pauvres; il donne beaucoup de clialeur et peu de fumée. À l'ile de Sein, où on les appelle Calcougnes, on les vend jusqu'à douze franes la eharretée; mais elles out besoin de séjourner quatre mois sur le rivage et les rochers pour se dessécher complétement.

Thunberg nous apprend qu’au Japon on prépare la Laminaire saccharine de manière à ce qu’elle soit tout à fait sucrée et succulente, et que c’est la coutume, quand on fait des cadeaux, d'y placer une tranche de ce fucus, attachée à un morceau de papier plié d’une manière bizarre et lié avee un fil d'or ou d'argent.

La Laminaire digitée a une fronde d’abord cordiforme et entière, et qui se divise plus tard en un grand nombre de lanières. La tradition veut qu'elle ait été consacrée, du temps des druides, aux sorcières de l'Islande, de la Norwége et du nord de l'Écosse, qui s’en servaient pour exciter les chevaux marins lorsqu'elles parcouraient ces mers orageuses.

Presque toutes ces plantes sont vivaces. On les emploie, sur nos côtes, comme fourrage ou comme engrais; on peut, pour ces divers usages, les mettre en coupes réglées, car elles repoussent très-ra-pidement. Dans les mers australes, leur grandeur atteint plusieurs centaines de mètres, et les habitants de l'Australie y trouvent des aliments, des vases et des instruments de musique (L. potatorum, L. buccinulis, etc).

DEUXIÈME TRIBU. — CORALLINÉES.

Thèques insérées sur le fond d’une cavité creusée dans la substance de la fronde; le corps qu'elles renferment se divise en quatre spores placées l'une au-dessus de l'autre, et entre lesquelles on n’aperçoit jamais de paraphyses.

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