‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 160 sur 430 · DOTHIDEA. Fries · texte numérisé non relu

DOTHIDEA. Fries

Tubercules noirâtres, très-petits, croissant sur le bois mort et les feuilles vivantes: cellules multi-

ples et solitaires, enfoncées dans un stroma arrondi, sans réceptacle propre, puis ouvertes par un pore simple, remplies d’un nucleus qui offre la consistance de la cire, et se compose de thèques dressées, fixes, un peu en massue, entremêlées de paraphyses.

9" FAMILLE. — LICHÉNÉES.

Plantes cellulaires, à fronde pulvérulente, crustacée, filamenteuse, foliacée ou fruticuleuse; fructifications (apothécies) bombées (tubercules) ou en godet (scutelles), composées d'une partie interne productive et d’une externe qui lui sert de réceptacle; l’interne renferme les gongyles ou sporules, tantôt libres ou nus, tantôt contenus dans des thèques, ou un nucleus, où une lame ouverte : l'extérieure, ou conceptacle, est plus ou moins évasée, ou fermée, plus ou moins dilatée.

Ces plantes se nourrissent de l'humidité ambiante; ce sont de fausses parasites, simplement posées à la surface des corps, sans y adhérer ni enfoncer de suçoirs. On remarque parfois, surtout dans les espèces stériles, des paquets pulvérulents qu'on nomme sorédies.

Le nom de Lichen dérive du grec, xyrv, dartre ou exanthème, et désigne ainsi l'aspect général de la plupart d’entre eux; ce sont sans contredit les végétaux les plus essentiellement polymorphes. Ils sont très-répandus à la surface du globe; et, si l’on avait cru d'abord que ces plantes étaient plus nombreuses vers les pôles que dans les pays chauds, c'est qu'on avait été trompé par cette circonstance que les Lichens se font bien plus facilement remarquer dans des pays où ils forment pour ainsi dire la partie la plus importante de la végétation. Il est des espèces que l’on rencontre indifféféremment du pôle à l'équateur; d’autres, au contraire, qui paraissent avoir une véritable patrie.

Les Lichens varient aussi de forme, de texture, de consistance, avec les climats qu'ils habitent. Si l'on trouve, surtout dans les pays chauds et tempérés, des Lichens foliacés, on remarque, au contraire, qu'ils revêtent l'apparence crustacée à mesure qu’ils se rapprochent des pôles ou qu'ils s’élèvent davantage vers le sommet des plus hautes montagnes, station où ils représentent le dernier terme de la vie organique, et où quelques espèces forment, par leur fréquence, la région des Lichens proprement dite (1).

Les Lichens ne doivent pas être considérés comme de véritables plantes parasites : ils ne vivent point, en effet, aux dépens des corps auxquels ils s’attachent, et ils se développent indistinctement sur les écorces, la terre, les pierres, et même sur le fer ou les autres métaux; on les observe sur les feuilles coriaces des arbres des pays tropicaux; et, dans nos climats, l'opégraphe se développe jusque sur les tiges des plantes herbacées et sur le chaume des céréales.

Ces végétaux ne se développent point dans une obscurité complète; ils n’atteignent toute leur perfection que sous l'influence combinée de l'air, de la lumière, de la chaleur et surtout de l'humidité; dès que celle-ci vient à leur manquer, leur végétation s'arrête, et ils recouvrent la propriété de s'accroître de nouveau lorsqu'ils se trouvent placés dans des conditions favorables. Fries a démontré cette propriété en faisant végéter de nouveau un Lichen qu'il avait conservé en herbier pendant une année entière.

Les Lichens forment, dans quelques pays, la base de l’alimentation des classes inférieures; ils fournissent à l'industrie les matières colorantes connues sous les noms d’orseille, de tournesol en pain et de cudbear; à la médecine, des substances précieuses par leur amertume franche et particulière, et par leurs principes mucilagineux et nutritifs; ces derniers paraissent à peu près les mêmes dans

tous les Lichens foliacés, et analogie de leur composition est telle, qu’on pourrait les employer indifféremment.

(17 Ducos, des Végétaux acotylédonés et de leurs applications.

PREMIERE TRIBU. — GYMNOCARPES,

Apothécies ouvertes et élalées en forme de disque.

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