FAMILLE. — FOUGÈRES
Plantes herbacées et vivaces, quelquefois arborescentes dans les régions tropicales, et offrant alors le port des Palmiers; feuilles ou frondes simples ou plus ou moins profondément découpées, pinnatifides ou décomposées, roulées en crosse par leur extrémité dans les premiers temps de leur développement; organes de la fructification situés ordinairement à la face inférieure des feuilles, le long des nervures ou à leur extrémité, rarement disposés en grappe ou en épi; sporules nues ou contenues dans des espèces de petites capsules de forme variable, sessiles ou stipitées, et qui forment, en se groupant, de petits amas qu’on nomme sores. Ceux-ci commencent à se développer sous l'épiderme, qu’ils soulèvent de manière à être recouverts par des portions de cet organe nommées indusies.
Les Fougères sont très-répandues dans les régions tropicales, auxquelles sont limités un grand nombre de leurs genres. La majeure partie de ceux-ci, au contraire, est cosmopolite, et plusieurs s'étendent de l’équateur aux pôles. Mais, près de ces derniers, on ne trouve guère que les petites espèces, tandis que les tribus arborescentes sont presque entièrement propres aux pays chauds. Le nombre des espèces est très-variable dans les diverses zones; il est d'autant plus grand, que ces contrées contiennent plus de lieux humides et ombragés; aussi les Fougères affectionnent-elles surtout le séjour des iles peu étendues et éloignées des continents. Dans quelques-unes de ces dernières, elles forment jusqu’au tiers de la Flore; alors que, dans les continents étendus, elles n’en forment guère que de la soixantième à la vingtième partie.
Les rhizomes des Fougères des pays chauds sont nutritifs; mais les nôtres renferment, en outre, un autre principe amer, quelquefois stimulant et même purgatif, qui les rend impropres à l'usage alimentaire, mais très-utiles en médecine. Quelques espèces sont anthelminthiques. Cette propriété s'affaiblit dans les feuilles, où un principe aromatique, s'associant au mucilage, lui communique de nouvelles propriétés. Les feuilles d’un très-grand nombre d’espèces sont en effet mucilagineuses, légèrement aromatiques et astringentes, et employées comme béchiques. Cette famille ne renferme pas de plantes vénéneuses.
Les feuilles de la plupart de nos Fougères peuvent, après avoir été desséchéts, servir de fourrage
ou de litière pour les bestiaux pendant l'hiver. On devrait certainement les utiliser davantage sous ce rapport. On peut aussi en faire des coussins et des matelas. D’autres espèces sont usitées pour le tannage des peaux. Enfin, ces plantes donnent beaucoup de potasse par l’incinération, et servent ainsi à la fabrication du verre; de là, d'après quelques auteurs, l'origine du dicton des poëtes provençaux : Vin qui rit dans la Fougère. Valmont De Bomare dit que les pauvres gens, dans le nord de l’Angleterre, font des espèces de boules avec les cendres des Fougères, et s’en servent en guise de savon. Les médecins de l’antiquité ont fait une mauvaise réputation à ces plantes, en les accusant de rendre les femmes stériles, opinion due sans doute à ce que les Fougères étaient regardées comme - ne produisant ni fleurs ni fruits. Mais, si elles n’ont pas de fleurs, les feuilles d'un très-grand nombre présentent des formes si élégantes, que plusieurs sont cultivées comme plantes d'ornement.
Fig. 501. — Osmunda resalis.
PREMIÈRE TRIBU. — POLYPODIÉES.
Capsules libres, se rompant d’une manière irrégulière, entourées d’un anneau élastique, étroit et saillant, qui se termine en un pédicelle plus ou moins long.