‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 384 sur 430 · IRIS. Linné · texte numérisé non relu

IRIS. Linné

Fleurs terminales, solitaires où en épi, entourées d’une spathe; périanthe régulier, à tube oblong recouvrant l'ovaire, à limbe partagé en six divisions profondes, trois dressées, les trois autres al

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ternes, réfléchies en dedans, souvent barbues à la base, portant les étamines; styles et stigmates pétaloïdes, oblongs, grands, recouvrant les étamines, marqués d'un sillon longitudinal nectarifère.

Les nombreuses espèces de ce genre se trouvent répandues dans toutes les régions du globe. L'fris germanique (£. germanica, Linné) appartient à l'Europe centrale, et par conséquent à la France; de là le nom qu'elle porte dans les anciens formulaires, ris nostras. Elle a de belles fleurs bleues, et croît sur les vieux toits et sur les murs. Son rhizome renferme de la fécule mélée à des principes âcres; sec, il exhale une odeur de violette. Ses fleurs, broyées et mêlées avec de la chaux, donnent la couleur appelée vert d'iris, que les. peintres emploient en miniature. Cette plante est quelquefois employée, dans les campagnes, comme purgative; mais, prise à trop haute dose, elle peut occasionner des accidents graves, et même la mort. Aussi est-il avantageux de la remplacer par l'espèce suivante,

Fig. 361 — Iris germanique,

L'Iris de Florence (£. Florentina, Linné) est connue de toute antiquité; Théophraste rapporte que sa récolte était accompagnée de pratiques superstitieuses. On la trouve dans l'Europe méridionale. Ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre. Son rhizome a une odeur de violette très-agréable; aussi a-t-1l été employé pour parfumer les cosmétiques, ainsi que la poudre qu’on mettait autrefois dans les cheveux. Il à été aussi usité en médecine comme purgatif; il entrait dans la composition de l'orviétan et de la thériaque. On ne l'emploie guère plus aujourd’hui, sous ce rapport, que pour faire les pois à cautère.

LIris des marais (1. pseudo-acorus, Linné) est très-commune dans les étangs et les fossés de

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toute l'Europe. Ses belles fleurs, d'un jaune doré, se détachant sur le bleu de l’eau, sont sans doute l'origine des anciennes armes de France; cette plante était connue au moyen âge, et est encore désignée aujourd’hui, dans plusieurs localités, sous le nom de Lis; de là l'erreur généralement répandue au sujet de ce blason, où l’on croit voir trois fleurs des lis. Quoi qu’il en soit, le rhizome de Pris des marais a des propriétés médicales très-énergiques, souvent irritantes; les habitants des montagnes de l'Écosse l’emploient en place de noix de Galles pour teindre en noir ou pour faire de l’encre. Les fleurs donnent une teinture jaune, et la graine a été proposée pour remplacer le café.

L'Iris fétide, ou Glayeul puant (J. fœtidissima, Linné), a joui autrefois de quelque réputation en médecine, et les paysans l’emploient encore comme un-purgatif énergique; elle est commune dans nos bois. Linné a regardé l'Iris tubéreuse (£. tuberosa, Linné) comme fournissant les hermodastes, si vantées dans l’ancienne médecine.

Enfin, nous citerons, comme plantes d'ornement, outre les espèces précédentes, les lris naine (L. puila, Linné), odorante (/. odoratissuna, Linné), panachée (L. variegata, Linné), variée (I. versicolor, Linné), ete.

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