‹ Encyclopédie d'histoire naturelle, ou, Traité complet de cette scienceChapitre 390 sur 430 · CROCUS. Tournefort. (Sarnax · texte numérisé non relu

CROCUS. Tournefort. (Sarnax

Fleurs acaules, subsolitaires, entourées d’une spathe monophylle; périanthe à tube grêle, à limbe plus grand, partagé en six divisions égales, dressées; trois stigmates roulés en dedans.

Les espèces de ce genre appartiennent à l'Europe et à l'Asie Mineure; elles préfèrent les montagnes, et sont généralement très-printanières dans leur floraison, ce qui, joint à la beauté de leurs fleurs, en fait cultiver un certain nombre. L'une d’entre elles jouit d’une grande réputation sous d'autres rapports; nous voulons parler du Safran cultivé (G. sativus, Linné), à fleurs violettes veinées de rouge, à stigmates crénelés, roulés au sommet et colorés en jaune orangé. Elle est originaire des pays chauds. Connue du temps de Théophraste, sa culture a été introduite en France vers l’époque de la renaissance. Ge sont ses stigmates qui sont usités en teinture et en médecine. On les retueille en automne, et seulement le matin et le soir; on les fait dessécher, sur des tamis de crin, à une douce chaleur; puis, quand üis sont parfaitement secs, on les renferme dans des sacs, et ils constituent alors le safran du commerce. Cette substance est fort chère, et on peut s’en expliquer la cause quand on sait qu'il entre environ un million de stigmates dans un kilogramme de safran sec. Aussi n'est-elle guère employée chez nous que par les confiseurs et les liquoristes. Sa cherté et le mauvais teint qu’elle donne l'ont fait abandonner par les teinturiers. Les Espagnols s’en servent pour colorer le pain.

L'usage alimentaire, ou plutôt condimentaire, du safran est aussi répandu chez quelques peuples, notamment chez les Polonais et les Arabes. Valmont de Bomare a proposé d’extraire de la fécule de ses bulbes. Ses propriétés médicales sont conuues depuis longtemps, et, très-exagérées à certaines époques, lui ont fait donner les noms pompeux de Roi des végétaux, Ame des poumons, Panacéc végétale. Son odeur forte donne à la tête, et peut occasionner de graves accidents. Pris à l'intérieur, il agit à peu près comme l’opium; à forte dose, il est narcotique; néanmoins, son action est trèsirrégulière, et on peut le comparer, sous ce rapport, au Colchique. :

59" FAMILLE. — HÉMODORACÉES.

Plantes herbacées, vivaces, à feuilles distiques, simples, engainantes à leur base; fleurs disposées en corymbes ou en épis; périanthe à six divisions profondes, soudées à leur base, où elles adhèrent à l'ovaire, qui est infère; six étamines, disposées sur deux rangs, les trois extérieures avortant quelquefois; ovaire adhérent, à trois loges, qui renferment un ou plusieurs ovules; style et stigmate simples; fruit capsulaire, quelquefois imdéhiscent, d’autres fois S’ouvrant par des trous terminaux ou par des fentes longitudinales; embryon très-petit, entouré d’un endosperme corné.

Cette famille, qui ressemble beaucoup aux Iridées par son port, s’en distingue : 1° par son stigmate, constamment simple; 2° par ses étamines, au nombre de six, ou, quand il n’y en a que trois, opposées aux divisions intérieures du périanthe, tandis que c’est aux divisions extérieures dans les lridées. Les Hémorodacées se trouvent principalement au Brésil et au cap de Bonne-Espérance. Les rhizomes de plusieurs d’entre elles renferment une matière tinctoriale rouge. Plusieurs sont cultivées dans nos jardins.

{. XIPHIDIUM. Aublet. (GLaivane.)

Fleurs alternes, munies d’une bractée, et disposées en panicule terminale; périanthe à six divisions alternant sur deux rangs; trois étamines, insérées sur les divisions intérieures; ovaire libre; style et stigmate simples; fruit capsulaire, à trois loges renfermant plusieurs graines attachées sur un réceptacle globuleux.

Fig. 565. — Wachendorfie en thyrse,

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