C. MALADIES CAUSÉES PAR LES ÊTRES ORGANISÉS
1. Végétaux. — Les végétaux influent les uns sur les autres comme corps étrangers. Par l'ombre qu'ils se portent, par leurs racines, par leurs feuilles, ete., ils se nuisent ou se favorisent réciproquement. Dans le premier cas, le seul dont nous devions nous occuper ici, on peut dire que les plantes sont en guerre entre elles, se disputant la place et le soleil.
Les plantes grimpantes ou volubiles nuisent à celles sur lesquelles elles s’appuient en les privant d'air et de lumière; et, si elles sont ligneuses, elles serrent la tige et y font naître des bourrelets.
Les Mousses et les Lichens, faux parasites, nuisent aux arbres, non pas en soutirant leurs sucs, car ils puisent leur nourriture dans l'atmosphère, mais en empêchant la transpiration, et entretenant à la superficie de l'écorce une humidité qui la pourrit et y attire les insectes.
Les véritables parasites, au contraire, tels que les Orobanches, la Cuscute, le Gui, etc., vivent aux dépens des végétaux qui les portent, et les font quelquefois périr. Les parasites phanérogames attaquent toujours les végétaux à l'extérieur, tantôt sur les racines, tantôt sur les tiges ou les rameaux; aucun ne se développe à l’intérieur.
Mais c’est surtout dans la classe des Cryptogames et dans le groupe des Champignons que se rencontre le plus grand nombre de parasites. Ceux-ci naissent à la surface, et plus souvent encore dans l’intérieur des végétaux; ils attaquent les tiges, les racines, les feuilles, et quelquefois aussi les organes de la reproduction. Ils coïncident avec l’état maladif d’un grand nombre de plantes; mais sont-ils la cause ou l'effet de cet état? Nous n’oserions résoudre cette question, qui divise actuellement les physiologistes; nous devons dire néanmoins qu’il y a beaucoup plus de probabilité en faveur de cette dernière opinion. Il est permis de penser que les maladies qu'on à attribuées à des Champignons proviennent d’une altération des tissus et des liquides, qui est due à diverses causes; or, toutes les substances organiques en décomposition sont facilement envahies par les Cryptogames; mais il faut reconnaître que les spores de ceux-ci peuvent quelquefois propager la maladie par leur dissémination. Plusieurs de ces maladies sont connues déjà depuis quelque temps : telles sont celles qui sont désignées sous le nom d’ergot, de rouille, de carie, de charbon, etc.; d’autres se sont fait connaître, depuis quelques années seulement, par les ravages qu’elles ont exercés successivement sur la Pomme de terre, la Vigne, l’Oranger, etc. Ces Champignons appartiennent aux genres Mucor, Erysiphe, Uredo, Æcidium, Puccinia, Sclerotium, Botrytis, Oidium, Erineum, Rhixoctonia, et à
plusieurs autres, que nous aurons bientôt occasion d'étudier en détail; nous n’insisterons donc pas davantage sur ce sujet.
2. Animaux. — Pour le même motif, nous nous contenterons de dire que beaucoup d'animaux font du mal aux végétaux, et de plusieurs manières. Les insectes surtout fournissent le plus grand B 14
nombre d'animaux nuisibles, qui comptent aussi des représentants dans toutes les autres classes, et à la tête desquels il faudrait peut-être placer l'homme. Les diverses parties de cette Encyclopédie feront mieux connaître les animaux nuisibles de chaque groupe. Disons seulement que l’homme a su tirer parti des excroissances produites sur les arbres par les piqüres de plusieurs insectes. Il suffit de citer le Kermès et la Noix de Galle.
Pig 159 — Pelargonium Reine des Français.
Sat fun.