‹ Encyclopédie d'hygiène et de médecine publiqueChapitre 121 sur 177 · LE 11° JOUR · texte numérisé non relu

LE 11° JOUR

CS

CS

-Cil "-s

Chartres

Dijon

Havre

Bordeaux (maternité de l’hospice général

Bordeaux (clinique d’obstétrique Saint-André)..

Nantes

Montpellier

Lille

Toulouse

Rouen

Reims

Nancy

Lyon (Hôtel-Dieu')

— (Croix-Rousse)

— (La Charité)

Totaux

(1) IL Napias, Note sur un point d'hygiène ei d'assistance intéressant les nouvelles accouchées et les enfants du premier âge, in Revue d'hygiène 1888,

HOPITAUX ET HOSPICES

Une proportion analogue de sorties prématurées se trouve dans un grand nombre d’hôpitaux de province et l’enquête que nous avons faite sur ce point est résumée dans le tableau précédent.

On voit par ces chiffres que sur 18,737 femmes qui ont fait leurs couches dans les services hospitaliers des villes ci-dessus désignées pendant les années 1885-1886-1887 :

3,335 sont sorties avant le 8e jour.

2,407 — le 8e jour.

3,695 — après le 12e jour.

Plus des deux tiers (12,339) étaient sorties le 10° jour, et on remarquera en passant que le chiffre le plus élevé (3,763) correspond au

9e jour.

En somme, un grand nombre de femmes sortent trop tôt des services hospitaliers après l’accouchement. La faute n’en est pas aux accoucheurs, au moins à Paris et dans un certain nombre de grandes villes où ils font leur service eux-mêmes, ne l’abandonnant pas à un interne ou à une sage-femme comme il arrive parfois et s’en désintéressant au point de n’y paraître qu’une fois par mois ou même par an, comme nous avons eu l’occasion de le constater. La faute doit en être imputée : d’abord aux femmes elles-mêmes qui ne comprennent pas l’importance des soins consécutifs ou que le besoin urgent de soigner leur ménage, de reprendre le travail de l’atelier ou de l’usine, conduit à demander trop tôt leur sortie : — elle doit être imputée aussi dans certains cas à l’insuffisance du nombre des lits destinés aux accouchements dans les services hospitaliers.

Mais il ne suffirait pas de créer plus de lits si on n’assurait en même temps la salubrité des locaux qui, dans les hôpitaux, sont réservés aux accouchements. N’avons-nous pas vu maintes fois les femmes en couches reléguées dans un coin, sous les combles, ou dans une salle basse mal éclairée et aérée, salle unique d’ailleurs où les contagions sont impossibles pour ainsi dire à éviter dès qu’un accident puerpéral se produit. N’avons-nous pas vu maintes fois le lit de travail maculé de sang, d’ordures anciennes. N’avons-nous pas vu des maternités isolées près des fous et des femmes syphilitiques, n’ayant qu’une infirmière commune avec les vénériennes et qui, des mêmes mains mal lavées, pansait les chancres et lavait les mères et les enfants. Nous avons autrefois décrit cet état lamentable des maternités dans certains hôpitaux de province (1)

(1) Revue d'Hygiène, 1887 . — Consulter aussi : H. Napias, Note sur les conditions d'Hygiène de certains établissements hospitaliers (Rev . d’Hyg., 1.92).

et nous avons montré combien il était important, là surtout, d’avoir un personnel secondaire instruit, expérimenté, docile aux ordres du médecin. C’est une constatation que nous faisons de nouveau en terminant ce paragraphe.

§ lit. — P» vil! ons et hôpitaux d’isolement.

L’utilité qu’il y a à isoler les malades atteints d’affections contagieuses est depuis longtemps reconnue. Beaucoup de maladreries, les léproseries, certains établissements créés pour le mal des ardents, etc., étaient en réalité des hôpitaux d’isolement, mal compris sans doute, mal outillés, où les malades étaient relégués plutôt qu’isolés, mais qui ont dû rendre quelques services au temps où ils existaient et malgré la barbarie souvent cruelle de leur fonctionnement. Nous ne voulons pas faire ici l’histoire des léproseries, quelqu’intéressante qu’elle puisse être d’ailleurs. Nous arrivons d’emblée à la fin du siècle dernier, époque à laquelle la commission dont Tenon fut le rapporteur , souleva la question d’un isolement fait dans un hôpital épidémique spécial à la création duquel on projetait alors d’affecter l’Ecole militaire. — - Ce projet n’aboutit pas. Et ni les discussions des académies et sociétés savantes, ni les travaux les plus récents présentés à la Société de Médecine publique et les débats auxquels ils donnèrent lieu et auxquels ont pris part Laborde, Vidai, Du Mesnil, Tollet, Guider, Colin, Grancher, A. -J. Martin, Tarnier, Brouardel, Napias, etc., n'ont encore amené la solution que désirent les hygiénistes et que les travaux de Pasteur rendent chaque jour plus clairement nécessaires aux regards des gens les plus prévenus.

En 1878, Fauvel et Vallin, dans un important rapport au Congrès international d’hygiène de Paris, signalaient les faits lamentables de la contagion intra-hospitalière, surtout parmi les enfants ; et, concluant à la nécessité de l’isolement, ils formulaient les propositions suivantes :

1° L’isolement le plus près de la perfection, disaient-ils, est celui qu’on obtient à l’aide d’un hôpital affecté à une seule maladie, ou a plusieurs maladies traitées dans des pavillons indépendants les uns des autres ;

2° Un pavillon distinct dans un hôpital général donne une sécurité moindre, mais encore suffisante ;

3° Les services spéciaux sans communication avec le reste des bâti ments au milieu desquels ils sont placés sont une ressource précaire et fertile en déceptions ;

4° L’isolement dans des salles réservées, simplement attenantes aux autres salles, ne donne qu’une sécurité trompeuse.

Ces conclusions pourraient être les mêmes aujourd’hui ; car, s’il a clé fait de réels progrès au point de vue de l’isolement dans un certain

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nombre d’hôpitaux, la grande majorité des établissements hospitaliers est restée sur ce point, comme sur tant d’autres, hélas ! dans un état plus voisin de la barbarie que de la perfection.

La question de l’isolement des maladies infectieuses ayant été reprise en 1887 par le Congrès international d’hygiène de Vienne, le docteur Félix (de Bucharest) et le docteur Karl Bôhm, de Vienne, qui présentèrent chacun un rapport sur ce sujet, arrivèrent aux conclusions suivantes :

Déclaration obligatoire des maladies infectieuses ; isolement obligatoire dans des hôpitaux spéciaux de toutes les personnes atteintes de maladies infectieuses et ne pouvant être isolées à domicile ;

Nécessité pour toute ville petite ou grande d’avoir : soit un hôpital spécial, soit des pavillons isolés dans l’enceinte d’un hôpital général ;

Les hôpitaux d’isolement peuvent être installés en dehors de l’enceinte des villes sans en être cependant trop éloignés. En tous cas ils doivent être séparés des maisons voisines par des jardins, des quais, des avenues, ou par une large ceinture de plantations ;

Les hôpitaux d’isolement doivent avoir pour chaque maladie des pavillons distincts avec matériel et personnel spécial ;

Les baraques mobiles démontables suppléent à l’absence d’hôpitaux d’isolement ou peuvent les compléter au besoin.

Ces conclusions de principes, que nous venons de résumer, sont excellentes sans aucun doute. Peut-être cependant qu’elles sont excessives.

Il n’est pas possible, en effet, de pourvoir chaque agglomération d’un hôpital ayant autant de pavillons spéciaux qu’il peut se présenter de maladies épidémiques. Les ressources actuelles de la désinfection permettent au contraire de n’avoir qu’un nombre restreint de pavillons pouvant être affectés à telle ou telle affection épidémique qui se présente.

Ce qui importe, c’est que chaque pavillon remplisse les conditions d’hygiène désirables et que, indépendamment des principes que nous avons posés en parlant des pavillons hospitaliers en général on trouve, dans les pavillons d’isolement, les services généraux nécessaires. Chaque pavillon doit être pour ainsi dire un hôpital complet. De plus, nulle part le cube d’air ne doit être plus large, nulle part on ne doit trouver des matériaux et un mobilier moins infectables, ni une évacuation mieux installée des résidus.

Sans doute, on peut dire que l’isolement étant une solution difficile à réaliser entièrement, il est préférable de lui substituer, quand cela est possible, une mesure prophylactique d’une application plus facile ; la vaccination et la revaccination obligatoires, si elles étaient pratiquées partout, rendraient, après un certain temps, complètement inutile l’existence d’hôpitaux de varioleux.

D’autre part, si la désinfection substituée pour une large part à l’isolement, c’est-à-dire à la quarantaine, a produit, au point de vue du choléra, des résultats appréciables très dignes d’encouragement, on peut espérer trouver dans cette pratique des ressources importantes contre les autres affections épidémiques. Cela est d’autant plus souhaitable que, pour la rougeole par exemple, l’isolement est une mesure presque toujours tardive, la contagion se faisant dans la période prééruptive.

M. le professeur Grancher, préoccupé de cette question qui se pose surtout dans les services d’enfants, a pensé que si l’antiseptie des petits malades atteints de diphtérie ou de rougeole était faite comme dans le cas des plaies chirurgicales, on pourrait détruire sur place la source même des contages.

« Si, disait-il, dans un rapport au directeur de l’Assistance publique, cette antiseptie médicale est beaucoup plus difficile à réaliser que l’antiseptie chirurgicale ou obstétricale, cependant il faut la tenter, car la création des services ou hôpitaux d’isolement ne supprime pas la rougeole ou la diphtérie entrées par erreur dans les salles et y devenant une source d’épidémies circonscrites.... D’autre part, isoler dans une salle d’attente et d’observation tous les enfants suspects, conduirait à la suppression des service communs, car le nombre des maladies contagieuses est si grand qu’il est presque exceptionnel de voir un enfant séjourner un mois dans les salles sans y contracter quelqu’une de ces maladies. Il faut donc tâcher d’obtenir, par quelques mesures préventives, la diminution sinon la disparition des cas de contagion dans les salles communes ».

C’est pourquoi M. Grancher proposait :

1° D’augmenter le personnel des infirmières ;

2° De créer un grand nombre de lavabos et de vestiaires pour le personnel médical, afin que les médecins et les élèves ne portent plus dans la ville ou dans les autres salles les germes morbides attachés soit à leurs mains lavées d’une façon banale et insuffisante, soit aux vêtements qu’ils ont conservés en faisant leur service auprès des contagieux;

3° D’installer en permanence, dans chaque salle de contagieux, des récipients remplis d’eau bouillante, où l’on pourrait plonger et désinfecter à toute heure les objets souillés ;

4° D’aménager les parquets et les murs de telle sorte qu’on pourrait les laver chaque jour à l’éponge humide pour en fixer et en stériliser les poussières ;

5° De remplacer les lits actuels, lourds et encombrants, par de petits lits en fer creux, légers, pliables et démontables, qu’on pourrait aisément transporter à l’étuve à la sortie de chaque malade;

6° De désinfecter toutes les literies dans des étuves à vapeur sous pression ;

7° Enfin, d’annexer à l’hôpital une salle de policlinique, indépendante

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du service, pour la réception des malades du dehors, réception nécessaire et au traitement de ces malades, qu’on ne peut pas ou qu’il vaut mieux ne pas recevoir dans les salles, et à l’instruction des élèves.

Ces propositions ont été acceptées par l’administration et, dans le service de M. le professeur Grancher, à l’hôpital des Enfants, les parquets des salles sont recouverts de trois couches d’huile de lin, les fissures ayant été au préalable calfeutrées à l’aide d’un mastic spécial ; les rideaux des fenêtres ont été supprimés ; les lits en usage (modèle Herbet) démontables, la literie, les vêtements sont désinfectés au moyen d’une étuve à vapeur (système Geneste et Herscher) ; des entourages pouvant également être passés à l’étuve, servent à isoler les enfants contagieux ; des paniers en fil de fer étamé, contenant les aliments destinés à ces enfants, sont plongés, après avoir servi, avec les divers ustensiles, dans des étuves à stérilisation ; dans chaque salle sont des lavabos munis de brosses à ongles, de cure-ongles et de bocaux contenant un liquide désinfectant; les vases de nuit et les crachoirs des malades sont également soumis à la désinfection. Enfin les médecins, élèves et agents du personnel secondaire ne pénètrent dans les salles qu’après avoir revêtu un vêtement de toile, qui est passé à l’étuve aussitôt après que les personnes qui l’ont porté se sont approchées d’un malade atteint d’une maladie contagieuse ou suspecte.

« Si, disait M. Grancher dans une communication à la Société de Médecine publique, en exposant les résultats obtenus après six mois de fonctionnement, nous n’avions fait qu’apprendre au personnel médical et hospitalier l’importance capitale de la propreté et la crainte salutaire des microbes pathogènes, nous aurions encore rendu un service véritable. »

Quoi qu’il en soit, il faut convenir que les précautions rigoureuses de l’antisepsie ne rendent pas inutiles, dans tous les cas, les mesures d’isolement, et qu’elles sont destinées surtout à les rendre plus efficaces.

Il a été fait déjà dans notre pays d’intéressants essais d’isolement, et sans parler de projets d’avenir, ni sans vouloir disserter ici sur l’utilité, la facilité ou la possibilité de transporter hors de Paris tous les services d’isolement, disons que l’Assistance publique de Paris, quelque disposée qu'elle se montre à réaliser la localisation complète de chaque maladie contagieuse dans un hôpital distinct, localisation qui n’existe qu’à l’hôpital temporaire d’Aubervilliers pour la variole, et dans les hôpitaux du Midi et de Lourcine pour les maladies syphilitiques, a dû songer à isoler les maladies contagieuses, autant que le permettaient l’emplacement et la disposition des locaux.

Les règles générales suivantes sont, d’ailleurs, prescrites dans les services d’isolement :

1° Séparation du personnel du service des contagieux et du personnel

du surplus de l’hôpital ; les dortoirs, les réfectoires, le vestiaire sont distincts ; en un mot, un service d’isolement doit pourvoir lui-même à tous ses besoins, sans avoir à recourir aux services généraux de l’hôpital ;

2° Port obligatoire, pour toutes les personnes qui pénètrent dans un service de contagieux, de blouses ou vêtements fermés en toile grise, pris dans un vestiaire spécial à l’entrée et déposés dans un autre vestiaire spécial à la sortie ; ces vêtements ne sont remis en service qu’après avoir été désinfectés ;

3° Spécialisation des objets et ustensiles destinés aux contagieux ; ces objets et ustensiles ne sortent des services d’isolement qu’après avoir été désinfectés ;

4° Installation, dans les annexes de chacun des services de contagieux, de lavabos alimentés d’une solution antiseptique, dont l’usage est prescrit à tous ceux qui ont approché les malades.

Nous n’oserions pas affirmer que ces règles soient observées aussi strictement qu’il faudrait. Elles le sont certainement mieux à l’hôpital temporaire des varioleux, dont nous reproduisons ici le règlement particulier :

Règlement sur le service intérieur de l’hôpital temporaire des varioleux.

Transports,

Lorsqu’un malade sera amené sur un brancard, ce brancard, avant sa sortie, sera lavé à la solution de chlorure de zinc (30 grammes par litre), et la literie et les couvertures qui le garnissent seront passées à l’étuve.

Si un malade est amené dans un fiacre ou dans toute voiture autre que celles de la préfecture de police, cette voiture sera désinfectée par la combustion de 60 grammes de soufre, les glaces ayant été préalablement relevées et toutes les ouvertures calfeutrées.

S’il est amené dans une voiture découverte, les coussins seront passés à la soufrière, le tablier sera lavé à la solution de chlorure de zinc.

Le garçon de service de la désinfection délivrera au brancardier ou au cocher un bon de laissez-sortir pour être remis au concierge.

Admissions.

Tout malade amené à l’hôpital sera immédiatement dirigé sur la salle de garde; l’interne de service, téléphoniquement prévenu, ira le visiter dans la voiture ou sur le brancard : il indiquera sur le bon d’admission si le malade est atteint de variole, et doit être directement conduit dans l’un des pavillons de varioleux, où il s’il est atteint d’une autre affection éruptive nécessitant un isolement particulier, ou si, enfin, l’affection

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n’ayant pas un caractère déterminé, il doit être d’abord placé dans le service des douteux.

De la salle de garde, le malade sera immédiatement conduit au service pour lequel aura été établi son bon d’admission ; il sera placé dans un lit, et l’employé aux entrées ira près de ce lit prendre son état civil et les autres renseignements administratifs.

Les vêtements quittés par le malade seront portés à l’étuve ; le linge de corps sera trempé dans la solution de chlorure de zinc (30 grammes par litre) essoré et envoyé au blanchissage. Les souliers seront passés à la soufrière. L’inventaire qui accompagne ces effets ne sera reçu au vestiaire que muni de la signature de la surveillante de la salle et du garçon étuviste constatant que les précautions hygiéniques de désinfection ont été prises ; après avoir vérifié que les effets qui lui sont apportés sont bien conformes à l’inventaire, la surveillante du vestiaire renverra cet inventaire portant son reçu à la salle du malade.

Pendant la durée de son séjour à l’hôpital, le malade sera exclusivement revêtu de linge et de vêtements fournis par l’Administration et il ne reprendra ses vêtements personnels qu’après complète guérison.

S’il est envoyé à l’asile de convalescence, il y partira avec des vêtements de l'hôpital délivrés au moment du départ ; ses effets personnels seront envoyés à l’asile pour lui être remis à sa sortie.

Mesures de précaution communes à tout le personnel et aux ouvriers appelés dans l'établissement.

Nul ne doit pénétrer dans une salle de varioleux,

1° S’il n’y est appelé par ses fonctions ;

2° S’il n’est récemment vacciné.

Toute personne admise à pénétrer dans l’un des services de malades, revêtira avant d’y entrer le costume spécial qui lui sera remis et le déposera à la sortie.

Il est expressément recommandé à tout entrepreneur d’avoir parmi ses ouvriers un certain nombre d’hommes récemment vaccinés. A cet effet, tout ouvrier envoyé dans l’établissement devra être porteur d’un certificat de vaccination que le Directeur visera lors de sa première entrée et dont la production pourra être constamment exigée, soit par le concierge ou par les agents administratifs de l’établissement avant de laisser entrer les ouvriers.

Le personnel médical et le personnel administratif porteront une longue blouse ouverte et boutonnée.

Les surveillantes et infirmières un long peignoir fermé.

Les serviteurs et ouvriers, une cotte et une blouse en toile.

Les hommes porteront la barbe et les cheveux courts.

Un vestiaire est établi dans le pavillon d’ Administration à l’usage du

personnel administratif, du médecin, des élèves du service et des surveillantes qui y prendront le costume avant de pénétrer dans les services des malades. Les ouvriers revêtiront 1<^ leur dans la loge du concierge.

Un autre vestiaire, placé à l’entrée du pavillon des douteux est destiné à permettre aux mêmes personnes de changer commodément le costume pris au pavillon d’ Administration contre un autre. Des lavabos sont disposés dans chacun de ces vestiaires et dans la pièce où les ouvriers prendront le vêtement d’hôpital, ainsi qu’à l’entrée de chacun des pavillons ; ces lavabos sont garnis de cuvettes, seaux hygiéniques, brocs, savons et d’une, fontaine constamment alimentée d’une solution antiseptique.

L’ablution avec cette solution et le lavage au savon sont prescrits en sortant des services des varioleux et pour le service des douteux à l’entrée et à la sortie.

Nulle personne ne peut demeurer dans l’hôpital à moins d’y remplir des fonctions ; il est expressément interdit aux internes de recevoir des visites, même de collègues, si ce n’est à la salle à manger commune.

Toute personne logée dans l’établissement devra, à moins d’ordonnance contraire des médecins, prendre chaque semaine un grand bain.

Nettoyage des salles.

Les salles sont nettoyées quatre fois chaque jour, avec un balai recouvert d’un linge trempé dans une solution de sublimé au 1/1000 bien essoré.

Une fois par semaine, ou plus souvent s’il en est besoin, les cloisons et parois en bois et le mobilier seront lavés à la brosse avec la même solution.

Le même lavage à la brosse aura lieu dans les chambres du pavillon des douteux et dans les chambres de l’isolement chaque fois qu’un malade les quittera.

Les linges destinés au nettoyage des ustensiles seront de même trempés dans la solution de sublimé ; l’époussetage des objets et le nettoyage au torchon sec sont interdits sous peine de renvoi immédiat.

Il est prescrit au personnel chargé de l’emploi de cette solution de se laver soigneusement les mains après en avoir fait usage et de les passer ensuite au glycérolé d’amidon.

Nettoyage de la literie.

Toutes les fois que des matelas ou des couvertures auront été souillés par des déjections, ils seront passés à l’étuve avant d’être envoyés à l’atelier.

Les matelas du service des douteux et de l’isolement devront être cardés et refaits à neuf à chaque changement de malades.

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Les draps et le linge seront trempés dans la solution de sublimé avant d’être envoyés à la buanderie.

Service des vivres.

Les vivres seront servis aux malades dans leur salle ; après chaque repas, les ustensiles seront lavés à l’eau bouillante avant d’être reportés à la cuisine pour la distribution suivante.

Service de garde.

L'élève de garde prendra le repas du soir dans la salle de garde, il peut être autorisé à prendre le repas du midi dans la salle à manger commune.

Chaque jour, à 4 heures, les internes feront ensemble la contre-visite ; ils indiqueront sur le tableau noir de la salle de garde l’itinéraire qu’ils se proposent de suivre.

Lorsque l’interne en médecine sera appelé hors de la salle de garde, il devra de même indiquer sur le tableau l’endroit où il faudra aller le chercher en cas de besoin.

Visites. — Correspondances . — Nouvelles.

La correspondance des malades sera recueillie deux fois par jour par la surveillante et portée à la soufrière avant d’être mise à la poste.

Les visites sont absolument interdites ; un téléphone placé dans le pavillon d’ Administration et communiquant avec les pavillons de malades permettra aux parents et aux amis des malades de s’entretenir avec eux.

Chaque jour à la visite, la surveillante, sur les indications du Chef de service, prendra une note sommaire de l’état de chaque malade. Ce cahier de nouvelles sera envoyé au bureau des entrées en même temps que le cahier de visites. Une copie nominative en sera envoyée chaque jour à la Division des hôpitaux.

Service des morts.

Aussitôt après l’expiration des deux heures réglementaires, le cadavre sera enveloppé dans une serpillière et envoyé à l’amphithéâtre. Vingtquatre heures après le décès, le cadavre, reconnu ou non, sera mis en bière toujours enveloppé dans sa serpillière ; la sciure de bois qui garnit les cercueils ordinaires sera remplacée par de la poussière de tourbe.

Service de la porte.

L’interdiction des visites et la sévérité du règlement en ce qui concerne le personnel logé rendent le service de la porte particulièrement

délicat ; la plus grande complaisance est donc prescrite au concierge à l’égard du public. Il devra renseigner toute personne qui se présentera à l’hôpital et lui donner toutes indications utiles à l'objet de sa démarche.

S’il ne peut fournir le renseignement demandé, il indiquera au visiteur le cabinet du Directeur qu’il préviendra par une sonnerie, mais il ne laissera pénétrer personne dans les services de l’hôpital sans une autosation expresse et signée du Directeur général, du Chef de la division des hôpitaux ou du Directeur de l’établissement.

Il est particulièrement chargé de s’assurer par la présentation des bons réglementaires :

1° Qu’aucune voiture ou brancard ne quitte l’établissement sans avoir été désinfecté.

2° Qu’aucun ouvrier n’y pénètre sans l’autorisation du Directeur constatant qu’il a été récemment vacciné.

La publication faite par l’Administration générale de l’Assistance publique de Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, donnait les indications suivantes sur les services d’isolement des hôpitaux de Paris.

Adultes. — Saint- Antoine. — Anciens bâtiments, service d’érysipélateux, 12 lits ; scarlatineux et rubéoleux, 60 lits. — Pavillon Moïana, 7 chambres pour diphtériques.

Beaujon. — Érysipélateux, 10 lits.

Lariboisière. — Un pavillon composé de chambres isolées est affecté au traitement de l’érysipèle, de la scarlatine et de la diphtérie.

Saint-Louis. — Service des teigneux.

Enfants. — Teigne. — 100 lits aux Enfants-Malades et 68 à Trousseau.

Ophtalmie. — 40 lits aux Enfants-Malades.

Diphtérie. — 24 lits aux Enfants-Malades et 28 à Trousseau.

Scarlatine. — Des pavillons démontables, système André.

Rougeole. — Un service de 35 lits est ouvert depuis longtemps aux Enfants:Malades. A Trousseau, un bâtiment séparé, le pavillon d’Aligre, a été affecté récemment, dans de bonnes conditions d’isolement, aux rubéoleux.

Il faudrait ajouter, à cette énumération, qu’il existe à Bicôtre un service d’isolement pour les enfants idiots et épileptiques, lorsqu’ils sont atteints de maladies contagieuses, et qu’il existe aussi des services d’isolement à l’hospice des Enfants-Assistés.

L’Administration de l’Assistance publique de Paris convient que ces divers services, sauf ceux récemment ouverts dans les deux hôpitaux

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d’enfants pour les diphtériques, les scarlatineux et rubéoleux, sont, à raison de la disposition des locaux et de l’insuffisance des emplacements, plus ou moins défectueux. Aussi l’Administration se propose-t-elle, d’accord avec le conseil municipal, de donner suite à d’autres projets. En effet, sur les conclusions d’un rapport de M. le D' Chautemps, le conseil municipal de Paris a voté, en 1888, la création, en dehors des fortifications, au nord et au sud de Paris, de deux hôpitaux d’isolement, de 70 lits chacun, pour la variole et deux autres hôpitaux d’isolement, de 80 lits chacun, pour la rougeole et la diphtérie. Un service spécial serait organisé pour le transport des contagieux ; seuls les malades non susceptibles d’être transportés, resteraient à Paris dans des baraquements démontables, spéciaux pour chaque nature de maladie et analogues aux pavillons André de Trousseau et des Enfants-Malades. Il en serait ainsi notamment pour une partie des diphtériques et des rubéoleux, ainsi que pour les scarlatineux et les coquelucheux. Le même projet comporte encore la création, hors Paris, d’un hôpital de 250 lits, pour le traitement de la teigne, avec pavillons distincts et isolés pour la teigne faveuse et la teigne tondante.

Pavillon André. — Le Pavillon André, dont il est question plus haut, constitue un type ingénieux, mais un peu coûteux, que nous ne signalons ici, que pour son ingéniosité. M. 0. André en a donné lui-même la description, à la Société de Médecine publique, en 1889.

Ce pavillon, destiné à 24 malades, 12 garçons et 12 filles, se compose de deux salles pareilles. Pour donner à chaque malade 10 mètres carrés et 50 mètres cubes d’air sur une largeur de 10 mètres, il fallait à chaque pavillon 12 mètres de long et 5 mètres de hauteur moyenne.

Les salles sont séparées par un passage commun. Sur le trajet du passage, à distance suffisante pour ne pas intercepter la lumière, se trouve l’annexe, comprenant d’un côté la chambre du médecin, de l’autre l’office, la salle de bains, etc. A un bout se trouve l’entrée ou écluse, à l’autre les water closets et le vidoir ; au milieu, la chambre de la surveillante. Aux extrémités des salles et en dehors, deux chambres spéciales pour les appareils de chauffage.

Mode de construction et matériaux employés. — Une ossature métallique, extrêmement légère, représente la partie indéfiniment durable de l’ouvrage, qui peut toujours être régénérée par les lavages, le flambage, la peinture. Elle comprend les fondations , le plancher, Yossature. Les fondations consistent en une série de plateaux en fonte reposant sur du sable avec supports tubulaires, sur lesquels se monte l’armature des doubles planchers, le premier à deux pentes, le second horizontal. Sur ce plancher sont disposées des fermes en fer T très légères dont les lignes extérieures supportent les parois. Ce léger squelette, assez fort pour se Encyclopédie d’hygiène. — V. 33

tenir, prend une rigidité remarquable par l’addition des parois en bois. Parfait comme non-conducteur, le bois devait être suspecté au point de vue de l’infection et écarté à cause de son jeu incessant. Un artifice de métier, très simple, a permis de tourner ces deux difficultés; il a suffi de fixer les frises par simple encastrement et à glissement sur les fers T de l’ossature.

Les parois se composent, en effet, de frises de sapin toutes interchangeables, pourvues de rainures correspondant aux fers T de l’ossature ; les parquets de panneaux, assemblés par des fers T à crochets, faciles à manier pour un homme, ayant lm 80 sur 0m90 environ, sont également interchangeables.

Ces éléments servent à habiller l'ossature de deux parois non-conduc- 'trices, toujours renouvelables, pouvant toujours être désinfectées par immersion ou par l’étuve, pouvant toujours être resserrées.

Les parois doubles sont complétées par de doubles fenêtres. Le matelas d’air limité par les deux parois joue un rôle dominant dans cette construction.

Quand cet espace est ouvert à la base et de chaque côté du faîtage, la circulation de l’air se fait librement. Fermé haut et bas, il forme un excellent revêtement pour la mauvaise saison.

Aérage et chauffage. — Deux appareils Perkins à circulation indépendante, ainsi qu’une cheminée à feu nu, sont installés à l’extrémité de chaque salle. Des tubes en fer, contenant de l’eau à 150 degrés, sont placés entre les deux parquets ; l’admission d’air se fait par le parquet bas, l’air chaud s’échappe dans la salle par les orifices réglables le long des parois et ceux du milieu des salles. L’air vicié s’échappe par la bande d’aérage réglable du lanterneau.

Une double circulation de tubes chauffés entre les parois, permet d’envelopper la salle d’une couche d’air chaud qui supprime toute chance de refroidissement, tout en laissant l’air pénétrer par les vitrages à échelons.

Salle de rechange. — Pour compléter la ventilation normale, il est utile de pouvoir aérer à fond toutes les baies ouvertes. Mais cela est impossible en laissant les malades dans les salles, et une salle de rechange est trop coûteuse pour être pratique.

Voijci comment la difficulté a été résolue. Un masque vitré coupe la salle en deux à mi-hauteur; un double rideau tombant du masque au parquet emprisonne l’air chaud qui s’élève des orifices ménagés dans le parquet. Ce matelas chaud isole très bien les deux parties de la salle.

D’autre part, les 12 lits ou berceaux reposent sur des plate-formes glissant sur deux paires de rails à fleur du parquet. Les 6 lits uniformément répartis sont espacés d’un mètre environ. En rapprochant les plate-formes, les lits peuvent être réunis dans une demi-salle. On laisse

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tomber le double-rideau, on ouvre toutes les fenêtres et les registres d’appel d’air en fermant les admissions d’air chaud. On peut balayer, laver, pulvériser les parois avec des liquides antiseptiques sans incommoder les malades. Puis on referme tout; on rouvre l’admission d’air chaud et, très rapidement, la température remonte; les rideaux sont rouverts et les lits glissés dans la moitié purifiée ; on opère de même pour la seconde moitié; puis on remet les lits à leurs places.

Désinfection. — Les panneaux de parquets enlevés, on rince le sousparquet à la lance; on remplace les panneaux par un jeu de parquets purifiés et les panneaux infestés passent à l’étuve où à l’immersion mercurielle pour être remployés ultérieurement.

Les parois et la voussure peuvent être régénérées par un lavage ou une pulvérisation antiseptiques; l’intervalle des deux parois est traité par la combustion du souffre en présence de la vapeur d’eau.

Dès qu’il y a nécessité, la paroi est enlevée frise à frise, passée à l’étuve et l’on remonte le tout dans des conditions de sécurité absolue.

Contagion interne. — Afin de lutter contre ce fléau, on a pris toutes les précautions possibles :

1° Le personnel est absolument spécial au pavillon ; il est logé dans le même clos et ne doit avoir aucune communication avec le personnel général de l’hôpital;

2° L’écluse est fermée vers l’extérieur par une clef qui est aux mains du directeur; la surveillante peut seule ouvrir la porte intérieure; les malades, les provisions, la literie, etc., sont simplement déposés dans l’écluse et le personnel spécial vient y prendre ce qui a été apporté ;

3° Les médecins, les internes, les visiteurs ont une entrée spéciale ; dans la chambre du médecin, ils trouvent des sarreaux propres, ils pénètrent dans les salles sans pouvoir revenir sur leurs pas et ne peuvent ressortir qu’après avoir passé dans un lavabo, où ils laissent leurs sarreaux et trouvent tout ce qu’il faut pour se laver et se désinfecter.

Cette circulation dans un sens est obtenue par une disposition spéciale des serrures et des ferme-portes.

Elimination des déjections. — Les water-closets pour les garçons, les filles, le personnel, le vidoir, la trémie pour les linges souillés, sont réunis dans une annexe en verrq et en fer peint en dedans, boisé en dehors; les tinettes ont été remplacées par le tout à l’égoût. Les mesures sont prises pour pouvoir, le cas échéant, neutraliser les déjections avant de les envoyer à légoût.

L’ouvrage complet, fondations comprises, avec le chauffage, les lits, la baignoire, la peinture ignifuge des bois, la canalisation pour l’eau, le gaz, les égouts jusqu’à pied-d’œuvre, les clôtures, jardins, revient à 3,000 francs par lit.

Les nouveaux hôpitaux dans les villes de province ont presque tous des pavillons d’isolement. Si on regrette de n’en pas rencontrer dans le bel hôpital de Saint-Germain-en-Laye on peut se montrer satisfait des efforts qui ont été faits ou qui se font actuellement en divers endroits et notamment à Montpellier, Epernay, Reims, Le Havre, Lille, Montluçon, etc., etc.

A l’étranger, et même dans les pays où l’isolement n’est pas obligatoire il existe, dans les grandes villes surtout, des services ou pavillons d’isolement. Nous avons fait en 1888, une enquête sur les hôpitaux d’isolement en Europe et sur les conditions dans lesquelles cet isolement est pratiqué (1).

Nous reproduisons en grande partie les résultats de cette enquête que nous abrégeons sur plusieurs points et que nous complétons sur d’autres.

ALLEMAGNE. — En 1866, la section d’hygiène de la 59e assemblée générale des médecins et naturalistes allemands a exprimé le vœu qu’une loi de police sanitaire devienne applicable à tous les hôpitaux de l’empire. Chaque Etat allemand a aujourd’hui ses lois spéciales.

En Prusse, l’isolement n’est pas obligatoire, aucun malade ne pouvant être transporté à un hôpital sans le consentement du chef de la famille; pourtant cette loi (du 8 août 1835) comporte des exceptions pour le cas où la maison du malade serait occupée par de nombreux locataires ; de plus elle ne permet pas que les varioleux soient logés dans le même bâtiment que les autres malades. Des ordonnances ministérielles prescrivent que les bâtiments d’isolement, même quand ils ne sont pas occupés, soient fréquemment nettoyés et ventilés. — En Bavière , les autorités peuvent, sur l’avis du médecin de district, ordonner l’isolement des varioleux dans un hôpital spécial. Une ordonnance du 11 novembre 1872, a prescrit l'installation d’hôpitaux temporaires en temps de choléra. — Le Wurtemberg , le grand- Juché de Bade ne s’occupent de l’isolement et n’en font une obligation qu’en temps de choléra. — Le granchduché de Hesse n’a aucune loi sur l’isolement, ni sur les hôpitaux.

Mais la législation des États allemands est manifestement en retard sur les mœurs, sur les habitudes, sur les mesures prises de leur propre autorité par les communes, par les hôpitaux, par les médecins. Il existe en effet un grand nombre de pavillons et d’hôpitaux d’isolement en Allemagne et même dans les villes de médiocre importance ; le travail de Guttsdadt sur les hôpitaux de la Prusse, publié par le bureau de statistique de Berlin, signale 24 hôpitaux généraux avec pavillons d’isolement et 19 hôpitaux spéciaux ; le Dr Félix pense que le nombre en est bien plus considérable et cela résulte aussi de nos renseignements personnels.

il) Dubrisay et H. Napias, Hôpitaux d'isolement en Europe, Reu. d'Hyg , et Bull. Soc. Méd. publique, 1888, G. Masson (Paris).

HOPITAUX ET HOSPICES

Berlin a des pavillons isolés dans les hôpitaux généraux de la Charité et de Friedrichshain, des services isolés à l’hôpital israélite ainsi qu’à l’hôpital Élisabeth*; enfin le grand hôpital de Moabit situé près de la ville est réservé aux maladies contagieuses et épidémiques.

Certaines villes n’ont, qu’un hôpital spécial pour la variole, comme Munich par exemple, d’autres ont de véritables hôpitaux d’isolement annexés à des hôpitaux généraux : c’est ce qu’on trouve à Breslau, à Wiesbaden, à Halle, à Dresde, à Chemnitz, à Cologne, à Mayence, à Bonn, Altona, Aix-la-Chapelle, Barmen, Bromberg, Francfort-sur-Oder, Hambourg, Kœnigsberg.

A Francfort-sur-le-Mein, le nouvel hôpital municipal sera un véritable hôpital d’isolement.

Dans la plupart des hôpitaux d’Allemagne sur lesquels nous avons recueilli des renseignements, il existe des étuves à désinfection ; presque toujours ce sont des étuves Schimmel. On trouve encore dans quelques endroits des étuves à air chaud (Elberfeld, Darmstadt).

Presque partout aussi, au moins dans les grandes villes, il y a des voitures spéciales pour le transport des contagieux. Certaines villes (Elberfeld) n’ont de voitures spéciales qu’en temps d’épidémie.

La désinfection à domicile dans les cas de maladie contagieuse est généralement obligatoire. Plusieurs villes ne la pratiquent obligatoirement que pour la variole. Dans d’autres villes la désinfection est facultative (Darmstadt). La disposition et les emménagements des locaux destinés à soigner les maladies contagieuses est loin d’être toujours parfaite. Ce sont souvent des baraques, parfois d’anciens bâtiments appropriés tant bien que mal avec un cube d’air très faible, souvent plus petit que dans les hôpitaux ordinaires.

Résumons maintenant les renseignements qui concernent un certain nombre de villes allemandes en particulier.

Munich. — Il existe à Munich un hôpital spécial pour la variole. Cet hôpital est à 3 kilomètres de la ville, il contient 70 lits. Il existe des voitures spéciales pour le transport des varioleux La vaccination obligatoire et l’isolement ont le plus heureux résultat et il suffit, pour s’en convaincre, de signaler la mortalité par variole dans la ville de Munich depuis 1877. ,

Munich compte 269,000 habitants. La mortalité par variole a été :

Il n’existe pas d’hôpitaux ou de pavillons pour l’isolement des autres maladies contagieuses. On se propose d’élever dans le jardin de l’hôpital

d’enfants des baraques pour la rougeole, la scarlatine, la coqueluche, la diphthérie.

Les hôpitaux de Munich possèdent des étuves du système Schimmel.

La désinfection à domicile est obligatoire ; elle est pratiquée sous la surveillance des médecins de la police sanitaire.

Dusseldorf. — Pas de pavillons séparés ni d’hôpitaux spéciaux pour les contagieux. — Chambres ou salles dans les bâtiments des malades ordinaires. — La construction d’un hôpital pour cholériques est résolue et cet hôpital doit être prêt dans quelques mois.

L’un des hôpitaux de Dusseldorf a une étuve à vapeur ; un autre a une étuve à air chaud, mais on se propose de la remplacer par une étuve à vapeur. Le troisième hôpital n’a qu'une chambre pour la sulfuration. — Voitures spéciales. — Désinfection obligatoire. — Une ordonnance de police très sévère, en date du 1er août 1887, indique les mesures à prendre en cas de maladies contagieuses.

Elberfeld. — Locaux séparés dans les bâtiments hospitaliers. Ce sont, en général, des pavillons dans l’enceinte même de l’hôpital. Toutefois, une maison et des baraques sont réservées d’une façon permanente pour servir d’hôpital en cas d’épidémie. Les linges et objets de pansements sont désinfectés par le bichlorure de mercure. Les hôpitaux sont pourvus d’étuves : dans l’hôpital municipal et dans l’hôpital réservé pour les cas d’épidémie, ce sont de grandes étuves du système Dittmar. - Voitures spéciales, seulement en temps d’ épidémie. — Les médecins sont tenus à la déclaration des cas contagieux, et il est interdit d’envoyer à l’école les enfants habitant une maison dans laquelle un cas contagieux s’est déclaré. En cas de variole, la police est autorisée à mettre des affiches à la porte des maisons atteintes afin d’assurer l’isolement.

Cologne. —-Une baraque, au centre des bâtiments de l’hôpital est réservée à la scarlatine ; elle contient 13 lits pour les hommes et autant pour les femmes. Il existe, pour la petite vérole, le choléra, etc., 4 baraques de 20 lits sur les anciennes fortifications, et on bâtit en ce moment un hôpital spécial comprenant 4 baraques de 40 lits pour les maladies épidémiques, sur l’emplacement d’un ancien fort. — Le linge de corps et les draps de lit des contagieux sont d’abord soumis à une fumigation sulfureuse ; on les fait ensuite tremper pendant vingt-quatre heures, dans un bain de chlorure de chaux (8 grammes par litre d’eau), puis on les fait bouillir dans une lessive de savon et de soude. Ce n’est qu’après ce triple traitement que le linge est blanchi comme le linge ordinaire. — 11 existe des étuves à désinfection, mais nous n’avons pu savoir de quel système. — L’hôpital possède des voitures spéciales pour le transport des contagieux, et il est défendu de se servir d’autres voitures.

Casser. — Hôpital spécial ouvert seulement en cas d’épidémie et situé à un kilomètre de la ville : 2 salles de 13 lits, 20 mètres cubes d’air par lit.

Darmstadt. — Pavillons séparés, 40 lits en tout. Les linges de corps et draps sont traités par une solution de 15 grammes de potasse caustique

Pian de l'Ensemble des Bâtiments de EHôpiial Mumcipaî et de l'Hôpital des Varioié.s de Francfort.

Fig. 71.

pour 10 litres d’eau qu’on porte1 à l’ébullition. — Etuves à air chaud. — Voitures spéciales. — Isolement des varioleux soignés à domicile et désinfection obligatoire consécutive. Cette désinfection est facultative pour les autres maladies contagieuses.

Mayence. — Pavillons isolés, 75 lits en tout. — Linges traités par une solution de sublimé. — Etuves à désinfection (système indéterminé?) — Voitures spéciales.

Francfort. — Actuellement il existe 2 pavillons isolés contenant l’un 32 lits pour varioleux, l’autre 56 lits pour les autres maladies contagieuses. Ces pavillons sont dans l’enceinte même de l’hôpital ; celui des varioleux est entouré d’un mur qui l’isole absolument. Ces pavillons sont dans l’hôpital municipal, à 1 kilomètre et demi de la ville et à 700 mètres de toute habitation. — Deux étuves à désinfection : l’une du système Schimmel, de Chemnitz ; l’autre du système Ponsgen, de Dusseldorf. — Voiture spéciale. — Désinfection à domicile facultative.

L’hôpital municipal de Francfort (fig. 71) (Allgemeines Stadtesches Ivrankenhaus) contiendra, lorsque les constructions seront terminées :

Quatre pavillons à deux étages pour maladies chirurgicales et maladies intérieures, chaque pavillon ayant 42 lits.

Fig. 72. — Plan d’un pavillon d’isolement à l’hôpital de Francfort-sur-le-Mein.

Un hôpital pour les maladies de la peau et la syphilis (fig. 74) ;

Un pavillon d’isolement à 2 étagés pour les maladies contagieuses, à 48 lits.

Il pourra donc contenir, après son complet achèvement, 350 malades.

Juxtaposé à l’hôpital, mais séparé de celui-ci par un mur et ayant une administration et un économat à part, se trouve un hôpital de varioleux disposé de façon à contenir 32 malades dans le bâtiment principal, 20 dans chacune des deux baraques qui y sont établies et 4 dans le pavillon d’observation, soit en tout 76 malades.

Le terrain sur lequel sont élevés ces différents bâtiments a une superficie de 38,300 mètres carrés, dont l’hôpital municipal occupe 24,100 mètres carrés; soit 70 mètres carrés par lit. Et l’hôpital de varioleux, 14,200 mètres carrés; soit 187 mètres carrés par lit.

L’hôpital pour maladies de la peau couvre une superficie de 1,300 mètres carrés. — Frais de construction : 362,000 marcs, soit 280 mares par mètre carré (fig. 74).

HOPITAUX ET HOSPICES

Le pavillon d’isolement (fig. 72) couvre une superficie de 630 mètres carrrés. — Frais de construction : 145,000 marcs, soit 230 marcs par mètre carré.

L’hôpital des varioleux (fig. 73) couvre une superficie de 899 mètres carrés. — Frais de construction : 138,600 marcs, soit 154 marcs par mètre carré.

Lubeck. - Pavillon isolé conprenant 34 lits pour les différentes maladies contagieuses. Pavillon spécial également de 34 lits pour la variole.

Fig. 73. — Plan du papillon des varioleux à l’hôpital de Francfort-sur-le-Mein.

Ces pavillons sont dans l’enceinte même de l’hôpital ; le pavillon de la variole est entouré d’un mur séparatif assurant l’isolement complet. Etuve à vapeur. Une voiture spéciale en zinc. Désinfection à domicile obligatoire.

Nuremberg. — Un pavillon de 26 lits pour la variole dans l’enceinte même de l’hôpital. On construit actuellement un hospice de 80 lits pour le choléra. Désinfection du linge par une solution phéniquée à 5 0/0. Soufrage périodique des salles. Etuve de Schimmel. Voitures spéciales. Désinfection à domicile généralement facultative ; la municipalité l’impose obligatoirement quand elle le juge à propos.

Brême. — Un seul pavillon isolé, destiné aux varioleux (50 lits), est situé dans l’enceinte de l’hôpital. Etuve à vapeur. Voiture spéciale. Désinfection à domicile obligatoire.

Leipzig. — Pavillons situés dans le jardin de l’hôpital, mais entièrement séparés de lui.

Ces pavillons sont au nombre de 5, savoir :

Deux pour la phthisie (50 + 50, soit en tout 100 lits).

Deux pour la rougeole, la scarlatine, la diphtérie ; en tout 30 lits.

Plan de l'Hôpiial pour Maladies de la peau a I Hôpital Municipal de Francfort sur le Mem

Fig. 74.

Un pour la fièvre typhoïde, 25 lits.

On n’isole pas la coqueluche.

Le linge des contagieux est lavé à part à l’eau bouillante. Après l’avoir rincé à l’eau froide et l’avoir retiré des baquets de rinçage, l’eau de rinçage est portée à l’ébullition avant d’ètre envoyée aux égoûts. Etuve Schimmel. Voitures spéciales. Désinfection à domicile facultative, mais il paraît que tout le monde s’y soumet volontiers (2).

(1) Pour compléter ces renseignements, voir plus loin la description de l’hôpital neuf de Hambourg.

(2) A. -J. Martin, L’Administration sanitaire civile à l'Etranger et en France , T. I,

HOPITAUX ET HOSPICES

ANGLETERRE. — En Angleterre, l’hospitalisation des infectieux est dans les attributions du Metropolitan Asylums Boarcl, qui est chargé, comme on sait, des asiles d’aliénés (1).

A Londres, tout infectieux dont la maladie est signalée, soit en vertu de l’ordonnance sur la déclaration obligatoire, soit par l’intermédiaire d’un agent municipal, est aussitôt transporté de son domicile à un asile spécial dans une des voitures d’ambulance. Là il est déshabillé, baigné s’il y a lieu, et placé dans une salle particulièrement affectée au traitement de la maladie infectieuse dont il est atteint. Les vêtements sont désinfectés ou, le plus souvent, brûlés. S’il s’agit d’un cas peu grave, le malade est immédiatement évacué sur un des hôpitaux flottants de la Tamise.

A partir de ce moment toutes relations avec les personnes du dehors sont interceptées autant que possible. Il n’obtient que difficilement l’autorisation de communiquer avec ses parents et ses amis.

Arrivé à la période de la convalescence, il est transféré dans une autre partie de l’établissement ou dans un camp situé à la campagne.

Un nombreux matériel de voitures d’ambulances, installé dans trois dépôts correspondants à trois régions différentes de la ville de Londres, permet d’enlever rapidement le contagieux du milieu qu’il risque d’infecter.

MM. Lutaud et Hogg (2) ont constaté que trop souvent dans les hôpitaux anglais les diverses fièvres infectieuses se trouvaient confondues dans les mêmes salles (fever Wards). Il n’y a de division tout à fait distincte que pour les varioleux qui ont en même temps un personnel spécial.

Il y a à Londres 6 hôpitaux spéciaux pour les infectieux, mais les hôpitaux généraux admettent souvent telle ou telle maladie infectieuse dans des salles plus ou moins isolées, et ils ont toujours de petites salles pour les cas contagieux qui viendraient à surgir tout à coup parmi le personnel hospitalisé. Par exemple, à London Hospital et à Saint-Mary' s Hospital, il existe des petites salles où l’on isole les cas qui peuvent se déclarer après l’entrée du malade; mais ils n’y séjournent que temporairement, en attendant que le Metropolitan Asylums Board soit prévenu et qu’une de ses voitures d’ambulance vienne chercher le patient pour le transporter dans un de ses établissements spéciaux. Toutefois les cas d’érysipèle restent hospitalisés1 2 là et sont traités à part dans une salle spéciale. — A Bartholomeio’s Hospital et à Rings College on admet toutes les affections sauf la variole. — A Guy' s Hospital, West London Hospital et University College Hospital, on ne reçoit pas les contagieux,

(1) Consulter l’important travail de Lutaud et IIogg, sur les Hôpitaux d'isolement en Angleterre, Paris, J. -B. Baillière, 1886.

(2) Loc. cit.

et dans le cas où une affection comme la variole, la rougeole, la scarlatine, se manifeste dans l’établissement, on provoque son évacuation par les soins du Metropolitan Asylums Board. Il est fait exception pour l’érysipèle et la diphtérie qui ont des salles spéciales.

A Saint-Thomas et à Westminster , bien que la règle soit de ne pas recevoir de contagieux, il existe des pavillons d’isolement, (infectious block). Dans tous les autres hôpitaux de Londres, l’évacuation sur les hôpitaux spéciaux se fait régulièrement, et les malades infectieux ne sont pas conservés dans l’établissement.

Voici la liste des établissements pour l’isolement des maladies contagieuses à Londres :

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