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Quartier des tranquilles travailleurs

1er

Préau.

Travailleurs agri-

.Galerie couverte, Chauffoir.

Réfectoire.

Aujourd’hui les places réservées aux épileptiques et aux enfants seraient considérées comme insuffisantes. D'autre part on ajouterait au chiffre des lits de l’infirmerie celui des lits du pavillon d’isolement qui doit nécessairement être prévu dans la construction des asiles.

(I) Il va de soi que le choix de la matière absorbante qui compose le lit des gâteux doit être fait, non-seulement en tenant compte de la puissance d’absorption et de désodorisation de cette matière, mais aussi de son prix de revient au lieu où on l’emploie.

ALIÉNÉS

Les dispositions à donner aux dortoirs ne diffèrent guère dans les asiles de celles qui sont nécessaires dans les hospices. Le cube d’air y doit être suffisant. Nous ne voudrions pas le voir inférieur à 30 mètres par lit et nous considérons comme insuffisants les cubes signalés plus haut d’après le rapport des inspecteurs généraux.

Le chauffage peut y être fait par des calorifères à air chaud pendant la journée de façon à chauffer les parois. On doit pouvoir modérer l’allure de ces calorifères pendant la nuit ; enfin on doit pouvoir assurer un renouvellement de l’air par une cheminée d’appel avec bec de gaz et par des impostes , des carreaux ouvrants et des verres perforés.

Ce qui importe c’est que chaque quartier de classement comprenne, comme nous l’avons dit, des dortoirs, des salles de jour spacieuses, un préau couvert et un préau découvert, des réfectoires, les chambres de surveillants, des water-closets et des lavabos. Il semble d’abord naturel de placer les lavabos aux étages, à côté des dortoirs, mais l’expérience montre que dans ces conditions on s’en sert peu et qu’il convient plutôt de les placer au rez-de-chaussée, surtout en vue des soins de propreté qu’il conviendrait de faire prendre avant l’entrée au réfectoire dans les établissements bien tenus.

Dans la construction des quartiers de classement il convient de tenir compte, pour donner à chaque quartier l’importance nécessaire, du nombre relatif des malades qu’il doit recevoir comparé au nombre total que doit recevoir l’asile, et nous avons donné le tableau dressé par MM. Lunier, Constans et Dumesnil. Mais ne voulant pas nous en tenir à cette indication, si autorisée qu’elle soit d’ailleurs, nous avons essayé d’établir nous-même cette proportion et nous avons constaté que sur 37,601 aliénés que contenaient les asiles publics d’aliénés à la date du 1er janvier 1892, il y avait :

Agités 4.563, soit 1/8 environ ou 12,50 %

Gâteux 4.599, — 1/8 — 12,50 %

Idiots 3.416, — 1/10 — 10 °/0

Epileptiques 2.975, — 1/13 — 7,6 0/o

Il va de soi que ces chiffres, qui ne visent que les asiles publics, ont la valeur des moyennes ; qu’ils ne sont pas absolus ni peut-être applicables à tous les asiles. Il est évident aussi, comme déjà nous l’avons montré, que les asiles actuels ne reçoivent pas tous les enfants idiots et les épileptiques des départements et que, dans l’avenir, il faudra songer à faire de la place pour hospitaliser plus largement ces malheureux qu’on rencontre trop souvent encore errants par les rues et abandonnés sans surveillance par leurs familles. Mais il faut prendre une base quelconque et ces chiffres moyens peuvent en fournir une.

Cellules. — Une mention spéciale doit être faite ici sur la disposition des cellules.

Le rapport de 1874, déjà plusieurs fois cité, indiquait ainsi les dispositions à adopter pour les cellules :

« Les cellules doivent être placées au rez-de-chaussée et construites sur caves ou sur voûtes surbaissées ou tout au moins suffisamment élevées au-dessus du sol pour qu’il n’y règne pas d’humidité. Il ne doit y avoir au-dessus des cellules des habitations d’aucune sorte. Les dimensions des cellules doivent être les suivantes : Longueur 3m 60, hauteur, 4m, largeur 2m 80, ce qui donne une capacité de 39 mètres cubes.

La cellule doit avoir deux portes pleines, en chêne, ouvrant, l’une sur un couloir fermé de toute part et convenablement aéré et ventilé et l’autre sur une galerie couverte, de plein pied avec une cour plantée.

Une seule porte est suffisante à la rigueur, si elle est disposée d’après le système du docteur Follet, appliqué notamment dans les asiles de Quimper et de Toulouse : dans la porte proprement dite, se développant en dedans, est encastrée une seconde porte qui ouvre à volonté en dedans ou en dehors.

Quand la disposition des bâtiments ne permet pas d'établir deux portes aux cellules, il suffit de faire ouvrir en dehors la porte unique, pour que les aliénés ne puissent en empêcher l’ouverture en l’arc boutant avec leur lit ou tout autre gros meuble laissé accidentellement à leur disposition.

Mais deux portes opposées sont toujours préférables. Un œil-de-bœuf, pratiqué dans chacune des portes et muni d’un verre épais et d’un opercule mobile, permet de surveiller sans danger les aliénés placés en cellule.

Les cellules doivent être éclairées soit par l’un des côtés, soit par le plafond. Dans le premier cas, la fenêtre, fermée par un châssis vitré à bascule, de 70 à 80 centimètres de largeur sur 40 centimètres de hauteur, est établie à la partie supérieure de l’un des côtés de la cellule. Le mur est disposé en glacis au-dessous de l’appui de la fenêtre, placé lui-même à 2m 50 au moins du plancher. Cette fenêtre est garnie d’un volet plein fermant en dedans, soit au moyen de charnières, soit à l’aide d’un mécanisme qui le fait glisser latéralement ou de bas en haut.

Dans le second cas, le plafond, voûté en plein cintre ou en comble brisé, présente, à la partie centrale, une ouverture de 70 à 80 centimètres de côté, fermée par un châssis mobile vitré. Un volet plein glissant sur galet (Prémontré) permet de masquer complètement et à volonté la lumière du jour.

Quel que soit le mode de construction adopté, les vitres doivent être garanties en dedans par un grillage fixé sur le châssis.

Une seconde ouverture, plus petite que la première, est établie sur le côté opposé et à la partie la plus élevée de la cellule pour faciliter la ventilation, qui est complétée, , d’ailleurs , par deux prises d’air munies de registres, pratiquées au ras du plancher et donnant l’une sur le couloir intérieur, l’autre sur la galerie extérieure.

Il est nécessaire que les cellules soient garnies d’un parquet en chêne établi sur lambourdes, ou mieux encore sur une couche de bitume, et que les murs en soient lambrissés à la hauteur d’au moins 2 mètres.

AEIÉNÉS.

Les cellules doivent être chauffées par des bouches de chaleur munies de registres et disposées de telle sorte que l’aliéné ne puisse s’y brûler. Dans quelques établissements, elles sont chauffées uniquement par le couloir • commun ; mais il faut alors qu’elles communiquent largement avec ce couloir par des ouvertures munies seulement de barreaux. Ce système a été adopté, notamment, pour les cellules construites dans les asiles belges, sur les indications de Guislain. Les dortoirs communs de quatre ou cinq lits sont préférables aux cellules établies dans de pareilles conditions.

La cellule doit avoir pour tout mobilier : 1° un lit en fer fixé au parquet et garni des fournitures que comporte l’état d’agitation ou de malpropreté de chaque malade; 2° un vase de nuit en caoutchouc durci, sans anse.

Le lit, à montants peu élevés, doit être placé de telle sorte que le malade ne puisse en aucun cas s’en servir pour atteindre l’appui de la fenêtre.

Les dispositions que nous venons d’exposer n’ont malheureusement pas été adoptées dans tous les asiles, notamment en ce qui concerne les fenêtres. Dans quelques uns, les cellules sont éclairées par des fenêtres à hauteur d’appui, garnies d’un double grillage et fermées par des châssis à guillotine. Les aliénés brisent les grillages, se déchirent aux fils de fer et peuvent même, comme cela est arrivé, se blesser d’une façon fort grave, en faisant tomber le châssis à guillotine.

Qu’est-il besoin de fenêtres à hauteur d’appui dans des cellules qui ne servent presque jamais que la nuit et dont on est obligé de fermer les volets quand elles sont occupées accidentellement le jour.

Les fenêtres à hauteur d’appui n’ont aucune raison d’être dans les cellules de force et d’isolement, et devraient être supprimées partout où elles existent encore ».

Ajoutons que pour les cellules des hospices, pour les aliénés de passage, l’un de nous a donné les indications suivantes qui diffèrent en quelques points de celles que nous venons de reproduire :

t° Les cellules des aliénés de passage dans les hôpitaux et hospices doivent être suffisamment éloignées des salles de malades ou de vieillards pour que ceux-ci ne puissent être incommodés par le bruit;

2° Il sera quelquefois possible de trouver dans une partie des bâtiments hospitaliers l’emplacement de cellules faciles à surveiller et convenablement isolées; dans le cas contraire, il conviendra de construire des cellules à rezde-chaussée sur cave ou sur voûte surbaissée, ou au moins sur un sol convenablement dressé en ciment pilonné;

3° Les cellules doivent avoir au minimum 3m30 de longueur, 2m80 de largeur, 4 mètres de hauteur, soit un cube de 39 mètres au moins ;

4° Le sol des cellules sera garni d’un parquet en chêne sur lambourdes, ou d’un parquet à frises étroites scellées sur aire en bitume;

5“ Les murs doivent être lambrissés sur une hauteur de deux mètres au moins, par des planches de chêne soigneusement assemblées et bien jointes.

Il ne serait pas sans intérêt que les parois fussent peintes à l’huile en ton clair et plus ou moins décorées pour ôter à la cellule l’aspect d’une sombre cellule de prison ;

6“ Les cellules doivent s’ouvrir à la fois sur une galerie couverte, de plain pied avec une cour plantée formant préau et sur un corridor commun de 3 mètres environ de largeur fermé de toutes parts ;

7° Si les cellules n’avaient pas de préau, ce qui peut être acceptable dans des établissements où les aliénés doivent faire un séjour le plus court possible, la porte devrait être disposée de façon à pouvoir s’ouvrir en dedans et en dehors, en encastrant dans la porte qui se développe ordinairement en dedans une seconde porte ouvrant en dehors ;

8° Les portes doivent être percées d'un œil-de-bœuf muni d’un verre épais et d’un opercule mobile pour faciliter la surveillance ;

9° Les cellules doivent être éclairées soit par le côté, soit par le plafond.

S’il est possible, dans un établissement d’aliénés, d’avoir un certain nombre de cellules avec fenêtres à hauteur d’appui permettant la vue du dehors, il est difficile, dans un établissement hospitalier qui n’aura quelquefois qu’une ou deux cellules et avec un personnel restreint et inexpérimenté, de ne pas s’en tenir aux prescriptions faites par les inspecteurs généraux en 1874, qui sont ainsi conçues :

« Dans le cas d’un éclairage latéral, la fenêtre, fermée par un châssis vitré à bascule de 70 à 80 centimètres de largeur sur 40 centimètres de hauteur, sera établie à la partie supérieure de l’un des côtés de la cellule. »

Dans le cas d’un éclairage par le haut, le plafond, voûté en plein cintre ou en comble brisé (nous ajouterons ou en ogive), présentera à la partie centrale une ouverture de 70 à 80 centimètres de côté fermée par un châssis mobile vitré. »

Il n’y aurait, d’ailleurs, que des avantages à augmenter les dimensions ci-dessus prévues.

En tous cas, des ouvertures placées sur deux faces permettraient une aération meilleure des cellules et il devra toujours y avoir au ras du plancher, pour favoriser la ventilation, des prises d’air munies de registres;

10° Les cellules doivent pouvoir être chauffées, soit par un calorifère, soit en chauffant le couloir commun, avec lequel elles resteraient en communication par une ouverture permanente percée en haut, hors de la portée du malade et par les prises d’air au ras du plancher ;

11° Le mobilier de la cellule doit consister uniquement en un lit de fer à montants peu élevés, à parois pleines «et sans barreaux et garni des fournitures que comporte l’état d’agitation ou de malpropreté du malade. Ce lit sera scellé et placé de telle sorte qu’il ne puisse servir en aucun cas à atteindre l’appui de la fenêtre ;

12° Un cabinet d’aisance convenable sera disposé dans le couloir commun, et l’aliéné n’aura à sa disposition qu’un vase en caoutchouc durci sans anse ;

13° Il est indispensable qu’il soit exercé une surveillance rigoureuse de jour et de nuit sur les malades : une chambre de garde devra être prévue auprès de toute cellule ou de tout groupe de cellules, et un infirmier ou une infirmière, suivant les cas, y rester en permanence ;

14° On pourra accepter à la rigueur, dans les très petits hôpitaux qui ne reçoivent que 3 ou 4 aliénés par année, qu’il n’y ait qu’une seule cellule servant, suivant le besoin, aux hommes et aux femmes, et une seule chambre de garde occupée, selon le besoin, par -un gardien ou une gardienne; mais

ALIÉNÉS

dans les hôpitaux plus importants il y aura des cellules distinctes pour les hommes et pour les femmes, convenablement séparées les unes des autres et sans communication possible.

Les établissements qui ne pourraient réunir toutes ces conditions, la plupart réalisables à peu de frais, pourront du moins se rapprocher le plus possible du programme ainsi tracé. Mais ce qui importe surtout, c’est de garder le moins longtemps possible l’aliéné dans un hospice, les cellules fussent-elles parfaites. Ce n’est là qu’une mesure administrative, et elle est aisée à prendre.

Encombrement. — Ce qui est enfin désirable, c’est, après qu’on a édifié des quartiers de classements, pour un nombre déterminé d’aliénés, qu’on ne se laisse pas encombrer et qu’on n’accepte de nouveaux malades qu’au fur et à mesure qu’on peut construire des bâtiments neufs. C’est là une situation en fâce de laquelle il ne faut pas craindre de mettre les conseils généraux, toujours désireux de diminuer le prix de journée qu’ils paient pour les malades du département et trop souvent disposés à faire céder la question d’hygiène, devant la question budgétaire.

Il faut leur faire savoir en tous cas que. dans les conditions d’encombrement et de délabrement ou certains d’entre eux laissent les asiles, ils ne font pas de l’assistance publique, et ne sauraient se targuer d’avoir fait leur devoir vis-à-vis des malheureux aliénés.

Les deux tableaux ci-après (voir pages 696 et 697) valent, au surplus, mieux que tous les raisonnements. Il est aisé de constater par la lecture des chiffres du tableau N° 1, que plus de la moitié de ces asiles reçoivent plus d’aliénés qu’ils n’ont de places réelles (1).

L’écart est quelquefois considérable, par exemple, à Saint-Alban, il est d’un cinquième ; à Bourges, l’encombrement se chiffre par plus d’un cinquième de la population , calculée d’après le nombre des places réelles (^-L-). A Saint-Robert, il y a 913 aliénés, et en réalité 707 places, ce qui donne 206 personnes en trop et un encombrement qui peut s’exprimer par . — A Prémontré, 734 places réelles et 990 aliénés hospitalisés, soit en trop 256 ou — A Rodez, 276 placés réelles, 395 aliénés hospitalisés, soit un excédant de 119 et un encombrement de — A Pau, 545 places réelles, 782 aliénés présents, soit 237 en excédent et un encombrement de — Enfin à Saint-Méen, pour 515 places réelles, il existe 862 aliénés, soit en plus 347 et un encombrement de rr-

(1) Le nombre des places réelles , d’après le questionnaire que nous avions adressé aux directeurs, était le nombre qui permettait de donner à chaque aliéné un minimum de 20 mètres cubes d’air dans les dortoirs et 40 mètres cubes dans les infirmeries et les dortoirs de gâteux. Plusieurs pourraient avoir mal compris et cela est aisé à constater par la comparaison des chiffres des 2 tableaux.

DÉPARTEMENTS

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