SEIN
TOTAUX
Les ressources de la Société ayant grandi chaque année, le nombre de secours s’est constamment accru.
Depuis 1878, c’est-à-dire depuis l’avant-dernière Exposition universelle jusqu’en 1889, il a été distribué pour 330,618 fr. 25 de secours de toute nature.
Les comptes statistiques sont distribués par périodes de quatre années, afin de rassembler un nombre de résultats permettant d’établir des moyennes. Or, ces moyennes, de 1877 à 1889, sont les suivantes :
Total des secours
1877 à 1880 71.033 fr.
1881 à 1884 128 350 fr.
1885 à 1888 153.411 fr.
Moyenne annuelle
Nombre annuel de lots de secours
Enfants secourus annuellement.
Nombre total des enfants secourus depuis la création de la Société : 12 026.
La Société, à la fin de sa première année, comptait 322 membres. Ce nombre n’a cessé de croître : il dépasse 1,000 actuellement.
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
A la fin de la première année, le capital était de. . . . 1,036 fr. »»
A la fin de l’année 1880, il était de 33,215 35
A la fin de l’année 1884, il était de 74,318 75
Le 5 mai 1889, il était de 110,494 75
Ce capital provient de dons et legs et du placement des fonds provenant de recettes extraordinaires. Le Conseil d’administration, appliquant le principe imposé à l’Administration de l’Assistance publique et aux bureaux de bienfaisance, considère comme recettes extraordinaires toute somme d’argent, fût-elle de 1 franc, qui n’est pas le produit des revenus du capital, des cotisations ou des subventions diverses données par l’Etat, la ville de Paris, le département de la Seine, ou des bienfaiteurs divers.
La Société pour la propagation de l’allaitement maternel est chargée de l’administration du Refuge ouvroir de l’avenue du Maine, qui est une œuvre annexe mais non distincte de l’œuvre-mère.
§ IV. — Sociétés protectrices de l’Fnfance.
La Société protectrice de l’Enfance, qui a son siège à Paris, 4, rue des Beaux-Arts, a été fondée en 1865, par l’initiative privée de plusieurs médecins. Elle est la première des associations semblables qui ont été fondées en France, et elle a acquis une importance assez grande pour avoir été reconnue comme établissement d’utilité publique dès l’année 1869 (15 mai) (1).
« Protéger l’enfant dès sa naissance, veiller sur lui pendant cette période du premier âge qui réclame tant de soins et de sollicitude, diminuer le plus possible les chances de mortalité ou de maladie pour les pauvres petits êtres que les mauvaises conditions d’allaitement et de nourriture, l’ignorance et l’incurie peuvent exposer à tant de dangers.
« Venir au secours des mères nécessiteuses, les encourager et les aider à allaiter leurs enfants; répandre partout les préceptes de l’hygiène et le sentiment des devoirs de la famille, en préparant ainsi des générations plus nombreuses et plus fortes ; telle est le programme de la Société protectrice de l’Enfance de Paris et, disons tout de suite, que c’est aussi celui des Sociétés protectrices de l’Enfance qui se sont fondées à son exemple dans d’autres villes de notre pays.
« L’application de la loi Roussel, qui fut inspirée en 1874, par l’idéemère de la Société protectrice de l’Enfance, n’a pas eu pour effet de l’amoindrir et de rétrécir le cercle de ses opérations. La Société prête au contraire à la loi un concours empressé des plus utiles, en continuant à
(1) La Société protectrice de l'Enfance a pour président le docteur Marjolin et pour secrétaire général le docteur Blache.
combattre les causes multiples de la mortalité des enfants du premier âge : l’abandon de l’allaitement maternel, l’élevage au biberon ou au petit pot, l’emploi prématuré d’aliments trop grossiers que les estomacs infantiles sont incapables de digérer, les préjugés populaires entretenus par l’ignorance, la négligence des parents et les abus de l’industrie nourricière, enfin les maladies épidémiques si nombreuses et si redoutables qui menacent les nouveaux-nés. »
Pour arriver à ces résultats, les membres de la Société, non contents de donner des secours matériels avec une inépuisable libéralité, payent de leur personne, visitant les familles secourues ou à secourir, s’assurant par leurs propres yeux que leurs petits protégés sont convenablement nourris et soignés ; les dames patronnesses et les Sociétés charitables affiliées à l’Œuvre rivalisent de zèle pour fournir en abondance le linge, les vêtures et les layettes nécessaires aux mères et aux nourrissons pauvres.
D’ailleurs, l’action de la Société ne se limite pas à Paris, elle s’étend sur les enfants placés en nourrice, loin de leur famille, dans les départements, grâce à une inspection régulière qu’elle a su organiser et qui est exercée par des médecins dévoués et par des personnes bienfaisantes de toutes conditions.
Chaque mois, beaucoup de ces médecins-inspecteurs de la Société envoient des renseignements sur la santé des nourrissons ; et ces renseignements sont communiqués gratuitement aux familles qui les réclament.
Quelques chiffres permettront d’apprécier l’importance des services rendus par la Société protectrice de l’Enfance de Paris. En 1889, cette Société montrait que depuis les dix dernières années elle avait dépensé
361,482 fr. 45, ainsi distribués :
En bons de viande 170 436 fr. 05
En bons de lait 2.192 36
En berceaux 25 . 465 75
En achat de layettes 17 . 159 45
auxquels il faudrait ajouter pour plus de 80,000 francs de layettes fournies par les différentes sociétés affiliées,
dont il était question plus haut 80 000 »
En récompenses pécuniaires accordées aux mères nourrices 25.643 80
En médailles décernées aux médecins-inspecteurs 5.713 69
En prix décernés aux mémoires sur des questions de médecine ou d’hygiène intéressant les enfants du
premier âge 2 500 »
En frais d’impression pour la vulgarisation de l'OEuvre . 32.371 35
Total pour les dix dernières années. . . 361 482 fr. 45
Le total des sommes distribuées depuis la fondation de la Société s’élève aujourd’hui à plus de 700,000 fr.
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
La Société 'protectrice de l'enfance de Lyon a été fondée seulement une année après celle de Paris, elle a été reconnue d’utilité publique le 11 août 1873. Elle a le même but et rend les mêmes services. Mais cette Société réunit à la fois l’OEuvre de la protection de l’enfance de Paris et celle de la Société des crèches. Elle est très bien administrée, et il y a lieu de louer la faible proportion des frais généraux de cette OEuvre.
Voici, pour une année moyenne, les recettes et les dépenses de cette Société :