PLAN DU REZ-DE- CHAUSSÉE
Fig. 25. — Projet de crèche pour 25 enfants. (M. Bouhon, architecte.)
légende : Caves sous le bâtiment d’habitation; chauffage : eau chaude sous l’étuve; « tout à l’égout »; deuxième étage du pavillon, chambre de filles de service: totale du terrain, 80ü mètres carrés; façade 22 mètres.
vidange
surface
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PROTECTION ET ASSISTANCE DE L'ENFANCE
à la cuisine, à la salle pour la toilette des enfants, aux bains, lavabos, table de pesage, et, par des passages fermés seulement par des cloisons
plan du iE.n étage
Fig. 26. — Projet de croche pour 100 enfants. (M. Bouhon, architecte.)
vitrées, au cabinet d’aisances pour dix enfants ; à la suite : au vestiaire, à la lingerie, et enfin à l’étuve ; de l’autre côté de ce vestibule et en
Etuve
Fig. 27
Projet de crèche pour 100 enfants. (M. Leroux, architecte.)
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avant : à la cuisine, à l’office, à deux cabinets d’aisances pour l’usage des employées, et à un escalier qui conduit au 1er étage, où se trouve l’appartement demandé pour la directrice, et au-dessus, à deux chambres de bonne. Sous ledit escalier serait installé celui conduisant aux caves.
« J’ai ménagé, dit M. Leroux, un passage à gauche et un à droite donnant accès dans les dortoirs ; ces passages, fermés par des cloisons vitrées de deux mètres de hauteur, qui laissent au-dessus d’elles une vaste circulation d’air, auront l’avantage de permettre d’amener sans courant d’air les enfants dans les cabinets d’aisances, lavabo, bains, etc., (de., et permettront la continuelle surveillance des services.
Fig. 28. — Projet de crèche pour 100 enfants. (M. Decron, architecte .
« A gauche, à la suite du dortoir de 40 lits, deux salles de jeu distinctes, séparées par une barrière d’appui, et dont la seconde donne accès à la véranda.
« A droite, en communication avec le dortoir renfermant les berceaux, se trouve la salle d’allaitement, puis la chambre isolée, un cabinet d’aisances et une pièce pour dépôt.
«J’ai pensé qu’il convenait de mettre à ces deux dortoirs des portes qui s’ouvriraient sur la terrasse de manière à laisser entrer largement l’air et la lumière chaque fois que cela serait jugé nécessaire. Ces portes seront munies d'impostes ouvrant et correspondant à celles qui sont placées dans les fenêtres percées dans le mur parallèle.
« Eu avant des bâtiments, à gauche et à droite, lesdites terrasses munies
Encyclopédie d’hygiène. — V. 18
de vélums permettront aux mères d'allaiter leurs enfants pendant la belle saison.
« J’indiquerai seulement ici les surfaces : 1° de la salle des berceaux pouvant contenir (54 enfants, qui a de longueur 24nl,40 sur 8 mètres de largeur, ce qui fait 195m,20 de surface et 4 mètres de hauteur, soit un
cube do 780m,800, ce qui donne par enfant un cube d’air de 12mc,200 ; 2° ly salle des petits lits pouvant contenir 40 enfants, qui a 16 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur, ce qui fait 128 mètres de surface et 4 mètres de hauteur, soit un cube de 512 mètres, ce qui donne par enfant un cube d’air de 12mc,800. La surface totale de la construction proprement dite serait de l,195mo,66. »
M. Leroux ajoute qu’il n’est possible de fixer un prix même approximatif que suivant la localité où serait élevée une crèche conforme à son plan et suivant la nature des matériaux qu’on emploierait.
Un projet préparé par M. Dccron prévoit aussi les services généraux au centre, où il a placé également les salles de jeux. Les dortoirs disposés à droite et à gauche forment de chaque côté deux ailes convergentes vers un vestibule d’accès commun où sont installés les lavabos. Cette disposition serait très bonne pour une crèche importante, et il est évident que les berceuses occupées dans les lavabos à la toilette des enfants pourraient en même temps surveiller les deux dortoirs. La crèche de M. Decron exigerait un terrain d’assiette d’environ 5,000 mètres et une dépense qu’il évalue approximativement pour les constructions à 120,000 francs.
M. A. Herbet, ingénieur des arts et manufactures, nous a aussi présenté un projet ingénieux pour 50 enfants mais qui pourrait être, avec de légères modifications, prévu pour 100 enfants. Il suffirait de donner, dans le plan, une importance plus grande au dortoir et à la salle de jeux, les services généraux restant les mêmes, (fig. 29).
Ce plan comporte des constructions à simple rez-de-chaussée : il est conçu de telle sorte que les salles de jeux (pouponnière et préau couvert) se trouvent le plus éloignés possible des dortoirs. Ceux-ci donnent une superficie de 2 mètres carrés par lit ou berceau et un cube de 12 mètres. Le plafond est voûté avec cheminée d’appel. La partie centrale des constructions est seule élevée d’un étage, qui doit servir de logement au personnel.
D’après l’auteur, le prix de revient serait de 75,000 francs environ sans compter le terrain et le mur de clôture et sans compter aussi le mobilier.
Ameublement des crèches. — Mais M. Herbet ne s'est pas contenté seulement de faire un plan de construction, il a étudié un mobilier facile à tenir aseptique.
Les crèches actuelles sont bien loin de présenter, sous ce rapport, toutes les garanties désirables. Elles n’ont pas toutes un nombre de berceaux et de lits égal à celui des enfants ; le lit de camp couvert d’un matelas où les enfants les plus grands sont couchés pour le sommeil offre une promiscuité regrettable à un âge où, n’ayant acquis aucune immunité pathologique, les enfants sont si exposés à toutes les contagions. Sans doute, pour les lits de camp, quelques crèches, suivant les conseils que
nous avons eu déjà l’occasion de donner, se servent de matelas de moleskine qu’on peut laver rapidement avec une éponge et une solution antiseptique, mais c’est là un pis aller et cela ne saurait remplacer le lit absolument individuel.
La transmission des contagions par les vêtements nécessite des mesures de désinfection. La propreté des enfants doit pouvoir être assurée absolument par des lavages et des bains.
La première condition à remplir c’est d’assurer l’antisepsie du vêtement que l’enfant apporte à la crèche et de l’uniforme qu’il doit y revêtir. Nous pensons que, aussitôt arrivés à la crèche, les enfants doivent être déshabillés dans le vestiaire où se trouve l’étuve, revêtus d’un uniforme pris dans le panier métallique de l’étuve qui porte le numéro de l’enfant, panier dont nous parlerons tout à l’heure et dans lequel on replace les vêtements que l’enfant avait sur lui en arrivant. On procède alors à la désinfection dans l’étuve, puis on opère le séchage par un courant d’air inverse et on laisse le tout en place dans l’étuve ; les vêtements se trouvent ainsi toute la journée dans un courant d’air. A l’heure de la sortie les enfants repassent par le vestiaire où on les dévêt de leur uniforme pour leur remettre leurs vêtements ; on replace alors les uniformes dans les pétits paniers de l’étuve. Cette étuve est en forme d’armoire avec paniers de fil de fer très ingénieusement imaginés par M. Herbet ; il serait certainement à désirer qu’elle pût faire une désinfection complète, mais il y a lieu de se préoccuper des frais importants que cela entraînerait; et pour se débarrasser des parasites et pour assurer la destruction d’une bonne partie des germes nocifs, M. Herbert a pensé qu’il suffirait d’une étuve à simple courant de vapeur.
L’étuve est destinée à assurer la propreté autant que la salubrité.
Une autre condition nécessaire à ce point de vue c’est de pouvoir donner des bains.
On pourrait essayer, pour les plus grands, des bains par aspersion : pour les plus petits, la baignoire reste nécessaire.
Quoi qu’il en soit, il faut avoir de l’eau tiède à une température convenable qui devra pouvoir être réglée instantanément sans manipulations.
L’appareil que propose M. Herbet comme remplissant complètement les conditions de simplicité et de rapidité, sans dérangement possible, est le même si on a à sa disposition de l’eau froide en pression et de l’eau chaude ou bien de la vapeur et de l’eau froide.
Supposons le cas le plus fréquent, eau froide et eau chaude ; l’appareil se compose d’un réservoir B dans lequel on fait arriver l’eau chaude provenant généralement d’un réservoir alimenté par le fourneau de cuisine, cette eau est très chaude ; l’eau froide arrive par le tuyau A, passe dans un éjecteur G, entraîne l’eau chaude et sort par le tuyau D terminé par une lance qui est munie d’un orifice à section variable. En faisant varier cet orifice on fait varier la température de l’eau.
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Dans le second cas, la vapeur arriverait par A, et la bâche B serait remplie d’eau froide ; le résultat est le meme.
On fait arriver le jet dans la baignoire où se trouve l’enfant soit dans le fond, soit en projetant le jet obliquement sur l’enfant. En tout cas si on emploie l’aspersion, il ne faut pas de douche en pluie qui est fort désagréable pour l’enfant qui la reçoit sur la tète, et pour la personne qui le lave et qui ne peut s’en approcher sans être inondée.
Si on ne veut pas employer de l’eau chaude provenant du réservoir de la cuisine, et si on veut chauffer cette eau dans la salle de bains, on peut
Fig. 30. — Appareil à chauffer l’eau (M. Herbet, constructeur).
employer un appareil (fig. 30) chauffé au gaz qui se mélange à l'eau, qui est à bon marché, qui donne de l’eau chaude presque instantanément et qui se détériore difficilement.
M. Herbet en a fait un qui fonctionne actuellement au dispensaire de M. le docteur Dubrisay, dans la rue Jean Lantier, à Paris.
Le jet doit couler en permanence et on doit déshabiller les enfants de façon qu’il y en ait toujours un qui soit prêt à prendre la place de celui qui a fini.
Le sol doit être imperméable et recouvert de claies en bois. Les eaux seront écoulées dans un caniveau et pourront être portées aux waterclosets, où elles contribueront au lavage, pour éviter une trop grande consommation d’eau propre pour cet usage.
Pour le mobilier des dortoirs, nous avons demandé à M. Herbet d’étudier un système de berceaux montés sur roues avec garniture de caoutchouc de façon à pouvoir être roulés facilement et sans bruit dans la salle de toilette afin que le changement de draps et de couches se fasse là et non
dans le dortoir, où le berceau sera ensuite reporté muni de linge blanc an besoin. De plus ces berceaux à roulettes pourront être, en été, roulés sur des terrasses longeant le dortoir (f'ig. 31).
Ce berceau numéroté porte un baldaquin qui ne doit pas servir à monter ces affreux rideaux épais, rarement blanchis, souvent roses ou bleus ou violets, moins salissants comme on dit, c’est-à-dire plus longtemps sales, mais une simple gaze moustiquaire. Ce berceau porte avec lui une cuvette numérotée et une planchette avec rebord où se trouvent
Fig. 31. — Berceau pour crèche. (M. Herbet, constructeur.)
rangés la brosse et le peigne de l’enfant, numérotés aussi : de façon qu’en roulant le berceau dans la chambre de toilette on porte avec lui les objets de toilette absolument individuels dont on doit se servir exclusivement et de manière à éviter toute promiscuité de brosse, de peigne et d’éponge.
Pour les plus grands, les berceaux seront bas et munis de roulettes qui permettront de les conduire à l’étuve en cas de besoin.
Pour promener les tout petits enfants dans le jardin, on peut avoir des voitures spéciales, et M. Herbet a étudié un mode de suspension qui atténue les cahots au point de les supprimer presque complètement.
On sait, en effet, que la plupart des voitures d’enfants sont détestables, les ressorts en sont mauvais ou mal compris, ou même n’existent pas. Le
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système de M. Herbet (fig. 32), consiste dans un ensemble d’articulations A. B. C. D. maintenues par deux ressorts verticaux et disposés pour que les réactions verticales soient de beaucoup diminuées par suite de la facilité d’extension latérale du système, qui augmente la composante horizontale des réactions.
Pour les cabinets d’aisances tous les systèmes qui assurent l’occlusion hydraulique et permettent des chasses d’eau peuvent être considérés comme excellents. Le système employé à la crèche de l’Ouest, modifications du système Field, donne de bons résultats, mais il peut en être étudié d’autres (1).
Fig. 32. — Voiture d’enfant (M. Herbet, constructeur.)
En dehors des cabinets il n’est pas mauvais qu’il y ait quelques chaises percées. M. Herbet a imaginé un système à fermeture hydraulique dont le dessin est ci-contre (fig. 33).
Ces chaises sont métalliques et laissent en vue toutes les parties de l’appareil afin que le nettoyage en soit très facile.
Enfin, le même constructeur a étudié un fourneau de cuisine (fig. 34) qui peut fournir une grande quantité d’eau chaude à l’aide d’un termosiphon alimentant les bains, la laverie, la buanderie, les lavabos. Il comporte aussi un bain-marie d’eau bouillante permettant de stériliser par l’ébullition l’eau et le lait destinés à la consommation des enfants Les bouteilles à stériliser peuvent être placées dans des paniers en fil de fer analogues à ceux imaginés par le Dr Egli Saint-Clair. 11 faudrait que les bouteilles fussent également numérotées de chiffres correspondant.
(1) C’est un système analogue qui a été installé à la crèche Brièrc, à Rouen
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aux numéros des berceaux, et que chaque matin on préparât le nombre de bouteilles d’un même numéro nécessaire à chaque enfant, en coupant le lait d’eau stérilisée dans la proportion indiquée parle médecin. Toutes ces bouteilles de 100 ou 150 grammes, suivant les âges, préparées dès le matin, convenablement stérilisées, seraient emmagasinées dans un endroit frais, et il suffirait, au moment de l’emploi, de les faire rapidement, réchauffer par une immersion dans le bain-marie.
Les crèches sont patronnées dans notre pays par une importante société dite Société clés crèches , qui ne possède elle-même aucune crèche,
Fig 33.— Petite chaise percée pour crèche (M. Herbet, constructeur).
qui aux termes de ses statuts n’en favorise aucune en particulier, mais les favorise toutes.
Cette société publie tous les trois mois un intéressant bulletin; elle donne chaque année un état de ses recettes et de ses dépenses, que nous voudrions voir publier aussi par toutes les sociétés privées.
Or, dans son compte rendu moral et financier pour l’année 18U0, M. le baron Roze disait à la Société des crèches : « On sait que la crèche ouvre ses portes aux enfants naturels; c’est une occasion pour la directrice d’exercer son utile influence en exhortant les parents au mariage, en remplissant pour eux les formalités dont la difficulté les effraye et les rebute, en leur aplanissant le chemin qui conduit à la mairie et à l’église. Ainsi entendue, la crèche n’est pas seulement un asile où les enfants reçoivent les soins maternels que la mère ne peut leur donner,
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c'est, un patronage, c'est une action bienfaisante qui de l’enfant remonte au* parents et s’exerce sans contrainte par l’exemple et la persuasion. » Voilà qui est fort bien dit: et sans entrer dans l’idée séduisante de patronage que développe ainsi M. le baron Roze, et en supposant qu il
PLAN Échelle 'ho*
Fig. 34. — Fourneau de cuisine pour crèche (M. Ileibct, constructeur.)
n’y ait jamais d’autre contrainte que la persuasion, nous acceptons volontiers cette idée, qui est pourtant un peu en dehors du sujet que nous traitons ici, et nous voudrions que ces éloquentes paroles fussent entendues, écoutées, comprises par toutes les directrices des crèches; c’est alors que deviendrait une vérité cette proposition que M. le baron
l\oze émet comme un aphorisme indiscutable : la crèche ouvre ses portes aux enfants naturels.
Car il est loin d’en être ainsi aujourd’hui, et beaucoup de crèches confessionnelles et certaines crèches laïques exigent encore pour l’admission de l’enfant la production de l’acte de mariage de la mère ; beaucoup exigent même qu’on fournisse à la fois la preuve de l’union légale et de l’union religieuse. On voudrait pouvoir faire comprendre à ces charités intolérantes que les crèches sont faites surtout pour sauver la vie des enfants et non pour sauver l’âme de leurs parents, et leur rappeler que le Christ, né dans une crèche, ne songeait pas certainement à demander l’acte de mariage des parents, quand il voulait qu’on laissât venir à lui les petits enfants.
Sauver la vie des enfants! c’est cela seulement qui importe, et nous voudrions qu'aucune crèche ne fût autorisée sans cette clause inscrite dans ses statuts : « On n'exigera pour V admission des enfants qu'une « seule pièce : le certificat de vaccine » (1).
11 faudrait aussi que les crèches fussent aux mains d’un personnel convenablement instruit. Le personnel qu’on y trouve aujourd’hui manque bien souvent de compétence : les soins à donner aux enfants s’apprennent comme toute chose et ne sauraient être remplacés sans danger par les routines séculaires qui, dans quelques pays, déforment la tète et immobilisent le corps dans des bandelettes, qui érigent la saleté de la tête en préservatrice des maux d’yeux, qui interdisent les pesées par crainte de porter malheur à l’enfant. En Angleterre, les jeunes filles vont aux day-nurserie s apprendre le métier de bonnes d’enfant : il faudrait que nos crèches fussent aussi des écoles d’élevage de la première enfance.
Pour cela il faut qu’elles aient un personnel instruis MM. Landouzy et Napias avaient demandé, dans un rapport, au Congrès d’hygiène de 1889, , que les élèves des écoles primaires supérieures de filles fussent à tour de rôle attachées à des crèches pour y apprendre les soins à donner à l’enfance. C’est une idée que plusieurs conseillers municipaux avaient reprise et qui est digne d’être menée à bien.
En résumé, il est désirable que les crèches présentent, dans leur construction, toutes les conditions d’hygiène et de salubrité qu’il est juste d’exiger de toute habitation, et que de plus, leurs dispositions intérieures répondent au programme que nous avons formulé plus haut.
(I Une crèche qui a été ouverte à la Bastide (Bordeaux) le 26 novembre 1891, dit dans ses statuts : Art. 3. — La crèche reçoit les enfants sans distinction de sexe , de nationalité.i de religion ou d'état-civil.
Le règlement de cette crèche dit aussi : •< Les conditions d’admission sont : que l’enfant eût moins de trois ans et plus de deux mois ; qu’il eût été vacciné ou qu'il le soit dans le plus bref délai ; qu’il ne soit pas malade ; qu'il soit admis par le médecin ; que la mère s’engage à exécuter le règlement. »
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11 est désirable qu’au point de vue de la contagion, on soit assuré que l’enfant n’apporte rien à la crèche, qu’il ne remporte rien dans sa famille et, pour cela, que la désinfection du vêtement qu’il met en arrivant et du vêtement qu’il revêt au départ, soit assurée aussi complètement que possible.
11 est désirable aussi, dans le même ordre d’idées, que la balnéation y soit journalière et qu’elle soit appliquée par aspersion pour les plus grands, par immersion pour les plus petits.
Il serait désirable que le mobilier fût conçu de telle sorte qu’il fût aussi peu infectable que possible et qu’il contribuât par sa mobilité, par l’individualisme absolu du couchage et des objets de toilette, à assurer l'asepsie que l’hygiène doit rêver pour les établissements où se trouvent des agglomérations d’enfants. Les modèles imaginés par M. Herbet sont sans doute susceptibles de perfectionnements que l’usage ne manquerait pas de révéler, mais ils peuvent, dès maintenant, être considérés comme apportant un progrès réel à l’ameublement des crèches.
Il serait désirable que le régime alimentaire y fût réglé scientifiquement et non empiriquement ou au hasard des ressources.
11 serait nécessaire que le personnel y eût une compétence suffisante, acquise par l’étude, constatée par des examens.
11 conviendrait aussi que l’ouverture des portes des crèches eût lieu le plus tôt possible et que les enfants y puissent rester le plus tard possible; car il faut se dire que certaines professions exigent de la mère qu’elle soit à son travail à la première heure ou qu’elle le quitte très tard. Or, dans les crèches françaises, les heures d’admission et de retrait des enfants sont très variables. A Paris seulement, on trouve des différences considérables d’une crèche à une autre : c’est tantôt de 7 h. du matin à 7 heures du soir, tantôt de 6 h. 1/4 à 7 heures, enfin, ce qui est mieux, de 6 h. du matin à 8 h. du soir. En Angleterre, c’est généralement de 7 à 7 ou de 7 à 8 que s’ouvrent les crèches. La crèche de Soho-Square, à Londres, s’ouvre de 7 h. du matin à 8 h. 1/4 du soir avec faculté de laisser l’enfant plus tard, moyennant le supplément de paiement d’un penny. Les crèches Marie-Henriette d’Anvers ouvrent leurs portes à 6 h. du matin et les laissent ouvertes jusqu’à 9 heures du soir.
Enfin, il serait désirable que l’Etat, les départements, les villes (1),
(1) Les subventions municipales sc donnent sous différentes formes, parfois en argent, d’autres fois en attribuant à l’œuvre un local municipal.
A Calais, la crèche appartient à la municipalité; elle occupe un étage d’une maison construite par la ville à usage d’école. La ville prend à sa charge les dépenses qui concernent le local, le mobilier, le chauffage, le blanchissage et le traitement du personnel. Les autres dépenses qui sont peu élevées, sont à la charge des dames patronesse? La ville dépense plus de 3,000 fr.; les dames en dépensent environ 8 0 fr. L’Etat donne 300 fr. il y a là les éléments d’une véritable crèche municipale qui vaudrait mieux que l’œuvre privée à qui la municipalité fournit tout sans avoir l’autorité absolue qui lui appartiendrait, et qui ne reçoit les enfants qu’après deux mois et jusqu’à 2 ans seulement, et qui enfin ne reçoit pas les enfants naturels.
subventionnent plus largement les crèches qui sont loin d’être riches et dont l’installation même sommaire et défectueuse absorbe les ressources.
Ce n’est pas, en effet, l’alimentation qui coûte le plus cher; à Paris, où le prix de revient moyen de la journée des enfants dans les crèches est de 1 fr. environ ; l’alimentation n’entre en compte que pour 25 centimes en moyenne (de 14 centimes à 35 centimes suivant les crèches). Est-ce pour cela qu’on continue à demander dans les crèches une rétribution maternelle insuffisante et par conséquent inutile qui n’a guère d’autre résultat que d’éloigner certains enfants? Cette rétribution est ordinairement à Paris de 20 centimes pour un enfant et 30 centimes pour deux enfants de la même famille. Elle est quelquefois moindre encore : à la Ferté-sous-Jouarre on demande dix centimes , et la contribution n’est réclamée ni aux veuves, ni aux femmes abandonnées, ni à celles qui ont plusieurs enfants : à Château-Gontier on demande seulement cinq centimes par enfant. En Angleterre, la rétribution maternelle est généralement exigée rigoureusement et elle est plus élevée ; la crèche de Soho-Square à Londres demande 3 pence (30 centimes) par enfant et 5 pence (50 centimes) pour deux enfants, elle exige un penny supplémentaire après 8 h. 1/4 du soir. La crèche de Dundee réclame 40 centimes pour la première année et 30 centimes pour les autres; elle ne demande que 25 centimes par enfant quand il y en a plusieurs d’une même famille. La crèche de Belfast demande 30 centimes. La Lambetli Dciy Nursery de Londres reçoit les enfants dès qu’ils ont 3 semaines, et les accepte jusqu’à 7 ans. La crèche est ouverte de 8 h. du matin à 8 h. du soir. Le personnel est laïque. La rétribution maternelle est de huit sous par jour, six sous pour une demi-journée, quatre sous si l’enfant n’est apporté qu’après le repas. A Noël chaque enfant reçoit des vêtements chauds.
La rétribution maternelle n’est pas d'ailleurs exigée dans toutes les villes de l’étranger. Dans les trois crèches qui existent actuellement à Rome, il n’est perçu aucune rétribution maternelle. Elles vivent exclusivement de subventions de la ville et de la province ainsi que de donations généreuses qui leur sont faites sous formes de souscriptions. La comptabilité de ces crèches est très régulièrement tenue et le compte moral en est établi très scrupuleusement. Le prix de revient de la journée de présence ne dépasse guère 50 à 60 centimes (42 centimes en 1890).
Le tableau suivant (page 285) indique pour les trois crèches de la ville de Rome le nombre des journées de présence et les dépenses en lires, en 1886, 1887, 1888, 1889 et 1890.
11 n’est généralement pas demandé de rétribution non plus en Russie. Dans ce grand pays, la première crèche a été fondée en 1864 par la comtesse Milioutine, femme du ministre de la guerre, sous le patronage de la grande duchesse Hélène Pawlona. Elle admet un certain nombre de pensionnaires pour le jour et la nuit en même temps que les
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externes que leur mère apporte le matin et vient rechercher le soir. Les enfants y sont reçus depuis la naissance jusqu’à 7 ans.