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III. Sont considérés comme en danger moral

6° Les enfants dont les parents vivent dans une inconduite notoire et scandaleuse ;

PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE

7° Los enfants dont les parents se livrent habituellement à l’ivrognerie ;

8° Les enfants dont les parents vivent de mendicité ;

9° Les enfants dont les parents ont été condamnés pour crime ;

10° Les enfants dont les parents ont été condamnés pour vol, excitation habituelle de mineurs à la débauche, outrage public à la pudeur, outrage aux bonnes mœurs.

Pour mener à bien ce programme , l’Union française procède de la façon suivante. Un enfant lui est-il signalé comme maltraité ou en danger moral, aussitôt elle se livre à une enquête minutieuse. Si les faits sont d’une gravité telle, qu’ils doivent entraîner une action judiciaire, elle en saisit le parquet. Les résultats de l’enquête sont portés à la connaissance du Comité exécutif, qui décide de l'admission ou du refus. Une fois admis, — et même avant d’être admis, si la situation dans laquelle ils se trouvent exige une intervention immédiate — les enfants sont reçus à l’Asile temporaire que la Société possède, 28, rue Perronet, à Neuilly-sur-Seine. Ils y passent un temps plus ou moins long, mais qui n’excède que rarement trois ou quatre semaines. Ils y sont soignés, mis en observation. Puis, leur caractère, leurs penchants, leurs défauts et leurs qualités, leur état de santé connus, un lieu définitif de placement leur est choisi, chez des particuliers, à la campagne, ou dans des établissements de bienfaisance. Le principe de la Société est le placement familial. Elle n’y renonce que dans des circonstances spéciales, lorsque par exemple la délicatesse de santé de l’enfant exige des soins que des paysans seraient inhabiles à lui donner, ou bien encore lorsque scs antécédents, de mauvaises habitudes prises rendraient dangereux le placement chez des particuliers. Jusqu’à treize ans, tout leur temps doit être employé à l’instruction. Lorsqu'ils ont atteint cet âge, ils entrent en apprentissage. La Société s’efforce ainsi d’en faire d’honnêtes ouvriers, de robustes cultivateurs, d’actives femmes de ménage, capables par leur, travail de subvenir largement à leurs besoins.

Depuis sa fondation , l’Union française s’est occupée de plus de 1,500 enfants. Elle en a placé, entretenu, élevé environ 400. Au 1er mars 1892, elle en a à sa charge 240. Sur ce nombre, 177 ont moins de treize ans et fréquentent encore l’école, 00 ont passé cet âge et sont en apprentissage dans des familles, dans des écoles professionnelles, dans des usines. Pendant le cours de l’année 1891, 121 enfants ont été admis et placés, tous maltraités ou en danger moral. Une société privée, qui, quoique jeune encore, recueille en un an, un nombre aussi considérable d’enfants, peut avoir l’assurance de faire œuvre utile.

Un bulletin qui paraît tous les trimestres, publie des notices indivi duelles sur les enfants admis, tient les membres de la Société au courant de la marche de l'Œuvre. Un bulletin scolaire, paraissant dix fois par an. entretient le zèle des instituteurs et des élèves des écoles primaires de France, pour la cause de l’enfance malheureuse.

Encyclopédie d’hygiène. — V.

Pour mener à bien la mission qu’elle s’est donnée, l’Union française dispose de ressources encore modestes, mais qui vont sans cesse s’accroissant. Elles proviennent de sources différentes, et d’abord des cotisations de ses diverses catégories de membres. Les membres adhérents paient 5 fr. par an, les membres titulaires 12 fr.,les membres fondateurs versent 200 fr., une fois donnés, les membres protecteurs 300 fr. par an. Le titre de membre bienfaiteur est attribué par une décison du Conseil d’ Administration, aux personnes qui ont rendu à l’OEuvre des services signalés, ou qui ont versé une somme importante. Messieurs les Ministres de l’Instruction publique et de l’Intérieur tiennent à encourager l’œuvre entreprise par l’Union française, en lui accordant de larges subventions. Les écoles primaires, les lycées et collèges de France lui envoient, sur un appel qui leur a été adressé par M. le Ministre de l’Instruction publique, de nombreuses souscriptions. Une vente de charité, qui a eu lieu jusqu’ici toutes les années, lui a apporté d’importantes ressources. Les recettes ont atteint en 1891, en chiffres ronds, la somme de 180,000 fr. Une réserve de 122,000 fr. a été constituée. Les conseils de la Société croient sage de l’augmenter encore, pour parer à toute éventualité.

Voici du reste le budget de cetle Œuvre importante pour 1892.

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