HYGIÈNE HOS P
ARTICLE VII. — NOTES SUR DIVERS SERVICES ET ŒUVRES POUR L’ASSISTANCE ET LA PROTECTION DE L’ENFANCE A L’ÉTRANGER.
En terminant le chapitre II, il nous parait intéressant, indépendamment de ce que nous avons dit plus haut de la législation à l’étranger, relativement aux enfants abandonnés et de ce que nous avons dit des crèches étrangères, de grouper dans ce dernier article diverses notes sur les services ou sur les œuvres qui, dans quelques pays de l’étranger, participent soit à l’assistance, soit à la protection de l’enfance. Ces notes sont volontairement incomplètes et sont très résumées. On trouvera plus loin, sur les œuvres d’assistance infantile à l’étranger d’autres documents à propos des hôpitaux d’enfants, des hospices marins et des établissements des sourds-muets et des aveugles.
ALLEMAGNE. — Orphelins de la ville de Berlin. — Le soin
des orphelins de la ville comprend (1) : 1° La réception provisoire des orphelins au Dépôt et l’administration de ce Dépôt; 2° le placement et la surveillance d’une partie des enfants en pension et l’internement des autres dans l’orphelinat de Rummelsburg ; 3° l’administration de Rummelsburg; 4° l’exécution des mesures édictées par la loi du 13 mars 1878 et celle du 23 juin 1884 sur le placement des enfants moralement abandonnés.
En 1888 on comptait 4,534 enfants secourus par les soins de la ville, dont 1,603 avaient été admis cette même année; or sur ces 1,603 admissions, 293 avaient été prononcées en faveur d’orphelins proprement dits, les 1310 autres admissions l’avaient été pour motifs divers.
Au Dépôt , les enfants sont élevés et instruits ; ils en sortent pour entrer en service ; s’ils se trouvent sans place ou sans travail, ils peuvent être reçus dans un asile attenant au Dépôt.
La grande majorité des enfants est placée en pension chez des particuliers. Le nombre de ces placements, sur 4,534 enfants, était, en 1888, de 4,013, dont 1,794 placés dans Berlin même et 2,219 hors de la ville, dans 496 bourgs ou villages.
Pour ces derniers, la surveillance est confiée aux pasteurs ou curés, aux maires et aux maîtres d’école. A Berlin, ce sont les dames assistantes des orphelins qui s’en occupent, sous la surveillance des conseillers municipaux. Ces dames assistantes sont au nombre de 403. En 1888-89, la mortalité des enfants placés en pension a été de 1,28 0/o-
L’orphelinat. de Rummelsburg est situé hors la ville ; il se compose de
(1) Gillet de Grandmont, Berlin , au point de vue de l'hygiène et de la médecine. — Paris, Société d’éditions scientifique, 1891.
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
dix bâtiments pouvant contenir en tout 500 enfants et élevés sur un terrain d’assiette de 1,321 ares.
Chaque bâtiment sert à loger 50 enfants et comprend : un sous-sol, où sont les réfectoires et lavabos ; un rez-de-chaussée , qui contient des salles de jour et un atelier ; un premier et un second étage, où se trouvent les dortoirs.
Le jardin et des terrains avoisinants sont cultivés par les orphelins, qui vivent ainsi au grand air et qui, de plus, font de la gymnastique, prennent des bains fréquents, en été dans une école de natation qui fait partie de l’établissement, et, en hiver, des bains chauds en baignoire tous les quinze jours.
Il existe une infirmerie pour les enfants ; des baraquements pour les contagieux. Tous les ans les enfants sont conduits à une clinique ophthalmique pour l’examen de leur vision.
ANGLETERRE. — Barnado’s Homes. — L'ÜEuvre des institutions qui sont aujourd’hui connues sous le nom de « Dr Barnado’s Homes, pour orphelins et enfants abandonnés », fut commencée, il y a 22 ans, par le directeur actuel, qui était, à cette époque, un jeune étudiant en médecine attaché au « London Hospital ».
Son attention fut spécialement attirée sur les enfants sans asile, par la triste condition d'un enfant des rues (street boy), qu’il trouva dans un quartier de l’est de Londres, dans l’hiver de 1806. La situation malheureuse de ce pauvre enfant, l’indifférence qu’elle lui révéla à l’égard des enfants abandonnés de Londres, fit dans son esprit une vive impression et l’amena à se consacrer à l’étude de cette question d’assistance. Il constata bientôt que ces malheureux, dont il ne soupçonnait pas jusque-là l’existence, étaient très nombreux et, non-seulement dans East End, mais dans les quartiers du centre, du sud, du nord et de l’ouest; qu’ils n’avaient d’autres demeures que les « coin mon lodging houses », et que si, durant le jour, ils ne pouvaient attraper le sou qui leur assurait leur lit dans ces maisons, ils devaient marcher dans les rues toute la nuit et trouver un abri comme ils pouvaient : sous des portes, dans les arches des ponts, les marchés déserts, les wagons, les charrettes ; dans les escaliers, les passages, les maisons abandonnées, les places publiques et dans les plus pauvres cours ou allées de la ville.
M. Barnado n’hésita pas à ouvrir, avec ses seules ressources, une petite maison dans Stepney Causeway, et là, il eut rapidement une famille de pauvres petits « abandonnés ». — -A la première maison, une autre s'ajouta; et les garçons qui, à l’origine, étaient ramassés seulement in East End , commencèrent à être recherchés dans les autres quartiers de Londres.
Comme la réputation de cette OEuvre se répandit, et qu’un grand nombre d’amis vinrent en aide au fondateur, d’autres maisons de refuge se créèrent dans d’autres villes de la Grande-Bretagne.
Pendant ce temps une OEuvre semblable, qui répondait à un semblable besoin, s’organisait pour recueillir les filles abandonnées.
Ainsi, graduellement, lentement et sûrement, l’OEuvre progressait et se développait, atteignant son but.
Le « girl’s village Home » d’Illford commença à s’élever pour recevoir les filles. En môme temps, dans des maisonnettes villageoises, des ateliers d’apprentissage pour les garçons furent organisés, à Stepney, pour les métiers de cordonnier, de tailleur, charpentier, brossier, emballeur, scieur de long, etc. — Des maisons de campagne étaient aussi ouvertes, pour les plus jeunes garçons, à Jersey dans différentes localités, et on essayait de diriger les enfants sur l’émigration, en commençant par le Canada.
Avec le temps , de nouvelles institutions pour les filles , pour les garçons et même pour les nouveaux-nés furent ouvertes. — Et plus tard, enfin , un Conseil d’ Administration spécial fut chargé des mesures à prendre pour les enfants estropiés, les aveugles et les sourds-muets.
En ce moment, l’OEuvre comprend 36 institutions différentes, dont 28 sont situées à Londres : une à Jersey, une à Essex, une à Kent, une à Suffolk, une à Worcester et trois au Canada.
De ces diverses institutions, les suivantes s’occupent particulièrement de la protection de l’enfance.
1. Home for Working and Destitute Lads, 18 to 26, Stepney Causeioay ; and 4 to 11, Boioer Street, London, E.