Farm School (R. Phipps, Esq.), Bromyard, Worcester
17 & 18. Emigration Dépôts and Distributing Homes : « Hazelbrae, » Peterborough, Ontario ; 204, F arley Avenue, Toronto, Ontario.
19. Industrial Farm, Birtle, near Russell , Shell River , Manitoba, N.
20. Lodging Houses for Children , Flower and Dean Street , and Léman Street , E.
Parmi les différentes institutions comprises dans la liste précédente, peut-être les plus intéressantes sont le Village Home for orphan and destitute girls près de la ville d’Illford et d’Essex ; et Babies Castle à Hawkhurst et à Kent. Le premier contient à présent 57 habitations complètes. Dans ce nombre il y a 52 cottages séparés, qui contiennent des groupes de 16 à 20 filles. Chacune de ces petites maisons est un véritable foyer domestique présidé par une femme chrétienne qu’elles appellent leur mère, et qui est entièrement dévouée à l’OEuvre, ayant quelquefois abandonné, pour s’v consacrer, une belle situation dans le monde.
Comme on a jugé nécessaire d’ajouter des maisons spéciales pour les tout petits enfants, il existe maintenant deux Babies Homes , qui contiennent plus de cent enfants de moins de 3 ans, qui ont été établies à Hawkhurst (Kent) et à Bow (Middlesex).
Les avantages de l’élevage dans les familles sont aussi assurés par un système soigneux de placement récemment adopté.
Les orphelins bien portants sont placés chez des nourriciers honorables sous la surveillance des comités locaux dans différentes villes et villages d’Angleterre et du pays de Galles. — En ce moment 500 enfants sont ainsi placés.
Une infirmerie a été fondée vis-à-vis l’établissement de Stepney Causeway en 1875 ; cette infirmerie compte 31 lits et est sous la surveillance de nurses expérimentées. — En 1887 cette infirmerie fut agrandie de manière à contenir 70 lits, et elle prit alors le nom de « Her Majesty’s Hospital for sick children. »
Plus de 12.000 garçons et filles ont déjà été arrachés au vagabondage et préservés des périls physiques et moraux de l’abandon. — Un grand nombre, dès qu’ils sont en âge, sont dirigés sur l’émigration dans diverses colonies ; 506 ont été envoyés au Canada en 1888.
Parmi les plus récents développements des « Homes, » on peut citer l’établissement de deux children’ s lodging Houses pour garçons et filles, séparément, et dans lequel les enfants sans abri peuvent obtenir pour la somme de deux sous (one penny) par nuit un logement confortable et un repas chaud sans être exposés à l’inévitable contamination des « common lodging Houses. »
En résumé :
1° Les enfants sont recherchés le jour et la nuit par d’adroits agents dans les plus ignobles bouges de la métropole tels que « lodgind Houses »
et partout où se réfugient les mendiants, les criminels et les gens sans aveu.
2° Les garçons et les filles sont admis de toutes parties du royaume, et même de toutes les parties du monde, quel que soit son âge ou sa religion, et quels que soient ses défauts physiques ; de sorte qu’un enfant mutilé, ou perclus de tous ses membres, ou atteint d’une maladie répugnante, est, s’il est enfant abandonné, reçu à l’une des « Homes ». D’autres petits enfants qui sont tout-à-fait aveugles, ou sourds-muets, et aussi les incurables sont admis sans hésitation, s’ils sont enfants abandonnés.
3° L’admission des enfants abandonnés est immédiate et sans paiement ou sans promesse d’argent, sans l’intervention d’un patronnage et sans recommandation d’aucune sorte. Abandon, privation d’abri ; ou, pour les filles « péril moral » constituent les seules conditions d’admission.
4° L’éducation professionnelle de tous les jeunes pensionnaires est regardée comme une chose de la première importance, chaque garçon et chaque fille ajoutent aux connaissances générales l’apprentissage d’un métier, et ils sont aussi formés au service domestique.
Toutes précautions sont prises d’ailleurs pour que le budget de la charité ne soit pas grevé sans nécessité. Le principe de l’institution est : admettre l’enfant d’abord quand il est sans abri ; mais s’enquérir avant de le conserver. Si le résultat de l’enquête justifie son admission permanente, l’enfant, sera conduit à l’endroit qui lui convient ; mais si on apprenait qu’il a des parents qui peuvent le soutenir, il leur serait rendu (1).
BRÉSIL. — Il n’y a guère de province brésilienne qui ne possède un ou plusieurs établissements publics ou privés destinés à protéger l’enfance (2), et, généralement, l’enseignement qu’on y reçoit est surtout professionnel. Par exemple, à Manaos (province de l’Amazone), les enfants indigents ou abandonnés sont reçus à X Etablissement des élèvesartisans (Estabelecimento de educandos artifices).
Dans la province de Para, tandis que Xlnstituto Paraen.se recueille les orphelins pauvres, les filles sont recueillies dans un établissement fondé par la province, le Collegio de Nossa Senhora do Amparo. Les garçons reçus à Xlnstituto Paraense doivent être pauvres et abandonnés, âgés de plus de 7 ans et de moins de 14. On y admet 90 enfants, et, d’après le chevalier d’Araujo, on a dépensé pour eux, en 1880 : 158,000 fr., dont 120,000 ont été fournis par le gouvernement provincial, le surplus représentant le rendement des ateliers et diverses allocations provenant de la location de l’orchestre hors de l’établissement.
(1) Rapport de la classe 64 (Exposition universelle de Paris en 1880). — Imprimerie nationale.
(2) Consulter les Documents relatifs au Brésil , présentés au Congrès international de la protection de l’Enfance par M. le chevalier d’Araujo. — Paris, Imprimerie Nouvelle, 1883,
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
Les orphelines, les filles pauvres abandonnées, celles qui ont été exposées au tour, sont recueillies au Colleyio de Nos-sa Senhora do Amparo. Elles y apprennent, outre les notions de l’enseignement primaire, la couture et quelques arts d’agrément. Les pupilles sont admises de 7 à 12 ans; elles peuvent quitter l’établissement dès l’âge de 18 ans, soit pour se marier, soit pour se placer dans des familles honorables, soit pour servir dans les écoles publiques.
Les jeunes filles qui sortent pour se marier reçoivent un trousseau d’une valeur de 1,250 francs et une dot de 2,500 fr. Mais on ne peut doter que six jeunes filles chaque année. Toutes celles qui sortent autrement que pour se marier reçoivent un petit pécule. L’établissement renferme de 200 à 250 filles.
Dans la province de Maragnon, il existe entre autres établissements une Casa de Educandos artifices pour les garçons (120 orphelins indigents) ; un asile pour trente filles abandonnées (Recohimento de Nossa S en or a do Anunciaçao et dos Remedios) ; enfin la Maison des enfants trouvés ( Casa de expostos ), qui reçoit une quinzaine d’enfants chaque année dans son tour.
La province de Ceara possède une vaste colonie, dite Colonie Christina, où sont recueillis les abandonnés des deux sexes (50 garçons et 200 filles environ) qui sont instruits dans les travaux agricoles et à divers métiers. Les garçons y deviennent charpentiers, tourneurs, forgerons, cordonniers, maçons, boulangers. Les filles y apprennent la couture, la fabrication des fleurs artificielles, le filage, le tissage.
La province de Pernambuco a pour les orphelins une colonie agricole et industrielle ; pour les orphelines le Colleyio das Orphâs, pour les enfants trouvés la Casa de Expostos. Ces deux derniers établissements relèvent de la Santa Casa da Misericordia, sorte de bureau d’assistance ayant quelque analogie avec nos bureaux de bienfaisance, avec un caractère tantôt seulement municipal, et tantôt aussi provincial, qui se rencontre dans toutes les provinces brésiliennes.
Dans la province d'Alagoas, citons l'orphelinat de filles appelé Asile de Notre-Dame de Bon Conseil.
La province de Bahia étant riche a beaucoup d’établissements privés de bienfaisance : (pensionnat des orphelins du Sacré Cœur de Jésus, Asile de la Vierge de Lourdes, Maison de la Providence, pensionnat de Notre- Dame de la Salette). Il s’y trouve aussi une Casa de Expostos, et pour les orphelins le Collège provincial des orphelins de Saint Joachim.
Dans la commune de Sainte-Catherine existent un tour et un orphelinat de filles.
Dans la province de Rio-Grande du Sud, la Santa Casa da Misericordia entretient dans les villes, à Porto-Alegre, à Rio-Grande, à Pelotus, des tours et des asiles pour les enfants délaissés. En outre, la charité privée fait vivre dans cette province un pensionnat de 50 orphelines ( Colleyio de Orphâs de Santa-Thereza).
Dans la province de Rio-de-Janeiro on peut citer l’asile de Sainte- Léopoldine, entretenu par la confrérie de Saint-Vincent-de-Paul et l’asile des Enfants assistés de Rio.
L’asile des enfants assistés de la capitale de l’empire a été institué en vertu d’un décret du 24 janvier 1874, portant le numéro 5,532. Un second décret, du 9 janvier 1875, numéro 5,849, détermine et réglemente les conditions d’après lesquelles l’établissement devait être administré. Il résulte de l’article 12 de ce décret, que le gouvernement se proposait dès cette époque de créer et d’organiser d’autres asiles similaires dans le municipe de la capitale.
Cet asile fonctionne de la manière la plus satisfaisante possible. 11 a subi une réorganisation partielle d’après un décret du 17 mars 1883, sous le numéro 8,910.
Le régime de la maison est l'internat; 200 enfants abandonnés, âgés de 8 ans au moins et de 12 ans au plus, y sont pensionnaires.
Sont considérés comme enfants abandonnés : tous ceux qui n’ont personne qui doive ou qui puisse pourvoir à leur entretien et leur assurer une éducation convenable.
L’asile reçoit : les orphelins de père et de mère, les orphelins de père seulement et les enfants dont les parents sont privés de tout moyen d’existence.
A 21 ans révolus, les élèves sont détachés de l’asile, après communication faite au ministère de l’intérieur. Ceux d’entre eux qui ont fait preuve d’une conduite exemplaire et qui montrent quelque aptitude pour les lettres, sont recommandés au ministre de l’intérieur, qui, selon qu’il le juge convenable, leur accorde des bourses d’étude pour l’internat du lycée impérial de Don Pedro II, ou pour tout autre établissement d’instruction secondaire (1).
Les enfants âgés de plus de 18 ans, et dont le travail devient productif pour l’asile, ont droit à la moitié du bénéfice net de leur travail. Les sommes qui leur reviennent de ce chef sont versées, tous les mois, à la Caisse d’épargne pour leur être remboursées à leur sortie de la maison.
Les enfants sont habillés et nourris aux frais de l’établissement.
L’instruction qui leur est donnée comprend : l’enseignement primaire du premier et du second degré, l’histoire et la géographie du Brésil ; la musique vocale et instrumentale, le dessin, la sculpture et la gymnastique.
Les métiers enseignés sont ceux de tailleur, cordonnier, charpentier, menuisier, ferblantier, relieur.
Un enseignement agricole est donné dans une ferme-école dépendant de l’asile.
Le personnel de l’établissement se compose : d’un directeur et d’un
(I) Documents relatifs au Brésil (chevalier d’Araujo), 1883.
PROTECTION ET ASSISTANCE DE L’ENFANCE
sous-directeur, de trois professeurs, de différents maîtres chargés d’apprendre les divers métiers aux élèves, d’un professeur d’agriculture, de quelques surveillants, d’un médecin, d’un aumônier, d’un comptable, d’un caissier, d’un concierge et de plusieurs employés subalternes.
Les élèves qui encourent la peine d’expulsion, — peine prononcée par le directeur, avec l’assentiment du ministre de l’intérieur, — sont envoyés dans les compagnies d’apprentis dépendant du ministère de la marine ou de la guerre, ou bien incorporés dans la marine impériale.
Comme on l’a déjà dit, l’Etat affecte tous les ans 237,000 francs aux dépenses de l’asile, dont une somme de 100,600 francs est employée aux frais du personnel.
La province de San-Paulo a un Instituto dos educendos artifices ; un
orphelinat qui donne à 140 enfants l’instruction primaire et un métier et qui s’appelle X Instituto de Dona Anna Rosa ; un tour entretenu aux frais de l’hospice de la Miséricorde de Saint-Paul et un asile d’orphelins administré par l’hospice de la Miséricorde de Campinas.
D’ailleurs, il convient d’ajouter qu’au Brésil, l’assistance des orphelins est en quelque sorte rendue obligatoire par une ordonnance du royaume de Portugal, qui a conservé force de loi au moins quant à ses effets civils et en vertu de laquelle les juges d’orphelins (juizes de orphâos), administrateurs spéciaux chargés de veiller sur la personne et sur les biens des orphelins, sont tenus de faire élever dans les collèges, lycées et facultés, ceux d’entre eux qui possèdent quelque fortune et de faire apprendre un métier à ceux qui sont pauvres ou de les placer sous les drapeaux. Des colonies d’orphelins ont été depuis 10 ans créées dans diverses provinces pour faciliter l’exécution de cette obligation légale. Ce sont des colonies agricoles qui ont été créées sur le modèle des colonies de Sonenbérg, près Lucerne et de Serix, dans le canton de Vaud.
CHINE. — M. le docteur Durand-Fardel a donné dans son travail sur les établissements de bienfaisance en Chine, la description suivante de la maison des enfants trouvés de Canton :
« Ce n’est qu’à l’établissement des enfants trouvés ( Foundling ho uses, ) qu’on rencontre quelque chose d’organisé. Situé au milieu des champs cultivés, à quelque distance des précédents, il n’est pas ouvert banalement comme eux.
« Sur le bas-côté d’une avenue très ombragée s’ouvre un portique couvert aboutissant à une cour assez étendue où j’aperçois une vingtaine de femmes et d’enfants. En face, un temple d’apparence très ordinaire. A gauche, une sorte de bureau où se lient le petit mandarin chargé de la direction de la maison. On lui remet ma carte, et il vient très obligeamment se mettre à ma disposition ; c’est un homme d’une soixantaine d’années, à moustache blanche, l’air doux et poli, un type que j’avais déjà rencontré plusieurs fois, ce qui n’est pas rare dans la classe moyenne à laquelle paraissait apparterîir'le dkffcteur du Foundling house.
« Nous suivons un corridor sombre et très long qui nous mène à un dédale de ruelles étroites, mais propres, dallées avec une rigole centrale. De chaque côté, des chambres uniformes, carrées, avec un lit à chacun des quatre angles ; sur ces lits, des couvertures en désordre, des vêtements en mauvais état ; aucun autre meuble. Chacune de ces chambres est habitée par quatre nourrices et quatre enfants, car chaque enfant a sa nourrice propre. Quelques bébés dormaient sur ces lits, enveloppés de couvertures; mais la plupart étaient sur les bras de leurs nourrices. Celles-ci, toutes jeunes et de bonne mine, paraissaient s’en occuper avec sollicitude. Mais ces pauvres êtres, âgés de huit jours à quatre ou cinq mois (je n’en ai pas vu qui parussent excéder cet âge), misérables, ratatinés, la figure vieillotte et souffrante, quelques-uns absolument décolorés, d’autres, d’un rouge cramoisi, semblaient tous voués à une mort prochaine. On n’entendait même presque pas de cris ni de vagissements. Le mandarin me fit entendre qu’il en mourait beaucoup. Ceux qui survivent sont gardés jusqu’à ce qu’on vienne les demander, souvent dès l’âge de un à deux ans, pour en faire des domestiques. Les femmes qui vivent sur les bateaux viennent souvent en chercher. Quelques-uns sont adoptés dans des familles où il n’y a pas d’enfanls mâles. Les directeurs de troupes théâtrales prennent encore là des enfants qn’ils élèvent pour le théâtre.
« Il y a dans le Foundling house de la place pour deux cents nourrices, et l’établissement m’a paru à peu près au complet. Une dame surveillante à petits pieds, d’une apparence très respectable, nous avait suivis pendant toute notre visite. »
DANEMARGK. — Dans presque toutes les villes danoises, il existe des sociétés privées pour l’assistance des veuves qui ont des enfants. La Société de Copenhague, après avoir eu quelques mécomptes avec une crèche qu’elle avait fondée et où des épidémies se montrèrent à plusieurs reprises, se borne à assister aujourd’hui, par des bons d’alimentation, des veuves qui ont des enfants de 1 jour à 2 ans. C’est une sorte de crèche à domicile. Une notice présentée au congrès d’hygiène de Bruxelles en 1876, se louait beaucoup de ce mode d'assistance qui nous semble bien insuffisant pourtant ; les secours se composent surtout de vêtements, d’une voie de bois pour l’hiver et de 4 ou 5 francs de bons d’aliments par mois.
Il existe aussi à Copenhague un bureau, des orphelins, société privée qui tâche de placer des orphelins et orphelines dans des familles qui les prennent sans rétribution. La plupart des enfants placés (25 à 30 par an) sont adoptés définitivement par ceux qui les recueillent et qui sont souvent des époux sans enfants. Cette petite œuvre sert d’intermédiaire entre les enfants délaissés et les personnes charitables qui veulent se charger de soigner, d’élever, et même d’adopter un enfant.
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