lits
Or, M. le docteur Drouineau a calculé (1) que pour parer aux besoins de l’Assistance, il faudrait environ, pour 1,000 habitants, 1 lit d’hôpital et 1 1/2 lit d’hospice, et qu’ainsi 38,588 lits d’hôpital et 58,152 lits d’hospices, soit un total de 96,740 lits seraient suffisants pour remplir dans notre pays, tous les désiderata de l’Assistance hospitalière.
Ces calculs sont très intéressants ; ils fournissent des renseignements utiles pour des conditions moyennes, mais dès qu’il s’agit de les appliquer à des cas particuliers tels que l’Assistance dos grandes villes, ils sont tout à fait sans utilité. Et d’abord les données du calcul ne sont pas d’une précision ni d’une fixité suffisantes. 11 en est ainsi par exemple de la durée du traitement que M. l’Inspecteur général Drouineau fixe à 37 jours ; en 1864, elle avait été calculée parM. l’Inspecteur général Claveau, qui constatait que cette durée moyenne était de 35 jours pour les malades militaires ; de 28 jours pour les malades civils hommes de plus de 15 ans, et de 41 jours pour ceux de moins de 15 ans ; de 35 jours pour les malades, femmes de plus de 15 ans, et de 44 jours pour les femmes malades au-dessous de cet âge (2).
Paris, d’un pavillon pour les diphtériques convalescents. Tous ces travaux d’isolement sont évalués à 500,000 francs.
7° Construction, place du Danube, d’un hôpital de réserve; 500,000 francs.
Cet hôpital serait mis en service, en hiver, au moment des épidémies de grippe ou quand l’encombrement des autres hôpitaux l’exigerait.
8° Construction de deux maternités neuves, l’une à Beaujon (621,115 fr. 17), l’autre à Saint-Antoine (500,000 fr.).
(1) Dr Drouineau, Du classement des établissements hospitaliers. — Paris, G. Masson, 1880.
(2) Cette durée est variable dans la même ville, d’un hôpital à l’autre, non seulement en
HOPITAUX ET HOSPICES
D’autre part ces calculs ingénieux ne sauraient tenir compte des conditions spéciales à chaque pays et particulièrement des agglomérations industrielles. C’est ainsi que M. Drouineau calcule que 1,510 lits suffiraient aux Bouches-du-Rhône, alors que avec 1,553 lits, la seule ville de Marseille ne sait comment satisfaire aux nécessités qui lui incombent, c’est ainsi que le département du Rhône est indiqué comme n’ayant besoin que de 1,930 lits, alors qu’avec 4,000 lits, la seule ville de Lyon satisfait convenablement mais sans excès à l’Assistance des malades et des vieillards de la ville (1) ; enfin, c’est encore ainsi que la Seine est loin de satisfaire aux exigences de l’Assistance avec les 24,000 lits de Paris auxquels il faudrait ajouter les lits des hospices et hôpitaux du département (St-Denis, Sceaux, etc.), alors que le calcul ne lui attribue que 8,402 lits.
M. Drouineau se rend très bien compte du reste que le résultat de ses calculs ne représente que des minima très insuffisants dans les départements qui ont de grandes villes. Il fait lui-même remarquer que dans les villes dont la population dépasse 80,000 habitants, la situation hospitalière prend un caractère exceptionnel et la proportion des lits d’hôpitaux varie de 1 lit pour 75 habitants jusqu’à 1 pour 300, et celle des lits
France mais partout on il existe des hôpitaux , à Berlin pour l'année 1889, la durée ' moyenne de chaque maladie a été de :
26 jours à Friedrichshain ;
33 — à Moabit ;
27 — à la Charité ;
22 — à la Clinique de l’Université ;
40 — à Bethanie ;
45 — -à St-Hedwig ;
23 — à la Clinique des yeux ;
85 — à l’hôpital des enfants Elisabeth ;
35 — à l’hôpital Augusta.
(1) Le nombre des lits d’hospice nécessaires à l’Assistance des vieillards n’est pas moins difficile à calculer que le nombre des lits d’hôpital nécessaires à recueillir les malades. Pour Lyon par exemple, il y a 700 vieillards dans les hospices civils, faut-il en conclure que dans ur.e ville de même importance il suffirait d'un hospice de 700 lits pour assister les vieillards? Mais en réalité, ce n’est pas 700 mais 4,600 vieillards qui sont assistés dans la ville de Lyon, dont 1,850 sont hospitalisés. Nous relevons en effet ( rapport , notes et documents de la section d' Economie sociale, Lyon, Mougin-Rusaud, 1889) les chiffres suivants :
[ Hospices civils
\ Petites sœurs des Pauvres
Assistance complète Dépôt de mendicité (Section des vieillards de
I la ville) . .
( Hospices privés
OEuvres de l’abbé Ratnbaud
Pensions de 100 fr. données par la ville
Pensions de la Société de secours mutuels des ouvriers en soie
Assistance partielle
Total des vieillards
d’hospice, de 1 pour 75 à 1 pour 350 (1), et il ajoute judicieusement que ce n’est pas pour suffire seulement aux besoins de la population indigente de la ville que tant de lits sont nécessaires, mais qu’il faut pourvoir aussi aux besoins d’une nombreuse population flottante.
Ce qui est certain, ce que i\I. H. Monod, M. de Crisenov, M. Drouineau ont bien montré, c’est que le nombre des lits vacants annuellement est considérable et que s’il pouvait être utilisé on serait bien près de pouvoir satisfaire à toutes les exigences hospitalières. Seulement si on peut faire des moyennes arithmétiques, on ne peut pas faire des moyennes géographiques, ni répartir la population sur les divers points du territoire proportionnellement aux ressources dont l’Assistance dispose dans chaque endroit (2).
Ce qu’il faut dire aussi, c’est que la répartition des malades et des vieillards ne saurait être faite indifféremment dans tous les hôpitaux.
Beaucoup d’hôpitaux ou d’hospices n’ont qu’un revenu dérisoire et il y aurait intérêt à ce que ces établissements, mal pourvus du matériel nécessaire, mal installés et emménagés la plupart du temps, fussent réunis aux bureaux de bienfaisance et servissent seulement d’infirmeries régionales (3). On allègue il est vrai que si ces établissements ont une existence précaire, ils sont comme des jalons qui frappent les yeux de tous et qu’il doit se rencontrer tôt ou tard un bienfaiteur qui les enrichira et mettra telle œuvre, actuellement inutile ou quasi-inutile, à la hauteur de tous les besoins. L’argument est spécieux; ce ne serait pas pour décourager les donateurs à venir, que de savoir que leur nom restera attaché à tel ou tel service, qu’ils auraient contribué à créer ou à enrichir dans un hôpital d’arrondissement ou dans un établissement départemental.
Ce sont là des idées que les inspecteurs généraux ont toujours défendues et que M. Drouineau a bien résumées en proposant, entre autres mesures, l’organisation dans chaque département d’un hôpital départemental bien outillé, avec un personnel de médecins nommés au concours, ouvert à
(1) Angers, Nancy, Nantes, Bordeaux, Rennes, Rouen, Le Havre, Lyon, Marseille.
(2) En 1889, la population de Paris était de 2,344,500 habitants.
Si on compte 11,739 lits d’hôpitaux, il en résulte une proportion de 1 lit d’hôpital pour 208 habitants.
D’autre part, le nombre des lits d'hospice s’élevait à 10,444 lits (sans compter les lits des enfants en dépôt, ni ceux des enfants à l’hospice dépositaire, ni les aliénés) et il s’en suit qu’il y avait alors environ 1 lit d’hospice pour 224 habitants.
Si maintenant on additionne les lits d’hôpital et les lits d’hospice, soit 11,739 + 10,444, en y ajoutant les lits des enfants en dépôt (604) et les lits des enfants assistés à l’hospice (146), on trouve 22, 933 lits, ce qui, pour une population de 2,344,500 habitants donne 1 lit d’assisté pour 102 habitants environ. — (On ne tient pas compte dans ces calculs, des lits d’aliénés).
(3) En 1869, le rapport des inspecteurs généraux constatait que sur 1,382 administrations hospitalières, il y en avait plus de la moitié (750) qui ne disposaient que d'un budget de plus de 10,000 fr. Et sur ce nombre de 750, une centaine n’avait pas 2,000 fr. de revenus ordinaires.
HOPITAUX ET HOSPICES
toutes les maladies graves, à toutes les opérations importantes pour le département tout entier (1).
Nous terminons cet article en résumant dans un tableau des documents relatifs à une enquête que nous avons faite sur le nombre des lits d’hôpital et d’hospice mis à la disposition de la population dans un certain nombre de villes de l’Étranger.
VILLES
NOMBRE
d'habitants.
NOMBRE
des
lits d'hôpital.
NOMBRE
des
lits d’hospice.
COMBIEN
d’habitants pour un lit d’hôpital.
COMBIEN
d‘habitants pour un lit d’hospice.
ELGIQUE
Anvers
Bruxelles
Borgerhout
Boom
Bruges
SO.OOO
Courtrai
Fûmes
Gand
Grammont
Gheel
Gilles (Saint-)
Herenthals
Ixelles
Laeken
Louvain
Lierre. . ."
Liège
Lokeren
Malines
Molenbeck
Mons
Mouscron
Ninove
Namur
Ostende
Poperinghe
Roulers
Schaerbeck
Termonde
Turnhout
Ypres
(1) G. Drouineau, loc. cit.
(2) Il existe en Belgique 477 établissements hospitaliers soit libres, soit officiels. Voici comme ils sont répartis dans les provinces belges :