‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 122 sur 364 · liid., p · texte numérisé non relu

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HISTOIRE DE l.A MISIQIK

en ellet, du comité de l'Opéra pour faire agréer, au prix de 12.000 livres, le liavail de son élève, revendiquant d'aboid la paternité des deux premiers actes, pour lever le masque, en mai 1781, une l'ois le succès de l'ouvrage assuré, en déclarant alors que les Danaidfs étaient entièrement de la main de Salieri. « Cette manœuvre peu scrupuleuse, observe M. Jullieu, ne jetait pas un moindre discrédit sur l'élève que sur le mailre'. »

Quoi qu'il en soit, en dépêchant à Paris une manière de " inissus dominicus », Gluck remportait une revanche sur le picciiinisme, qui, après Atys (22 février 1780) et Iphigéiiie en Tauride (23 janvier 1783), triomphait avec la charmante Bidon (1""^ décembre 1783); et peut-êlre n'applaudissait-on tant celle-ci que parce qu'elle s'affirmait très gluckiste. Mais, toujours rancunier, le vieillard ne se répandait pas moins en sarcasmes contre l'hospitalier pays où il avait cueilli de si presligieux lauriers.

A Vienne, Gluck habitait tantôt un hôtel de la rue Alte Wieden, tantôt sa maison de campagne de Petersdorf, située daus la banlieue de la capitale, lin 1787, malgré de fréquentes attaques d'apoplexie qui mettaient sa vie en danger et le contraignaient à observer un régime sévère, il travaillait avec Salieri à un oratorio français, le .ht<ji>mcnt dernier. Le 14 novembre de cette année, après une promenade en voiture, il éprouva une nouvelle attaque et mourut le lendemain Va novembre, à l'âge de 73 ans-.

Les portraits et les bustes que nous connaissons de Gluck, joints à l'abondante littérature laissée par ses contemporains, et dans laquelle sont fixées nombre de particularités typiques de son caractère et de sa manière d'être, permettent de se figurer le personnage au moment de ses grands triomphes, vers 1775.

De haute taille, d'aspect robuste et de lorte corpulence, il avait le visage rond, avec les joues épaisses et profondément marquées de la petite vérole, le front haut et puissant. Les yeux, d'un giis clair et très vifs, illuminaient cette face grêlée, mais harmonieuse, d'un singulier éclat d'intelligence gouailleuse. 11 s'habillait de façon recherchée, non sans faste, et portait dans le monde un habit brodé.

A la fois rustique et grand seigneur, grand mangeur et grand buveur, Gluck savait allier un ton bourru à des manières distinguées, et voici l'amusante esquisse qu'en trace M. d'Udine, qui le croque en pleine lièvre de répétition : « On se l'imagine aisément, tel que les Parisiens le connurent aux chandelles de la rampe, pendant les répétitions A'iphirjénie, la perruque et l'habit bas, invectivant sans vergogne ses interprètes, dans la pénombre de la salle remplie de princesses et de marquis, et toute retentissante de ses quolibets et de ses ordres, lancés avec un fort accent teuton, mais dans un français pittoresque et net^. » Plus tard, lorsque Ueichaerd fit sa connaissance à Berchtholdsdorf, c'était un grand et majestueux vieillard, « vêtu d'un habit gris richement

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