‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 2)Chapitre 57 sur 364 · l'arfaict, II, p · texte numérisé non relu

l'arfaict, II, p

li. On raconte que, durant ses accès de folio, iMouret tinuellemcnt l'air du chwur des Démons du IV' acte de i lux de Rameau ; *

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EXCVCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIIiE DU CONSERVATOIPE

Mouret a beaucoup produil, el cela dans tous les genres. Sa muse facile et accorte se prêtait avec autant de bonne volonté au drame lyrique qu'à la cantatille, et passait sans encombre du divertissement d'opéra à la sonate de flûte. Peu disposée, néanmoins, à s'appliquer à la tragédie classique en cinq actes, elle n'en inspira que deux à Mouret : Ariane et Thésée (6 avril 1717) et Pirithoûî! (26 janvier 1723). En revanche, l'opéra-ballet la séduisit davantage; successivement, les Fêtes de Thalie (14 août 1714), les Amours des Dieux (14 sept. 1727), les Sens (5 juin 17.32), les Grâces (a mai 1733), le Temple de Gnide (31 décembre 1741) et les Amow-s de Rarjonde (30 janvier 17421, destinés à Sceaux, témoignèrent de sa fécondité. A cela il convient d'ajouter de nombreux divertissements, tant pour la duchesse du Maine que pour la Comédie italienne, tels que le Guy l'an neuf, les Amours de Silène, la Beauté couronnée (tiré de l'opéra le Temple de Gnide), Arlequin Plulon, etc., et des fragments de musique pour la comédie des Mécontents, représentée par la Comédie française en 1734.

Mouret semblait mal doué pour l'opéra proprement dit; son récitatif est pâle, sans relief ni vigueur, et, de Pirithous, on n'avait applaudi que les danses ; il excellait, au contraire, dans le ballet, genre tout à fait ajusté à sa taille. Daquin déclare, en outre, que la Comédie italienne se souviendra longtemps de ses excellents vaudevilles'. Plusieurs de ses airs devinrent populaires et allèrent grossir le recueil de timbres où puisaient Panard et Favart; nous citerons en particulier Vahin-Caha et Dans ma jeunesse.

La musique que Mouret composa pour le théâtre italien ne comprend pas moins de quarante-sept divertissements, répartis en six recueils dédiés au ducd'Orléans régent-; ces divertissements, écrits d'une plume légère et facile, contiennent un certain nombre d'airs italiens et une foule d'airs « de caractère » dans lesquels le musicien s'abandonne à une gracieuse et piquante fantaisie, soit qu'il tente, comme tous ses contemporains, à réaliser une sorte d'exotisme musical, soit que, par le choix d'une rythmique appropriée, ou d'une instrumentation pittoresque, il s'efforce d'imprimer à ses morceaux un aspect lyrique souvent très comique. Nous citerons en particulier les airs pseudochinois du deuxième divertissement du Nauf'rane au port à l'Anglais, l'air suisse et les airs allemands de l'Ainourma'Ure de lanQues, l'air de « niais » d'une allure vraiment amusante et les turqueries des Amants i;/no- 7'ants. Avec un matériel très simple, Mouret atteint à une expression sou-vent fort juste; rien de plus caractéristique que l'air comique des Ogres dans Mélusine, rien de plus léger el de plus mutin que l'air des Esprits follets d'Arlequin camarade du diable, en lequel surgissent, rapides, de petits dessins de tlûtcs. Le Philosophe trompé par ta JSature du troisième recueil contient une fête de village où on entend une vielle associée à la basse de viole, instrumentation aussi ingénieuse qu'expressive.

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1 Ces recueil» portcnl le tiLre

Recueil des divert \f loulis les simphai ' hautbois, de

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mont, dins les Mémoires de la Société des 'le et Oise, XIII, p 37d et suiv (1883). — P. tiurs de musique veisaillais (1900), p. 7 et 1116 Ha Us de mustaeni, (l'Ui), p. 314, 315.

En 1722, Mouret donna un précédent à VAlcimadure de Mondonville, en ajoutant aux Fêtes de Thalie une quatrième entrée, écrite en palois provençal et intitulée la Provençale.

C'est dans les Fêtes de Thalie que l'on vit, pour la première fois, des femmes habillées à la française et des confidentes se rapprochant du type soubrette. Maupoint, qui rapporte ce détail, ajoute : « Le public en fut d'abord alarmé; cependant, il y vint en foule, mais presque à contre-cœur. L'auteur dit qu'il se fit conscience de divertir ainsi les gens malgré eux'. »

Si Mouret réussissait à merveille les entrées de ses ballets, entrées auxquelles présidait souvent une fine psychologie (comme dans les Grâces, par exemple), le violoniste Jacques Aubert' se montrait pétillant d'esprit et très inspiré des procédés de l'école de Pergolèse dans les airs de danse de sa comédie persane, la Reine des Péris (10 avril 172o).

Avec François Colin de Blamont", nous trouvons encore un autre auteur de ballets. Né à Versailles le 22 novembre 1090 et fils de Nicolas Colin, ordinaire de la musique du roi, François Colin fut admis, à l'âge de 17 ans, dans la musique de la duchesse du Maine et ne tarda pas à devenir élève de Lalande^. En 171'.t, il acquiert de Lulli fils une charge de surintendant de la musique royale, et ajouta alors à son nom celui de Blamont. Maître de la musique de la chambre, après la mort de Lalande (18 juin 1726), décoré, selon Beflara, de l'ordre de Saint-Michel, le 8 mai 1751,1! touchait, à partir de 1756, une pension de 2.000 livres' et mourut le 14 février 1760, à Versailles, où il fut inhumé dans l'église Saint-Julien. On l'appelait le chevalier de Blamont.

Colin de Blamont fut essentiellement un musicien de cour, un musicien officiel. Sa réputation date de 1723, époque à laquelle il fit représenter à l'Opéra le ballet des i'>7fs grecques et romaines (13 juillet 1723). Le succès de cet ouvrage lui valut de composer en 1725 un divertissement pour le mariage de Louis XV, divertissement intitulé le Retour des Dieuv sur la Terre. A la pastorale de Diane et Endymion (17 mai 1731), que le public accueillit froidement, succédèrent les Caractères de l'amour, ballet représenté d'abord à la cour, en 1735, puis à l'Opéra (13 avril 1738), avec un grand succès. Signalons encore Jupiter vainqueur des Titans (1745) et les Fêtes de Thétys (1730), ainsi qu'un certain nombre de cantates, motets et divertissements écrits pour le service de la cour*.

Sans atteindre à l'originalité de Des louches et à la grâce éprouvée de Mouret, Colin de Blamont ne manque point de mérite. Sa musique, qui porte la trace de l'enseignement de Lalande, se recommande surtout par la variété et l'éclat des airs de danse. C'est ainsi que le ballet des Fêtes grecques et romaines, dont la réputation gagna la province, puisque en 1742 les académiciens de Moulins l'exécutèrent en présence de l'ambassadeur turc Méliémet Haïd Pacha', se signale, dès le Prologue, par une chaconue fort bien traitée el par une gigue et menuet de piquante

1 à Lalande é

G. L'ouvrage de début que Colin de Llamo une cantate intitulée Circé.

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