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ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DIcriO.X.XAIRE DU CO.VSEItVATOIRE
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ton d'Ut 1 1 '
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intervallesjouentun rôle imporlanl dans la tonalité, parce que, suivis des notes de l'accord parfait de la tonique, ils affirment le sens tonal d'une gamme.
La seconde majeure et la seconde mineure harmoniques sont des intervalles neutres, n'ayant aucune importance dans la tonalité ni le mode d'une gamme. Dissonances absolues, elles effectuent forcément leur marche sur des intervalles consonants.
Aucjmentée, la seconde contenant la note sensible de la gamme mineure caractérise le mode de cette gamme. Dissonance attractive, elle se porte vers la tonique dont elle est la note sensible. La seconde augmentée renfermant un demi-ton chromatique intro'luit le genre chromatique dans une gamme diatonique et lui donne la qualité de gamme mixte, appartenant à la fois au genre diatonique et au chromatique.
La mineur Solj?, note sensible
La tierce esl V intervalle inodal par excellence : majeure ou mineure, elle caractérise le mode de l'accord parfait et de la gamme.
Accord parfait majeur
Accord parfait
La tierce augmentée et la tierce climiniiéc participent du genre chromatique et ne se trouvent dans aucun mode. On les emploie dans l'harmonie chromatique.
La. quarte juste n'a pas de fonction caractéristique dans la tonalité ni la modalité d'une gamme; diminuée, elle caractérise le mode mineur, étant placée sur la note sensible de la gamme mineure et appartenant exclusivement à cette gamme.
La mineur
La quarte augmentée, consonance atlractive ou appellalive, est un intervalle de mouvemeni, dont les notes composantes se portent irrésistiblement vers leurs notes voisines appartenant à l'accord parfait. Avec son renversement la quinte diminuée, ces deux
TJt majeur
llin.
Lo
La quinte juste est un intervalle de repos formant les deux notes extrêmes de l'accord parfait. Placée sur la tonique d'une gamme, elle est le point d'appui, l'assise de la tonalité de celte gamme. Placée sur la dominante d'une gamme, elle contribue, en marchant sur l'accord parfait de la tonique, à établir la cadence parfaite du ton.
Ut majeur
tonliiae tonique dumin-inl
La quinte augmentée fixe le mode mineur d'une gamme, car elle est formée, comme son renversement la quarte diminuée, de la médiante et de la note sensible de la gamme mineure.
La mineiir
médlaDte
A l'égal de son renversement la quarte augmentée, la quinte diminuée, consonance attractive formée de la note sensible et de la sous-dominante d'une gamme (dans les deux modes), se porte sur la tierce de l'accord parfait de la tonique. Elle établit la cadence parfaite et le sens tonal de la gamme, quand elle est entendue avec la dominante du ton.
Dt majeur (ou mineur)
La sixte (majeure ou mineure) est l'intervalle sur lequel se font les demi-cadences au milieu d'une phrase musicale. Elle ne donne pas, comme son renversement la tierce, la sensation d'un repos complet» Placée sur la médiante d'une gamme, elle est, comme la tierce, un intervalle modal, caractérisant le mode de cette gamme selon la manière d'être de cel:e médiante qui varie dans les deux modes :
Ut majeur
Ls. sixte augmentée participe du genre chromatique et ne se trouve dans aucun mode. Elle forme une dissonance attractive, elfectuant sa marche sur un intervalle consonant.
rr
La sixte diminuée est peu usitée. On l'emploie parfois dans l'harmonie, chromatiquement.
TECHXIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
L'exemple suivant montre les intervalles harmoniques de sixte dimiiuioe, de quarte et de tierce dimiluiées, employés chromatiquement et comnic intervalles de passage.
te
diin
dim.
t^f t'if J cYf
mi :l j ;l ^^
(Solfège manuscrit de Lavignac.)
La septième majeure n'a aucune fonction tonale ni modaledans la gamme. C'est une dissonance absolue formant un intervalle de passade. Klle opère sa marche au milieu d'autres intervalles, dont le voisinage en atténue la dureté.
La septième mineure, quoique qualifiée de dissonance absolue, est moins dure que la septième majeure, et contribue à établir le sens tonal de la gamme, quand elle est placée sur la dominante du ton et quand elle se porte sur la tonique, formant dans ce mouvement naturel la cadence parfaite et tonale.
Dt m
La septième diminuai' ']o\i\l des mêmes propriétés que son renversement la seconde augmentée. Placée sur la note sensible Je la gamme mineure, elle opère sa marche naturelle sur l'accord parfait mineur de la tonique, et établit à la fois le ton et le mode de cette gamme.
La mineur
4. Caractère particulier et propriétés esthétiques appartenant à chaque intervalle mélodique. — Terminons cette étude sur les intervalles par quelques considérations esthétiques sur le caractère particulier, la portée e.xpressive et la puissance de coloris appartenant à chacun d'eux, quand ils sont considérés comme intervalles mélodiques.
Ces considérations ne peuvent avoir rien d'absolu, parce que la musique est unart qui parle en nous, sans nous représenter aucune chose particulière, comme peuvent le faire la peinture et la sculpture qui se rapportent toujours il un objet rècl.
Intervalles mélodiques. L'unisson. — L'unisson mélodique, le premier nommé dans la classification des intervalles, est un intervalle neutre et monotone. U indique {'unité dans la pensée et l'absorption de toutes les facultés par un seul objet. Il éveille en nous l'idée de calme, d'ordre, de repos. On peut le comparer à ces nappes'd'eau dormante d'un fleuve, dont la surface coule lentement, sans que la plus légère brise vienne en altérer l'uniformité. L'unisson est narratif, d'où son emploi fréquent dans les récitatifs d'opéra ou de musique narrative.
A .\ndantino (112= J ) ~3r — fî — ï 1 1
<^ ?î ^ ' UJ^.
f^^ u;> ^ 7 ju ju j^ jUM
Demain dis - tu,
qui sait nu nous se.rons de .
main?
L'ave nir est à Dieu, Leteraps est dans sa main.
{Mignon, d'AMBBOisE Thomas'; récitalif de Mignon, n" i.)
CBANT
PIANO
L'an fuit vers son dé clin,corame un ruisseau qui pas
SX. Si.
se
(Masse.net ^ Pensée d'Automne.)
l'astre du jour
a-bandonne les cieux!
a.ban.don . ne les cieux!
(H. Berlioz, Le 3 mai oula mort de l'Empereur.
Intervalle chromatique ou demi-ton chromatique.
- Les propriétés esthétiques de ïinlervalle cliroma-
l. Heugel, éditeur.
S. Heogel, étiteur.
tique (appelé également première augmentée ou demiton chromatique) sont totalement le contraire de celles de l'unisson. C'est un intervalle de mouvement, convenant à exprimer les diverses émotions de notre
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSEIiVATOIRE
élre moral : la douleur et la mélancolie plaintives, la sensibilité du cœur, aussi bien que les troubles de la nature. Il est, avec la seconds mineure et la seconde augmenUe, un des intervalles favoris des populations du Midi et de l'Orient, dont la nature impressionnable, sensible, nerveuse et mobile trouve dans les petits intervalles des moyens intenses de manifestations expressives.
La puissance d'action du demi-ton chromatique réside dans la force impulsive de la note chromatique qui se porte impérieusement, soit en montant, soit en descendant, vers la note la plus voisine et devient, par là, l'intervalle le plus propre à rendre les impressions et les sensations ressenties par l'élément nerveux et sensible de la natuie humaine.
Seconde mineure. — La seconde mineure [demi-ton diatonique) en montant est conclusive quand elle a
lieu entre la sensible et la tonique du ton, comme cela se présente dans la cadence parfaite'.
La. seconde mineure [demi-ton diatonique) en descendant exprime avec force les émotions du cœur, les impressions fortes, les sentiments excessifs.
Je t'ai . rac!
Je Je La Je
rai souf .
bai meursl
rac!
fre!
ne!
. La seconde majeure. — La seconde majeure en montant comme en descendant n'a p.is de caractère expressif bien marqué. Elle est narrative et prend sa valeur expressive dans sa marche vers un son voisin avec lequel elle se combine mélodiquement.
Elle a cependant une grande force d'expression, surtout en descendant, quand elle appuie sur une note intéerante d'un accord.
Avec expression
CffAJfT
Accompagnemenf
•Mou.rir pour ce qu'on ai . me, pour ce qu'en
La seconde majeure et la seconde mineure sont généralement les intervalles qui paraissent le plus souvent dans le langage mélodique, parce qu'étant composées, la première d'un ton, la seconde d'un demi-ton, elles représentent les intervalles dont est formée la gamme dans sa succession conjointe. On sait que la gamme est la source de tout chant, de toute mélodie.
Le plain-chant religieux, dont la marche des sons s'opèrele plus souvent par intervalles conjoints, fait un usaf;e des plus fréquenis de'la seconde majeure et de la seconde mineure, parce que ces intervalles donnent parfaitement l'idée de calme, de sérénité, de paix morale qui est propre à ce genre de musique.
La seconde augmentée. — Bien plus puissante est la force d'expression de la seconde augmentée ascendante ou descendante : elle renferme le demi-ton chromatique auquel elle doit sa force expressive.
L'.-igitation émue, la tendresse suppliante, la langueur accablée trouvent en elle un interprèle énergique, quand elle est prise dans un mouvement approprié.
1. Kappclons ici que la ctidence parfaite a lieu rniainl la (lominauto (lu ton [lortaiit accord parfiiU monLc (à la partie grave) sur la Ionique portant également accord parfait, comme cela a lieu dans l'exemple.
Trop malheureuse Ar . mi
On la trouve fréquemment dans les chants orientaux, parce qu'elle emprunte au demi-ton chromatique qu'elle renferme les propriétés caractéristiques que nous avons analysées plus haut.
La tierce majeure. — La tierce majeure mélodique est d'une grande souplesse expressive.
Utilisée mélodiquement pour terminer un chant, elle donne, en montant, l'idée de l'infini :
Largo
Ditlabon-té de l'in . li-ni. (L. A. BouHGAiiLT-DucouDnAY : Fleurs à la Vierge.)
de l'éternilé :
Lar^o
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
de la supplicalion, dans la prière Très lent
(F. Schubert : Ave Maria.)
En descendant, la tierce majeure est d'une grande énergie. C'est par elle que débute la symphonie en ut mineur de Beethoven, dont elle est l'intervalle caractéristique :
Ali? con brio
La tierce mineure. — La tierce mineure dans le mode majeur n'a pas de caractère bien déterminé et possède une grande élasticité interprétative.
Au contraire, dans le mode mineur, dont elle est l'intervalle caractéristique, ou la voit souvent employée pour l'expression de la faiblesse, de la mélancolie, delà douleur et parfois de la simplicité naïve et gracieuse.
Ainsi que la tierce majeure, elle est interrogative en montant.
Pgurquel mu , tif ?
{R. Wagner : Tristan et Yseult.)
La tierce diminuée est l'intervalle des chants funèbres, désespérés, sombres, lugubres!
C'est par elle que Beethoven termine sa marche funèbre :
Avec le plus ffrand charme et soutenu
tJT tr r
La souffrance, le découragement, les déchirements du cœur sont traduits avec force par la tierce diminuée, ascendante ou descendante :
(ju'il me dé-chi - - re lecceur.
(GiiÉTRY : Zémire et Azor.
Que me servi raitd'a-voir tant souffert- (A. Bruneau : Le Rêve^.)
La tierce augmentée, d'une intonation très difficile, est inusitée mélodiquement.
La quarte juste . — Lorsque la^quarte juste mélodique ascendante a lieu entre la dominante et la tonique d'un ton quelconque, elle donne l'idée de conclusion, de repos, parce qu'elle forme une cadence parfaite à laquelle elle emprunte le caractère de terminaison, d'affirmation.
0t majeur
Tout est fi Al.lonspar .tons.
C'est en .ten du.
J'i) -bé i rai.
Dans un mouvement lent, ]a. quarte juste est sentimentale, tendre, charmeuse, surtout en descendant :
Vi . si. on
gi tive et toujours pour.sui . vi e.
(Massenet : Hérodiade.'
Sa-lut, demeurechasteet pu . re, Sa . lut, demeu.re chaste et pu . re.
(GouNOD : Faust.) puis d'une très grande force expressive dans les élans pathétiques du cœur :
Expressif , ,
J'aiper.du mon Eu.ry.di ce.
(Gluck : Orphée.} Nous la trouvons brillante, martiale, dans les fanfares militaires et les mouvements de marche
Sonnerie de trompette