Z' ENTRETIEN THÉORIQUE
1. Position des notes sur la portée. — Nous savons que les sous musicaux sont représentés par des signes appelés notfs qui se placent sur la Portée musicale. Nous savons également qu'il y a sept noms
de notes : ut { ou do), ré, mi, fa, sol, la, si, et que le même nom de note peut être attribué à des sous d'une intonation analogue quoique placés à des degrés différents de hauteur dans l'échelle générale des sons musicaux.
11 nous reste à apprendre par quel procédé on corniaitra le nom des notes sur la poitée, et quelle position devra occuper telle ou telle note sur celte portée. 11 faut encore pouvoir distinguer' le degré d'élévation des notes portant un même nom, mais appartenant à des séries et des registres différents.
Si, par exemple, nous convenons de nommer lit la note placée sur la première ligne de la portée
— -^^ — , les notes qui viendront après, en montant, Ut et eu vertu de l'ordre naturel de leur succession invariable, se nommeront ré, mi, fa, sol, la, si. Si nous
convenons de nommer la même note ré
Ré
, les
suivantes se nommeront tni, fa, sol, la, si, ut; et ainsi de suite en attribuant successivement les autres noms de notes à cette note.
2. Système des clés. — Cela nous amène à comprendre qu'en déterminant le nom d'une note, on connaîtra par celle-ci le nom des autres, puisque tous les noms de notes se suivent dans l'ordre invariable que nous avons appris : tel est le principe et le but des clés ou clefs.
Une clé est un signe de notation qui, placé sur une des lignes de la portée musicale, indique le nom dune note et au moyen de cette note le nom des autres.
Trois ligures de clés sont usitées dans la notation musicale : l'une indique la note fa, l'autre la note ut et la troisième la note sol. On désigne chacune de ces clés par le nom de la note qu'elle indique et on les appelle : Clé de fa. Clé d'ut. Clé de sol. Prises dans l'ordre précédent, ces trois clés sont séparées par une distance de cinq degrés.
Ces trois clés sont repr-ésentées par les caractères graphiques suivants :
Clef de Fa Clef d'Ut ^lef de Sol
fr
Ces trois figures de clés peuvent occuper diverses positions sur la portée et donnent leur nom à la note placée sur la même ligne.
La clé de fa se place, premièrement, sur la quatrième ligne, et la note placée sur la quatrième ligne s'appelle /a; deuxièmement, sur la troisième ligne.
ENCrCLOPÈniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAllîE /)ir r.OXSERVATniliE
et la note placée sui' la troisième lii;iie s'appelle /a' Clé de Fa 4f ligne placée sar la 4? ligne
Cle Af Fa 3? ligne placée sor la 3? ligne.
Fa
même Fa
Quelques théoriciens ont appelé clé grande la clé de fa sur la quatrième liftne, et cU petite celle placée sur la troisième ligne.
La clé à'ut se place sur chacune des quatre premières lignes et donne le nom à'ut à la note placée sur la même ligne que la clé.
Clé d'tJt4?pla«ée sor la 4? ligne
Clé d'TJt 3?place'e snr la 3? ligne
Clé d'TIt 2? placée snr la 2? ligne
Clé d'Ut 1'.'' placés sar la 1^' ligne
La clé deso( se place, premièrement, sur la seconde ligne, et la note placée sui' la seconde ligne s'appelle so!; secondement, sur la première ligne, et la note placée sur la preniièi'e ligne prend le nom de sol^.
Je de Sol 2? ligne placée snr la 2? ligne .
Clé de. Sol 1'.^ ligne placée %dt la l'^^'ligne
même Sol
même Ut
Nous ferons observer que toutes les clés se placent sur les lignes, et jamais dans les interlignes.
Les trois figures de clés ont ensemble huit positions sur la portée : la clé de fa en a deux, la clé Ci'nt quatre, et la clé de sol deux.
L'usage de la clé de sol sur la |.iremière ligne a été abandonné, parce qu'à cette position cette clé fait double emploi avec la clé de fa quatrième ligne, le nom des notes étant identiquement semblable en ces deux clés, avec cette ditlërence que les notes en clé de sol première ligne sont plus élevées de deux octaves que celles de la clé de fa quatrième ligne.
,Clé de.
(So! 1"; Fa
' En transcrivant les notes de l'exemple précédent en clé de sol deuxième ligue, et en les plaçant à la place exacte qu'elles doivent occuper dans l'échelle des sons, on se rendra très bien compte de la différence existant entre ces deux clés.
(Notes écrites pins haat en clé de Fa 4?)
(Notes écrites plas hant en elé de Sol l'.^)
En raison de l'abandon de la clé de sol première ligne, les huit positions des clés sur la portée se trouvent réduites à sept. Ces sept positions forment sept clés dilférentes et parfaitement distinctes les unes des autres.
Si on n'a employé que trois figures de clés pour représenter sept clés différentes, c'est pour éviter l'emploi d'un trop grand nombre de signes.
Les clés placées dans l'ordre indiqué précédemment sont séparées par trois degrés, c'est-à-dire qu'entre une clé et la clé suivante on trouve une distance comprenant trois degrés ;
Fa.
la. i^Ut Mi, S.I.
Si.
i. Anciennement on se servait encore d'une autre clé de /"a placée 6ur la cinquième ligne ■■'^— —
Cette clê, qui fut employée
Fa
liour la voix de basse Ifùs grave, a élu abimdonnéo.
Au moyen de la substitution d'une clé à une autre, la même note peut recevoir sept positions dill'érentes et conjointes sur la portée :
Sol Sol.
Sol.
Sol, ""
'Sol,
Sel. Sul
Les Sfil portant les numéros I, 3, o et 7 sont placés au même degré de hauteur et forment des unissons'^. Les sol portant les numéros 2, 4 et 0 sont placés a l'oclave au-dessous du numéro 1.
Pflur que ce sol fCil placé absolument à la mcitic
J. On employait ancieimemenl une troisième cI6 do sal, plac^-e sur
I;i troisiciitc lit
Clelto clé servait .surtout pour la
rnusi(jue do pt'tito llùlc ot de II.Tgpolel. lîlle donnait sui- lu portée les mémos riulrs quo la clé i\'ut prrmii'ri- liijui'. lille fut abandonnée, coninte Taisant doublr oinj)l()i avoi; celte dorniéio.
3. Un appelle uui.ssun (du latin anus, un seul. Sûnus, son) 1c rajiport existant entre plusieurs notes portant le mémo non», produisant un son semblable cL]ducccs à la même position dans rochelle des soiiâ.
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET l'ÉD.HlOGŒ
PRINCIPES DE LA MUSIQUE l'.H
place, dans toutes les clés, c'est-à-diie au même degré de hauteur, de manière à ne former qu'un son semblable, quoique écrit dans diverses posilions dans toutes les clés, il faudrait l'écrire de la manière suivante, en plaçant les clés dans leur ordre naturel, en partant de la clé de fa quatrième poui' terminera la clé de Sol deuxième.
Sol, Sa;,
En employant le même procédé, on peut également donner la même position sur la portée à chacune des sept notes.
Pour connaître le rapport des différentes clés entre elles, ou peut prendre une note comme point de comparaison et analyser quelle position elle occupe sur la portée dans toutes les clés, de manière à produire, dans toutes les clés, identiquement le même son, c'est-à-dire un son placé au même degré de hauteur
L'exemple suivant présente un «(placé sur la même ligne que chacune des quatre clés d'ut, Viit placé sur la première ligne supplémentaire au-dessus de la portée en clé de f'i iiiialrivinc, sur la cinquième ligne en clé de fa troisième; sur la première ligne supplémentaire au-dessous de la portée en clé de sol. Cet lit correspond au quatrième itt du clavier du piano, à l'ut «rave du violon et de la tlùte.
même
ujo^e
Tous ces ut ne forment qu'un seul et même son, bien qu'ils occupent, au moyen des sept clés, sept positions différentes sur la portée.
Comment on trouve le nom d'une note dans une clé quelconque. — l'our trouver le nom des notes dans une clé quelconque, il suffit, premièrement, de partir de la note primordiale placée sur la même ligne que la clé el prenant son nom; secondement, démonter ou descendre en nommant toutes les notes voisines el intermédiaires jusqu'à la note cherchée.
Par exemple, on veut connaître le nom de cette
noie en clé de fa quatrième ligne :
En parlant du fa placé sur la même ligne que la clé, el en descendant jusqu'à la note cherchée, nous
trouvons entre le fa de la clé et la note cherchée les Fa Mi Ré TTt
notes suivantes :
La noie cherchée est un !/(.
note cherchée
TAni.KVU I)O.N\\ANT,.LA G,\.M.ME U'UT TRANSCmTK A l.'C.V/.SSO.Y DANS TOUTES LES CI.ÉS
On remarquera que pour chaque clé, lorsqu'une note est placée sur une ligne, l'octave de cette note sera toujours placée dans un interligne.
Au conlraiie, lorsqu'une note est placée dans un interligne, l'octave de cette note sera toujours placée sur une ligne.
En résumé, deu.x noies placées, en rapport d'oclave sont placées, dans une même clé, l'une sur une ligne, l'autre dans un interligne.
3. Diapason des clés et des voix. — Chaque clé occupe une place particulière dans l'échelle générale des sons musicaux.
Ainsi les deux clés de fa sont affeclées aux sons placés dans le registre grave; les clés d'ut seconde, troisième et quatrième aux sons appartenant au registre du médium ; enfin les clés d'«( première
el de sol seconde servent à l'écriture des sons aigus. Au moyen des clés, la portée musicale peut recevoir tous les sons de l'éctielle musicale, depuis les plus graves jusqu'aux plus aigus, appartenant aux différentes sortes de voix'.
1. Dans l'ancienne musique, l'emploi des petites lignes supplémentaires était encore inconnu; parc; qae la musique de cette époque
Eyr.yr.LOPÈniE de la musique et
L'étendue des sons écrils dans une clé et le registre auqnel ils appartiennent constituent le diapason de cette clé.
Le mol diapason est formé du grec dia, qui signifie par, et pason, qui veut dire loul'S; il indique toutes les notes composant l'étendue d'un élément sonore quelconque. Les Grecs de l'antiquité donnaient le nom de diapason à ce que nous appelons aujourd'hui octave, parce que l'étendue de leur système comprenait l'espace d'une oclave.
On appelle diapason d'une voix humaine ou d'un instrument de musique, l'étendue des sons que peuvent émettre cette voix ou cet instrument, et la place qu'occupe cette étendue dans les dilFérents registres de l'échelle musicale.
Chaque clé ayant son diapason particulier, on choisit, pour l'écriture des sons appartenant à une voix ou à un instrument, la clé ayant avec cette voix ou cet instrument un diapason correspondant. Les deux clés de fa recevant les sons graves sont employées pour les voix et les instruments aux sons graves; les clés d'ut quatrième, troisième et seconde, affectées à l'écriture des sons du médium, sont employées pour les voix et les instruments ayant un diapason placé entre le grave et l'aigu, dans la région médiane ; enfin les voix et les instruments à sons élevés s'écrivent sur les clés de sol seconde et d'ut première, lesquelles ont également un diapason élevé.
On a encore donné le nom de diapason à un petit instrument d'acier en forme de petite fourche à deux branches dont voici la figure :
Ce
et qui fait entendre, quand on le met en vibrations, un son fixe, unique, modèle d'après lequel on accorde tous les instruments de musique. Ce son est produit par 870 vibrations à la seconde. Ce la est le la
de la portée en clé de sol
, celui de la se-
conde corde du violon, le cinquième du clavier d'un piano moderne à sept octaves. Ce diapason l'ut arrêté par une commission nommée par le Ministre d'Etat, le 16 février 1839, en France, comme devant régler le Conservatoire de musique et tous les théâtres. On lui donna le nom de diapason normal (ou officiel).
4. 'Poix humaine. — Avant de passer à l'étude de l'applicalion des clés aux voix et ensuite aux instruments de musique, il nous faut parler de la voix humaine.
11 n'est question ici que de la voix chantante (voix modulée), opposée à la voix parlante.
La voix humaine (la voix chantante | est un ensemble de sons musicaux pioduits dans le larynx par le passage de l'air chassé des poumons.
Les voix humaines sont de deux genres : les voix d'hommes et les voix de femmes ou d'enfants. On assimile les voix d'enfants aux voix de ferapies, en raison de leur grande analogie avec celles-ci ; toutefois, une oreille exercée distinguera facilement une
élail pitilùl voc.ilc i|u'iii?ti'iimL-nlalo, et que les iasU'uincnLs de musique avaieuL une ftcuduii de sous très born6e et bicQ inférieure à celle de nos iuslrumcnls actuels.
voix de femme d'une voix d'enfant, au timbre clair et mordant de cette dernière.
Chacun de ces genres se divise en plusieurs subdivisions de voix selon la place occupée dans l'échelle musicale par les sojis qu'elles peuvi'nt émeltre naturellement et sans elfort. Certaines voix sont placées dans le grave, les autres dans l'aigu, d'autres enfin dans la l'égion intermédiaire.
Voici la nomenclature la plus répandue de nos joui's des diU'érentes espèces de voix :
VOIX d'hommes
' ""■ """"■■' i Ten„r [premier et secoml).
VoLt vilernèdiuirc. \ Baryton {ou prcnùcre basse).
Voix f/nive [ Basse {ou seconde l/asse ou basse profonde).