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ENCVCLOI'ÈDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSEnVATOlliE
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TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
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L'Iiarmouisalioii des mélodies du Psautier passionnait tellement Gol'dimiîl qu'il entreprit un troisième ouvrage : Les Psalines de David compris en huit livres, mis en musique à quatre parties en forme de Motets (Paris, i:;6.')). La plus grande partie de cet ouvrage est malheureusement perdue, perte d'autant plus regrettable que c'était l'œuvre de prédilection de l'artiste. A la fm de son huitième livre, il écrit, en elïet, ces mois :
Le plus doux travail de ma vie Guidant mon espérance aux cieux.
Quel que soit le mérite de l'harmonie de Bourgeois, de Claudin le jeune et des autres harmonistes du Psautier, c'est l'œuvre de Goudimel qui a prévalu au sein des Eglises réformées des xvi= et xvii° siècles.
En 1667, parut à Genève une édition simplilîée du Psauti'r de Goudimel puldiée par des Tournes. Cette édition reproduit, en somme, très fidèlement le Psautier du 1365, et les simplifications dont parle l'éditeur consistent dans la suppression de quelques notes de passage. C'est sous cette dernière l'orme que l'u'uvre de Goudimel s'est répandue dans les Eglises réformées de France, de Suisse, de Hollande, et qu'elle a été, sans doute, connue de Bach, qui en a tiré quelques-uns de ses plus beaux chorals.
L'if'uvre de Goudimel marque une étape nouvelle dans l'histoire de la musique. « Le choral protestant à quatre voix qui revêt, dans certains chants huguenots, un cachet particulier de vaillance et de fierté, porte déjà les caractères de l'harmonie moderne : le sens prédominant d-- la tonalité, la distinction du majeur et du mineur et la modulation d'un ton dans un autre. Si Palestri.na marque la fin et le couronnement d'une période, le cantique protestant marque le commencement du plus puissant développement de la musique. » (Schuré : L^' Drame musical.) Cela est vrai des psaumes huguenots tout autant que des chorals allemands. Par leur harmonie autant que par leur rythme, ils sont en avance sur leur temps. Sans doute, le seul accord qui y soit employé est l'accord parfait, généralement direct, quelquefois avec le premier renversement. Mais la tonalité antique n'y domine plus : la plupart d'entre eux sont dans le mode majeur ou dans le mode mineur (sans la note sensible). Nous
savons, en outre, qu'au xvi" siècle, ils se chantaient d'un mouvement extrêmement rapide qui leur donnait ce caractère entraînant et parfois saintement passionné, dans l'expression de la tristesse comme dans celle de la joie, qui étonnait et même scandalisait les auditeurs étrangers au culte réformé et habitués au chant grégorien.
Les réformés du xvi' siècle comprirent-ils toute la beauté de l'œuvre de Goudimel'.' Il est permis d'en douter. Nous avons vu que Calvin condamna d'abord le chant à quatre parties. S'il le toléra, s'il l'approuva même plus tard, ce fut, sans doute, dans le culte domestique, qui se célébrait pieusement dans toutes les familles. Mais il ne semble pas qu'aucun autre chant que le chant à l'unisson ait été toléré par lui dans le culte public. Dans la préface de son plus ancien Psautier, Goudimel, sous l'inspiration du réformateur, s'excuse presque d'avoir ajouté trois parties à la mélodie des psaumes, et il a soin d'ajouter que '< ce n'est point pour induire à les chanter en l'église, mais pours'esjouir en Dieu es maisons ».
Le chant de l'assemblée à l'unisson eût été, d'ailleurs, digne d'éloge si l'orgue, en l'accompagnant, eût fait entendre l'harmonie. Malheureusement, les réformés de cette première période, trop soucieux de rétablir les coutumes de l'Eglise primitive qui condamnait rigoureusement l'accompagnement du chant par des instruments, renoncèrent-ils généralement à l'usage de l'orgue dans le culte. Cette mesure radicale ne fut pas prise partout : nous voyons que, même du vivant deCalvin, l'Église de Bàle rétablit les orgues, et que les Eglises de Hollande ne consentirent jamais à y renoncer. Mais il semble bien qu'à l'origine, les psaumes à quatre parties n'aient pas été exécutés pendant le culte public.
(Tuoi qu'il en soit, l'histoire du Psautier est intimement liée à l'histoire de l'Eglise réformée elle-même, et il n'est peut-être pas un seul psaume dont la mélodie ne réveille dans l'àme huguenote le souvenir de quelque événement historique.
Bornons-nous à en citer quelques-uns des plus célèbres, et d'abord le Psaume SS", connu dans l'histoire de l'Eglise réformée sous le nom de Psaume des liatailles, sans doute parce qu'il fut souvent chanté par les soldats huguenots pendant les guerres de
ENCVCLOPEDIli DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIliE
religion. Les Moiilalbanais, assiettes par Louis XIII en l()2i, etiteiidirerU un soldat protestant de l'année royale jouer sur la llilte, à plusieurs reprises, la mélodie de ce psaume et comprirent que le soldat les avertissait de la prochaim' levée du siège. Cet aver-
tissement leur rendit le couraf,'e qui commençait h faiblir. Quoique le souvenir des gueires de religion soit depuis longtemps et heureusement elfacé, ce psaume est l'un de ceux qu'on chante encore le plus souvent au culte réformé :
Psaume LXVIU.
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Que IJifu se montre seule ment.
Le carapdes eQ ne mis é pars
ig:
Et Ton ver. ra dans un mo.
E pouvan té,de toutes
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A bandon ner la pla Fui ra de vant sa fa
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On ver ra tout ce
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Coin, me l'on voit s'é va noii ir
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Com me la ci re fond au feu.
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TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
Si le Psiiume 6S' est connu sous le non de Psaume (len batailles, le Psaume IIS' a méi'ité le nom de Psaume des ilartym. Les huguenots condamnés au dernier supplice, pour cause d'hérésie, le chantèrent souvent en allant à la mort, et mrme au milieu des llaxnmes du bûcher. L'une des strophes : « La voici
SOPRANO
ALTO
TENOR
BASSE
l'heureuse journée, » etc., fut chantée par un grand nombre de martyrs huguenots el, à ce titre, mérite une place d'honneur dans l'hymnologie réformée. Nous donnons ici deux harmonisations de ce psaume : la première est de Bourgeois, la seconde de Gou-
DIMEL :
Harmonisation de Bourgkois.
Mélodie au Ténor.
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2'i32 ENCrCLOPÉniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE OU CONSERVATOIRE
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TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
Psaume CWIU, harmonisé par Goudimel.
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Qui répond à no.
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