‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 177 sur 297 · Deitkmiiler deulscher Tonkimst, 2" série · texte numérisé non relu

Deitkmiiler deulscher Tonkimst, 2" série

Melchior Scliildt (1592-1667), élève aussi de Sweelinck, écrit, comme Scheidt, des variations, de style plus libre, où il y a moins de logique et de science que de fantaisie : il s'y montre doué de la spontanéité d'un improvisateur qui sait charmer, et ne veut rien de plus'.

Dans son Aria... XXXVI modis variata-, Wolfgang Ebner (1612-1665), organiste de Ferdinand III, nous présente une série de variations, auxquelles les différentes pièces d'une Suite servent de support. L'Aria, présentée au début, occupe le rang de l'Allemande : elle est variée 12 fois : une Courante, avec 12 variations, dont la M' et la 12= sont des Gigues, et une Sarabande, sur laquelle sont faites 12 autres varialions, complètent l'œuvre. L'idée de donner à ses variations l'aspect de danses de rythme difîérent vient de Frescobaldi : le procédé lui est familier, et nous trouvons l'application dans une pièce bien connue, VAria detta la Frescobalda ^ L'inÛuence du maître italien se trahit encore dans l'ornementation d'Ebner, tandis que la structure des accords qui terminent les cadences rappelle l'art des Français , et que l'usage de Vimitntio violisticaest empruntée au maître allemand Scheidt'.

Fils d'un Cantor de Halle, Johann-Jakob Froberger, né vers 1600, organiste de la cour à Vienne, fut élève de Frescobaldi. Nous n'avons à considérer ici que ses Suites. Il en a laissé 23 : cinq ne comprennent que l'Allemande, la Courante et la Sarabande ; dans les 18 autres, nous trouvons, de plus, une Gigue. Les Doubles que Froberger joint parfois à l'Allemande, à la Courante et à la Sarabande donnent aussi à ses Suites quelque affinité avec la Variation. Par le nom el la disposition des pièces, comme par l'écriture el les ornements, les Suites de Froberger se rattachent aux Suites des clavecinistes français. Comme ces musiciens, Froberger laisse régner la mélodie principale, sans l'étouffer sous les motifs accessoires; comme eux, et comme les luthistes du même pays, il enjolive sa musique de maints agréments; comme eux enfin, il manifeste son goût pour l'ordonnance, par degrés, des suites majeures et mineures. Mais il dépasse de beaucoup ses modèles par la musique pure et par le sentiment. Pour augmenter l'unité de ses Suites, il prend le plus souvent les éléments de la Courante dans V Allemande qui la précède et, d'autre part, il s'efforce de parler à ses auditeurs un langage expressif déterminé. Une de ses Suites commence par un Lamento sopra la dolorosa perdita délia Real Maesta di Ferdinando IV, Re de' Romani. A vrai dire, ce Lamento reste dans le caractère de l'Allemande : il ne faut pas oublier, en effet, que cette danse ne manque pas d'une certaine retenue mélancolique. Mais, si le ton général convient au sujet, les détails de l'œuvre s'y rapportent encore plus étroitement. La gamme d'w/, qui parcourt rapidement le clavier jusqu'à la note la plus élevée, est symbolique : au-dessus de la dernière mesure, Froberger a dessiné des tètes d'anges, vers lesquelles monte la sonore « échelle de Jacob ». Les autres pièces de la Suite sont aussi ornées de

i. Pour i'étudfi plus complète des clavecinistes nllemanils, je convoie aux excellents travaux de Max SeilVcrt et à son édit. de l'ouvrage de Weitzmann, Geschirhte tlcr Klaviermusik.

2. Aria augustissimi ac invictissimi Imperatorit Ferdinamii III, XXXVI modis variata ac prn cimbato accommodata...Vrd.^\ic, 1048. Rééd. par M. G. Adler dans le 2» vol. des Musik Werke d(.r llvbsburtjischen Kaiser (Vieunc-Artaria).

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