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Auxquels on pourrait ajouter Haendcl, Gluck et Clementi

4. An milieu de cette merveilleuse continuité de musiciens à laquelle 1 Allemagne doit sa préséance musicale.

Beethoven les avait devancés. La voie qu'il avait ouverte était si vaste que toute la pléiade des romantiques pouvait y marcher de front.

Au xviti" siècle, Bach, Haydn et Mozart' avaient développé dans tous les genres les traditions très pures, mais un peu sèches, des primitifs : et c'était le classicisme. Avant même qu'il eût commencé de s'alanguir aux mains de maîtres secondaires, Beethoven surgit', colosse prodigieux, mêlant en lui le saug de deux races émineutes" et le génie de deux grands siècles. Greffe sur l'apogée du classicisme, il en épanouit la vigueur, mais il s'écarta à pas de géant du chaste équilibre de Mozart, introduisit dans son art une liberté correspondant à une sensibilité plus étendue et plus fougueuse.

Il était impossible d'améliorer les formes qtie les classiques avaient fait évoluer. La maîtrise du dessin, la noblesse des lignes et des plans, avaient été portées à la perfection. Beethoven, sans les méconnaître, les inlléchit sous sa pensée dominatrice; il leur imprima des courbes plus hardies, des élans plus emportés. Avec lui le piano, le quatuor, les voix, l'orchestre, frémirent d'une émotion plus fervente, plus largement humaine, pour traduire la multiple splendeur, le cœur

u, ()n sait que Ludwij; van tleetho^en, né à lîonn, mais de souche nani:tnde, était venu à Vienne pour a [ipreniire a chantera lécoledliaidn, de Mo/art et de Clementi. Ainsi s'étaienl fondus en lui les deux grands courants qui avaient fécondé 1 Allemagne musicale pemlanl près de trois siècles : l'esprit saxon, septentrional, austère, tout eu profondeur, et l'esprit autrichien, déjà méridional et plus léger, presque imprégné de soleil italien.

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XIX" SIÈCLE. — ALLEMAGNE lool

iniionilunlilc (les Hvos et des choses. Une estliéliqiie iiniivrlle niKiiiil ; ili^s pincinli'S iiiMifs de n tlimo, d'Iiiiiiiioiiieol d'iiisliiimoiitatioti s'iMaliDn'iciit, et c'osl ainsi iiuo Iteetliovcri fui. le premier f,'raii(l peintie musical', l'iiiilialiMir des ellels de eoloiis et de clair-oljsciir dont la palette romaiiti(nie devait s'enorgueillir.

I,a verve l'antaslique de Welier, l'intimiti' do Seliuberl, lu fantaisie ailée de Mendelssolin, la tendresse alTectucuso de Schumann, la n'veusc énerf^ie de C.liopin, la ^;raiulour épiipie do l.iszt, tous ces accents divers sont sortis du creuset lieetliovenien; mais l'essence du romantisme est <le les avoir fait concourir avec une ^jrande l'orce à extérioriser surtout des inipressiims du monde sensible. Sans pour cela se priver de puiser à la mi'uic source d'iiispiralion, Beethoven sut construire des images iili'ales d'après des modèles que personne n'avait contemplés. Ilévélateur d'un art divinisé, il s'éleva au-dessus de l'Iiumanité, et sou front se perd encore dans le ciel du futur. Il emporta avec lui le secret de la mi;t.\mush,uk-, et lorsque, moins lie cinquante ans plus tard, on vit Urahms revenir à la tradition objective, on eut le sentiment d'un froid et désuet anachronisme'. I5ieu des cœurs artistes se détournèrent de sa musique, trop abstraite, pour se dédier à celle de Waj^ner, (ille glorieuse du romantisme, dont elle niaf,'niliait encore les tendances.

Les origines. — Anlonr de Beethoven et de C'Ieiuenti.

Avant' d'aborder l'étude des maîtres qui personnifièrent dans la musique la renaissance romantique, il me faut, pour répondre au plan f;énéral de celte encyclopédie, évoquer ceu.K qui, nés immédiatonienl après lieetboven, vécurent pour ainsi dire dans son ombre.

Parmi ceux-là les compositeurs qui cultivèrent les mêmes genres que lui furent presque tous rapidement éclipsés; entre la gloire de Beethoven et celle des premiers néo-romantiques il n'y eut guère que d'éphémères triomphes d'interprètes.

L'époque est particulièrement intéressante pour l'histoire du piano. Cet instrument, d'une destinée si brillante, avait été inventé dés le commencement du xvui'= siècle, dix ans avant la mort de Bach et vingt ans avant celle de Scarlatli. Mais il s'était perfectionné lentement, comme toutes choses. Dans leurs œuvres aussi bien que dans leur exécution, les fils de Bach, Haydn, Mozart lui-même, étaient encore ;i demi clavecinistes. (Test à Clenienti que revient l'honneur d'avoir fondé l'école moderne du piano'.

Parmi ses élèves immédiats, les trois plus célèbres, Cramer, Field et Hunirael, appartiennent à l'époque dont j'étudie l'histoire. De Field, génie original qui naquit à Dublin, vécut en Angleterre et en Hussie, je ne dois ici que mentionner le nom. L'école anglaise peut le revendiquer à juste titre.

1. Au dire (les contemporains de Beellioven, son exèrulion évoquait une suite de tableaux sonores, tandis que celle des autres pianistes contait comme une récitation. {Vojez Grove, t 11, p. 740.) lit Tomaschek écrit dans son aulobiograpliie {Libussa, 184o) ; « Si les compositions dr Beethoven (il s'agit des premières) s'étaient ollertes comme des modèle^ classiques en ce qui concerne le rythme, l'harmonie et le contrepoint, j'aurais été peut-être découragé de poursuivre mes éludes musicales. "

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