A Bonn, on 1844, et à Londres, en
8. Etcela n'est pas indilTéi'ent au succès de sa Jessnnda en 1822,
9. Le Vaisseau fantôme, a Cassel, en 1842; Tannkduser (miime ville)
ber; — plus tard, en 18.32 et I8i8, il se montre assez radical pour compromettre son crédit a. la cour de Cassel, 11 joue avec admiration les premiers quatuors de Beethoven, mais il trouve incompréhensible la suite de ses œuvres, critique la 9= symphonie comme étant <i triviale'' », ce qui ne l'empêche pas de la conduire avec succès en deux occasions''. Il se lie avec Weber, mais se détourne du frei^chiilz, tout en en recevant reni[ireinte'. Enfin il réprouve l'esthétique de Wagner, mais il reconnaît ses qualités théâtrales au point de s'employer à monter ses premiers drames'.
Tant d'aptitudes contraires ne purent assurer l'imnioitalité de cet étrange artiste, du moins en tant qu'ambitieux créateur des plus grandes formes de l'art. Son théâtre est éclipsé par celui de Weber, sa musique de chambre s'efface derrière celle de Beethoven, et à ses symphonies celles de Schubert servent d'écran. Leurs mélodies un peu pâles, leurs harmonies d'un chromalisme apprêté, leurs rythmes monotones, justifient la défaveur où elles sont tombées. Sans valeur intrinsèque réelle, elles gardent toutefois un intérêt historique, par leurs tendances à commenter des épisodes, des caractères, des programmes détaillés*".
On peut considérer Spobr comme le chef de file des maîtres de grand talent, ayant écrit ce qu'on appelle de la Capellmeister Musik, — assez doués pour aborder divers genres avec goût et non sans succès, mais manquant de la spontanéité du génie. Ajoutons que Spobr iloit être classé hors de pair comme violoniste. l>e même queClementi ou Rubinstein, il fut un grand virtuose compositeur. Ses concertos gardèrent leur valeur malgré le voisinage redoutable de Mendeissohn ; ses duos, son Ecole de violon, olfrent des qualités didactiques qui propageront longtemps encore la brève sonorité de son nom.
L'un des premiers à recueillir avec Spohr la succession ouverte par la mort prématurée de Weber, ce fut Heinrich Marschner", qui joue un rôle important dans l'histoire du drame musical allemand. Comblant la lacune causée par la défection du bi illant Meyerbeer, passé armes et bagages à la France, il achemine l'opéra vers ses destinées wagnériennes, ce que ni Mendeissohn ni Schumann ne sauront faire, tout en étant plus grands que lui.
Doué d'un tempérament particulièrement romantique, Marschner possède, à côté d'une verve populaire et joviale très accentuée, un sentiment du sombre et de l'horrible digne d'Anne Hadclilfe. Weber reconnut vite tout ce que le talent dramatique de son jeune énmle comportait d'invention, d'habileté et d'expression émotive. Il liii donna le meilleur des encouragement^ en faisant exécuter son Henri IV et d'Aubigné à Dresde en 1820. Huit ans plus tard, Marschner dégagea complètement sa personnalité avec son fameux Vampire'-, à qui la ville de Hanovre fit un succès triomphal. Le même théâtre, dont
en 1853. H voulait produire Luheni/rin, mais y trouva des oppositions invincibles.
1(1. C'était reprendre, à peu près en môme temps que lîcrlioz, les conceptions inanf,'urées par la Pastorale et la Bataille de Vittoria. Apres avoir écrit plusieurs symphonies dans la forme abstraite (1811- 1832), Spobr en donna quatre répondant à des plans déterminés dont \oici les curieux litres : la Consécratiùii des sons (n''4J. d'après un poème de i:arl PfeilTer, le Divin et le Tni'estre dans l'homme (n-» 7), Symphonie historique, portraits de Haendcl, Mozart, Beethoven... cl Spohr (n" ti), les Saisons (n" 9). ,
12. Scénario assez peu attrayant de son beau-père Woldliriick. C'est le seul ou\ra;^e de Marschner qui ait friinehi la frontière allcmaudc. U eul 60 rcj)réscntâtions au Lyccuni de Londres en 1829,
iiisroiiii-: i>E /, .1 MisionE
XIX' SIÈCLE
Mai'sclinrr ot;iil \o capprlliiioislor, ii|i|ilaudit en 18;i:! son clier-d'ii'uvre, //n/is lli'iliii;i'.
Ce coiiipositour excolUiit à ili5pein<lre les esprils ol les ili^nuins. Sii lar;,'o vision d'ensoiiiliie, son écriinri' et son oicliestiMlion soignées, jointes à une j^'tandc rapiitilé de tiavail, lui diclireiit cent qiiatro-vinyls (iMvii's <li' loulcs sortes, y compris des sonates di> piano, des Liedor et des cliu'uis très répandus dans son pays.
Citons auprès de lui, eonime favori de maint I.ik- DERTAKKL-, CoDradiii Kreutzer'. Ses l.ieder pour une voix oui soniliré derrière ceux de Scliuliert, mais on ne saurait passer sous sileiiee sa contrihulion au Siiiiispiel et à rop<'ra. Sur une trenlaine d'ouvrapes, deux ou tiois sont restés au répertoire*.
Kreutzer représente la tradition mozartii'nne. T.-M. Eberwein^ et G.-A. Lortzing" succèdeni ;\ Ii''icliardl dans le Likdkrspiel, genre analogue au vaudeville t'rani'ais.
Eberwein, compositeur favori de Girtlic, eut une célélirité plus restreinte que I.ortzing, dont plusieurs opéras se jouent encore"; on y trouve du naturel et un sens scéni([ue remarquable. I.ortzing écrivait Ininiénie ses librelti, très habilement, d'après des pièces déjà existantes. Mais son humour un peu épais et la qualité de sa musique no peuvent se comparer aux productions de l'école française d'alors. C'est là qu'il l'aul chercher, à travers Uossini, les vrais héritiers du Figaro de .Mozart. Pour retrouver en Allemagne di'S comédies lyriques dignes de ce nom, il faut attendre l'apparition de Nicola'i', de Cornélius'' et de Goetz'". Dans leurs leuvres, la musique tient la première place, au lieu d'avoir un caractère secondaire et accidentel de lied. .Seul, le premier de ces auteurs et sou contemporain Suppé" entrent dans le cadre île la présente étude. Tous deux d'origine italienne, ils commencèrent leur carrière allemande à Vienne, en 1844; mais Nicolai avait débuté, comme Meyerbeer, Gluck et tant d'autres, par une série d'opéras italiens. Maître de chapelle à Vienne, puis à lierlin, Nicolaï mourut a. 39 ans en ce dernier lieu, dans la rumeur des légitimes applaudissements qui accueillaient sa musique des .loi/euscs Cummcres de Windsor.
Moins ambitieux et doué d'une maîtrise plus menue, Franz von Suppé osa cependant se risquer, une l'ois aussi, sur h' magique domaine de Sliakespeaie'-; mais ce furent ses innombi-ables vaudevilles et comédiettes qui rendirent son nom populaire et lui ouvrirent en 1878 et 79 les portes de l'Alhambra londonien «t des parisiennes Nouveautés.
Torpenr rlassico-roiuantique ''•
Il semblerait qu'au point où nous sommes arrivés dans l'histoire de la musique allemande nous dussions, en passant de la salle de spectacle à la salle de concert, y retrouver un orchestre à la fois descriptif,
1. On a souvent souligné les rapports de cet op6ra avec le Vaisseau fantôme, comme ceux d'Eurtjayithe avec Lokemjrin,