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Op. 86, 12S el

is. Propos recueillis par le compositeur René Lenormand, qui fui un ami de la vieillesse de lleller.

EXCrCLOPEDIE DE LA MISIQLE ET DIC.TIOSXAIRE DU CO.\SERVATOIRE

cile. >i Kl il se plaignait avec raison de cette prévention. Les préludes, par exemple, nous oU'rent, à côté de passages d'une diction émue et simple à l'excès, des ruissellements de notes et des emportements qui demandent une réelle maîtrise dans la clarté et dans la vigueur pour produire tout leur effet. Certaines pièces exigent un mouvement des plus rapides, un jeu plein d'air et de lumière tour à tour incisif et langoureux. Heller écrivait en virtuose, ayant luimême approfondi toutes les ressources de son instrument. Il ne maniait pas comme Schumann d'opulents contrepoints, ni comme Chopin des harmonies fastueuses et des phrases d'une giande envolée; mais il avait d'infaillihles moyens pour exprimer la grâce, l'élégance, la fougue et la tendresse de son co'ur souriant, aristocratique et solitaire.

Les picludea et les autres recueils lyriques me semblent donner, à l'autre bout du siècle, une l'éplique éloquente aux effusions répandues par Schubert dans la floraison mélodique de ses lieder. Ces deux mai- Ires modestes fuirent les promiscuités de la foule et menèrent avec noblesse une vie sans éclat, pour exalter en eux le goût de la rêverie et de la sincérité; aussi trouvèrent-ils souvent des accents d'un charme pareil. Cependant Heller, moins confiant en ses forces et moins provoqué par son milieu, ne voulut janiai-^ aborder que le piano'. L'exemple de son intime ami Berlioz ne put l'inciter à l'étude de l'instrumentalion ; mais dans les dernières années de sa vie il exprima. i diverses reprises le regret d'avoir rencontré trop lard Damcke, remarquable théoricien dont l'enseignement, pensail-il, lui eiU été, sous ce rapport, si profitable au temps de sa jeunesse'^.

On a beaucoup parlé des termes élogieux dans lesquels Schumann, déjà vieilli ', s'exprima sur le complu de Brahms. On a trop oublié les lignes admiratives qu'il consacra à Heller dès l'année 18:',6 pour appeler sur lui l'attention de r.<llemagne musicale. A la lecture des premières études, il s'écria :

« Quelle prodigalité d'idées l'auteur entasse dans une forme aussi concise 1 11 y a là assez de matériaux, pour construire des sonates et des concertos entiers*. » Le même article contient l'appréciation suivante :

« Celte succession variée de pièces de caractère semble un journal intime... J'y vois des observations diverses, entremêlées de sarcasmes, et aussi, de tendres souvenirs. »

Ce que Schumann percevait dans les piemiéres œuvres de Heller' n'était que la piomesse des fleurs. Les fruits vinient plus tard : ce furent les pièces lyriques dont j'ai donné plus haut la nomenclature.

Prenez le recueil intitulé Dans les Lois. Quelle musique d'aucune école sut mieux extérioriser une àrae candide et vierge de loule influence làctice"? Comme Heller sait nous dire sa joie de respirer les arômes des feuilles; comme il sait nous faire voir la pénombre inquiétante où l'on perd son chemin, ses stations méditatives devant la tleur sauvage ou la fuite de l'écureuil, ou encore la montée, dans un halo de légende, des frappantes figures du Frciscluitz : Gaspard, Agathe et Max!

Dans les Nuits blanches Heller revient à la description d'états intérieurs, comme dans ses Préludes.

1 . II débula dans la composition par des Licdcr qui ne paraissent pas avoir plé publiés.

S. Kap|iorl6 par M. K. I.ciiormanil.

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