Voir n" 42, liv. 15, f. 5 i-; plus bas, p. lus, noie
sens quand quelques-uns sont choisis comme degrés d'une gamme. Depuis les plus anciennes origines, les cinq degrés, \i:on yin, woii clirtig, de la gamme chinoise sont les suivants; je les cite d'après Seii-mà Tshyën, qui le premier en donne une définition précise-. « Dimension des lyû. 9x9 = 81, c'est la noie liông; les 2/3 = 54, c'est la note «c/ii; les 4/3 = ';2, c'est la note chnig; les 2,'3 = 48, c'est la note ///(/les 4/3 = 64, c'est la note kyô. » Ces cinq noms ne sont pas expliqués par les commentateurs^. Les cinq notes correspondent, d'aprèsSoû-mà Tshyën, aux cinqlyû hwàngtchOng, thài-tsheoû,koû-syèn, lin-tchông,nàn-lyù,les seuls dont la mesure s'exprime en nombres entiers si l'on part delà base 81. Bien que le Chou king^ connaisse les cinq degrés et que le Tcheoi'i li ' en donne les noms, ces anciens textes non plus que les Mcmoires hist'ii-iqiu's n'en révèlent nettement ni l'origine ni l'emploi concurremment avec les lyù; une tradition en fait les notes de la période des Yin, et il n'y a rien à objecter à cette opinion, pourvu qu'on prenne le mot i< note » au sens restreint de " degré ». On trouve ainsi au début une gamme pentaphone qui est demeurée la principale pour les théoriciens, mais qui s'est de très bonne heure développée en une gamme heptaphone. C'est en etl'et à la dynastie des Tcheoû arrivant à l'Empire au xi= ou au .\ii» siècle avant l'ère chrétienne, que Toù Yeoû et d'autres auteurs'' attribuent l'adjonction de deux degrés répondant aux lyû VI et VII dont les mesures sont encore simples. Ces deux degrés sont mentionnés à la date de 522 où le Tsô tchwiin'' rapporte une conversation entre le prince de Tshi et Yen tseù*; celui-ci énumère les cinq degrés, les six lyû, « les sept sons », et les commentateurs voient dans les sept sons les cinq degrés principaux et les deux supplémentaires. Les Kwc yii ', citant le musicien Tcheou Kyeoù '", expliquent par les sept degrés qu'ils appellent les sept lyù la date de la bataille où le roi Woù triompha des Vin; quelle que soit la valeur de ces considérations astrologiques, elles indiquent que, quatre ou cinq siècles avant l'ère chrétienne, on faisait remonter au début des Tcheoù l'existence de la gamme heptaphone. Le prince héritier de Tchéng" la croit encore plus ancienne; il déclare qu'elle était connue dès l'empereur Chwén (xiiir ou xxi' siècle A. C.) : les sept notes étaient alors appelées les sept débuts, tshX chi. On trouve cette expression dans un passage du Chou klng cité par le Uùn chou '- : « Le Chou klng dit : u Je désire entendre l'harmonie des six lyû, « des cinq degrés, des huit sortes d'instruments, des « sept débuts. » Le texte admis sous les H;in diffère du texte reçu aujourd'hui dans le Chou lûmj'^, ce qui n'est pas un motif pour l'écarter. Après cette citation Pân Koù explique les mots tsh't chi : ce sont le ciel, la terre, les quatre saisons et l'homme. Les sept notes de la gamme sembleraient mieux à leur place dans une énumération dont tous les autres éléments sont musicaux; mais le Sivéi choû^' explique que les sept débuts répondent aux trois pouvoirs et aux quatre saisons, et réconcilie Pân Koù avec les lettrés de l'époque