Cap. Day, ouvr. cité, p
5. Le Ràja avait fait construire à cet effet, dans sa villa de Belgachiya . un vaste théâtre. i« Babu Késar Chandra Ganguli rassembla des acteurs, les forma, surveilla les répétitions; Kshetra Mohan Gosain organisa un orchestre ; le Pandit Kâma Nârâyana écrivit une traduc-
tion de Ratnàvali, qui fut brillamment exécutée, en présence du lieutenant gouverneur du Bengale, des juges et des magistrats de Calcutta, et d'autres fonctionnaires. » (3. Lévi, Théâtre indien, p. 398.)
6. S. Lévi, ouvr. cité, p. 399. Malheureusement ces œuvres, de valeur inégale, publiées " for private circulation only ►', n'ont pas été mises dans le commerce, ce qui rend leur acquisition très difficile aujourd'hui. Un journal publié dans l'Indc. le Friend of îndîa. du -2 mai 1ST5, appréciait ainsi, de façon quelque peu pompeuse et exagérée, les ouvrages du ràja ; « Notre auteur a accompli l'œuvre que sir William Jones estimait impossible. Il ne s'en est pas tenu aux détails des livres, mais il a consulté les plus fameux exécutants hindous ou musulmans, les premiers veenkars de llnde, les plus habiles musiciens de Lucknow. et Hakeem-Salamut Alee, khan de Bénarès, auteur d'un traité de musique... etc. » (Réimprimé par les soins de S. M. Tagore dans Public Opinion, p. 18.)
E.XCVCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.yNAIRE DU CONSERVATOIRE
nos renseignements', lëcole comptait SI élèves, distribués entre 6 classes, 2 de silâra (instrument à cinq cordes, qui tient du lutli par sa forme, de la mandoline par la manif-re de mettre la corde en vibration-), 2 de musique vocale, 1 de violon et 1 de mridanga (sorle de timbale). Il faisait encore, à cette époque, les frais d'une école annexe à Colootolah. D'autres furent successivement établies, toujours au Bengale, à Connagbur et à Sliibpore. Les distributions annuelles des prix aux élèves de ce Conservatoire élaient chaque fois l'occasion de conférences instructives sur la musique indigène, envisagée dans ses rapports avec celle des autres nations, et de concerts comprenant l'exécution d'œuvres anciennes ou d'ouvrages composés spécialement pour la circonstance, avec le concours des meilleurs artistes et devant un auditoire de choix, formé d'indigènes et de notables européens.
La plupart des musées importants de l'Inde, de l'Europe et de l'Amérique, ont reçu du généreux donateur^, par l'intermédiaire de leurs gouvernements respectifs, des collections comprenant un grand nombre d'instruments de musique hindous*. Sur la valeur historique ou artistique de ces innombrables spécimens d'une fabrication évidemment récente et peu soignée, comme sur l'exactitude rigoureuse de quelques-unes de ses compilations ou de ses adaptations musicales, notre souci de la vérité nous oblige à faire de discrètes réserves^; mais ces uliles critiques n'enlèvent rien au véritable mérite du Mécène hindou contemporain, qui est d'avoir, sinon créé, du moins favorisé de tout son pouvoir le mouvement national, qui s'est manifesté avec tant de force au Bengale, comme dans plusieurs autres conirées de l'Inde, tendant à faire revivre et connaître l'ancienne musique indigène, conjointement avec notre science musicale contemporaine, et à en vulgariser l'étude théorique et pratique dans les moindres écoles du pays. iMalgré tous ces essais de vulgarisation, qui donnèrent naissance à toute une littérature musicale indigène, écrite en différents dialectes, « il est encore absolument impossible aujourd'hui — comme le remarque le capitaine Uay' — d'acquérir une notion exacte des principes de la musique hindoue [actuelle], sans le concours des savants indigènes, sans la connaissance pratique des instruments du pays et de leur véritable capacité, sans consulter enfin les meilleurs praticiens, conditions — ajoute-t-il judicieusement — que bien peu de personnes ont l'occasion ou le loisir de réaliser ».