‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 741 sur 1158 · lev à^ - Bi'-Toiv · texte numérisé non relu

lev à^ - Bi'-Toiv

viK- nv TB -vu - oin -

TE - pOV, 6p — Ppi pCfV,

vn - [lep-Tf - a , Kai

p iVl M M M

Tïâ ■ p€-bpov Ai -KÛV.

[Cl c M

a ràv pe - YO - Xa -

w w i— ^ r- (='-'«-'1-1—) vo - pi - av ppo -TiLv

'Ail

v-/ \j — \j yj —

ve - pe- oû-oa (fc-ptit;

O v l l <<(= UW

KO -Ta TCXP — Ta - DOIl

Les vers 2, 3, 15 du premier hymne, les vers 3, 10, 13 du second, présentent — sans qu'il soit possible de deviner pourquoi il se trouve ici et point dans les autres vers de forme identique — le signe (A) du silence. 11 est encadré, afin qu'il ne soit pas confondu avec une note. Ce n'est point un silence : la place qu'il occupe à la catalexe en fait un vestige d'une notation de la syncope interne, incomprise du copiste.

Aux vers b et 7 de l'hymne à Hélios, 9 et 12 de

l'hymne à Némésis, la répétition des signes dans la région <le la syncope est inlerprétée également connue une (iguiatioii de cette syncope, qui serait ainsi plus ou moins clairement exprimée dans 8 vers sur 39. Partout aillcins la vitesse acquise et la connaissance de la forme Iraditiomiclle pouvaient suflire à l'interprète.

Dans le second hymne, au vers 13, on a transformé ÇjY'jv des manuscrits eu ÎIîO-.'o;, a(in d'avoir un spondée inilial à la place de l'iamhe de 'j-,"'''- ^'^^'^ l'i^nibe inilial est parfaitement adtnissihie (l"9).

Ibiilfin le vers :;(! est la reproduction musicale du vers 8, genre de rap[)el raie dans les monuments conservés.

Kniin, — et cette remaïque est importante, — bien que ces deux liynnies n'emploient pas, pour les pieds faibles, de sustituls hétérogëncs, le fait que dans la première mesure de chaque dimètre le second pied reste toujours pur et ipie le spondée n'est employé qu'au premier, lournit la présomption, on pourrait dire la preuve, que la balhu; est bien antithétique, donc normale, et que cliai|Mi' dianapeste commence par le Levé.

182. Dipodie péonique; thétique [360, j]. — C'est la l'orme normale ;

11 n'y a aucune raison pour ne pas l'attribuer à toutes les autres dipodies péoniques des hymnes delphiques, où il est impossilile de prendre parti pour des formes aiitilliéliques.

183. Dipodies ioniques |300, u à i.i-|. — Pour les ioniques, majeurs ou mineurs, ordinairement érigés en mètres, l'association en dipodies, Iripodies, est dillicile à reconnaître. On peut être sûr cependant que les magnifiques chœurs des Perses, des Suppliantes, des Sept, des Hacchanles, contiennent des dipodies ioniques, — surtout en ioniques mineurs. Les strophes et antistrophes se teiminent souvent par un dimètre avec anarlase (syncope interne) qui a tout l'air d'une dipodie commençant par le Levé [360, i .m.]. La syncope n'est expressive en effet que parce qu'elle chevauche d'un temps faible sur un temps intense :

et l'on pourrait appliquer cette battue à bien des chœurs du théâtre. Cf. |1951.

184. Tétrapodie trochaïque |360, ,■.]. — Les plus sûrs exemples qu'on en puisse citer sont les mesures où toutes les longues sont « résolues » et révèlent, par leur monnayage, le nombre d'unités organiques :

ai yôp t - KO -Xt

■ oa.

xa - id - uo - ooL

Hèlénfi 348

Un tel type permet de conclure à l'exactilude de la transcription pour la mesure qui suit [ibidem, 349) .

snfi

Exr.rr.i.oPKniE de la mi'sique et nir.riosxAiRE nu cossEiWATomE

\j Ov^ \j — \J

lov ubpo tv-Tl bo - va - Kl X W-pôv

Quant à la battue, à défaut d'indication contraire, elle sera supposée normale, c'est-à-dire Ihétique. Le type pur est :

k <L L Z> j. '~i Z^ >-> Il y a une forme catalectique :

[isn]

Lorsqu'on trouve des léirapodies Irochaïques où les triolets pairs sont remplacés régulièrement, ou fréquemment, par des substituts binaires', il faut considérer la tétrapodie comme un dimètre et battre ainsi qu'il a été dit pour la dipodie [360, ,]. Car il y a autant de mesures que de Posés, et ceux-ci sont mis en évidence par le substitut voisin :

[■iSl]

Cette observation est générale : toutes les fois que les pieds purs apparaissent en périodicité régulière, il faut leur appliquer le Posé et morceler le vers. La coupe étant facultative dans les dimètres (147), ne peut contrevenir à celle indication. Au contraire, dans les séries de pieds purs ou simplement monnayés, on peut allonfier les mesures jusqu'aux limites marquées par la théorie [360, italique]. Ce principe va être appliqué aux iamlies.

185. Tétrapodie iambique [360, i«]. — Voici, par exemple {Troijfnncs, 1312 sqq.), deux tétrapodies, car il ne s'y trouve ni substitut, ni chevauchement verbal :

i - li) t - (u , ïïpi - a - lie .ïïpl -a- (le.

-tn ^ n

oij (itv ô-X6-ne-voç, ôi-Ta-(j)0(;, «-(jii-Xoc; (1S21

Suit un vers qu'on est, par contre, amené à écrire :

OT-aç è-ii5c 5 -'ia-Ttx; e'i

à cause du substitut initial.

i. Metrum alcmanicum seu anacreontietnn.

Tétrapodies également, les vers suivants des Choéphores, où il n'y a pas d'allongement à redouter; le thème rythmique iambique est établi en effet par le premier vers de la strophe, où presque toutes les longues sont résolues :

i - Ù) KO -TO(I-KO-$oi W-lituv.

â-vii-Xi-oi Ppo-Too-ruYtiç po - irn à'é - nia-KO - néi bi - kkc Ta-ffi - a Toùç (lèv év (fci • ti

Choéphores

Faut-il voir des dimètres dans les vers '62 et 64, où le choriambe terminal parait marquer un Levé?

Seè

I52)bvo-<t)0i KO-Xùn - Tou - tri bo^iouc (t'i-) jiÉ-v£i)(po-vii - -ov-rat, »-)(n

[isû]

L'affirmative est d'autant plus probable que ce choriambe précède immédiatement la clausule de la strophe et de l'antistrophe, laquelle est d'un rythme autre, — difficile à déterminer. Le choriambe est ici sans doute un agent de modulation; il convient do le mettre en vedette el, en l'érigeant en mesure, de rendre plus évident son rôle. Les Grecs aiment à mélanger des mesures d'inégales longueurs.

186. Il faudra sans hésitation traiter en dimètres des groupes rythmiques tels que le suivant, où le premier pied de chaque dipodie est un spondée. Exemple tiré des Chevaliers :

ISEVE

LCTE

ToûoKe>|iô-iieaS'

eô KÔYbpi-KÛK; V.379

187. Tétrapodie dactylique (360, u,]. — Elle est envisagée ici seulement sous la forme normale, thétique :

\J ^ J. <J KJ —U».»

jrZ: fLfi-riM

u l-» Si

acatalecte :

catalectique :

calalecliquc :

catalectique :

Dans cette dernière tétrapodie les spondées ne sont point des substituts, mais de simples équivalents; d'ordinaire une telle mesure est isolée à la suite de tétrapodies des deux premiers types : elle en adopte la battue.

188. Tétrapodie anapestique 1360,2*] -- L'exemple le plus simple qu'on en puisse fournir, et en même temps le plus sûr, est celui-ci iLysislrata, 5'i-3-7), où chaque tétrapodie est suivie dune monopodie explicative, pour ainsi dire, car le momiayago des longues (= noires) n'y laisse place à aucun allongement :

lllSTOIItE />!■: LA Ml sinl'l-:

\U \J — \^ K^ — Ov^— \^ \J —

i - t - vai \ii - Ta TÛ)vb à ■ pt ■ Tnç t - vtx' aî<; t-vi $ii-oiç, €-vi x" ■ pic,

e - VI flpB-ooc. e" - VI hi t6 00 -^ov, ^vi 1^1 - Ao - HO Xii;

^J \J — KJ \J O A

a - p; -Tn i(p6 -VI "iioç.

[ISS]

Il est des cas où le contexte seul i'enseij::ne sur la nature des groupes anapestiques. La plus élrange lllierté est laissée au poète-musicien pour l'organisation de ses durées, et cette liberté a des résultats apparemment paradoxaux. En effet, non seulement on trouve des mesures de structure ambiguë, comme celle-ci :

■// Oiseaux, JW

ùiQ bel iiib'o;-iiil-i;c.v Sii-I»" l3'"'*'»Pl^'='

rendue claire non seulement par le contexte, mais par la réplique correspondante de l,a strophe :

^^^ï4-^ ri^

^ ^J ' Il Ibidem. 332

"" T .~ ~ T ~, ~ (strophe)

no-pt-|ln jitv bEOfioui; ap-vai-ouç

où le premier anapeste est exprimé; on peut'encore être en face de tétrapodies dactyliques telles que :

— »ju Ou o-* kàÛ

'Vl \ie -ya -\a 0é-pi koI tto-tvi' Ap-TE-pi [491]

Médée, 160

que l'on serait d'autant plus tenté de rythmer suivant la battue normale de la tétrapodie dactylique :

— '-'*-'0*-' ^UO wv/

que le vers cité ouvre une tirade de Médée, après un ensemble choral qui ne laisse lien pressentir du rythme nouveau. Il faut attendre pour comprendre. La suite prouve que cette pseudo-tétrapodie dactylique est en vérité une tétrapodie anapestiqiie « adaptée ». Le chef du chant devait, par l'indication du Levé, imposer Xéqu'dihi-c anapestique au soliste. Cet exemple est intéressant : il montre le rôle de la battue et en fait percevoir la mécanisme.

189. On voit une fois de plus [lar là ce qu'est l'iidnplnUon : une tétrapodie dactyliqur; antitlutique est piiHe à s'insérer dans des anaiii'stes, de la mi^me manière que le ditrocliéo antitliiHique est apparenté aux diianihes l't peut voisiner avec eux.

190. Tripodie trochaïque |:t60, j:,|. — Forme assez rare, d'aillmirs diKirilenieiit leconnaissable, par suite des allongements possibles. On nommait mrlre Hh<\pliiiltif/ue une Iripoilii- tiochaïqiie thétique de la forme :

191. Tripodie iambique \Mi), ..n et 2Hi.i.|. — La forme normale e>l aiitilliétique. Elle parait avoir les deux formes

acntaleclc :

catalecUque :

Souvent le Levé est spécilié par un substitut :

192. Tripodie dactylique (.360, j ,|. — Trois formes, thétiques normaleiiifiit :

acatalecle ;

calaiectique

calalcclique :

193. Tripodie anapestique |.360,.,o]. — C'est encore par les vers où les brèves sont résolues que l'on peut le mieux établir la composition organique des rythmes de cette nature :

]fi -rà -tiùvjb'ii ■ pt -TÎic; e -vtx' aii;

e- VI ijiù-oi(;, É'-vi x»'?"^. È'Yi fipo-aoq,

V^ \J yij<J W \J *-*^ UW »^>-'

Ê-Yi &È TO ao-4ôv t-v> Al - \d -no -Xiç

Lj^istrata.5W-5H lantistrophe )

La battue normale, à défaut d'indication contraire, est antithétique.

194. Tripodie péonique [300, jil- — Les hymnes delphiques en présentent des exemples nets. Battue thétique :

ES'r.yci.OPÈDIE DE LA MISIQUE ET DICTIOS .\AinE DU I.OSSEnVATninE

Cu o v*-", ^ — — "-' — We-Ai-iTYO - ov bt Xi - (luç au- bàY)(É -ujv

n - bè Bàx-)(OU (lé-yai; 9up-oo-!t)vria^ ;i9T)

195. Tripodie ionique [360,38]. — Les tripodies ioniques (majeures ou niineuresi paraissent avoir été presque toujours érigées en trimètres, c'est-à-dire résolues en trois mesures distinctes. Toutefois le mélange de dipodies (avec ou sans syncope) et de mesures plus longues d'un tiers autorise l'agrégation en un seul mètre, à côté du type dipodique normalement antithétique,

de vers tels que les suivants :

^ ^J ~L — \^ \J \-/ ^ JL ^

Ku-ïïpi-5oçîioÙKJâ-p-Xeî 6eo-^ioç oô' ci4ipu)v ' Suppliantes vers 1035 ■5emblablesvsrsJI)36,9,mi.

Voici, tirées du même grand chœur des Suppliantes, les dipodies intercalaires :

\J KJ J- — \J ^^ JL

Ti'-e-Toi î)'(xi-o-\o-(in-Ti(:

iiiid.v.lû37:ê.lû«),

:3oo]

^J Js. —

Jlt bu-pÔ Tpî-Boi T't-pUI-TUIV

itni lûM [501]

Dans une épode des Bacchantes on trouve les deux tripodies suivantes, vers o73-o7o. L'avant-derniére, par son monnayage, semble autoriser, pour la dernière, la transcription risquée ci-dessous :

il- ba-aiv

01 Xi-iraiveiv

196. Hexapodie trochaïque [360,39]. — Il est assez facile de distinguer une hexapodie trochaïque d'un Irimètre. Ici les pieds purs marquent les Posés et

obligent à diviser le vers en autant de mesures. Dans une hexapodie il y a rarement des substituts. Les trochées peuvent êtie remplacés par des Iribraques, mais les pieds binaires (spondée, dactyle | n'apparaissent guère. Les liexapodies d'ailleurs — et c'est une observation applicable à tous les vers lyriques — ne sont jamais groupées en séries nombreuses. Le propre de la strophe lyrique est le renouvellement continuel des lythmes.

Le vers IT.ïG des Phéniciennes' est une hexapodie :

Page 1