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Des Halli per sonar di liuto, composés par Gio.- Maria Radino (Vpnetia, Vincenti, 1592', je dirai que l'on y sent le travail, sauf toutefois dans le rythme, qui conserve de la clarté et de la simplicité. Les accords aussi se succèdent dans une disposition qui correspond au sentiment de la musique moderne avec un goût plus lin que celui que nous avons trouvé
dans les pièces de danse, plutôt primitives, écrites par les luthistes |irécédents; et ces accords, dans des modulations assez fréquentes, arrivent à ne pas produire des effets trop clioiiuants. IJans le livre de Radino il y a un Piiss' c mezzo en six parties avec sa gaillarde, deux Padovane et quatre gaillardes; j'en reproduis ici la première :
r.io. -Maria Radino, 1592. — Gnniiariiii.
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Nous avons ilosorm.iis nlloiiit l'époipio la |iliis >plen(lide do riiistoiro ilu lulli.-Sous peu, l'irisensiljli' ilécadencc de celui-ci va coninuMicer, car il scia détrôné par les progn'-s des autres instruments, (]ui, en se perfectionnant par deiin'rs dans leur structure, allaient acquérir uin; importance artisticjuo toujours plus irrandc, et par l'enstMnlile de la rniisi(iue instrumentale à plusieurs parties, qui d'aliord se dévclo[ipait luxuriante dans l'accompagnement du mélodranima (opi'ra) et ipii ensuite trouva ses véritables formes dans les Sonate du caméra et (ta citicxa.
(iio. -Antonio Terzi (Libro Primo, lo'.tS) et Simone Molinaro \ Libro, Primo 1599) sont les deux luthistes italiens les i>lus habiles ((ue J'aie rencontri's dans mes recherches. Ter/.i transcrit avec beaucoup de >oin des Moietli de A. (iabrieli, de Kniilio Uenaldi, de Palestrina, de lni;it;neri, de Core^iyio, de Lasso et de (îio. Cavaccio ; des Madrii/nli de l'alrstrina, de Stripi-'io, de Naiiino, de Yuert, de A. dabrieli, de Maven7.io, de Porta et de Kiliiqio de Monte; des chansons
framaiscs de l.asso et de Corej,'j!io, et on/.e Canzoni de Mascara; il compose aussi six FniUnsie et plusieurs airs de danse [Pass' c mezzi, (jaiitiardi', Saltarelli et ('ourantes f'raticcsi', prescjue tous très éléf,'ants et travaillés avec un art admirable. Molinaro produit bien des Italti richement varit's, quoique plus simples que ceux de l'erzi, quinze Paiilasie composées par lui, vinfit-cirni Fiintasir diî (Jio.-Battista délia (iostena, et une de (liulio Severinn, et plusii'urs chansons françaises de (iu;;lielmo Costelij, de Thomas (".reciiuillon, de Lasso, de Clemens non pajia et de (iiuseppe (iuami. Terzi et .Molinaro employèrent le lutli à huit cordes, sur lequel la tablature régulière de la musique était plus aisée et l'exécution plus parfaite. Comme exemples, je ne puis reproduire ([ue deux parties d'un Pasx' e mczzo de Terzi, le Ballet // Conte Orlando de Molinaro et quelques mesures d'une Fantasia de (i.-ll. délia (lostena très importante à cause de l'harmonie chromatique qui y rèf;ne sans cesse.
rnn. -Ant. Tiîb7,i, 1593. — l'iiss' r me:
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G.-B. DKi.L.v OosTENA, 1599. — Fiiiitiisia XXV.
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A celte époque appartient, je crois, le manuscrit [Laulenbuch] dont j'ai puliliO la transcription complète chez Hreitkopf und Hiirlel à Leipzig en 1890. J'y trouvai une Italiana. charmante composition |iour le luth, tant par la beauté de sa mélodie que par la simplicité de sa forme. Je la publie de nouveau avec la notation originale.
Da un l.aiileiil'uch dol secolo xvi. Italiana.
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Il ne serait pas à propos que je m'occupasse ici d'autres manuscrits, où manque le caractèi'e intéressant d'une persounalilé.et qui ne sont que desi'ecueils disparates, laits parquelcpies amateurs; d'ailleurs ils n'ont rien qui passe les bornes de la musique la plus commune et inexpressive.
Dans les piemières années du wW siècle parut un livre d'une f.'rande importance liistorique et artistique sur le luth. C'est le Tlwsaurm hannoniius (160:f i de Jean-Raptiste Besard, de Besançon. Vrai trésor inépuisable des compositions des maîtres et des lutliisles les plus renommés de ce temps, il conlient: 1" Picludi; 2° Faulasie: 'A" Mii(lii;iali et Villanelle; i" Cnnzoni francesi el Airs de court ; a" Pass' e mfzzi, avec une Pavana et un Bcri/nmasco ; 6" Gagliardc: 7" Allemandes, avec quelques danses polonaises el anglaises ; 8" Branles et Hallcts: 0° Voiles el Courantes, et 10" Miscellanea [BaOïiltes. Gnilleinettes. Canaries, etc.). On y cite des auteurs tout à fait incunims, tels que Ilortensius Perla, de Padoue; Pomponius, de Boulogne; Carolus Bocquet, JoannesPerriclionius, Joannes Kdinthonius. Monsieur de Vaumeny et Balardus, tous de Paris; Mercurius, d'Orléans; Victor de Montbuisson, d'Avignon; Cydrac Rael, de Bourges; .lacobus Beys, d'Augsbourg; Joannes Dooland, Anglais; Joannes Bacl'orl, Hongrois, et Albertns Dlugorai, Polonais. Nous avons au contraire quelques notices des musiciens suivants :
l.orenzino Bomano fut surnommé le Caraliere del liuto, parce qu'il avait été décoré par le pape de l'ordre du Sperone d'oro à cause de son extraordinaire talent dans la musique.
Catone Dioméde, de Venise, se rendit tout jeune en Pologne auprès du grand Irésoriei' Stanislas KotsUa. Habile luthiste el bon chanteur, il écrivit pour son inslrumeiit les danses polonaises qu'il entendit dans ce pays-là; Besard les publia dans son ouvrage.
Fabbrizio Uentice vivait à Bome vers l'an l.ï.'iO. 11 est loué par Vincenzo (jalilei comme luthiste et compositeur dans le Dialo<io délia miisica antica e delta moderna. On a de lui Motelli {1581), Anlifone {1^86) el quelques autres pièces pour l'église ilj9:i). 11 obtint un grand succès en Espagne en y jouant du luth.
AlfousoFerabosco, auteur deMailrigaliliés estimés,
naquit en Italie l'un l.'il;! environ et fixa sa demeure en Angleterre vers l'an \'JU). Il composa la chanson ./o nti son ijiorinetta, qui eut une si haute faveur que tous les luthistes les plus célèbres la mirent en tablature pour le luth et que Paiestiina la prit pour thème de la .l/is.w Primi Joni, qui est comprise dans le troisième volume de ses messes imprimé à Bome en 1570 par Valerio et Luigl Dorico.
Mertel Klia, de Strasbourg, connu favorablement comme luthiste dès latin du xvi" siècle, a publié, douze ans après le Thésaurus de Besard, l'Horlus miisiealis noms (I6la), recueil intéressant de musique pour le luth.
On rappelle encore dans le Thésaurus un Eques Romaiius ; sous ce nom lalin Besard veut peut-être indiquer Kmilio del Cavalière et peut-être Alessandro délia Viola, qui ont été par lui regardés tous les deux comme des mus\ciens pneslantissimi.
Luea Marenzio aussi, artiste de génie que l'on a surnommé le Cnnne le plus doux du seizième siècle. parait parmi les compositeurs de qui Besard s'est occupé en transcrivant leur musique la plus estimée : le Thciaurus donne de lui quelques Villanelle à trois voix, dont l'accompagnement de luth est digne d'attenlion parce qu'il n'est pas le redoublement des parties du chant.
Le Norus parlas, publié par Besard en 1617, est moins important que le Tliesaurus tiarnioaicus. Toutefois il présente un certain iulérèt à cause des trois espèces de luths, accordés dans des manières variées, que l'auteur a mis en concert dans les premières pages de son livre.
Je dois remarquer que dans ce système de notation en tablature l'exécutant n'avait pas à se soucier des dilférenles manières d'accord qu'on pouvait donner au luth, tandis que pour exécuter correctement la musique il suffisait qu'il mil les doigts sur les touches el sur les cordes que les numéros indiquaient, et qu'il pinçât ces cordes selon le rythme désigné audessus de la porté.e.
Quant aux compositions que Besard nous conserva, presque toutes pleines de grâce, je dois renvoyer le lecteur à mes ouvrages déjà cités et aux volumes des congrès de Paris (1900) et de Borne (lOO.i); dans ce
EXcrCLOPÈnfE de la MISfOIE ET DICTIOXSAIRE DU CnSSERVATOIRE
dernier livre j'ai publié plusieurs Airs de court, c'està dire de petites cliansons à une seule voix avec raccorapaf;nement du lutli. C'est un ^-enre typique de mélodie qu'on chantait précisément lorsque la Camerala jiorentina travaillait à ressusciter la monodie pour le drame musical. Nous pouvons voir que dans les Airs de court il existait en France une cantilene sut (jeneris, qui représentait déjà la monodie dans l'inspiration lyrique. Les Airx de court ' sont rudimentaircs à vrai dire; ils sont formés de plirases caractéristiques qui manquent d'un rytlime régulier ; mais
cependant chaque chanson a la même structure et la même expression. Les accords qui son tiennent la voix choquent bien souvent, à cause de l'extravagance des successions; mais ils constituent un élément formel de la composition. J'en donne un exemple avec le fac-similé du texte, qui fera voir comment on employait la tablature française du luth. J'y ajoute une pièce très expressive, Le.s Cloches de Paris, d'auteur inconnu, une danse polonaise de Diomède, et un Branle gai, harmonisé probablement par Besard d'après un motif populaire.
J.-lî. Besard, 1003. — Beaux yt'u.i >/iii iinjez. Air de court.
THESAVRI HARMONICI
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